La grossesse est une période de changements constants dans le corps d'une femme. Parmi ces changements, les contractions utérines sont un phénomène fréquent et souvent source d'interrogations. Il est essentiel de comprendre les différents types de contractions, leurs causes et comment les gérer pour vivre une grossesse sereine et bien préparée à l'accouchement. Cet article vise à vous éclairer sur les contractions, en particulier les contractions de Braxton Hicks et les contractions de travail, afin de vous aider à mieux comprendre ce qui se passe dans votre corps et à prendre les bonnes décisions.

Qu'est-ce qu'une contraction utérine ?

Pour bien comprendre ce qu'est une contraction, il convient de rappeler que l’utérus est un muscle lisse, qui agit en autonomie. Tout comme le cœur, l’utérus ne peut être contrôlé par l’être humain. La contraction correspond alors au fait que l’utérus s’étire, se contracte et se relâche.

Pendant la grossesse, l’utérus subit de nombreuses transformations pour s'adapter à la croissance du bébé. L'utérus est maintenu aux os du bassin par des ligaments. Le volume de l’utérus augmente: à mesure que le bébé grandit, l’utérus s’étire. Les contractions sont un phénomène normal qui peut survenir tout au long de la grossesse. Elles sont dues à la contraction des fibres musculaires de l'utérus.

Les contractions de Braxton Hicks : un entraînement pour l'utérus

Les contractions de Braxton Hicks sont très fréquentes pendant la grossesse, contrairement aux contractions dites de travail, qui elles, signalent l’arrivée de l’accouchement. Bien avant la date du terme, la femme enceinte peut ressentir des tensions au niveau de l’utérus. Pas d’inquiétude, ce sont probablement des contractions dites de “Braxton-Hicks” qui se manifestent. Parce que l’utérus grandit et change afin de suivre l’évolution du fœtus, il se contracte. Ces étapes de croissance se situent généralement autour de la 10ème, 20ème et 30ème semaine d’aménorrhée. Elles sont peu douloureuses. « Cette douleur peut être comparable à une douleur de règles, à un spasme, à un mal de ventre et/ou des tiraillements », précise la sage-femme. Les contractions font travailler les ligaments qui soutiennent l’utérus, d’où le fait que la future maman peut avoir le bas du dos et les jambes qui tirent.

Ces contractions, souvent appelées "fausses contractions" ou "contractions d'entraînement", sont irrégulières, imprévisibles et généralement indolores. Elles se traduisent par un durcissement passager de l'utérus, d'une trentaine de secondes environ. Certaines femmes comparent cette sensation à des tiraillements ressentis au niveau du bas ventre ou à des douleurs menstruelles.

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Le rôle des contractions de Braxton Hicks

Si les contractions de Braxton-Hicks n’ont pas d’impact sur la dilatation du col de l’utérus, à quoi servent-elles ? C’est la question que beaucoup de futures mamans se posent, tant elles ont l’impression que celles-ci surviennent en vain. La faute à l’expression “fausses contractions” par laquelle elles sont souvent désignées. « Je milite pour que l’on cesse d’employer ce terme, qui tend à minimiser ce que peuvent ressentir les femmes », insiste la spécialiste. Selon elle, il est préférable de considérer ce type de contractions comme des contractions d’entraînement, à la fois pour le corps et le mental, en vue de la naissance de votre bébé. « C’est une façon, pour la future maman, de changer l’intention, d’implanter une nouvelle façon de penser et d’être pleinement actrice de sa grossesse », souligne Camille Carrel, sage-femme et sophrologue.

Les contractions de Braxton Hicks jouent un rôle important pendant la grossesse :

  • Préparation de l'utérus : elles aident à préparer l'utérus à l'accouchement en renforçant les muscles utérins et en favorisant la circulation sanguine dans cette région du corps.
  • Positionnement du bébé : ces contractions peuvent contribuer à ajuster la position du bébé dans l'utérus, facilitant parfois son mouvement vers une position plus favorable pour l'accouchement, tête en bas.
  • Stimulation du col de l'utérus : bien que les contractions de Braxton ne causent pas l'ouverture du col de l'utérus, elles peuvent contribuer à son assouplissement et à sa préparation pour le travail et l’accouchement à venir.
  • Préparation mentale : pour la future mère, ressentir ces contractions peut être une manière d'anticiper et de se préparer mentalement à l'accouchement, même si elles ne sont pas douloureuses comme les vraies contractions de travail.

