La question du décalottage chez le nourrisson est un sujet qui suscite de nombreuses interrogations chez les parents de petits garçons. Faut-il décalotter bébé ? Si oui, à quel âge et comment procéder ? Les avis divergent, et il est important de bien s'informer pour prendre une décision éclairée.

Qu'est-ce que le décalottage ?

Le décalottage consiste à faire glisser le prépuce (la peau recouvrant le gland du pénis) vers la base du pénis. Chez les nourrissons, le prépuce est souvent adhérent au gland, ce qui rend le décalottage difficile, voire impossible.

Pourquoi cette question ?

Pendant longtemps, il était recommandé aux parents de décalotter leur bébé à chaque bain, pour des raisons d'hygiène et pour éviter le risque d'infection. On pensait également que le décalottage allait permettre de limiter le risque de phimosis, affection qui se traduit par une étroitesse excessive du prépuce et une impossibilité totale de décalotter.

L'évolution des recommandations

Depuis quelques années, l'avis sur cette pratique est en pleine évolution. Les pédiatres, médecins généralistes, urologues et puéricultrices préconisent de laisser faire la nature sans forcer le décalottage de bébé. Moins on touche au sexe du bout d'chou, mieux il se porte.

Les arguments contre le décalottage forcé

  • Risque de traumatisme : Un décalottage brutal ou forcé peut provoquer un paraphimosis, un rétrécissement cicatriciel qui obligerait le médecin à pratiquer une intervention chirurgicale pour libérer le prépuce. Le nourrisson risque de ressentir des douleurs assez vives à chaque pipi dans les 24 à 48 heures qui suivront.
  • Douleur et stress : Le décalottage peut être stressant pour le parent qui a peur de mal s'y prendre, et douloureux pour le bébé.
  • Complications : Des saignements, un œdème, l’apparition de fibrose au moment de la cicatrisation… décalotter son bébé peut être à l’origine de plusieurs complications, plus ou moins graves. Dans certains cas, le prépuce est si étroit qu’on ne parvient pas à recalotter (paraphimosis) : la « strangulation » oblige à consulter en urgence un pédiatre.

Les arguments pour un décalottage progressif

Certains médecins recommandent de décalotter les petits garçons, au fur et à mesure, dès l'enfance, pour limiter les adhérences. Le Dr Eric Saban estime que "petit à petit, ces adhérences risquent de progresser vers le bout du zizi". Il ajoute que "l'expérience montre que lorsqu'on ne les décalotte pas, des adhérences se forment et cela empêche les érections à un moment donné".

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Quand et comment décalotter ?

Si vous choisissez de décalotter votre enfant, il est important de procéder avec douceur et patience.

  • Attendre l'âge de 24 mois : Le Dr Anne Boutemy recommande de ne pas toucher au prépuce avant l'âge de 24 mois, car la verge est trop petite.
  • Après le bain : L'idéal est de décalotter l'enfant après le bain, car la peau est assouplie.
  • En douceur : "Dès l'âge de 24 mois, je conseille aux parents de serrer le prépuce de manière ferme et délicate à la fois, après le bain, une fois que la peau est mouillée. Le but ? Assouplir la peau du gland. En faisant cela tous les jours pendant 2/3 ans, on finit par obtenir un bon résultat", précise le Dr Anne Boutemy.
  • Ne jamais forcer : Il est très important de ne jamais forcer, car si le prépuce passe derrière la base du gland, il peut y rester bloqué. C'est « le paraphimosis », une complication du phimosis qui nécessite souvent une consultation spécialisée, et même parfois une opération chirurgicale en urgence.

Que faire en cas de résistance ?

Si le résultat n'est toujours pas concluant au bout d'un certain temps, le Dr Anne Boutemy prescrit une crème à base de cortisone à appliquer entre le gland et le prépuce une fois par jour pendant un mois, tout en décalottant bien son enfant au moment du bain. "Généralement, le traitement se révèle satisfaisant au bout d'un mois", précise-t-elle.

Le phimosis

Il arrive parfois que le prépuce soit trop étroit et impossible à décalotter, même lorsqu'on force un peu. On parle alors de phimosis, et il s'agit de la seule indication médicale pour pratiquer une circoncision.

Hygiène et toilette

Quelle que soit votre décision concernant le décalottage, il est important de veiller à l'hygiène de votre enfant. Tous les jours, une toilette de l’enfant doit être réalisée, en décalottant sans douleur le gland de l’enfant. Si vous ne pouvez pas décalotter votre petit garçon jusqu'au bout, il faut le laver quotidiennement sans jamais forcer, c'est à dire arrêter à la moindre résistance.

Vers l’âge de 3 ou 4 ans, lorsque l’enfant apprend à se laver seul, on peut lui enseigner les bons gestes pour sa toilette intime, et lui apprendre à se décalotter seul pour nettoyer cette zone, à l’eau claire.

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Les complications possibles

  • Paraphimosis : Le paraphimosis survient lorsque le prépuce, encore trop serré, reste coincé en position décalottée et qu’il ne peut plus coulisser pour revenir couvrir le gland. L’anneau du prépuce comprime alors le gland, provoquant un œdème. Le paraphimosis est une urgence médicale pour laquelle il faut consulter immédiatement.
  • Balanite et balanoposthite : Il s’agit d’inflammations du gland et/ou du prépuce, le plus souvent d’origines infectieuses. Lors de ces infections, on peut observer des taches rouges ou blanches, des démangeaisons, éventuellement un écoulement de pus et l’enfant ressent de fortes douleurs. Il ne faut surtout pas tenter de décalotter l’enfant lors de ces épisodes infectieux au risque d’aggraver l’infection.

Les traitements en cas de complication

  • Crème à la cortisone : Pour les formes les peu sévères, les médecins ou les pédiatres peuvent proposer une crème à la cortisone, ce qui va permettre d'ouvrir progressivement le prépuce.

  • Chirurgie : Pour les formes plus sévères, un recours à la chirurgie est souvent à envisager. Dans la littérature médicale, nous pouvons retenir essentiellement deux techniques : la circoncision et la plastie dorsale du prépuce ou « plastie préputiale ».

    • La circoncision : Elle consiste à retirer l'ensemble du prépuce, ce qui laisse le gland en permanence à nu.
    • La plastie préputiale : C'est une petite découpe en forme de V sur le dessus du pénis (car en dessous, il y a le frein, qu'il ne faut pas couper).

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