La fécondation in vitro (FIV) est une technique d'assistance médicale à la procréation (AMP) qui offre une solution aux couples confrontés à des problèmes d'infertilité. Ce processus complexe implique plusieurs étapes, dont la stimulation ovarienne par des injections hormonales. Comprendre le moment idéal pour commencer ces injections est essentiel pour optimiser les chances de succès de la FIV.
Stimulation ovarienne : le point de départ
La stimulation ovarienne est une étape cruciale de la FIV. Elle vise à stimuler les ovaires afin de faire grossir plusieurs follicules sur chaque ovaire et ainsi obtenir plusieurs ovocytes. Ce processus est réalisé grâce à un traitement hormonal, généralement à base de FSH (hormone folliculo-stimulante) seule ou associée à de la LH (hormone lutéinisante).
Les objectifs de la stimulation ovarienne
- Obtenir plusieurs ovocytes matures : L'objectif principal est de recueillir un nombre suffisant d'ovocytes de bonne qualité pour augmenter les chances de fécondation et de développement embryonnaire.
- Contrôler l'ovulation : Il est essentiel d'empêcher l'ovulation prématurée, c'est-à-dire la libération des ovocytes avant qu'ils ne soient prêts à être fécondés.
Les différents protocoles de stimulation ovarienne
Il existe plusieurs protocoles de stimulation ovarienne, chacun ayant ses propres spécificités et indications. Le choix du protocole dépend de plusieurs facteurs, tels que l'âge de la patiente, sa réserve ovarienne, ses antécédents médicaux et la cause de l'infertilité.
Protocole long agoniste
Ce protocole implique un blocage préalable de la fonction ovarienne par des analogues de la LHRH (hormone de libération des gonadotrophines). Ce blocage est réalisé par une injection intramusculaire de DECAPEPTYL 3 mg dès le début des règles du mois d'inscription, ou par des injections sous-cutanées quotidiennes de DECAPEPTYL 0.1 mg ou de SYNAREL à partir du 20ème jour des règles qui précèdent le mois d'inscription. La stimulation ovarienne commence ensuite environ 15 jours après l'injection de DECAPEPTYL 3 mg, ou le mercredi ou le jeudi qui suit les règles dans le cas du SYNAREL.
- Avantages : Permet un contrôle précis de l'ovulation et une meilleure synchronisation du cycle.
- Inconvénients : Peut entraîner des effets secondaires liés au blocage ovarien (bouffées de chaleur, sécheresse vaginale, etc.).
Protocole court agoniste
Dans ce protocole, un prétraitement par PROVAMES est administré au 20ème jour du cycle. Le médecin communique ensuite la date du premier contrôle et indique quand débuter les gonadotrophines (GONAL, PUREGON, MENOPUR, FERTISTART, FOSTIMON, REKOVELLE, FOSTIMON). Après 5 à 6 jours de gonadotrophines seules, une deuxième injection est nécessaire pour bloquer l'ovulation : un antagoniste (ORGALUTRAN, FYREMADEL ou CETROTIDE).
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Protocole antagoniste
Ce protocole utilise des antagonistes de la LHRH (CETROTIDE ou ORGALUTRAN) pour bloquer l'ovulation. Les injections d'antagonistes sont débutées lorsque la stimulation ovarienne est déjà en cours, généralement entre le 6ème et le 9ème jour de stimulation.
- Avantages : Durée de stimulation plus courte, moins d'effets secondaires liés au blocage ovarien.
- Inconvénients : Nécessite une surveillance plus étroite de la stimulation ovarienne.
Le calendrier des injections
Le moment précis pour commencer les injections dépend du protocole choisi et des instructions du médecin. Cependant, voici quelques indications générales :
- FSH naturelle ou recombinante (Menopur®, Fostimon®, Gonal F®, Puregon®, …) : Les injections sont généralement administrées le soir, à heure régulière, par une infirmière à domicile ou par la patiente elle-même. La dose quotidienne de départ est variable et adaptée aux éléments du dossier médical de la patiente. Le début de la stimulation des ovaires a lieu un mercredi soir ou un jeudi soir (sauf pour Elonva un mardi soir).
- Elonva® : Il s'agit d'une injection unique sous-cutanée de FSH recombinante administrée un mardi soir.
Il est crucial de respecter scrupuleusement le calendrier des injections et les instructions du médecin pour optimiser les chances de succès de la FIV.
Surveillance de la stimulation ovarienne
La réponse au traitement de stimulation ovarienne est évaluée par des échographies pelviennes par voie vaginale, associées à des dosages hormonaux. Ces examens permettent de suivre la croissance des follicules et d'adapter le traitement en conséquence. La surveillance est réalisée par des dosages hormonaux et des échographies plus fréquentes (entre 3 et 5 au lieu de 2 à 3 pour la stimulation simple).
Déclenchement de l'ovulation et ponction ovocytaire
Lorsque les follicules ont atteint une taille suffisante, une injection d'hCG (hormone chorionique gonadotrope) est réalisée pour déclencher l'ovulation. La ponction ovocytaire, qui consiste à prélever les ovocytes matures, est réalisée 36 heures après cette injection, sous anesthésie générale ou locale. Madame est convoquée à jeun pour une hospitalisation en ambulatoire le surlendemain du déclenchement.
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Fécondation et transfert embryonnaire
Les ovocytes prélevés sont ensuite mis en fécondation au laboratoire avec les spermatozoïdes du conjoint. La fécondation peut être réalisée de manière classique (FIV classique) ou par injection intracytoplasmique de spermatozoïdes (ICSI). Les embryons obtenus sont cultivés in vitro pendant 2 à 5 jours, puis l'embryon est réintroduit dans l'utérus. Le transfert des embryons, ayant eu un bon potentiel de développement et qui ont été conservés après la FIV/ICSI, sera organisé suite à une consultation médicale, lors de laquelle un protocole de traitement vous sera remis.
Le transfert a lieu en général 2 à 3 jours après la ponction, parfois 5 jours après (transfert de blastocystes), sur les indications du biologiste. Le nombre d’embryon(s) transféré(s) proposé dépend de l’âge de la conjointe, de la qualité des embryons avec présence ou non d’embryon(s) surnuméraire(s), du rang de la tentative, du déroulement du traitement. On peut transférer 1 ou 2 embryons, exceptionnellement 3 embryons.
Après le transfert
Après le transfert embryonnaire, un repos de 10 min est préconisé après le transfert. Il est important de suivre les instructions du médecin concernant la prise de médicaments et les précautions à prendre. Un test de grossesse est réalisé 14 jours après la ponction pour déterminer si la FIV a réussi.
Si le premier test est positif, il faudra refaire un dosage 48h plus tard, puis 7 jours plus tard. Ces dosages répétés permettront d’assurer que la grossesse débute bien. Dès réception du troisième dosage, vous serez contactée par une sage-femme pour programmer un premier RDV d’échographie de datation, entre 7 et 8 semaines d’aménorrhées. Le suivi de grossesse sera un suivi classique, sans nécessité d’examen supplémentaire. Si le premier test est négatif, il faudra arrêter vos traitements. Vous pourrez enchainer pour la réalisation d’une deuxième tentative d’insémination, sauf avis contraire de votre médecin.
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