Après une interruption volontaire de grossesse (IVG), la question de la contraception devient centrale, car la reprise de la fertilité est immédiate. Il est essentiel de choisir une méthode contraceptive adaptée à votre situation et à votre mode de vie. Cet article aborde les différentes options contraceptives disponibles après une IVG, en mettant l'accent sur le stérilet (dispositif intra-utérin ou DIU), son fonctionnement, sa pose et les autres alternatives possibles.

Pourquoi Parler de Contraception Après Une IVG ?

Après une IVG, la reprise de la fertilité est immédiate. Plusieurs situations peuvent être envisagées :

  • Si vous ne disposiez pas d’un contraceptif avant l’IVG, prenez le temps de réfléchir et de discuter avec un professionnel de santé et/ou avec votre partenaire pour trouver le contraceptif le mieux adapté à votre mode de vie et à votre état de santé.
  • Si la grossesse non prévue est liée à un échec de votre contraception, c’est peut-être que le contraceptif choisi n’est plus adapté.
  • Si vous souhaitez poursuivre la méthode contraceptive que vous aviez choisie avant l’IVG, veillez à comprendre, avec l’aide d’un professionnel de santé, la raison pour laquelle cette méthode a échoué.

Comment Choisir Votre Contraception Après Une IVG ?

Le meilleur contraceptif est celui qui est le mieux adapté à votre situation et qui, par conséquent, s’avérera le plus efficace ! Pour vous aider à faire votre choix, vous pouvez réaliser le questionnaire « Contraception : laquelle est faite pour moi ? » avant d’en discuter avec votre professionnel de santé qui saura vous conseiller. La meilleure contraception est celle qui est adaptée à vous et à votre mode de vie.

Le Stérilet (DIU) : Une Option Contraceptive Efficace

Le stérilet, ou dispositif intra-utérin (DIU), est un petit dispositif placé à l’intérieur de l’utérus. Il en existe deux sortes :

  • Stérilet au cuivre : Le stérilet au cuivre (dispositif intra-utérin ou DIU au cuivre) est fiable. Les menstruations sont un peu plus abondantes. Le stérilet au cuivre vous protège dès la pose. Il a une durée d’action de cinq à dix ans (selon le modèle). Le stérilet au cuivre ne contient pas d’hormones.
  • Stérilet hormonal : Le stérilet hormonal (dispositif intra-utérin ou DIU hormonal) est très fiable. Les menstruations sont moins abondantes ou disparaissent. Elles peuvent aussi devenir irrégulières. Le stérilet hormonal diffuse une très faible dose d’hormone (progestatif). La quantité de progestatif qui passe dans le sang est beaucoup moins importante qu’avec la pilule par exemple. Si le stérilet hormonal est posé pendant les menstruations, son efficacité est immédiate. La durée d’action du stérilet hormonal est de cinq ans.

Pose du Stérilet Après une IVG

Un dispositif intra-utérin (au cuivre ou à la progestérone) peut être posé immédiatement après la réalisation de l’IVG instrumentale (sauf en cas d’épisode infectieux) ou lors de la visite de suivi pour une IVG médicamenteuse. Le DIU peut être mis en place immédiatement pendant un avortement chirurgical à la fin de l’intervention, ou aux règles suivantes. Le stérilet peut aussi être posé après une IVG médicamenteuse après vérification de la vacuité utérine ou si le taux de BHCG est très faible et en cas de doute aux règles suivantes.

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Coût et Remboursement du Stérilet

La pose du stérilet et le stérilet sont remboursés. Certaines assurances maladie couvrent (partiellement) le coût du stérilet ou de l’implant hormonal. Veuillez vous adresser à votre caisse pour toute question concernant un éventuel remboursement. Pour les moins de 21 ans, si vous résidez aux Pays-Bas et si vous avez moins de 18 ans, le stérilet (ou l’implant hormonal) et la pose seront remboursés par l’assurance maladie néerlandaise. Cependant, si vous avez entre 18 et 21 ans, les frais seront éventuellement déduits de votre franchise. Vous devrez faire vous-même la demande de remboursement à votre caisse d’assurance maladie.

Autres Options Contraceptives

Outre le stérilet, plusieurs autres méthodes contraceptives peuvent être envisagées après une IVG :

  • Contraception hormonale : Une contraception hormonale, œstroprogestative (pilule, patch transdermique) ou progestative (pilule, implant, injection intra musculaire) peut être débutée :
    • le jour même ou le lendemain d’une IVG instrumentale ;
    • le jour de la prise de misoprostol - prise du 2e médicament - pour une IVG médicamenteuse.
  • Implant hormonal (Implanon) : Un implant hormonal (Implanon) est un petit bâtonnet en plastique que l’on insère sous la peau de la partie supérieure du bras. L’implant libère une hormone (progestatif). Il a une durée d’action de trois ans. Juste après l’IVG (ou au cours du cycle menstruel qui suit l’IVG), un implant hormonal (Implanon) peut être posé.
  • Préservatifs : Les préservatifs externes (dits masculins) ou internes (dits féminins) peuvent être utilisés dès la reprise des rapports sexuels. Ce sont les seuls contraceptifs qui protègent des infections sexuellement transmissibles, dont le VIH-Sida.
  • Anneau vaginal : L’anneau vaginal est une contraception de type contraception oestroprogestative (pilule). Elle est prescrite par un médecin ou une sage-femme.
  • Contraception d’urgence : La contraception d’urgence, ou pilule du lendemain, est une contraception à part entière. Elle permet de gérer les prises de risques de grossesse et les aléas des contraceptions.

