L'allaitement est un processus naturel, mais il peut susciter de nombreuses questions, surtout pour les nouvelles mamans. Cet article vise à vous informer sur le colostrum, le premier lait maternel, en abordant sa production, sa quantité, sa composition et son importance pour le nouveau-né. Il est conçu pour vous donner des astuces et conseils simples et inclut un guide simple pour répondre aux questions communes autour du sujet. Mais il ne remplace en aucun cas l’avis et l’assistance d’un professionnel de santé. Demandez toujours un deuxième avis en cas de questions ou doutes concernant le premier lait.
Qu'est-ce que le colostrum ?
Le colostrum est le premier lait maternel produit par le corps pendant la grossesse et les premiers jours qui suivent la naissance. On parle parfois aussi « d’or liquide » à cause de sa couleur jaune marquée et de ses nombreux bienfaits. Il s’agit d’un lait maternel de composition différente du lait mature. Le colostrum est une forme hautement concentrée de lait maternel qui possède des propriétés permettant de renforcer le système immunitaire de votre nouveau-né. Il est riche en protéines, en anticorps et en nutriments essentiels à la croissance et au système immunitaire du nouveau-né. Par rapport au lait maternel ordinaire, le colostrum est plus riche en protéines mais moins riche en sucre, en graisses et en calories.
Apparence du colostrum
Vous vous demandez à quoi ressemble le colostrum ? Le colostrum est généralement épais et collant, ce qui est le signe de sa forte concentration en nutriments et en anticorps. En ce qui concerne la couleur du colostrum, elle peut varier d’une personne à l’autre. Il est souvent jaune ou orange en raison de la présence de bêta-carotène (le même composé qui donne leur couleur aux carottes). Cependant, un colostrum clair ou blanc est tout à fait normal aussi. Si vous vous demandez pourquoi votre colostrum est de couleur claire ou si vous avez remarqué qu’il est un peu liquide, ne vous inquiétez pas : c’est toujours sans danger et tout à fait normal. Chaque personne est différente et l’apparence du colostrum peut être légèrement différente d’une personne à l’autre. La couleur du premier lait varie d’une femme à l’autre et peut-être avez-vous remarqué qu’il est parfois différent au fil des jours ? Il peut être transparent, grisâtre, légèrement marron au début puis devenir jaunâtre, couleur citron ou miel.
Production et quantité de colostrum
La production de colostrum commence pendant la grossesse, dès la 16ème semaine pour certaines femmes, grâce à l’augmentation de l’hormone prolactine et passe progressivement à celle de lait maternel « classique » entre 2 et 5 jours après la naissance. La première montée de lait est généralement bloquée par la progestérone durant la grossesse et jusqu’à la naissance, où intervient la prolactine. Beaucoup de futurs parents se demandent quand le colostrum commence à être produit. La réponse pourrait vous surprendre : en effet, votre corps peut commencer à produire du colostrum dès la 16e semaine de grossesse, ou plus tard au cours du deuxième trimestre. Cette production précoce est tout à fait normale et fait partie de la préparation naturelle de votre corps à l’allaitement. Donc, si vous remarquez la fuite de quelques gouttes de liquide bien avant votre date d’accouchement prévue, ne vous inquiétez pas. Cela arrive fréquemment et ne signifie pas que le travail va commencer. À l’inverse, si vous ne constatez pas de fuites pendant la grossesse, c’est normal aussi. Ce n’est pas parce que rien ne coule de votre poitrine que votre corps ne produit pas de colostrum. En coulisses, vos seins se préparent déjà à nourrir votre nouveau-né.
Les quantités de ce premier lait, dit colostrum, sont variables selon les mères. De 2 à 20 cuillères à café par tétée (ou tirage) soit 37 à 100 ml par 24h. Après la naissance, le corps peut produire entre 10 et 100 millilitres de colostrum par jour. La moyenne tourne autour de 30 millilitres, ce qui correspond à peu près à la quantité dont votre bébé a besoin. Pas d’inquiétude si vous produisez moins que cela, le colostrum est bon pour votre bébé, même en petite quantité.
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Après ces premiers jours, la composition de votre lait commence progressivement à changer et les seins peuvent être plus pleins et plus fermes au toucher à mesure qu’ils commencent à produire du lait maternel « classique ». Ce changement se produit lentement au cours des deux semaines qui suivent et à mesure que votre production de lait augmente et s’adapte aux besoins de votre bébé.
