Le traumatisme psychique, qu'il soit issu d'événements de guerre, de violences, ou d'autres sources de stress intense, représente un défi majeur pour les individus et les professionnels qui les accompagnent. La prise en charge de ces traumatismes nécessite une approche holistique, intégrant des dimensions médicales, psychologiques, sociales et juridiques. Cet article explore les différentes facettes de cette prise en charge, en mettant l'accent sur les dispositifs existants, les pistes d'amélioration et les perspectives d'avenir.

Comprendre le Psychotraumatisme

Définition et Manifestations

Le psychotraumatisme survient lorsqu'une personne est confrontée à un événement menaçant son intégrité physique ou psychique. Les symptômes les plus fréquemment observés incluent les cauchemars, les reviviscences (flashbacks) où la scène traumatique est rejouée, ainsi que des états d'angoisse, de dépression et des troubles du comportement. Il est important de noter que tous les signes de stress ou perturbations comportementales ne sont pas nécessairement indicatifs d'un stress post-traumatique (SPT).

Les souvenirs, images, odeurs, bruits et sensations associés à l'événement traumatique peuvent envahir la vie de la personne, engendrant une détresse intense. Cette détresse conduit souvent à un évitement des situations, des personnes ou des événements qui rappellent le traumatisme. Les individus peuvent s'efforcer de ne pas penser à l'événement ou de ne pas en parler, cherchant à se couper des émotions pénibles associées aux souvenirs.

Après un événement traumatisant, il est fréquent que la personne perçoive un danger omniprésent et se tienne constamment sur ses gardes, avec les nerfs à fleur de peau.

Mécanismes Psychologiques et Neurobiologiques

Il est essentiel d'expliquer aux victimes les mécanismes psychologiques et neurobiologiques des psychotraumatismes. Cette compréhension favorise la déculpabilisation et offre une "boîte à outils" pour mieux se comprendre, se protéger et se soigner.

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Dispositifs de Prise en Charge

Prise en Charge Médicale et Psychologique

Acteurs de la prise en charge

Le premier interlocuteur est souvent le médecin d'unité, présent dans l'un des centres médicaux des armées (CMA). Proche des militaires, il assure un suivi médical régulier tout au long de leur carrière et est formé à l'écoute, au conseil et à la prise en charge des blessures de guerre. Il peut orienter les patients vers les spécialistes des huit hôpitaux militaires en France.

Il est crucial que tous les acteurs de la prise en charge (médecins psychotraumatologues, victimologues, généralistes, spécialistes, assistantes sociales, professionnels de l'éducation nationale, travailleurs sociaux, missions locales, justice, police, associations de juristes) travaillent en réseau.

Accompagnement Médical et Social

La prise en charge implique un accompagnement médical, social, associatif et juridique. Il est important que les professionnels connaissent les numéros d'urgence, les permanences téléphoniques nationales et locales, les associations utiles, le rôle de la police, de la gendarmerie et de la justice, ainsi que les unités médico-judiciaires (UMJ). Une connaissance minimale du droit pénal, civil et du travail est également nécessaire, ainsi qu'une connaissance des aides sociales possibles et des structures dédiées.

Examens et Certificats Médico-Légaux

L'examen médical doit être réalisé avec tact, précaution et bienveillance, en expliquant à l'avance tous les examens nécessaires. Il est important de noter les faits, les doléances et de reprendre les termes exacts de la victime. L'examen du corps doit rechercher des plaies, contusions, érosions, brûlures, ecchymoses, hématomes ou fractures. Des examens complémentaires biologiques et radiologiques peuvent être nécessaires.

Un certificat médico-légal de constatation de violences, qui aura valeur de document pour une procédure judiciaire, doit être établi. Il est également important d'évaluer le risque couru par la victime et ses enfants, ainsi que l'intensité des conséquences médicales, obstétricales et psychotraumatiques.

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Prise en Charge des Militaires Blessés Psychiques

La prise en charge du blessé psychique est une priorité du ministère de la défense. Un dispositif complet, reposant sur un réseau de prévention et de soins au profit des militaires et de leurs familles, a été renforcé depuis 2010.