Comment soulager les contractions de Braxton Hicks ?

Si les contractions de Braxton-Hicks constituent un entraînement, comment les accompagner au mieux lorsqu’elles se manifestent ? Quels sont ces bons réflexes à adopter, à garder précieusement dans sa boîte à outils lors de l’accouchement ? La première chose à faire, selon l’experte, est de se reposer, en s’asseyant ou en s’allongeant. « Comme pour les douleurs de règles, il est possible également de prendre un bain chaud ou de poser une bouillotte sur le ventre pour soulager les douleurs », précise-t-elle. « Les exercices de respiration issus de la sophrologie, tels que “les éventails” sont aussi très efficaces pour accompagner les sensations désagréables », ajoute-t-elle. Côté médicaments, un spasfon peut aussi suffire à calmer les contractions de Braxton-Hicks, puisqu’il est anti-spasmodique.

En fin de journée, je ressens souvent des douleurs dans le bas-ventre. Je suis enceinte de cinq mois : dois-je m’inquiéter d’avoir des contractions ? Les contractions peuvent arriver assez tôt dans une grossesse, parfois dès le quatrième mois. Elles peuvent être liées au stress, à l’activité et à la morphologie. Il s’agit d’un va-et-vient douloureux dans le bas-ventre ou le dos qui dure environ deux minutes. Si on touche son ventre, une boule apparaît et disparaît. Si vous ressentez moins de vingt contractions quotidiennes, c’est normal, notamment le soir. En effet, l’activité de la journée a stimulé l’utérus, il est un peu fatigué et a tendance à se contracter. Il suffit de s’allonger et si dans l’heure qui suit, la douleur diminue, c’est juste une réaction aux stimuli de la journée. En revanche, si malgré le repos, vous avez des contractions douloureuses pendant deux à trois heures, mieux vaut consulter. Attention à ne pas les confondre avec des douleurs ligamentaires ou des soucis de constipation dus à un chamboulement de l’appareil digestif.

Comment éviter les contractions ? En se reposant, en fin de journée. En s’allongeant. Et aussi : s’abstenir de porter de lourdes charges, éviter les situations de stress et penser à boire au moins 1,5 litre d’eau par jour car l’utérus est un muscle qui, s’il est déshydraté, se contracte.

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Contractions de Braxton Hicks : quand s'inquiéter ?

Les contractions de Braxton-Hicks peuvent entraîner des complications, si elles deviennent nombreuses et régulières. « Au-delà de 20 à 30 contractions de Braxton-Hicks par jour, à un stade trop précoce de la grossesse, la femme enceinte est mise au repos ou peut-être allitée », note Camille Carrel. Une mesure de précaution nécessaire, puisque les contractions de Braxton-Hicks peuvent évoluer en vraies contractions. Résultat, le col de l’utérus s’ouvre beaucoup trop tôt, constituant une menace d’accouchement prématuré.

Des contractions fréquentes et répétitives au cours de la grossesse peuvent être le signe d’un utérus contractile. On parle d’utérus contractile quand, au cours de la grossesse, les contractions sont anormalement fréquentes. Ces contractions utérines se produisent de façon répétitive, plus de dix fois par jour.

Il est important de pouvoir reconnaître les signes d’un utérus contractile. Un examen du col de l'utérus, effectué lors d’un toucher vaginal. Cela permet de déterminer si les contractions ont un effet sur le col de l'utérus, si elles ont provoqué ou non son ouverture, et si oui à quel degré. En effet, si l'utérus contractile a ouvert le col utérin, l'accouchement peut être rapide. À la suite de ces examens, un traitement pourra être indiqué. Des tocolytiques : les médicaments tocolytiques, comme le Salbutamol, favorisent la réduction des contractions utérines. L’alitement : il peut être nécessaire pour la mère de rester alitée pendant tout le reste de la grossesse lorsque le cas d’utérus contractile est très inquiétant.

Les contractions de travail : le signal du début de l'accouchement

En fin de grossesse, à l’approche du jour du terme, les « vraies » contractions de travail sont beaucoup plus douloureuses, régulières et rapprochées. Les sensations ressenties s’étendent du ventre jusqu’au bas du dos. De plus, contrairement aux « fausses » contractions de Braxton-Hicks, elles modifient progressivement le col et l’aident à s’ouvrir, à raison d’un centimètre environ par heure.

