La pneumopathie, ou pneumonie aiguë communautaire (PAC), est une affection respiratoire basse fréquente chez l'enfant, caractérisée par une infection du parenchyme pulmonaire. Bien que la mortalité liée à cette maladie soit faible dans les pays développés, elle reste une cause importante de morbidité. Il est donc essentiel de comprendre les symptômes, les causes, les traitements et les mesures de prévention de la pneumopathie chez les nourrissons.
Qu'est-ce que la Pneumopathie ?
La pneumonie est une inflammation de la poitrine qui peut rendre la respiration de votre bébé difficile ou douloureuse. Les sacs d’air dans les poumons, les alvéoles, sont touchées par l’inflammation et cela les empêche de bien remplir leur rôle, qui est de faire passer l’oxygène dans le sang. Dans les cas plus graves, les alvéoles peuvent être bloquées par les sécrétions produites par le corps de votre enfant pour combattre l’infection.
Causes et Types de Pneumopathie
La pneumonie est souvent provoquée par un virus ou une bactérie mais également dans des cas beaucoup plus rares par des champignons ou des parasites. La cause peut aussi être multiple : par exemple, le système immunitaire de votre enfant a pu être affaibli par un virus, ce qui a permis une infection bactérienne.
Les deux types de pneumonie les plus courants chez les bébés sont :
- Pneumonie virale : Il s’agit de la forme la plus fréquente de pneumonie chez les bébés. Elle se développe lorsqu’une infection virale des voies respiratoires supérieures (par exemple un rhume ou une grippe) migre plus bas dans la poitrine. Les symptômes d’une telle pneumonie apparaissent généralement petit à petit et sont parfois moins sévères que dans le cas d’une pneumonie bactérienne. Les virus les plus courants sont le Virus Respiratoire Syncytial (VRS), le virus de la grippe qui peut occasionner des pneumonies virales sévères.
- Pneumonie bactérienne : Les infections pulmonaires peuvent aussi être provoquées par des bactéries. Les symptômes de ce type de pneumonie peuvent apparaître soudainement et commencent souvent par une poussée de fièvre et une respiration haletante. Ce peut être un pneumocoque, l’hæmophilus influenzae, quoique beaucoup plus rare maintenant grâce à la vaccination obligatoire dont le schéma est une dose à 2 et 4 mois et un rappel à 11 mois, ou un streptocoque.
Il est à noter que les infections respiratoires, qui favorisent l'inflammation et la sécrétion de mucus, se manifestent par des difficultés respiratoires parfois spectaculaires chez l'enfant et le nourrisson.
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Symptômes de la Pneumopathie chez le Nourrisson
Il est important de savoir reconnaître les symptômes d’une pneumonie au plus tôt de façon à établir un diagnostic et à pouvoir soigner votre bébé le plus tôt possible. Appelez immédiatement votre professionnel de santé si vous pensez que votre bébé a une pneumonie ou qu’il en présente les symptômes. En voici quelques exemples :
- La toux, particulièrement si elle s’ajoute à l’un ou plusieurs des symptômes ci-dessous
- La fièvre
- Des sueurs, des frissons ou la peau rouge
- Une pâleur
- Une respiration rapide ou difficile (polypnée)
- Un creusement de la poitrine autour des côtes et du sternum en respirant (tirage)
- Une respiration sifflante
- Une dilatation des narines
- Des pleurs plus fréquents que d’habitude
- Une perte d’appétit
- Une baisse d’énergie ou une mollesse
- Une douleur à la poitrine, particulièrement lors d’une toux ou d’une respiration profonde
- Les lèvres ou les ongles bleus (qui sont des signes d’une baisse du taux d’oxygène dans le sang).
Lorsque l’enfant présente une fièvre plus ou moins bien tolérée, une tachypnée (respiration très rapide) et des signes de lutte respiratoire, un examen de l’enfant par le médecin est primordial.
Diagnostic de la Pneumopathie
Seul votre professionnel de santé sera en mesure de déterminer la cause de la pneumonie de votre bébé, c’est pourquoi il est essentiel de prendre rendez-vous dès que vous constatez l’apparition de symptômes.
