L'Institut Jérôme Lejeune, depuis sa création en 1997, est devenu un point de référence essentiel pour les familles et les professionnels confrontés à la trisomie 21 et autres déficiences intellectuelles d'origine génétique. Héritier de l'enseignement du Professeur Jérôme Lejeune, l'Institut s'engage à améliorer la prise en charge des personnes porteuses de déficience intellectuelle en partageant son expertise et en soutenant la recherche.

L'Institut Jérôme Lejeune : Un Centre de Ressources et d'Expertise

De nombreuses familles cherchent auprès de l'Institut Jérôme Lejeune des réponses à leurs questions, un accompagnement adapté et une expertise pointue, souvent difficiles à trouver ailleurs. Les professionnels médicaux et paramédicaux, parfois démunis face à la complexité de la prise en charge des patients porteurs de déficience intellectuelle, sollicitent également les conseils de l'Institut. Fort de plus de 25 ans d'expérience, l'Institut, avec plus de 11 000 patients suivis, est reconnu comme une référence dans le domaine de la trisomie 21.

Conscients de l'importance de transmettre leur savoir-faire, les médecins et paramédicaux de l'Institut animent régulièrement des formations, accueillent des stagiaires et répondent aux nombreuses questions posées. Dans cette optique d'amélioration constante de la formation et de la transmission d'informations, l'Institut a lancé au printemps 2022 son portail de ressources en ligne sur la trisomie 21 : t21 Learning.

T21 Learning : Un Portail de Ressources en Ligne pour la Trisomie 21

Ce nouveau site internet, rattaché à celui de l'Institut, rassemble l'ensemble de ses outils de formation et d'information, proposant différents niveaux de contenus pour différents profils de visiteurs : professionnels médicaux et paramédicaux, aidants et familles, et personnes porteuses d'un handicap mental elles-mêmes.

Le Dr Walti, pédiatre et conseiller médical à l'Institut, souligne la nécessité de connaissances multiples pour la prise en charge d'une personne porteuse de trisomie 21, connaissances qui ne sont que peu enseignées dans les facultés de médecine. L'Institut, en tant que centre de référence, a acquis une expérience unique dans la prise en charge holistique des personnes porteuses de trisomie 21 et souhaite transmettre cette expérience à travers ce portail de formation en ligne.

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Au-delà de la formation, t21 Learning permet également au grand public de mieux comprendre la trisomie 21, favorisant ainsi l'acceptation et l'inclusion de cette population. Les visiteurs peuvent filtrer les contenus selon leurs intérêts (médical, paramédical, vie quotidienne, autour de la consultation) et le format souhaité (vidéo, article, formation). De nombreux sujets sont déjà abordés, tels que le sport, l'alimentation, le vieillissement, le diabète, les apnées du sommeil, et de nouveaux contenus sont régulièrement ajoutés. Une newsletter informe les abonnés des nouveautés.

Dans le cadre de son développement international, t21 Learning est également disponible en anglais et en espagnol, contribuant ainsi à la formation des médecins des nouveaux centres ouverts à l'étranger sur le modèle de l'Institut Jérôme Lejeune.

La Recherche Clinique à l'Institut Jérôme Lejeune : L'Étude PERSEUS

L'Institut Jérôme Lejeune est centre investigateur du programme de recherche clinique à visée thérapeutique PERSEUS (Paediatric Exploratory Research Study of EGCG Use and Safety). Cette étude vise à évaluer l'innocuité et la tolérance d'un complément alimentaire à base d'EGCG, molécule extraite du thé vert, chez des enfants âgés de 6 à 12 ans porteurs de trisomie 21, et d'évaluer si l'EGCG améliore le développement des fonctions cognitives et adaptatives après 6 mois de traitement.

L'étude PERSEUS est réalisée en France à l'Institut Jérôme Lejeune, et en Espagne en collaboration avec l'Institut Médical de Recherche de l'Hôpital Del Mar à Barcelone. Elle prévoit l'inclusion de 70 patients âgés de 6 à 12 ans, dont 14 à l'Institut Jérôme Lejeune. Chaque enfant prend le traitement pendant 6 mois et se rend à l'Institut Jérôme Lejeune pour 5 consultations de suivi. Les deux critères principaux de l'étude sont la sécurité et la tolérance, évaluées par des examens tels que l'EEG, l'IRM fonctionnelle, l'échocardiographie et des prélèvements sanguins.

Validée par le Conseil Scientifique de la Fondation Jérôme Lejeune, PERSEUS a reçu les autorisations nécessaires et a démarré en février 2018 avec la sélection des premiers patients.