Quand Débuter la Contraception Après une IVG ?

La contraception que vous avez choisie peut être mise en place dès la réalisation de l’IVG. La pilule combinée ou progestative peut être prise le jour même ou le lendemain de l’IVG. Le patch ou l’anneau vaginal peuvent être débutés le jour de l’IVG. L’implant peut être posé le jour de l’IVG. Les préservatifs externes (dits masculins) ou internes (dits féminins) peuvent être utilisés dès la reprise des rapports sexuels. Ce sont les seuls contraceptifs qui protègent des infections sexuellement transmissibles, dont le VIH-Sida. Seuls les moyens de contraception nécessitant des manipulations vaginales (anneau vaginal, cape cervicale, etc.) ne sont pas recommandés immédiatement après l’intervention, pendant le premier cycle suivant l’IVG.

IVG Médicamenteuse : Déroulement et Suivi

L’IVG médicamenteuse est une méthode d’avortement qui peut se pratiquer jusqu’à la fin de la 7ème semaine de grossesse, soit 9 semaines après le début des dernières règles. La méthode de l’IVG médicamenteuse consiste à provoquer une fausse couche en prenant 2 médicaments différents : la mifépristone (MYFEGINE) qui interrompt le développement de la grossesse et le misoprostol (GYMISO) qui provoque l’expulsion de la grossesse.

Saignements et Douleurs

Les saignements de la patiente lors d’une interruption de grossesse médicamenteuse peuvent survenir entre 30mn et 3 jours après la prise de médicament. Dans la grande majorité des cas, ils surviennent dans les 2 à 4 heures après la prise du 2ème médicament, le misoprostol. Dans 5% des cas, ces saignements surviennent dès la prise de la mifépristone (prévoir des protections menstruelles dès ce moment). La prise de misoprostol est toujours nécessaire car il peut rester des résidus de grossesse qu’il est important d’évacuer. Les saignements qui s’ensuivent, plus ou moins importants peuvent durer de 10 à 20 jours. Ils sont comparables ou plus abondants que les règles, plus épais avec des caillots (qui proviennent de la muqueuse utérine). On peut parfois voir une boule blanche gélatineuse qui correspond à l’œuf appelé aussi le sac ovulaire dans les saignements.

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Pratiquer une IVG par médicaments peut entraîner des douleurs plus ou moins fortes et qui sont très variables selon les femmes. Ces douleurs sont liées aux contractions que fait l’utérus pour expulser l’œuf. Des anti-douleurs (antalgiques de la famille des anti inflammatoires non stéroïdiens couplet avec des anti-douleurs de niveau 2 disponible eux sur ordonnance) sont prescrits systématiquement par le ou la médecin ou sage-femme qui suit l’IVG et la prise de ces cachets est recommandée en prévention de la douleur 30 mn avant la prise de misoprostol.

Suivi Médical

Le contrôle de l’efficacité de l’IVG médicamenteuse est indispensable car il existe entre 1 à 5% d’échec et ou de complications. Ce contrôle peut se faire par une échographie de contrôle ou par une prise de sang de dosage d’hormones de grossesse (Bêta HCG). Le résultat de cette prise de sang sera encore positif même si l’IVG a fonctionné. La vérification du fonctionnement de l’IVG médicamenteuse peut se faire par comparaison des dosages BHCG pré et post IVG. Lorsque le taux de Bêta HCG (dosage d’hormones de grossesse dans le sang), est inférieur à 2000 mUI/ml 2 semaines après l’IVG cela veut dire que l’avortement à fonctionné. Si le taux de Bêta HCG est supérieur au taux initial : la grossesse est évolutive et l’ivg par médicament n’a pas fonctionné.

Complications Possibles

Il peut arriver dans certains cas, que des complications surviennent parfois jusqu’à 1 mois après l’IVG. Ces complications peuvent se présenter sous formes de symptômes d’infection (fièvre à 38°qui dure plus de 24h après la prise de misoprostol), des douleurs différentes de celles des règles, des pertes inhabituelles en couleur et odeur. Il peut survenir également des effets indésirables (douleurs, fièvre, vomissements, diarrhées, maux de tête, vertiges, malaises, frissons et bouffées de chaleur) insoutenables et/ou qui persistent plus de 24h. Dans ce cas, la femme doit se rendre aux urgences avec la fiche de liaison IVG que la personne professionnelle de santé lui a donné.