Le diagnostic de PAC repose sur l’association de plusieurs critères chez un patient sans histoire hospitalière récente : fièvre, toux (souvent présente mais non spécifique) et polypnée. L’absence de ces trois signes a une bonne valeur prédictive négative. Si l’examen rassemble tous ces signes et un foyer auscultatoire net, le diagnostic de pneumonie est posé.
La pneumonie est généralement diagnostiquée par un examen physique, mais en fonction des cas, des examens complémentaires comme une radio ou une analyse sanguine peuvent être prévus pour obtenir plus d’informations. La radiographie du thorax de face n’est pas utile au diagnostic. Dans toutes les autres situations, une radiographie du thorax est nécessaire pour poser le diagnostic. La PAC peut être évoquée sur une douleur abdominale fébrile.
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L'échographie pulmonaire est un bon examen pour confirmer le diagnostic de pneumonie et identifier des complications comme l’épanchement pleural. Elle est réalisable en première intention, en ambulatoire ou au lit du malade, non irradiante.
Examens Complémentaires
- Radiographie du thorax : La radiographie du thorax (ou l’échographie thoracique dans certains centres) permet la confirmation diagnostique. Les images évoquant la pneumonie sont habituellement précoces. La pneumonie se traduit par une opacité. La localisation de la pneumonie peut être parfois précisée grâce à des règles simples. Radiologiquement, les foyers de condensation segmentaire ou lobaire sont évocateurs mais non spécifiques d’une pneumonie à pneumocoque. Un syndrome interstitiel peut orienter vers une pneumonie à mycoplasme. Les pneumonies rondes.
- Marqueurs inflammatoires : Les marqueurs inflammatoires (CRP ou PCT) lorsqu’ils sont élevés, peuvent conforter le clinicien dans son hypothèse d’infection bactérienne devant une pneumonie. Toutefois, ils n’ont pas fait la preuve à ce jour d’une fiabilité suffisante au sein d’algorithmes décisionnels de prise en charge ambulatoire des pneumonies de l’enfant. Ils ne sont donc pas nécessaires à l’initiation d’une antibiothérapie devant une pneumonie aigüe fébrile de l’enfant sans signe de sévérité. NFS, CRP ou PCT permettent d’apprécier le syndrome infectieux biologique. D’autres anomalies biologiques peuvent être vues. Le mycoplasme peut s’accompagner d’une anémie hémolytique.
- Analyse du liquide pleural : Dans le cadre d’un épanchement d’origine infectieuse, l’analyse montre un exsudat défini par des protides dans le liquide pleural > 35 g/l ou, si les protides pleuraux sont entre 25 à 35 g/l, par 1 des 3 critères de Light : taux protides pleural/protides sérique > 0,5 ou taux LDH pleural/LDH sérique > 0,6 ou LDH pleural > 2/3 de la limite supérieure normale du plasma. L’épanchement réactionnel est d’aspect citrin, sans germe au direct ou à la culture. Le caractère purulent est affirmé sur au moins l’un des critères suivants : aspect macroscopique purulent, glucose dans le liquide pleural < 0,4 g/l, LDH pleural > 1 000 U/l, présence de bactéries.
Traitement de la Pneumopathie
Les différents types de pneumonie peuvent devoir être traités différemment : c’est pour cela qu’il est essentiel que votre nouveau-né soit examiné le plus tôt possible. Dans la plupart des cas, la pneumonie peut être soignée à la maison, mais il peut arriver qu’une hospitalisation soit nécessaire.
- Pneumonie bactérienne : Une pneumonie bactérienne est traitée par antibiotiques. L’antibiothérapie ne doit pas être différée. Elle demeure aujourd’hui initialement probabiliste, adaptée selon l’âge, le contexte clinique et les données épidémiologiques bactériennes du pays. En pratique, il est d’usage de traiter en première intention par antibiotique (amoxicilline) les pneumonies aiguës de l’enfant pour couvrir le pneumocoque, principal agent responsable des infections sévères en milieu communautaire. En cas de vomissements ou d’altération de l’état général, la voie IV est nécessaire. En cas de pneumonie aiguë chez un enfant drépanocytaire, il peut être prescrit une bithérapie : amoxicilline et macrolide.
