La prégabaline est un médicament antiépileptique utilisé pour traiter diverses affections chez l'adulte, notamment certaines formes d'épilepsie, les douleurs neuropathiques et le trouble anxieux généralisé. Compte tenu de son passage potentiel dans le lait maternel, l'utilisation de la prégabaline pendant l'allaitement nécessite une évaluation minutieuse des risques et des bénéfices. Cet article a pour objectif de fournir une analyse approfondie de la prégabaline et de son utilisation pendant l'allaitement, en s'appuyant sur les données disponibles.

Qu'est-ce que la prégabaline ?

La prégabaline, commercialisée sous divers noms de marque tels que LYRICA et PRÉGABALINE EVOLUGEN, est un antiépileptique chimiquement apparenté à une substance présente dans le cerveau, l'acide gamma-amino-butyrique (GABA). Elle est prescrite chez l'adulte pour :

  • Le traitement de certaines formes d'épilepsie en association avec un autre antiépileptique.
  • Le traitement des douleurs neuropathiques.
  • Le traitement de certaines formes d'anxiété (trouble anxieux généralisé).

La prégabaline est disponible en plusieurs dosages, allant de 25 mg à 300 mg par gélule. La posologie usuelle chez l'adulte varie de 150 mg à 600 mg par jour, répartis en 2 ou 3 prises. La posologie est augmentée progressivement en fonction de l'efficacité du traitement.

Il est important de noter que depuis mai 2021, les règles de prescription de la prégabaline sont renforcées pour éviter les risques d'abus et d'usage détourné : la prescription de ce médicament doit être faite par le médecin sur une ordonnance sécurisée pour une durée maximale de 6 mois.

Passage de la prégabaline dans le lait maternel

Des études ont confirmé que la prégabaline est excrétée dans le lait maternel. Une étude pharmacocinétique a été menée chez 10 femmes allaitantes recevant 150 mg de prégabaline toutes les 12 heures (300 mg par jour), et cela au moins 12 semaines après l'accouchement. Les résultats ont montré que l'allaitement n'a eu que peu ou pas d'influence sur la pharmacocinétique de la prégabaline. À l'état d'équilibre, la prégabaline a été excrétée dans le lait maternel à des concentrations moyennes égales à environ 76 % des concentrations plasmatiques maternelles.

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La quantité ingérée par le nourrisson via le lait maternel (en supposant une consommation de lait moyenne de 150 mL/kg/j) d'une mère recevant 300 mg/j ou la dose maximale de 600 mg/j a été estimée respectivement à 0,31 ou 0,62 mg/kg/j.

Risques potentiels pour le nourrisson allaité

L'effet de la prégabaline sur les nouveau-nés/nourrissons n'est pas entièrement connu. Cependant, compte tenu de son mécanisme d'action et de ses effets secondaires potentiels chez l'adulte, il existe des risques théoriques pour le nourrisson allaité :

  • Effets sur le système nerveux central (SNC) : La prégabaline peut provoquer des étourdissements, de la somnolence, de la confusion et une altération de la fonction mentale chez l'adulte. Ces effets pourraient également se manifester chez le nourrisson allaité, entraînant une léthargie, une diminution de la vigilance et des difficultés d'alimentation.
  • Dépression respiratoire : Des cas de dépression respiratoire sévère ont été rapportés en lien avec l'utilisation de la prégabaline chez l'adulte, en particulier chez les patients dont la fonction respiratoire est altérée ou qui utilisent en association des médicaments dépresseurs du système nerveux central. Bien que ce risque soit probablement faible chez le nourrisson allaité, il ne peut être totalement exclu.
  • Dépendance et sevrage : Des cas de mésusage, d'abus médicamenteux et de dépendance ont été rapportés avec la prégabaline. Après l'arrêt d'un traitement à court ou long terme, des symptômes de sevrage ont été observés chez certains patients, notamment insomnie, céphalées, nausées, anxiété, diarrhée, syndrome grippal, nervosité, dépression, douleurs, convulsions, hyperhidrose et étourdissements. Il est théoriquement possible que le nourrisson allaité puisse développer une dépendance à la prégabaline et présenter des symptômes de sevrage en cas d'arrêt brutal de l'allaitement.
  • Autres effets indésirables : D'autres effets indésirables potentiels de la prégabaline chez l'adulte incluent des troubles de la vision, des problèmes gastro-intestinaux (constipation), une prise de poids, une accumulation de liquide dans le corps et des réactions allergiques. Bien que ces effets soient moins susceptibles de se produire chez le nourrisson allaité, ils ne peuvent être totalement exclus.