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Déficiences Intellectuelles de Causes Rares : Un Suivi Adapté à l'Institut Jérôme Lejeune

Principalement connu pour son expertise sur la trisomie 21, l'Institut Jérôme Lejeune accueille également des patients porteurs d'autres déficiences intellectuelles de causes rares, ayant toutes en commun une origine génétique. Un suivi médical global et adapté à leurs besoins spécifiques est proposé à chacun.

A l'Institut, 85% des patients ont une trisomie 21. Les 15% restants sont porteurs d'une autre anomalie chromosomique, d'une maladie causée par une mutation génétique, ou d'une maladie dont la cause génétique est très probable mais encore non identifiée. Dans le cas d'une anomalie chromosomique, il s'agit généralement de matériel en excès (duplication) ou manquant (délétion) sur un chromosome, comme pour les syndromes de Williams, de Di George, la délétion 5p, ou la trisomie 13. Le cas d'une mutation génétique est plutôt comparable à une faute d'orthographe dans le code génétique, entraînant une maladie génétique telle que le syndrome de Rett, d'Angelman ou de Kabuki. Il existe des milliers de maladies génétiques rares responsables de déficience intellectuelle.

Du fait de la rareté de ces maladies et du manque de connaissances à leur sujet, le diagnostic n'est parfois posé qu'après plusieurs années d'errance. C'est à ce stade que beaucoup de familles sont orientées vers l'Institut Jérôme Lejeune. D'autres, bien que cela ne représente pas une majorité, arrivent à l'Institut sans connaître précisément le diagnostic de leur enfant. Des analyses génétiques sont proposées, qui permettront une analyse des chromosomes ou un séquençage génétique. Dans la plupart des cas, ces examens aboutissent à un diagnostic.

L'annonce du diagnostic n'est jamais facile, mais lorsqu'elle arrive après plusieurs mois, voire années, de questionnements, elle apporte une forme de libération. Cette étape permet d'apporter des explications, d'adapter le suivi médical, et d'identifier les soutiens, qu'ils soient professionnels ou associatifs, sur lesquels la famille pourra s'appuyer. Le diagnostic améliore la prise en charge, notamment en orientant la surveillance des pathologies associées les plus susceptibles de survenir. Prendre le temps de comprendre, d'informer, de répondre aux questions est essentiel, d'autant plus lorsqu'il s'agit d'une maladie rare et donc peu connue.

Les parents sont les principaux experts de leur enfant. Les consultations longues (1h à 1h30), l'approche globale pluridisciplinaire et tout au long de la vie, combinées à l'expertise de l'Institut dans les maladies génétiques, assurent une prise en charge adaptée aux besoins de ces personnes. L'Institut travaille en lien avec les autres acteurs de soin. Son intégration au sein de la Filière de Santé Maladies Rares DéfiScience facilite les échanges avec d'autres équipes médicales. Pour autant, beaucoup reste à faire pour faciliter l'accès au soin des personnes porteuses de maladies rares, et pour faire connaître leur maladie.

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Vieillissement et Trisomie 21 : Une Préoccupation Croissante

L'espérance de vie des personnes en situation de handicap a considérablement augmenté, passant d'une dizaine d'années en 1950 à 65 ans aujourd'hui pour les personnes avec trisomie 21. Cependant, ces personnes présentent une prévalence particulièrement élevée de maladie d'Alzheimer, de l'ordre de 23% à l'âge de 50 ans et de plus de 80% à partir de 65 ans. Les premiers signes de la maladie peuvent également apparaître dès l'âge de 45 ans.

Cette évolution démographique appelle l'adaptation des pratiques professionnelles et des environnements de vie. Les familles et les professionnels manquent encore d'outils et de repères pour anticiper et accompagner ces évolutions.

Une Formation Phare de l'Institut Jérôme Lejeune

La formation est au cœur des missions de l'Institut Jérôme Lejeune. Elle a pour vocation d'améliorer la prise en charge des personnes porteuses de déficience intellectuelle d'origine génétique, en soutenant et conseillant leurs proches, et en formant les professionnels médicaux et paramédicaux qui les accompagnent au quotidien.

Chaque année, une dizaine de formations sont organisées à destination des professionnels de santé. Animées par les professionnels de l'Institut, elles rassemblent médecins et paramédicaux de ville, de l'hôpital, ou de structures médico-sociales. La formation vieillissement et trisomie 21 est l'une des formations phares proposées par l'équipe gériatrique de l'Institut.