Le risque principal d’une IVG médicamenteuse est le risque d’hémorragie. La Grossesse Extra Utérine (GEU) est une contre-indication à l’IVG médicamenteuse. Elle peut être repérée aux signes cliniques ainsi qu’avec la surveillance du dosage des BHCG. Enfin, il existe d’autres contre-indications à pratiquer une IVG médicamenteuse comme les corticothérapies à long terme, porphyrie, troubles de la coagulation, insuffisance surrénale.

Retour des Règles et Fertilité

Les règles reviennent généralement 4 à 6 semaines après l’IVG, selon la méthode contraceptive mise en place. Après une IVG, la reprise de la fertilité est immédiate.

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Aspects Psychologiques et Fertilité

Avoir recours à un ou plusieurs avortements médicamenteux dans sa vie n’entraine pas de risque d’infertilité, n’a aucune conséquence sur la fertilité et ne diminue pas la fécondité, contrairement à certaines idées reçues. Les femmes qui pratiquent une IVG médicamenteuse ne développent pas non plus de troubles psychologiques systématiques post-IVG comme une dépression ou un comportement suicidaire si elles n’en avaient pas avant et elles ne seront pas forcément traumatisées. Chaque femme va vivre l’IVG de manière singulière et si elle ressent le besoin de partager ses sentiments et d’en parler, elle pourra demander à être reçue en entretien individuel.

Parmi les idées reçues qui circulent autour de l’IVG, on retrouve fréquemment l’existence d’un syndrome post avortement. Pourtant, de nombreuses études scientifiques fiables ont montré que l’IVG n’est pas à l’origine de troubles psychologiques spécifiques. Le vécu d’une IVG est personnel et varie d’une femme à l’autre. C’est souvent le contexte de sa réalisation et l’accompagnement autour de l’IVG qui peuvent avoir un impact psychologique. Par ailleurs, les discours moralisateurs ou culpabilisants peuvent contribuer au mauvais vécu d’une IVG. Vous pouvez également vous tourner vers un psychologue ou encore vers des associations, comme le Planning familial, qui peuvent vous apporter un soutien important. A plus long terme, un accompagnement psychologique par un professionnel peut également être mis en place si vous en ressentez le besoin.

Le risque d’infertilité est souvent pointé comme une complication à long terme de l’interruption volontaire de grossesse. Ce risque n’est pas lié à la réalisation de l’IVG en tant que telle mais peut être une conséquence des éventuelles complications qui y sont associées (infection, lésions au niveau de l’utérus lors de l’aspiration, etc). Toutefois, ces complications sont rares quand l’IVG est réalisée dans des conditions sécurisées (personnel formé, matériel stérile, établissement équipé, etc.) comme c’est le cas en France. Le risque de survenue de complications lors de la réalisation d’une IVG n’est pas supérieur à celui d’un avortement spontané ou d’une grossesse menée à terme. D’après les études qui ont évalué le risque d'infertilité après une IVG, il n'y a pas d'augmentation du risque dans les pays où la pratique de l’IVG est légale. Ce risque n’est pas plus important chez les patientes ayant eu deux IVG ou plus.

Examens Médicaux Après Une IVG

Après l’IVG les examens médicaux ont pour objectif de vérifier que la grossesse est bien interrompue. En plus de l’examen clinique qui peut être réalisé, si la consultation est en présentiel, le médecin ou la sage-femme pourra vous proposer de réaliser une prise de sang pour doser les β-hCG ou une échographie. Tous ces examens et consultations sont pris en charge à 100% par l’Assurance maladie sans aucune avance de frais que vous soyez majeure ou mineure.

Saignements et Symptômes de Grossesse Après une IVG

Les saignements après une IVG peuvent être un peu plus abondants que les règles habituelles dans les premiers jours. Ils durent de quelques jours à 3 semaines. Les symptômes de grossesse (nausées ou sensibilité des seins) disparaissent généralement quelques jours après l’IVG médicamenteuse ou instrumentale. Un test de grossesse peut rester positif jusqu’à trois semaines après une IVG. C’est la visite de contrôle qui permettra de confirmer que l’IVG a fonctionné.

Reprise des Rapports Sexuels Après Une IVG

Il est conseillé d’attendre une dizaine de jours avant la reprise des rapports sexuels avec pénétration après une IVG. En effet, si le col de l’utérus n’est pas refermé il existe un risque que des germes puissent remonter du vagin vers l’utérus et soient à l’origine d’une infection. Pour les mêmes raisons il est également recommandé de ne pas utiliser de tampons durant cette période. Si vous ne souhaitez pas de grossesse il est nécessaire d’utiliser une contraception dès la reprise des rapports sexuels après une IVG (une grossesse est possible même avant la reprise de vos règles).

Conclusion

Le choix de la contraception après une IVG est une étape importante pour la santé reproductive de la femme. Le stérilet (DIU) représente une option efficace et réversible, mais il est essentiel de discuter avec un professionnel de santé pour déterminer la méthode la plus adaptée à votre situation personnelle. N'oubliez pas que la reprise de la fertilité est immédiate après une IVG, et qu'une contraception doit être mise en place dès que possible pour éviter une nouvelle grossesse non désirée.

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