Qu'est-ce qu'une contraction de grossesse ? Les contractions se produisent au début du travail et sont le moyen pour le corps de pousser votre bébé dans le canal d'accouchement et de le mettre au monde. Elles impliquent que les muscles de votre utérus se resserrent (contraction) et se détendent à nouveau, un processus qui aide à ouvrir (dilater) le col de l'utérus - l'organe musculaire qui relie l'utérus et le vagin - pour permettre à votre bébé de passer à travers.

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Comment reconnaître les contractions de travail ?

Il n’est pas toujours évident de savoir ce qui se passe exactement dans son corps lorsque l’on est enceinte. On peut confondre les mouvements du bébé et les contractions utérines.

Il peut être difficile de savoir si vous ressentez des contractions de travail, mais il y a certains signes que vous pouvez surveiller. Voici quelques indications possibles que vos sensations correspondent à des contractions de travail :

  • Typiquement, les contractions de travail ressemblent à une douleur ou une pression qui commence dans le dos ou le bassin et se déplace vers l'avant de votre bas-ventre.
  • Les vraies contractions de travail deviennent de plus en plus intenses avec le temps.
  • Elles surviennent à intervalles réguliers de plus en plus rapprochés.
  • Votre ventre se contracte et devient très dur.
  • Certaines personnes enceintes comparent ces contractions à des crampes menstruelles.
  • Vous pouvez également ressentir une pression dans le bas du dos et le rectum.

Chaque femme ressent des contractions différentes. Pour certaines, la douleur des contractions se situe au niveau du bas du ventre ; tandis que pour d’autres, elle est plutôt localisée dans le bas du dos. Mais, à la différence des "fausses contractions", la fréquence et l’intensité des contractions de travail ne cède pas avec la prise de médicaments antispasmodiques ou d'un bain chaud.

Qu'est-ce qui provoque les contractions de travail ?

Le mécanisme physiologique qui provoque le début du travail est appelé « parturition », c’est un phénomène encore assez mal compris. On pense qu’il résulte d’une combinaison de signaux venant de la mère et du fœtus au terme de la grossesse : la sécrétion de cortisol par le fœtus d’une part, la diminution de la progestérone et l’augmentation des prostaglandines maternelles d’autre part.

On ne sait pas exactement ce qui provoque les contractions ou le début du travail, bien que les changements hormonaux puissent jouer un rôle. Pendant le travail, une hormone appelée ocytocine est libérée, ce qui stimule les contractions utérines. Ces contractions aident ensuite à libérer plus d'ocytocine, menant à plus de contractions, et ainsi de suite. L'ocytocine augmente également les niveaux de prostaglandines, qui aident à initier le travail. Tout cela aide votre corps à se préparer à l'accouchement de votre bébé.

Au moment de l’accouchement, la diminution de la progestérone dans le sang ou l’inhibition de ses récepteurs ainsi que l’augmentation de l’ocytocine provoqueraient les contractions utérines. Des micro-ARN seraient les intermédiaires. Les biologistes ont identifié dans le muscle utérin (de souris et de femmes) des micro-ARN miR-200, dont l’expression augmente à la fin de la gestation, et leurs cibles, des facteurs de transcription (les facteurs de transcription régulent l’expression des gènes), nommé ZEB1 et ZEB2, dont l'expression diminue au moment de l'accouchement. En conséquence, au moment de l’accouchement, la perte d’activité des récepteurs de la progestérone provoquerait une augmentation de ces micro-ARN, qui inhiberaient ZEB1 et ZEB2 et donc favoriseraient l’expression des protéines provoquant la contraction.

Comment gérer la douleur des contractions de travail ?

Pour mieux gérer la douleur, vous pouvez essayer :

  • De marcher
  • De faire une sieste
  • De prendre une douche ou un bain chaud
  • D'appliquer certaines des techniques de relaxation ou positions pour soulager les contractions que vous avez pu apprendre lors des cours de préparation à l'accouchement.

Il est recommandé de parler à l'avance des possibilités de gestion de la douleur pendant l'accouchement avec votre médecin. Par exemple, certaines futures mamans choisissent une péridurale pour gérer la douleur, tandis que d'autres préfèrent des méthodes naturelles. Il est aussi possible de combiner les deux approches.

La décision de gérer la douleur est personnelle et vous avez parfaitement le droit de changer d'avis. Gardez l'esprit ouvert et discutez avec votre professionnel de santé de ce que vous aimeriez avoir et de ce qui est disponible pour vous.

Que faire lorsque les contractions commencent ?