Cette journée de formation est conçue pour que les participants repartent avec les clés pour accompagner leurs patients dans ce processus de vieillissement si particulier. La partie théorique de la matinée est complétée par des ateliers concrets de mises en situation autour de cas cliniques. Elle est animée par des membres de la consultation gériatrique de l'Institut : deux médecins gériatres, un neuropsychologue, une orthophoniste, ainsi qu'une sociologue (intervenante extérieure). Cette formation rencontre un grand succès depuis son lancement, avec un taux de satisfaction global élevé.

Il est important de se former sur ce sujet car l'avancée en âge des personnes porteuses de trisomie 21 nécessite un suivi médical régulier et préventif, adapté à leurs spécificités. Cela est primordial pour prévenir les surhandicaps qui peuvent se développer, tels que des troubles auditifs, visuels, métaboliques, ou une maladie d'Alzheimer, et préserver autant que possible l'autonomie et la qualité de vie de la personne. Former les gériatres et professionnels du médico-social aux spécificités de cette prise en charge est donc indispensable.

La Recherche sur la Trisomie 21 : Des Avancées Prometteuses

La recherche sur la trisomie 21 progresse, ouvrant la voie à de nouvelles perspectives thérapeutiques.

L'Étude LEUCETTA

La société bretonne Perha Pharmaceuticals développe la Leucettinib-21, un nouveau médicament inspiré par une substance naturelle marine, actuellement à l'étude pour son potentiel effet sur l'apprentissage et la mémorisation chez les personnes porteuses de trisomie 21.

Avant qu'un nouveau médicament puisse être testé pour son efficacité, il doit d'abord passer par une étape essentielle : s'assurer qu'il est bien toléré. C'est pourquoi, Perha Pharmaceuticals réalise l'étude clinique LEUCETTA pour évaluer la tolérance de la Leucettinib-21. Dans une première phase de cette étude, cette tolérance a été évaluée chez des volontaires en bonne santé. La deuxième phase de l'étude vise maintenant à vérifier cette tolérance chez des personnes porteuses de trisomie 21.

Trisomie et Maladie d'Alzheimer : Vers des Essais Thérapeutiques

L'autorisation de nouveaux médicaments ciblant la protéine amyloïde a marqué un tournant dans la recherche thérapeutique contre la maladie d'Alzheimer. Bien qu'elles présentent un risque très élevé de développer la maladie d'Alzheimer, les personnes porteuses de trisomie 21 n'ont pas participé aux essais cliniques. Des protocoles dédiés sont donc indispensables pour leur permettre d'accéder à ces nouveaux traitements.

L'Institut Jérôme Lejeune a inclus son premier patient dans l'étude TRC-DS (Trial Ready Cohort - Down Syndrome). C'est le seul centre français à y participer. Cette étude internationale et multicentrique a pour objectif de constituer une communauté de patients porteurs de trisomie 21 qui pourraient participer à des essais de médicaments contre la maladie d'Alzheimer.

Cette étude est une étape indispensable à la réalisation d'essais thérapeutiques chez les personnes porteuses de trisomie 21, pour leur permettre d'accéder dès que possible aux nouveaux médicaments.

Le CRB BioJeL : Un Outil Précieux au Service de la Recherche

Le Centre de Ressources Biologiques de l'Institut Jérôme Lejeune (CRB BioJeL) est un outil précieux au service de la recherche. Son rôle est de conserver et mettre à disposition de la communauté scientifique internationale des échantillons biologiques issus des patients de la consultation de l'Institut. Ces échantillons sont étudiés dans le cadre de programmes de recherche et participent à mieux comprendre les mécanismes de la déficience intellectuelle et des pathologies associées.

Le CRB BioJeL met à disposition différents types de ressources biologiques, tels que du plasma, de l'ADN, des cellules du sang ou de la peau. Récemment, l'équipe du CRB-BioJeL a mis à disposition de la communauté scientifique un nouveau type de ressources biologiques : des cellules souches pluripotentes induites (ou IPS).

Le CRB BioJeL collabore avec des chercheurs du monde entier, contribuant ainsi à faire avancer la recherche sur la trisomie 21 et les autres déficiences intellectuelles d'origine génétique.

Diagnostic Prénatal Non Invasif (DPNI) et Anomalies Génétiques

Le diagnostic prénatal non invasif (DPNI) est une approche révolutionnaire pour détecter les anomalies génétiques chez le fœtus à partir d'un simple prélèvement sanguin maternel. Cette technique a considérablement progressé ces dernières années, offrant aux couples une information précieuse pour prendre des décisions éclairées concernant leur grossesse.