Bénéfices potentiels pour la mère

Il est essentiel de prendre en compte les bénéfices potentiels de la prégabaline pour la mère qui allaite. Dans certains cas, l'arrêt du traitement par la prégabaline peut entraîner une aggravation de l'épilepsie, des douleurs neuropathiques ou de l'anxiété, ce qui peut avoir un impact négatif sur la santé physique et mentale de la mère, ainsi que sur sa capacité à prendre soin de son enfant.

Alternatives à la prégabaline pendant l'allaitement

Dans la mesure du possible, il est préférable d'envisager des alternatives à la prégabaline pendant l'allaitement. Ces alternatives peuvent inclure :

  • Autres médicaments antiépileptiques : Certains médicaments antiépileptiques sont considérés comme plus sûrs pendant l'allaitement que la prégabaline. Votre médecin pourra vous conseiller sur les options les plus appropriées en fonction de votre situation clinique.
  • Traitements non médicamenteux : Dans certains cas, des traitements non médicamenteux tels que la physiothérapie, l'ergothérapie, la psychothérapie ou la stimulation nerveuse peuvent être efficaces pour gérer la douleur neuropathique ou l'anxiété.

Recommandations et précautions

Compte tenu des risques potentiels pour le nourrisson allaité, l'utilisation de la prégabaline pendant l'allaitement doit être envisagée avec prudence. La décision de poursuivre ou d'interrompre l'allaitement doit être prise en accord avec votre médecin, en tenant compte des bénéfices potentiels pour la mère et des risques potentiels pour le nourrisson.

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Si la prégabaline est jugée nécessaire pour la mère qui allaite, les précautions suivantes doivent être prises :

  • Surveillance étroite du nourrisson : Surveillez attentivement le nourrisson pour détecter tout signe de somnolence excessive, de difficultés d'alimentation, de problèmes respiratoires ou d'autres effets indésirables.
  • Choix du moment de la prise : Prenez la prégabaline juste après avoir allaité, afin de minimiser la concentration du médicament dans le lait maternel au moment de la prochaine tétée.
  • Surveillance médicale : Assurez-vous que le nourrisson bénéficie d'un suivi médical régulier afin de détecter tout problème de santé potentiel.
  • Utilisation de la dose minimale efficace : Utilisez la dose minimale efficace de prégabaline pour contrôler les symptômes de la mère.

Informations complémentaires sur la prégabaline

La prégabaline peut entraîner des étourdissements et de la somnolence, ce qui pourrait augmenter la survenue de blessures accidentelles (chutes) dans la population âgée. Après la mise sur le marché, les notifications suivantes ont été rapportées : perte de connaissance, confusion et altération de la fonction mentale.

Dans les essais cliniques contrôlés, une proportion plus importante de patients traités par la prégabaline que de patients sous placebo a signalé une vision trouble qui a disparu dans la majorité des cas malgré la poursuite du traitement. Au cours de l'expérience post-commercialisation, ont également été rapportés des effets indésirables visuels qui incluaient une perte de la vue, une vision trouble ou d'autres modifications de l'acuité visuelle, la plupart desquels étant à caractère transitoire.

Des notifications d'insuffisance cardiaque congestive ont été rapportées après commercialisation chez certains patients traités par la prégabaline. Ces effets sont observés essentiellement pendant le traitement par la prégabaline pour une indication de douleurs neuropathiques chez les patients âgés dont la fonction cardiovasculaire est altérée. La prégabaline doit être utilisée avec prudence chez ces patients.

Une augmentation de l'incidence des effets indésirables en général, des effets indésirables touchant le système nerveux central et, plus particulièrement de la somnolence, a été constatée dans le traitement des douleurs neuropathiques centrales dues à une lésion de la moelle épinière. Cette augmentation peut être attribuée à un effet additif résultant de l'utilisation de médicaments concomitants (par exemple, des agents antispastiques) nécessaires pour ce type d'affection.

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Des idées et un comportement suicidaires ont été rapportés chez des patients traités avec des agents antiépileptiques dans plusieurs indications. Les patients doivent donc être surveillés pour détecter d'éventuels signes d'idées et de comportements suicidaires, et un traitement adapté doit être envisagé.

Des notifications d'effets indésirables liés à un ralentissement du transit du tractus gastro-intestinal inferieur (p.ex. obstruction intestinale, iléus paralytique, constipation) ont été rapportées après commercialisation lorsque la prégabaline était administrée en association avec des médicaments pouvant entraîner une constipation tels que les analgésiques opioïdes.

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