Après une interruption volontaire de grossesse (IVG), la question de la contraception est primordiale. La fertilité revenant immédiatement, il est essentiel de prendre des mesures contraceptives rapidement pour éviter une nouvelle grossesse non désirée. Cet article vise à vous informer sur le moment idéal pour commencer la pilule contraceptive après un avortement, en tenant compte des différentes méthodes d'IVG et des options contraceptives disponibles.
Reprise de la fertilité après une IVG
La reprise de la fertilité après une IVG est immédiate. Cela signifie qu'une nouvelle grossesse peut survenir très rapidement après l'intervention, même avant le retour des règles. Il est donc crucial d'utiliser une méthode contraceptive dès la reprise des rapports sexuels si vous ne souhaitez pas une nouvelle grossesse.
Importance de la contraception après une IVG
Comme la fertilité revient immédiatement après une IVG, il est essentiel d'aborder la contraception. Plusieurs situations peuvent être envisagées selon les circonstances :
- Si vous n'utilisiez pas de contraception avant l'IVG : Prenez le temps de réfléchir et de discuter avec un professionnel de santé ou votre partenaire pour choisir la méthode contraceptive la plus adaptée à votre mode de vie et à votre état de santé.
- Si la grossesse non prévue est due à un échec de votre contraception : Il est possible que la méthode choisie ne soit plus adaptée. Discutez-en avec un professionnel de santé.
- Si vous souhaitez continuer la même méthode contraceptive qu'avant l'IVG : Comprenez avec l'aide d'un professionnel de santé les raisons de l'échec de cette méthode.
Choix de la contraception après une IVG
Le choix de la contraception après une IVG est une étape importante. Aucune méthode n'est contre-indiquée après une IVG, sauf cas particulier. Le meilleur contraceptif est celui qui est le plus adapté à votre situation et qui sera donc le plus efficace.
Les consultations médicales réalisées pour effectuer une IVG vous permettent de recevoir une information détaillée sur les méthodes contraceptives disponibles et d’échanger avec un médecin ou une sage-femme pour choisir la contraception qui vous convient.
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Seuls les moyens de contraception nécessitant des manipulations vaginales (anneau vaginal, cape cervicale, etc.) ne sont pas recommandés immédiatement après l’intervention, pendant le premier cycle suivant l’IVG.
Quand débuter la pilule contraceptive après une IVG ?
La contraception choisie peut être mise en place dès la réalisation de l’IVG. Le moment précis pour commencer la pilule contraceptive dépend du type d'IVG pratiquée : instrumentale ou médicamenteuse.
Après une IVG instrumentale
Une contraception hormonale, œstroprogestative (pilule, patch transdermique) ou progestative (pilule, implant, injection intra musculaire) peut être débutée le jour même ou le lendemain d’une IVG instrumentale.
Un dispositif intra-utérin (au cuivre ou à la progestérone) peut être posé immédiatement après la réalisation de l’IVG instrumentale (sauf en cas d’épisode infectieux).
Après une IVG médicamenteuse
Une contraception hormonale, œstroprogestative (pilule, patch transdermique) ou progestative (pilule, implant, injection intra musculaire) peut être débutée le jour de la prise de misoprostol - prise du 2e médicament - pour une IVG médicamenteuse.
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Un dispositif intra-utérin (au cuivre ou à la progestérone) peut être posé lors de la visite de suivi pour une IVG médicamenteuse. En cas d'IVG médicamenteuse, l'implant peut être inséré à partir du jour de la prise de mifépristone, le DIU dès la confirmation échographique de l’absence de grossesse intra-utérine.
Autres méthodes contraceptives
Les préservatifs externes (dits masculins) ou internes (dits féminins) peuvent être utilisés dès la reprise des rapports sexuels. Ce sont les seuls contraceptifs qui protègent des infections sexuellement transmissibles, dont le VIH-Sida.
Méthodes contraceptives réversibles à longue durée d'action (LARC)
Les méthodes contraceptives réversibles à longue durée d’action, dispositifs intra-utérins et implants, pourraient être privilégiées car elles n’engendrent pas de problème d’adhésion et pourraient ainsi mieux prévenir la répétition des IVG.
Remboursement de la contraception
L'Assurance maladie prend en charge différents moyens de contraception, sous certaines conditions :
- Sont remboursables : certaines pilules contraceptives, les implants contraceptifs hormonaux, les progestatifs injectables, les dispositifs intra-utérins (DIU) ou stérilets, les diaphragmes, certaines marques de préservatifs externes (masculins).
- Pour les femmes de moins de 26 ans avec une couverture sociale : ces contraceptifs sont délivrés en pharmacie sur prescription médicale avec une prise en charge à 100% et sans avance de frais. Concernant les préservatifs externes, ils sont pris en charge à 100% pour tous et toutes jusqu'à 26 ans, sans ordonnance. Le parcours de contraception pour toutes les personnes mineures est protégé par le secret.
- Pour les femmes de plus de 26 ans : ces contraceptifs sont remboursés à 65 % par l'Assurance maladie dans les conditions habituelles.
- Centres de santé sexuelle : Ils délivrent à titre gratuit des médicaments ou dispositifs contraceptifs aux mineures désirant garder le secret et aux personnes ne bénéficiant pas d’une couverture sociale.
Examens médicaux après une IVG
Après l’IVG, les examens médicaux ont pour objectif de vérifier que la grossesse est bien interrompue. En plus de l’examen clinique qui peut être réalisé, si la consultation est en présentiel, le médecin ou la sage-femme pourra vous proposer de réaliser une prise de sang pour doser les β-hCG ou une échographie. Tous ces examens et consultations sont pris en charge à 100% par l’Assurance maladie sans aucune avance de frais que vous soyez majeure ou mineure.