Quand les contractions commencent, essayez de rester calme et n'oubliez pas que votre corps sait comment gérer ça ! Voici quelques conseils à suivre :

  • Contactez votre professionnel de santé. Signalez que vos contractions de grossesse ont commencé et demandez-lui que faire. Indiquez toute information pertinente comme leur fréquence et leur intensité. Il vous donnera des conseils sur le moment de vous rendre à l'hôpital en fonction de votre situation.
  • Chronométrez vos contractions. Les contractions vont et viennent à intervalles réguliers. Commencez à les chronométrer du début d'une contraction au début de la suivante. Cela aidera à déterminer quand il est temps de vous rendre à l'hôpital ou à la maternité. Si elles sont constantes et que la douleur ne disparaît pas entre chaque contraction, il est probablement temps d'aller à l'hôpital.
  • Restez confortable. Essayez de trouver un endroit où vous pouvez vous détendre. Certaines personnes trouvent que le fait de marcher, de prendre une douche ou de changer de position aide à gérer l'inconfort.
  • Essayez de trouver d'autres signes du travail. Si vous n'êtes pas sûre de ce que vous ressentez, gardez un œil sur d'autres signes du travail comme la rupture de la poche des eaux.

Quand aller à la maternité ?

C’est la grande question que toutes les femmes enceintes se posent à l’approche du terme, surtout lorsqu’il s’agit du premier enfant. Il arrive fréquemment que les futures mamans se rendent à la maternité alors qu’elles sont en phase de pré-travail et que le col de l’utérus n’est pas ouvert. S’il y a des saignements. Il est important à ce moment-là que la femme enceinte puisse se faire confiance sur ses ressentis et ses sensations corporelles. Si elle ne constate aucun signe de danger, le mieux est d’aller à la maternité le plus tard possible. « La future maman peut ainsi profiter du cadre sécurisant de son chez soi. Être dans un cocon où l’on se sent bien, favorise la production d’ocytocine.

S'il n'est pas nécessaire de se précipiter à la maternité à la moindre contraction, notamment lors des dernières semaines de grossesse, certains signaux d'alerte peuvent toutefois vous indiquer que le travail a débuté. Parmi ceux-ci, on retrouve :

  • Les contractions régulières, intenses et répétées toutes les 5 minutes depuis au moins 1 heure.
  • Les pertes de sang.
  • La perte ou la fissure de la poche des eaux.
  • La perte du bouchon muqueux.

Mais avant de vous rendre le plus rapidement possible dans l'établissement qui vous accueillera pour la naissance de votre enfant, il est nécessaire de contacter le service maternité par téléphone. L'équipe de service prendra alors le temps d'étudier votre situation, et de vous indiquer si vous devez vous rendre sur place immédiatement ou non.

Voici quelques indications générales pour savoir quand se rendre à la maternité :

  • Fréquence des contractions : si les contractions sont régulières depuis au moins 1 heure, surviennent toutes les 5 à 10 minutes et durent plus de 30 secondes, il est temps de se rendre à la maternité.
  • Intensité : lorsque les contractions deviennent plus intenses et douloureuses, au point où elles demandent une concentration importante pour les supporter.
  • Perte de sang abondante : si vous avez des pertes de sang abondantes (au point de remplir une serviette), rendez vous rapidement à la maternité.
  • Rupture de la poche des eaux : si la poche des eaux se rompt, même si vous ne ressentez pas immédiatement des contractions fortes, il est recommandé de se rendre à la maternité pour évaluation.
  • Sensations subjectives : écoutez votre corps et votre instinct. Si vous sentez que quelque chose ne va pas ou si vous avez des inquiétudes, il est préférable de consulter un professionnel de santé rapidement.

Chaque grossesse est unique, ces indications peuvent donc varier d'une femme à une autre. Il est toujours recommandé de suivre les conseils du médecin ou de la sage-femme qui suit votre grossesse et d'établir un projet de naissance personnalisé pour savoir quand il est approprié de se rendre à la maternité.

Tableau récapitulatif : Contractions de travail vs. Contractions de Braxton Hicks

CaractéristiqueContractions de travailContractions de Braxton-Hicks
RégularitéRégulièresIrrégulières
FréquenceSe rapprochent progressivementRestent espacées
DuréeDeviennent de plus en plus longuesPrésentent toujours la même durée
LocalisationRessenties dans le bas ventre et/ou le bas du dosDonnent l'impression d'un serrement autour de bébé
AtténuationNe s'atténuent pas à la marche ou au changement de positionRégressent au repos ou au changement de position

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