Le rôle des hormones
À partir de la naissance, dès que le placenta est expulsé et dans les 48h qui suivent, la chute de la progestérone, une des hormones de la grossesse, va permettre à la prolactine, hormone qui entraîne la production du lait, d’être pleinement fonctionnelle amenant ainsi le sein à produire du lait en volume suffisant après avoir produit le colostrum. Votre prolactine est comme un moteur très puissant qui serait très très bridé. Ici c’est la progestérone qui la bride. Dès ce moment de bascule hormonale que constitue la montée laiteuse, la production de lait va être régulée au niveau de chaque glande mammaire bien qu’elle reste sous dépendance du taux basal de prolactine durant les six premières semaines environ.
Comment la fréquence des tétées influence la lactation
La glande mammaire va fonctionner vraiment selon la loi de l’offre et de la demande : c’est la quantité de lait prélevée de votre sein (ce qui serait la demande d’un client) qui va induire une commande plus ou moins importante de la fabrication (ce qui est la réponse ajustée des unités de production à ce qui se vend). Au départ, vos hormones lancent votre production à bonne allure, une allure qui vous est propre et individuelle. Si vous prélevez peu de lait, votre allure va baisser pour s’ajuster et éviter de stocker du lait pour rien. Si vous prélevez ce qui est disponible, vous maintiendrez votre allure. C’est-à-dire qu’en tétant fréquemment quasiment tout le lait disponible, il amène votre sein à augmenter la vitesse à laquelle il produit. Donc, en quelques jours votre sein aura produit plus sur 24h, même si votre sensation de seins toujours souples vous fait penser le contraire. À l’inverse s’il tète peu, après la tétée votre sein n’est pas pleinement drainé et pas totalement souple, cela induira une production plus faible après cette tétée que s’il avait pris plus de lait, et si, de plus, votre bébé revient sur ce sein longtemps après : eh bien ce sein aura eu le temps de stocker du lait ce qui induit le message vers votre cerveau : « produis moins car on n’ a plus besoin d’autant » et la vitesse ralentit, ce qui en quelques jours aboutit à une production moindre sur 24h.
Bienfaits du colostrum pour le nouveau-né
Même en petites quantités, il fournit tout ce dont un nouveau-né a besoin durant les premiers jours de la vie. Si vous allaitez, vous pouvez considérer le colostrum comme le premier repas de votre bébé ou comme un super-aliment à la fois riche en anticorps, en nutriments et autres bienfaits. Si vous vous demandez à quoi sert le colostrum, la réponse est : à pas mal de choses.
- Renforce le système immunitaire: Le colostrum protège les intestins de votre bébé et aide à renforcer son système immunitaire, qui est encore en développement, contre les bactéries. Le colostrum va venir tapisser d’éléments protecteurs les parois du système digestif de votre bébé pour éviter l’invasion de mauvaises bactéries et virus et aussi favoriser le développement d’une flore intestinale de qualité appelée aussi “microbiote”.
- Aide à la digestion: Il est facile à digérer et s’écoule lentement des mamelons, ce qui le rend idéal pour aider les nouveau-nés à apprendre à téter. Le colostrum est en revanche pauvre en graisses et en lactose, ce qui le rend très digeste. De plus, il a la particularité d’avoir le même goût que le liquide amniotique dans lequel baigne votre bébé durant sa vie intra-utérine et qu’il a l’habitude d’avaler régulièrement.
- Permet de lutter contre les inflammations et les bactéries: Le colostrum contient des anticorps et des globules blancs qui aident à lutter contre les inflammations et éliminent les micro-organismes potentiellement nocifs.
- Aide au passage des premières selles: Il a des effets laxatifs naturels qui facilitent l’évacuation du méconium (la première selle de votre bébé), ce qui peut réduire le risque de jaunisse chez le nouveau-né.
- Aide à réguler la glycémie: Pour les bébés nés à terme, le colostrum peut aider à stabiliser le taux de sucre dans le sang dans les premières heures après la naissance.
- Nourrit les prématurés: Le colostrum est une nourriture concentrée particulièrement bénéfique pour les bébés prématurés qui ont besoin d’un peu d’aide.
Il faut savoir que tant que votre bébé est à l’état fœtal (c’est-à-dire dans votre ventre) son tube digestif est stérile, il ne comporte aucune bactérie et ce n’est qu’à sa naissance que va commencer la colonisation des micro-organismes qui vont investir l’intérieur de son corps. Ces bactéries seront principalement issues de votre flore vaginale et fécale si vous accouchez par voie basse et des bactéries du service hospitalier si vous accouchez par césarienne.