Reconnaissance et Réparation

La loi du 31 mars 1919 établit le droit à réparation en instaurant un guide barème de gravité pour l'octroi des pensions militaires d'invalidité (PMI). Le décret de 1992 reconnaît le traumatisme psychique de guerre. La réparation ne se limite donc plus à l'attribution d'une PMI.

Pistes d'Amélioration

Plusieurs pistes d'amélioration existent :

  • Faire reconnaître le dispositif de prise en charge et d'accompagnement des blessés.
  • Créer un statut de blessé conditionnel, associé à celui de militaire d'active ou d'ancien combattant, pour faciliter l'accès à une infrastructure d'accueil polyvalente.
  • Accélérer les réformes institutionnelles pour éviter que des blessés ne soient laissés sans aides matérielles à la reconversion.
  • Mettre en place un tutorat pour aider le blessé psychique à recevoir les montants d'indemnisation au moment où il est en état de les investir utilement.

Prise en Charge des Enfants et Adolescents

Un DIU (Diplôme Inter-Universitaire) a pour objectif de délivrer une connaissance approfondie de la clinique du psychotraumatisme à travers les âges développementaux aux professionnels travaillant auprès des enfants et des adolescents, et de renforcer leurs compétences dans l'accompagnement et la prise en charge de première ligne des enfants et adolescents affectés par des psychotraumatismes. Une approche pluridisciplinaire, orientée vers la promotion des facteurs de protection et de résilience, est adoptée pour donner aux participants une vision systémique globale qui prend en compte les capacités adaptatives des enfants et de leurs environnements, ainsi que les facteurs de vulnérabilité.

Aspects Juridiques et Sociaux

Information et Orientation des Victimes

Il est crucial de donner des informations précises aux victimes sur leurs droits, sur les aides qu'elles peuvent recevoir, et de leur expliquer les conséquences judiciaires des violences qu'elles ont subies, ainsi que les conséquences sur leur santé. Les plaquettes AGIR sont des outils d'information à destination des femmes victimes de violences et de leur entourage, y compris les professionnels.

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Signalement et Protection des Personnes en Danger

Signaler ou faire cesser une situation de danger est une obligation légale. La loi du 5 mars 2007 aménage le secret professionnel pour permettre aux professionnels d'échanger les informations nécessaires à l'évaluation d'une situation et à la mise en œuvre des actions de protection.

La CRIP (Cellule centralisée départementale de recueil de traitement et d'évaluation des informations préoccupantes) est une équipe pluri-professionnelle qui évalue les situations de danger concernant les enfants et renvoie des propositions d'actions et d'aide aux services compétents.

Stratégies Défensives et de Sauvegarde

Il est essentiel de mettre en place avec la victime des stratégies défensives et de sauvegarde en cas de crise et de danger. Cela implique d'anticiper les situations de danger, de savoir comment fuir et alerter les secours, et de connaître les numéros d'urgence.

Violences au Travail

En cas de violences au travail, il est important de contacter le médecin du travail, l'inspecteur du travail, les syndicats et le CHSCT (Comité d'hygiène et de sécurité et des conditions de travail). Un arrêt de travail, un droit de retrait ou un changement de service peuvent être envisagés.

Traitements Psychothérapiques

Diversité des Approches

Différentes techniques psychothérapiques peuvent être utilisées, telles que la psychothérapie dynamique, la psychanalyse, les thérapies systémiques, les thérapies comportementales et cognitives (TCC), l'hypnose et l'EMDR, les thérapies émotionnelles, les thérapies corporelles et la thérapie par le jeu pour les enfants. Le choix de la thérapie dépendra de la nature et de la durée des violences.

Adaptation du Traitement

Le traitement n'est pas le même selon qu'il s'agit de violences uniques ou limitées dans le temps, ou de violences continues, répétées et installées dans la durée. Lors de violences uniques, la thérapie peut être efficace en quelques séances, surtout si elle est mise en place rapidement après le traumatisme. Lors de violences continues, répétées, en particulier si elles ont eu lieu dans l'enfance, une thérapie spécialisée plus longue est nécessaire pour aider la personne à se libérer d'une personnalité traumatisée et à reconstruire sa vraie personnalité.

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