L'infertilité, un problème touchant un pourcentage significatif de couples, soit 17% des couples espagnols en âge de procréer, selon la Société Espagnole de Fertilité (SEF), peut souvent être surmontée grâce à la fécondation in vitro (FIV), que ce soit avec les propres ovules du couple ou par le biais d'une FIV avec don d'ovules (ovodonation). La FIV représente souvent le traitement le plus efficace pour réaliser leur plus grand souhait : avoir un bébé en bonne santé. La progestérone joue un rôle essentiel dans ce processus, mais la question de savoir quand arrêter son administration après une FIV suscite de nombreuses interrogations.

Rôle de la Progestérone dans la FIV

La progestérone est une hormone stéroïdienne cruciale pour l'obtention et le maintien d'une grossesse. Naturellement, après l'ovulation, le follicule ovarien se transforme en corps jaune, qui sécrète de la progestérone ainsi que de l'estradiol. En présence d'un embryon, la production de progestérone augmente progressivement, favorisant ainsi le maintien de la grossesse.

Dans le cadre d'une FIV, un traitement par progestérone est presque systématiquement administré après la stimulation de l'ovulation. La stimulation ovarienne peut perturber les sécrétions de FSH et de LH, hormones indispensables à une production adéquate de progestérone. Bien que certaines femmes n'en aient peut-être pas réellement besoin, il est difficile de le déterminer avant qu'il ne soit trop tard. La progestérone peut également être utilisée en l'absence d'ovulation, dans un cycle artificiel, pour induire des règles ou permettre une grossesse.

Administration de la Progestérone

Le traitement par progestérone n'est pas totalement standardisé, et les prescriptions peuvent varier selon les praticiens. Généralement, la progestérone est débutée le soir de la ponction d'ovocytes dans le cadre d'une FIV ou 24 à 48 heures après une insémination intra-utérine. Un bilan hormonal n'est pas toujours nécessaire.

La progestérone est disponible sous différentes formes, toutes équivalentes, mais non interchangeables en termes de voie d'administration : capsules vaginales, injections sous-cutanées ou intramusculaires, gel, suppositoires et patchs. Les capsules vaginales, par exemple, sont très efficaces par voie vaginale, mais moins par voie orale.

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Quand Arrêter la Progestérone ?

Dans la majorité des cas, dès que le test de grossesse est positif, la production de progestérone par l'ovaire est suffisante, et le traitement externe pourrait être arrêté. Cependant, dans certaines situations, il est impératif de poursuivre la progestérone jusqu'à 10 à 12 semaines d'aménorrhée (fin du premier trimestre) pour éviter une fausse couche. C'est particulièrement le cas lors d'un transfert d'embryon congelé, lorsque la préparation du cycle a été réalisée uniquement par des hormones (cycles artificiels) et non par l'ovulation.

Il est crucial de suivre à la lettre la prescription de progestérone établie par le médecin du centre de PMA, dès le transfert d'embryon et jusqu'à 3 mois de grossesse si le transfert réussit. En effet, la fécondation in vitro ne génère pas de corps jaune (résidu de l'ovulation naturelle) pour sécréter naturellement cette progestérone.

Effets Secondaires et Précautions

La progestérone, qu'elle soit administrée par voie vaginale, sous-cutanée ou orale, seDiffuse dans tout le corps et agit sur différents tissus, notamment l'utérus (transformation de l'endomètre et diminution des contractions utérines) et le cerveau. En cas d'oubli, il est conseillé de prendre immédiatement le traitement et la dose suivante à l'heure prévue, en espaçant suffisamment les prises sur la journée.

Les effets secondaires varient selon le mode d'administration. La voie orale et sous-cutanée présentent peu d'effets secondaires, hormis des réactions locales. La voie vaginale peut entraîner des pertes vaginales, parfois abondantes. Il est recommandé de retirer le maximum de progestérone avant d'insérer une nouvelle capsule vaginale pour favoriser l'absorption.

La progestérone naturelle en capsule vaginale peut également être prise par voie orale (avec une efficacité moindre), mais cela peut provoquer des étourdissements ou de la somnolence.

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Impact de la Progestérone sur le Test B-HCG

La progestérone n'affecte pas les résultats du test B-HCG, qui détecte la présence de l'hormone de grossesse.