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Colostrum et lait maternel : Les différences
Après quelques jours à produire du colostrum pour votre nouveau-né, celui-ci commencera à être remplacé par du lait maternel. Au départ, vous produirez du lait « de transition », qui est plus liquide que le lait maternel « classique », et une fois la production de lait bien démarrée, vous continuerez à produire du lait classique pendant toute la durée de l’allaitement.
Alors, en quoi le colostrum diffère-t-il du lait maternel ? Voici quelques différences et similitudes entre le colostrum et le lait maternel, mais sachez que tous deux offrent de multiples bienfaits pour les bébés :
- Le colostrum est plus riche en protéines et en anticorps.
- Le colostrum est moins riche en graisses et en sucre.
- Le colostrum est plus facile à digérer pour les nouveau-nés.
Que se passe-t-il dans vos seins ?
Vos seins sont une véritable usine à produire du lait ! Ils s’y préparent dès la puberté, et plus particulièrement tout au long de la grossesse. Le réseau sanguin apporte l’eau et les nutriments nécessaires à la fabrication du lait, jusqu’à vos seins. Vous remarquez, d’ailleurs, que vos veines se voient davantage, au fil de la grossesse : c’est parce qu’il faut apporter à vos seins de quoi produire ! Dans les seins, sous l’effet de la prolactine, des cellules s’activent et fabriquent en continu du lait stocké dans des petites poches, les alvéoles, regroupées en grappes. Des cellules musculaires entourent ces petites grappes. Lorsque votre bébé tète, elles se contractent sous l’effet de l’ocytocine et vident ainsi les alvéoles dans un réseau de canaux arrivant jusqu’au mamelon. Agissant comme des petites pompes, elles permettent ainsi l'éjection du lait. Autour, et surtout derrière les alvéoles, de la graisse protège ces usines des chocs. Vous observerez aussi vos mamelons changer au cours de votre grossesse : l’aréole (zone circulaire autour du mamelon) vient en effet s’élargir et s’assombrir (ce qui permettra à votre bébé de mieux la repérer), et les tubercules de Montgomery, qui parsèment l’aréole, grossissent et sécrètent un liquide qui permet de lubrifier cette zone sensible et dégage une odeur qui guide le bébé.
La production de lait : les étapes
- Le colostrum: Le premier lait après l’accouchement est appelé le colostrum - une substance particulièrement riche en protéines, en carbohydrates et en anticorps. Quand est-ce que le colostrum apparaît ? Il survient durant les premières 24 heures suivant la naissance. C’est le lait que consomment les nouveaux nés les premiers jours et il contient tout ce dont bébé a besoin pour se développer.
- Le lait de transition: Le lait de transition fait son apparition après ces premières montées de lait. Quand apparaît-il après le colostrum ? Généralement, les mamans voient apparaître leur lait de transition entre 3 à 5 jours après l’accouchement. Mais si cela prend plus de temps pour le produire, inutile de s’inquiéter. Le lait de transition est fabriqué entre le colostrum et le lait mature et dure jusqu’à 2 semaines. Durant cette étape, même si le lait paraît moins coloré, il n’en contient pas moins tous les composants immunologiques importants dont les nourrissons ont besoin.
- Le lait mature: À partir de quand le « vrai » lait maternel arrive ? Le lait mature commence à apparaître environ 2 semaines après l’accouchement. Ce type de lait maternel est généralement produit en plus grande quantité, notamment si vos seins sont souvent stimulés. La teneur en matière grasse du lait mature varie d’une tétée à l’autre et c’est exactement ce dont bébé a besoin les 6 premiers mois de sa vie.
Allaitement et césarienne
Césarienne d’urgence ou césarienne programmée, une chose est sûre, ce n’est probablement pas l’accouchement que vous aviez imaginé. Si vous avez le projet d’allaiter, il se peut que cela complique un petit peu la donne, et même qu’on essaye de vous décourager à l’avance. Dans le cas d’un accouchement par voie basse, si le bébé ne nécessite pas de soins particuliers, la tétée d’accueil a lieu dans les minutes qui suivent la naissance, ainsi l’allaitement commence immédiatement. ( Même si la montée de lait n’a pas encore eu lieu ). Dans le cas d’une césarienne à l’inverse, la maman doit faire un passage en salle de réveil, qui peut durer d’une vingtaine de minutes à quelques heures, laps de temps, pendant lequel, elle est séparée de son bébé. En conséquence, la tétée d’accueil est décalée et survient plus tard. En réalité, même si vous ne pourrez pas vivre le moment magique où bébé rampe jusqu’à votre sein, cela ne change pas grand chose à partir du moment où vous mettez bébé au sein dès qu’on vous l’apporte et que vous privilégiez le plus possible le peau à peau.
