Le spermogramme est un examen médical clé dans l'évaluation de la fertilité masculine. Souvent prescrit dans le cadre d'un bilan d'infertilité, il permet d'analyser en détail la qualité du sperme. Cet article explore les aspects essentiels de cet examen, en mettant l'accent sur les normes relatives à la quantité de spermatozoïdes dans le liquide séminal, ainsi que sur l'interprétation des résultats.

Qu'est-ce qu'un spermogramme ?

Un spermogramme est un examen visant à évaluer la qualité et l'aspect du sperme d'un homme. Il s'agit de l'examen de base réalisé chez l'homme en cas d'infertilité au sein du couple, définie comme l'incapacité à concevoir après 12 mois de rapports sexuels réguliers non protégés. Le spermogramme est systématiquement prescrit dans le cadre d'un bilan d'infertilité, généralement proposé après un an sans grossesse. Il permet de déterminer si la cause de l'infertilité est masculine ou non.

Préparation et déroulement de l'examen

Pour garantir la fiabilité des résultats, certaines conditions doivent être respectées avant le recueil du sperme. Il est notamment nécessaire de maintenir une abstinence sexuelle de 2 à 5 jours, afin d'obtenir un sperme riche en spermatozoïdes. Une bonne hydratation (au moins 2 litres d'eau par jour) est également recommandée dans les deux jours précédant le prélèvement, pour assurer un lavage naturel des voies d'éjaculation. Le recueil doit être évité en cas de forte fièvre, car celle-ci peut altérer le nombre et la qualité des spermatozoïdes.

Le recueil est réalisé dans un laboratoire spécialisé, par masturbation, en l'absence d'infection et après une abstinence sexuelle d'au moins trois jours. Le patient doit uriner avant de procéder au recueil afin d'éliminer tous les germes présents dans le canal de l'urètre. Dans le même objectif, il est également demandé de bien se laver les mains et la verge avec des compresses stériles et une solution désinfectante, fournies par le laboratoire. Il est conseillé de ne pas prendre de bain chaud pendant les jours qui précèdent le recueil. Le sperme doit être rapidement analysé après l'éjaculation.

Paramètres analysés lors d'un spermogramme

Un spermogramme évalue plusieurs paramètres clés du sperme, notamment :

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  • Volume: Le volume de l'éjaculat est mesuré en millilitres (ml). Un volume normal est généralement compris entre 1,5 et 5 ml. Certains laboratoires considèrent une valeur entre 0,5 et 2 ml comme normale, tandis que d'autres estiment qu'elle doit être inférieure à 1,5 ml. Un volume élevé est appelé hyperspermie.
  • Concentration: La concentration des spermatozoïdes est exprimée en millions par millilitre (millions/ml). Une concentration normale est supérieure à 15 millions/ml. Selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), une personne de sexe mâle dont la numération des spermatozoïdes est inférieure à 20 millions par millilitre est considérée comme infertile.
  • Nombre total de spermatozoïdes: Le nombre total de spermatozoïdes dans l'éjaculat doit être supérieur à 40 millions.
  • Mobilité: La mobilité des spermatozoïdes est essentielle pour atteindre l'ovocyte et assurer la fécondation. Elle est classée en plusieurs catégories : progressive (spermatozoïdes mobiles qui bougent), non progressive et immobile.
  • Vitalité: La vitalité mesure la proportion de spermatozoïdes vivants, avec une valeur normale supérieure à 58 %.
  • Morphologie: La morphologie des spermatozoïdes est évaluée selon plusieurs critères. Un pourcentage normal de spermatozoïdes de forme normale est supérieur à 4 %. Les anomalies morphologiques peuvent affecter la capacité des spermatozoïdes à féconder l'ovocyte. Il faut savoir néanmoins que le chiffre de 4% correspond à la norme mondiale fixée par l'OMS. Certains laboratoires utilisent la classification de "CohenBacrie" des anomalies des spermatozoïdes, dans ce cas là, dans l'éjaculat, au moins 15 % des spermatozoïdes doivent avoir une morphologie normale.
  • pH: Le pH du sperme est normalement alcalin, entre 7,2 et 8,0. La valeur doit être supérieure à 7,1.
  • Présence de leucocytes: La présence de leucocytes (globules blancs) en faible quantité est normale. Une quantité égale ou supérieur à 10 puissance 3 peut indiquer une infection.
  • Présence ou non d'agglutinats de spermatozoïdes: Les agglutinats correspondent à un rassemblement (accolement) de plusieurs spermatozoïdes vivants ensemble.