Conseils Supplémentaires

  • En cas de perte de l'ovule après l'insertion, il est possible d'en remettre un immédiatement.
  • En cas d'irritation ou de mycose, il est important d'en parler avec le médecin, qui pourra adapter la voie de traitement et vérifier s'il s'agit bien d'une mycose et non d'une allergie aux capsules.
  • Les rapports sexuels ne sont pas déconseillés pendant le traitement à la progestérone.
  • L'alimentation peut également jouer un rôle. Certains aliments, riches en vitamine C (agrumes, fruits rouges, kiwi, poivrons, persil) et en sélénium (noix du Brésil, fruits de mer, poisson), pourraient contribuer à augmenter naturellement le taux de progestérone.
  • La phytothérapie propose également des plantes dites "progestérone-like", comme le gattilier et l'alchémille, qui agissent sur l'équilibre hormonal en mimant l'activité de la progestérone.

Facteurs Influençant le Succès de la FIV

Bien que la progestérone soit essentielle, d'autres facteurs peuvent influencer le succès d'une FIV, notamment :

  • L'âge maternel : Un âge maternel avancé peut entraîner une baisse du nombre et de la qualité des ovocytes.
  • L'indice de masse corporelle (IMC) : Un IMC idéal se situe entre 19 et 30. Les écarts, en particulier un IMC supérieur à 30, peuvent réduire le taux de fécondation et de grossesse.
  • La cause de l'infertilité : Qu'elle soit unique ou multiple, et la présence d'endométriose peuvent affecter les résultats.
  • Le comptage des follicules antraux (CFA) : Lié à l'âge maternel et aux valeurs de l'hormone antimullerienne (AMH), un nombre folliculaire diminué et des valeurs d'AMH basses sont observés avec l'âge.
  • Les facteurs toxiques : La consommation de substances nocives comme le tabac et l'alcool, ainsi que l'environnement, peuvent nuire aux résultats du traitement.
  • Le facteur ovarien : La réponse ovarienne lors d'un cycle précédent peut aider à personnaliser une nouvelle tentative en fonction de certains niveaux d'hormones.
  • Le facteur endométrial : Les anomalies de la cavité intra-utérine, un endomètre peu proliféré, l'endométrite, les facteurs immunologiques et les thrombophilies peuvent causer des échecs répétés d'implantation.
  • La qualité séminale : Bien qu'une ICSI puisse être réalisée avec un faible nombre de spermatozoïdes, certains paramètres peuvent influencer les taux de fécondation.
  • La qualité embryonnaire : Les embryons qui atteignent le stade blastocyste sont classés selon leur degré d'expansion et la qualité de leurs cellules. Un embryon de bonne qualité aura un taux de prédiction de grossesse plus élevé.
  • Le contrôle de la qualité en laboratoire : La qualité de l'air, le pH, le type et les caractéristiques des incubateurs, l'utilisation de faible éclairage et le type de milieu dans lequel les embryons sont cultivés sont essentiels.

Que Faire Après un Test de Grossesse Négatif ?

Un test de grossesse négatif après une FIV peut susciter une multitude d'émotions. Il est important de se donner le temps de digérer la situation et de laisser les émotions émerger. Voici quelques conseils :

  • Écoutez votre corps et laissez-le couler : Prenez le temps de digérer la situation, chacun ayant besoin d'un rythme différent.
  • Focalisez l'attention sur vous-même : Observez vos sentiments, vos émotions et réalisez des activités génératrices de tranquillité.
  • Connectez-vous avec le présent : Ne prenez pas de décisions hâtives et concentrez-vous sur le jour le jour.
  • Ayez confiance en vous-même, en votre corps, aux professionnels choisis et aux possibilités offertes par la FIV.
  • Préparez-vous à un nouveau cycle : Analysez si vous êtes prête pour le prochain transfert, vérifiez vos habitudes alimentaires, votre activité physique, votre sommeil et votre hygiène mentale.
  • Prenez des décisions : Après quelques jours et une explication médicale de votre diagnostic, il est temps de prendre des décisions.

Il est généralement recommandé d'attendre 2 à 3 mois avant de retenter une nouvelle FIV. Cependant, il n'est pas nécessaire d'attendre si le plan est de réaliser un cryotransfert après une FIV négative, car les ovaires ne sont pas sollicités et l'endomètre se régénère complètement avec la menstruation.

Soutien Émotionnel

Un échec de FIV peut être une expérience émotionnellement éprouvante. Il est important de rechercher un soutien émotionnel auprès de son partenaire, de sa famille, d'amis ou de professionnels. Des groupes de soutien ou des thérapies peuvent également être bénéfiques pour gérer les émotions et les sentiments associés à l'infertilité et à l'échec de la FIV.

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