Quand survient la montée de lait en cas de césarienne?
La montée de lait, qui marque le passage du colostrum (liquide épais et jaune foncé) à la lactation intervient généralement vers le 3e ou 4e jours après l’accouchement. Elle est possible grâce à la production de la prolactine, l’hormone que le corps secrète après la chute des hormones oestrogènes et progestérones. En cas de césarienne, la montée de lait arrive généralement plus tard, vers le 5e jour. Si c’est votre cas, câlins à gogo, peau à peau et tétées le plus souvent possible seront vos meilleurs alliés. Une crainte commune à ce moment est que bébé a faim ou manque de lait et que le colostrum ne le nourrit pas suffisamment. C’est une fausse idée : le colostrum est très très nourrissant et suffit amplement à votre bébé.
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Comment favoriser la montée de lait en cas de césarienne ?
Le meilleur moyen pour favoriser la montée de lait et démarrer l’allaitement en cas de césarienne est de mettre bébé au sein le plus tôt et le plus souvent possible. Cela va permettre à la maman de s’habituer et se familiariser avec les positions de l’allaitement, au bébé d’apprendre le réflexe de succion si il ne l’avait pas encore et de stimuler la lactation. Le peau à peau, on l’a déjà dit, est aussi un excellent moyen d’aider à la mise en place de l’allaitement. En cas de césarienne d’urgence, ou dans le cas d’un bébé prématuré, il se peut qu’il soit trop petit ou trop faible pour téter, qu’il ait besoin d’aller en néonatologie ou encore que vous n’arriviez pas à allaiter. Si votre projet est de l’allaiter par la suite, ne baissez pas les bras : vous devrez commencer à tirer votre lait à l’aide d’un tire-lait que l’on vous prêtera à la maternité. Idéalement, dans le cas où vous ne pouvez pas du tout mettre votre enfant au sein, Il faudrait tirer votre lait environ 8 fois par 24 heures pour bien stimuler la lactation. Une des difficultés à laquelle la maman césarisée va faire face, est son manque de mobilité ainsi que la douleur causée par la cicatrice : le corps met en effet plus de temps à se remettre lorsqu’on a eu une césarienne et il faut en tenir compte pour l’allaitement. La meilleure position pour la maman est alors de rester allongée ou semi allongée. Ainsi pour allaiter, il est conseillé de positionner le bébé de tel sorte qu’il ne soit pas en contact avec la cicatrice pour limiter la douleur de la maman.
Quel matériel d’allaitement choisir pour s’équiper en cas de césarienne ?
Un bon coussin d’allaitement constitue un allié indispensable car il vous aidera à vous sentir bien calée. Le tire-lait électrique vous aidera à stimuler la lactation si elle met plus de temps à s’installer et si votre bébé ne naît pas à terme. Pour bien le choisir, faites-vous conseiller par une professionnelle de l’allaitement ou demandez à la maternité qu’ils vous en prêtent un. Enfin, un conseil qui vaut pour toutes les mamans qui ont envie d’allaiter, césarienne ou non, c’est d’avoir le contact d’une consultante en lactation qui peut venir vous voir en cas de difficulté. L’idéal étant de l’avoir rencontrée avant l’accouchement.
Conseils pour bien démarrer l'allaitement
Une bonne préparation peut aider les mamans à être plus sereines à l’allaitement. Voici quelques conseils pour bien vous préparer à la première montée de lait :
- Faire un contrôle mammaire avec un professionnel de santé.
- Créer un groupe de soutien qui vous aide à rester motivée et sereine tout au long de votre allaitement.
- Établir les objectifs de l’allaitement.
- Mettre en place un planning d’allaitement.
- S’informer plus en détail sur l’arrivée du premier lait maternel.
- Planifier le contact peau à peau.
- Anticiper l’évolution de l’allaitement quand bébé grandit.
- Faites en sorte d’avoir tout ce dont vous avez besoin pour un allaitement réussi.
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