DPNI d'Exclusion par Séquençage Haut Débit (SHD)

Depuis 2022, un laboratoire propose aux couples à risque de transmission de maladie monogénique la réalisation d'un diagnostic prénatal non invasif (DPNI) d'exclusion par PCR digitale en gouttelettes (ddPCR). Afin de réduire le délai de mise au point et de répondre à l'afflux d'analyses, la faisabilité et la fiabilité du DPNI d'exclusion par séquençage haut débit (SHD) d'un panel de gènes ont été testées.

L'ADN libre circulant (ADNlc) a été extrait à partir de plasma maternel. Les librairies de séquençage ont été réalisées sur l'ADNlc et l'ADN génomique parental par capture d'un panel de 716 gènes, séquencées sur un instrument NextSeq2000 (Illumina) et analysées avec le logiciel Dragen v3.7.4. Les résultats ont montré que le taux d'erreur de séquençage moyen est de 0.12±0.0002% sur l'ADN libre circulant, comparable à celui obtenu sur l'ADN génomique des parents (0.13±0.0002%).

Cette étude rétrospective valide la faisabilité du DPNI par SHD d'un panel de gènes pour le DPNI d'exclusion et fixe les seuils d'ADNlc et de fraction fœtale permettant de rester dans un risque d'erreur (faux positifs/négatifs) acceptable dans le cadre d'un diagnostic prénatal.

Dépistage Néonatal de l'Amyotrophie Spinale Infantile (SMA)

Le dépistage néonatal de l'amyotrophie spinale infantile (SMA) a été déployé en France dans le cadre du projet préfigurateur DEPISMA et sa généralisation sur tout le territoire français a débuté le 1er septembre 2025. Cette pathologie neuromusculaire grave, liée à des anomalies du gène SMN1, bénéficie aujourd'hui de traitements innovants qui ont démontré une efficacité optimale lorsqu'ils sont administrés en phase présymptomatique. Le dépistage néonatal a donc pour objectif d'identifier précocement les enfants atteints afin de leur garantir un accès rapide à une prise en charge adaptée.

Un cas clinique illustre l'importance de l'étape de confirmation et la difficulté, pour les couples, de détenir une information de signification incertaine. Le séquençage ciblé de l'exon 7 du gène SMN1 a permis d'identifier un variant ponctuel et d'interpréter différemment le génotype.

Découverte Incidentale Anté-natale de CMMRD

Le séquençage d'exome en anténatal est proposé devant des signes échographiques évocateurs de pathologie syndromique ou de particulière gravité. Cette analyse expose à la découverte de données incidentes. Un cas a été rapporté de découverte incidente anté-natale de CMMRD (Constitutionnal Mismatch Repair Deficiency).

Le couple a demandé une IMG, autorisée par le CPDPN devant la particulière gravité de ce syndrome. Une étude familiale et des mesures de prise en charge ont été mises en place pour la découverte de la prédisposition à l'hyperthermie maligne liée à RYR1. Un diagnostic présymptomatique pour le CMMRD a été proposé au frère aîné, et une prise en charge des deux parents concernant la prédisposition héréditaire au syndrome de Lynch a été mise en place. Ce cas pose la question complexe de la découverte de données incidentes dans le contexte anté-natal.

Hydramnios Isolé : Intérêt de l'ACPA et du SE en Trio

L'hydramnios correspond à une augmentation anormale du volume de liquide amniotique. Les explorations génétiques devant un hydramnios isolé ne sont pas standardisées. Une étude a montré l'intérêt de proposer une ACPA et un SE en trio en cas d'hydramnios isolé, afin de préciser le pronostic et/ou d'adapter la prise en charge néonatale. L'absence de spécificité de l'hydramnios rend l'interprétation des variants difficile. De plus, l'hydramnios est fréquemment diagnostiqué au troisième trimestre, ce qui expose à des diagnostics en toute fin de grossesse.

Raccourcissement de la Longueur des Télomères et Anomalies du Développement

Des études ont montré qu'il existait un lien entre le raccourcissement de la longueur des télomères (LT) et la survenue d'anomalies du développement (AD) embryonnaire et fœtal. La LT mesurée sur des prélèvements fœtaux ou chez la femme enceinte émerge comme un potentiel biomarqueur pour estimer le risque de survenue d'AD en période périconceptionnelle et prénatale.

Analyses Cytogénétiques Devant une Mort Fœtale Inexpliquée

Les analyses génétiques sont des situations régulières de l'activité de laboratoire devant une mort fœtale in utero (MFIU). L'étude d'une cohorte alsacienne a permis de confirmer l'intérêt d'une analyse chromosomique dans cette indication.

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