Autres analyses complémentaires

En complément du spermogramme, d'autres analyses peuvent être réalisées pour approfondir l'évaluation de la fertilité masculine :

  • Spermocytogramme: Il s'agit d'une analyse détaillée de la morphologie des spermatozoïdes, évaluant la forme et la structure des spermatozoïdes, en identifiant les anomalies au niveau de la tête, du col et de la queue.
  • Test de migration-survie des spermatozoïdes (TMS): Ce test permet d'isoler les spermatozoïdes mobiles et d'estimer leur survie à 24 heures. Il n'est pas réalisé en routine mais uniquement lorsqu'il existe une anomalie du spermogramme. C’est la mise en culture du sperme à la recherche d’une infection. On considère qu’il y a une infection lorsque la quantité de bactéries est ≥ 1 000 bactéries/ml : les mycoplasmes et les chlamydiaes sont recherchés grâce à des milieux de culture spécifiques.
  • Test de fragmentation de l'ADN spermatique: Cet examen apprécie la proportion d'ADN altéré dans les spermatozoïdes. Un fort taux de fragmentation est dû à la présence de radicaux libres qui agressent le brin d’ADN et le détériorent. Ceci entraîne des répercussions sur le développement embryonnaire.
  • Recherche de spermatozoïdes dans les urines: En cas d’hypospermie, d’oligospermie ou même d’azoospermie, il faut envisager l’éventualité de l’éjaculation rétrograde (le sperme n’est pas déversé à l’extérieur mais reflue vers la vessie en totalité ou en partie).

Interprétation des résultats et anomalies possibles

L'interprétation des résultats d'un spermogramme doit être réalisée par un médecin, en tenant compte de l'ensemble des paramètres analysés et du contexte clinique du patient. Certaines anomalies peuvent être détectées :

  • Azoospermie: Il s'agit de l'absence totale de spermatozoïdes dans l'éjaculat. L’azoospermie peut être obstructive si présence d’un obstacle sur les voies excrétrices.
  • Oligospermie: Elle se caractérise par un nombre insuffisant de spermatozoïdes, inférieur ou égal à 15 millions spermatozoïdes/ml ou inférieur à 40 millions par éjaculât. Une oligozoospermie est définie comme une concentration inférieure à 5 millions spermatozoïdes/ml.
  • Asthénospermie: Elle se caractérise par une faible mobilité des spermatozoïdes, avec la présence de moins de 30 % de spermatozoïdes à mobilité normale.
  • Tératospermie: Cette anomalie concerne la morphologie des spermatozoïdes, avec la présence de moins de 4 % de spermatozoïdes morphologiquement normaux ou moins de 15 % selon la classification de David modifiée par Auger et Eustache.
  • Aspermie: Il s'agit de l'absence totale d'émission de sperme.
  • Hypospermie: Elle correspond à un volume d’éjaculat inférieur à 1.5 ml ou entre 0,5 et 2 ml et pour d'autres, inférieur à 1,5 ml.
  • Nécrospermie: Elle signifie la présence de plus de 46 % de spermatozoïdes « morts », mais vivants.
  • Oligoasthénotératospermie: Il s'agit de l'association de toutes les causes précédentes.

Facteurs influençant la qualité du sperme

Plusieurs facteurs peuvent influencer la qualité du sperme, notamment :

  • L'âge
  • Le mode de vie (tabagisme, consommation d'alcool, alimentation déséquilibrée)
  • L'exposition à des substances toxiques ou à la chaleur
  • Certaines infections ou maladies
  • Des facteurs génétiques

Amélioration de la qualité du sperme

Dans certains cas, il est possible d'améliorer la qualité du sperme en adoptant certaines mesures :

  • Arrêt du tabac et de la consommation excessive d'alcool
  • Adoption d'une alimentation équilibrée et riche en antioxydants
  • Éviction de l'exposition à des substances toxiques ou à la chaleur
  • Traitement des infections ou maladies sous-jacentes
  • Prise de compléments alimentaires spécifiques, sur conseil médical

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