- Pneumonie virale : Une pneumonie virale se guérit en général toute seule en quelques jours sans besoin de traitement particulier (à l’exception de beaucoup de repos, de bien s’hydrater et de prendre des médicaments pour la fièvre si votre professionnel de santé vous en a prescrit).
L’identification de la cause de la pneumonie de votre bébé n’est pas toujours facile et il peut arriver que votre professionnel de santé décide de ne pas prendre de risques et prescrive des antibiotiques. Suivez toujours les recommandations de votre médecin lorsqu’il s’agit de donner des médicaments et des antibiotiques à votre enfant. N’arrêtez pas le traitement en avance juste parce qu’il a l’air d’aller mieux : continuez comme prescrit.
Si votre bébé a une pneumonie, évitez de lui administrer des médicaments contre la toux comme ceux qui contiennent de la codéine ou du dextrométhorphane. En effet, la toux a en réalité un effet bénéfique puisqu’elle aide votre bébé à expulser les liquides produits à cause de l’infection.
Assurez-vous que votre bébé se repose suffisamment et qu’il s’hydrate bien. Continuez à le surveiller et, si vous pensez que son état empire ou que l’infection se propage, reprenez rendez-vous.
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Traitement Symptomatique
En complément du traitement spécifique de la pneumonie (antibiotique pour les pneumonies bactériennes), il est important de soulager les symptômes de l'enfant :
- Désobstruction nasale : L'accent doit être mis sur l'importance de la désobstruction nasale, de la kinésithérapie, de l'hydratation et de la position de couchage de l'enfant (sur le dos à 30° avec la tête en légère extension). Laver le nez avec du sérum physiologique ou un mouche-bébé afin de les désencombrer.
- Hydratation : Veiller à une bonne hydratation.
- Positionnement : Position de couchage de l'enfant (sur le dos à 30° avec la tête en légère extension).
Ce qu'il ne faut pas faire
- Antitussifs : Préciser aux parents qu'il n'y a pas lieu d'administrer d'antitussif aux nourrissons, que ce soit pour une toux sèche ou grasse, et rappeler que, même en vente libre en pharmacie, les antitussifs ne sont pas des médicaments anodins.
- Antibiotiques inutiles : En dehors de la pneumonie, les infections respiratoires basses de l'enfant ne nécessitent pas de traitement antibiotique.
Évolution et Suivi du Traitement
En l'absence d'amélioration dans les 48 à 72 heures suivant le début du traitement, une nouvelle consultation est nécessaire.
- Critères d'efficacité : La normalisation thermique est le principal critère d’efficacité thérapeutique. L’apyrexie est obtenue en 24-48 heures sous amoxicilline pour une pneumonie à pneumocoque (critère diagnostique indirect), en 3 à 5 jours pour une pneumonie virale, parfois plus pour une pneumonie à mycoplasme. La toux se réduit habituellement en quelques jours ; elle peut persister plus durablement en cas de pneumonie à mycoplasme (par hyperréactivité bronchique). L’évolution est beaucoup plus longue en cas d’épanchement pleural associé.
- Durée de la fièvre : La fièvre peut ici être présente pendant 7 à 10 jours. Sa persistance inhabituelle ou sa réascension importante doivent faire évoquer soit une infection bactérienne non contrôlée avec épanchement enkysté, soit un syndrome inflammatoire durable (éventualité plus fréquente).
- Radiographies de contrôle : Les radiographies pulmonaires ne doivent pas être multipliées en cas de normalisation des signes cliniques et de stabilité des images radiologiques initiales.
Quand dois-je retourner chez mon professionnel de santé ?
Les symptômes montrant qu’une pneumonie empire peuvent être :
- une fièvre qui dure plusieurs jours, même sous antibiotiques,
- des difficultés respiratoires,
- des signes d’infection ailleurs sur le corps, comme par exemple la nuque raide, les articulations rouges ou gonflées ou des vomissements.