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Aspects psychologiques après une IVG
Parmi les idées reçues qui circulent autour de l’IVG, on retrouve fréquemment l’existence d’un syndrome post avortement. Pourtant, de nombreuses études scientifiques fiables ont montré que l’IVG n’est pas à l’origine de troubles psychologiques spécifiques. Le vécu d’une IVG est personnel et varie d’une femme à l’autre. C’est souvent le contexte de sa réalisation et l’accompagnement autour de l’IVG qui peuvent avoir un impact psychologique. Par ailleurs, les discours moralisateurs ou culpabilisants peuvent contribuer au mauvais vécu d’une IVG. Vous pouvez également vous tourner vers un psychologue ou encore vers des associations, comme le Planning familial, qui peuvent vous apporter un soutien important. A plus long terme, un accompagnement psychologique par un professionnel peut également être mis en place si vous en ressentez le besoin.
Fertilité et IVG
Le risque d’infertilité est souvent pointé comme une complication à long terme de l’interruption volontaire de grossesse. Ce risque n’est pas lié à la réalisation de l’IVG en tant que telle mais peut être une conséquence des éventuelles complications qui y sont associées (infection, lésions au niveau de l’utérus lors de l’aspiration, etc). Toutefois, ces complications sont rares quand l’IVG est réalisée dans des conditions sécurisées (personnel formé, matériel stérile, établissement équipé, etc.) comme c’est le cas en France. Le risque de survenue de complications lors de la réalisation d’une IVG n’est pas supérieur à celui d’un avortement spontané ou d’une grossesse menée à terme. D’après les études qui ont évalué le risque d'infertilité après une IVG, il n'y a pas d'augmentation du risque dans les pays où la pratique de l’IVG est légale. Ce risque n’est pas plus important chez les patientes ayant eu deux IVG ou plus.
Saignements après un avortement
Les saignements après une IVG peuvent être un peu plus abondants que les règles habituelles dans les premiers jours. Ils durent de quelques jours à 3 semaines.
Disparition des symptômes de grossesse
Les symptômes de grossesse (nausées ou sensibilité des seins) disparaissent généralement quelques jours après l’IVG médicamenteuse ou instrumentale. Un test de grossesse peut rester positif jusqu’à trois semaines après une IVG. C’est la visite de contrôle qui permettra de confirmer que l’IVG a fonctionné.
Retour des règles après une IVG
Après une IVG, les règles reviennent généralement dans les 4 à 6 semaines. Cela peut varier en fonction du type de contraception que vous avez choisi d’utiliser et du moment où vous l’avez débutée. Avec une pilule oestro-progestative par exemple, les règles surviendront à la fin de la première plaquette. Avec un DIU hormonal les règles peuvent êtres irrégulières ou absentes.
Reprise des rapports sexuels après une IVG
Il est conseillé d’attendre une dizaine de jours avant la reprise des rapports sexuels avec pénétration après une IVG. En effet, si le col de l’utérus n’est pas refermé il existe un risque que des germes puissent remonter du vagin vers l’utérus et soient à l’origine d’une infection. Pour les mêmes raisons il est également recommandé de ne pas utiliser de tampons durant cette période. Si vous ne souhaitez pas de grossesse il est nécessaire d’utiliser une contraception dès la reprise des rapports sexuels après une IVG (une grossesse est possible même avant la reprise de vos règles).
Information et accès à la contraception
Les consultations réalisées par le médecin ou la sage-femme dans le cadre des démarches effectuées pour accéder à une IVG doivent permettre à la femme de recevoir une information détaillée sur les méthodes contraceptives disponibles, ainsi que des conseils pour choisir une contraception susceptible de lui convenir.
Sont pris en compte, outre les contre-indications médicales, les réticences, le contexte de vie de la patiente, les effets secondaires et les éventuelles difficultés d’utilisation des méthodes contraceptives déjà mises en place.
IVG médicamenteuse : étapes et informations importantes
76 % des IVG réalisées sont des IVG médicamenteuses. Elle consiste à prendre deux comprimés prescrits par votre médecin ou sage-femme. Cette méthode est possible jusqu’à 7 semaines de grossesse.
Les étapes à respecter :
- Le temps d'information : Votre médecin ou sage-femme vous informe sur les deux méthodes d’IVG (médicamenteuse ou instrumentale) et vous remet un dossier-guide. Il vous propose de réaliser un entretien psychosocial (uniquement obligatoire pour les mineures).
- Le recueil du consentement : Vous choisissez la méthode d’IVG qui convient le mieux à votre situation personnelle et confirmez votre choix par un écrit. C'est le moment de décider de la méthode contraceptive à mettre en place après l’IVG si nécessaire.
- La prise des médicaments :
- La mifépristone (premier médicament) : Ce médicament débute l’interruption de la grossesse. Il bloque l’action de la progestérone, favorise les contractions de l’utérus et l’ouverture du col utérin.
- Le misoprostol (second médicament) : Elle a lieu dans un délai de 24 à 48 heures après la prise du premier médicament. Ce médicament est pris soit à domicile, soit à l’occasion d’une consultation, soit au cours d’une courte hospitalisation. Il augmente les contractions et provoque l’IVG.
- La visite de contrôle : 14 à 21 jours après la première prise de médicament, vous devez réaliser une visite de contrôle afin de s’assurer que la grossesse est bien interrompue et qu’il n’y a pas de complications.
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