Combien de temps dure une pneumonie ?
Le temps nécessaire au bon rétablissement de votre petit peut dépendre de nombreux facteurs, notamment le type de pneumonie qu’il a contractée et sa gravité. Avec un traitement adéquat, une pneumonie peut disparaître en deux semaines, bien qu’une toux puisse encore persister quelques semaines de plus. Dans les cas plus graves, le rétablissement de bébé à la suite d’une pneumonie peut être plus long.
Contagion et Prévention de la Pneumopathie
La pneumonie en elle-même n’est généralement pas contagieuse. Cependant, les virus ou les bactéries qui l’ont causée peuvent se transmettre d’une personne à une autre. L’infection responsable de la pneumonie peut parfois se transmettre par la toux et les éternuements. Les microbes peuvent également se transmettre en partageant les verres ou les couverts, alors ne laissez personne, et surtout pas d’autres bébés ou enfants, boire à la bouteille ou au verre de votre bébé, manger dans son assiette ou utiliser sa cuillère. Réciproquement, ne laissez pas votre bébé utiliser les couverts de quelqu’un d’autre.
Vous avez peut-être entendu dire que l’on peut attraper une pneumonie en étant en contact avec de l’air froid ou en ne s’habillant pas assez chaudement ; il s’agit là d’une idée reçue. Néanmoins, ce type d’infections est effectivement plus fréquent lorsque les températures baissent. La véritable raison est que lorsqu’il commence à faire plus froid, de la fin de l’automne au début du printemps, les enfants sont souvent en intérieur et plus au contact les uns des autres, ce qui augmente le risque de propagation d’une infection.
Il n’est probablement pas possible de garantir que votre bébé n’ait pas de pneumonie, mais vous pouvez faire en sorte que ses chances d’en contracter une diminuent. Voici quelques idées pour que votre bébé évite la pneumonie :
- Vaccination contre les pneumocoques : Votre enfant peut être vacciné contre les bactéries appelées pneumocoques, qui sont la cause la plus fréquente des pneumonies. Le vaccin doit en général être administré avant l’âge de 1 an. Il existe deux types de vaccins : vaccin pneumococcique conjugué à 13 valences obligatoire chez le nourrisson depuis janvier 2018 et le vaccin polyosidique 23-valent recommandé (en rappel) après l’âge de 2 ans pour certains terrains à risque. Aucun de ces vaccins ne contient tous les sérotypes de pneumocoque. La vaccination pneumococcique est détaillée dans le chapitre 41.
- Vaccination contre les maladies infantiles à risques : De nombreuses maladies peuvent entraîner une pneumonie virale. Heureusement, il existe des vaccins pour la plupart d’entre elles : les différentes formes de grippe, la rougeole, la coqueluche et la varicelle. C’est pour cette raison qu’il est important d’être à jour dans ses vaccins. Les nouveau-nés et les tout-petits n’auront évidemment pas encore été vaccinés contre toutes ces maladies, c’est pourquoi il vous faut faire attention à ce qu’ils ne soient pas en contact avec des personnes touchées entre autres par l’une de ces maladies.
- Éviter le contact avec les personnes malades : Tenez votre enfant éloigné de tout adulte ou bébé présentant des signes d’infection des voies respiratoires supérieures. Cela peut se traduire par un nez bouché ou qui coule, une toux ou un mal de gorge.
- Hygiène : Assurez-vous que les membres de votre famille et les personnes s’occupant du bébé se lavent souvent les mains. L’un des meilleurs moyens de diminuer le risque de pneumonie pour votre enfant est simplement de maintenir une bonne hygiène. Cela passe avant tout par un lavage fréquent des mains pour vous et toute la famille, car les gens ont tendance à se toucher très souvent les yeux, la bouche ou le nez sans même le remarquer.
- Éviter le tabagisme passif et la pollution : Les facteurs de risque favorisant les infections respiratoires chez l’enfant sont notamment le tabagisme passif (dès la grossesse) et la pollution de l’air. Le tabagisme passif est responsable d’une augmentation des cas d’asthme et d’une aggravation de l’asthme de l’enfant exposé.
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