La Procréation Médicalement Assistée (PMA) est un domaine en constante évolution qui offre des solutions aux problèmes d'infertilité, mais qui soulève également des questions psychologiques et sexuelles complexes. Cet article vise à explorer ces aspects, en tenant compte des différentes perspectives et des implications pour les individus et les couples qui envisagent ou suivent un traitement de PMA.

Introduction à la PMA

La Procréation Médicalement Assistée (PMA) représente un ensemble de techniques médicales dédiées à soutenir la conception pour tous, qu'ils soient des couples hétérosexuels, homosexuels ou des femmes seules, faisant face à des difficultés à concevoir naturellement. Depuis 2021, toutes les femmes âgées de 45 ans et moins ont accès à la PMA, qu'elles soient mariées, en union libre ou célibataires, et qu'elles soient en couple ou non. La PMA suscite un véritable éventail de questionnements, d'émotions et d'espoirs pour les femmes désirant fonder une famille. Chaque étape de la PMA est imprégnée d'une multitude d'interrogations qui touchent à la fois à la santé physique, à la santé mentale et aux aspirations profondes à la parentalité.

Techniques de PMA : Un Aperçu

Plusieurs techniques sont utilisées dans le cadre de la PMA, chacune ayant ses propres indications et modalités :

  • Insémination Artificielle (IA): L'insémination artificielle représente la méthode la plus simple en PMA. Elle consiste à stimuler l'ovulation de la femme, généralement via des injections pour provoquer la production d'ovocytes (pas toujours nécessaire). Le sperme, provenant du conjoint (IAC) ou d'un donneur (IAD), est recueilli puis injecté dans l'utérus au moment précis de l'ovulation. Cette procédure favorise une fécondation naturelle dans le corps de la femme.

  • Fécondation In Vitro (FIV): La Fécondation In Vitro (FIV) se décline en deux principales méthodes en France, dominantes dans les procédures de PMA. D'abord, la FIV classique représente l'une des approches fondamentales. En 2015, elle constituait 63 % des techniques utilisées. Parallèlement, la FIV avec micro-injection, aussi nommée FIV ICSI (Injection Intracytoplasmique de Spermatozoïdes), est privilégiée en cas de problèmes de fertilité masculine. Dans le processus de FIV, les embryons non transférés dans l'utérus sont cryogénisés pour être conservés. Ils peuvent être utilisés par le couple ou la femme seule pendant cinq ans.

    Lire aussi: Éducation à la sexualité maternelle : un aperçu

  • Accueil d’embryon: L'accueil d’embryon intervient lorsque les deux partenaires d'un couple sont stériles ou risquent de transmettre une maladie génétique. Ils ont alors la possibilité de recevoir un embryon cryogénisé, issu d'un autre couple ayant consenti à faire don de son embryon.

Facteurs de Succès et Aspects Médicaux

Au niveau médical, le succès de la PMA dépend de divers facteurs, notamment l'âge, la santé reproductive, la qualité des ovocytes et du sperme, ainsi que d'autres conditions médicales. Outre les éléments spécifiques mentionnés, plusieurs aspects plus généraux peuvent impacter le succès de la PMA. Les taux de réussite varient considérablement selon plusieurs facteurs individuels. Ces facteurs incluent l'âge de la femme, la santé reproductive, la qualité des ovocytes et du sperme, ainsi que d'autres conditions médicales spécifiques à chaque patient. En moyenne, les chances de concevoir grâce à la PMA sont estimées entre 20 et 35 % par cycle de traitement.

Les traitements peuvent occasionner des sensations inconfortables, mais il est essentiel de noter que ces douleurs varient d'une personne à une autre. Les sensations désagréables peuvent résulter de divers aspects des traitements, tels que les injections hormonales pour stimuler l'ovulation, les prélèvements d'ovocytes ou de sperme, ou encore la préparation de l'utérus pour l'implantation embryonnaire. Cependant, la bonne nouvelle est que les équipes médicales spécialisées dans la PMA sont compétentes pour gérer et atténuer ces inconforts. Des médicaments analgésiques et des techniques de gestion de la douleur sont souvent utilisés pour rendre les traitements plus supportables.

Prise en Charge Financière en France

En France, une partie des traitements de PMA est prise en charge par l'Assurance Maladie. Cependant, cette couverture est limitée et conditionnée à certains critères, notamment l'âge de la femme (souvent jusqu'à 43-44 ans), la durée de l'infertilité, et la nature médicale du problème.

Implications Psychologiques de la PMA

Les implications émotionnelles lors d'une PMA sont vastes et peuvent avoir un impact profond sur la santé mentale et le bien-être des personnes concernées.

Lire aussi: Conseils sexualité post-partum

Impact Émotionnel et Santé Mentale

La PMA est un parcours semé d'embûches émotionnelles. L'attente, l'espoir, la déception et l'anxiété sont des sentiments courants. Il est crucial de reconnaître et de gérer ces émotions pour préserver sa santé mentale. La pression constante, les montagnes russes émotionnelles et l'incertitude peuvent conduire à un stress important, voire à la dépression. L'accompagnement psychologique est donc essentiel.

Accompagnement Thérapeutique et Soutien

Dans ce contexte, l'accompagnement en tant que sexothérapeute, sophrologue et praticienne EFT est précieux. Le soutien psychologique peut aider à gérer le stress, à renforcer la communication au sein du couple et à faire face aux défis émotionnels spécifiques à la PMA.

Révéler les Origines à l'Enfant

Il ne fait plus aucun doute aujourd’hui pour les spécialistes qu’un enfant a besoin de connaître ses origines pour se construire. Mais y a-t-il un bon moment pour aborder le sujet ? Un âge conseillé ? En premier lieu, vous devez être prête à parler de cette question avec votre enfant, qui finira tôt ou tard par vous demander comment on fait les bébés et s’il a été adopté. En outre, il est capital que votre partenaire partage le même point de vue. Les enfants sont tous trop différents pour qu’on puisse donner un moment strict au cours duquel il faudrait lui expliquer les mystères de sa naissance. Une occasion inattendue peut très bien déclencher le questionnement. Cependant, les enfants commencent à s’interroger sur la sexualité vers 3 ans, avec la fameuse question sur l’origine des bébés qui vient tarauder tous les parents, pas seulement ceux qui le sont devenus grâce à une FIV. Surtout, montrez-vous disponible : il est contre-productif de répondre à moitié parce que vous n’avez pas le temps. De même, veillez à ne pas en faire trop : une fois l’explication fournie, ne revenez pas dessus à tout bout de champ, n’insistez pas inutilement. L’enfant ne manquera pas de trouver ce comportement suspect. Si vous avez eu recours à une FIV avec don de gamètes, il n’est pas encore temps d’envisager une éventuelle recherche de la mère ou du père biologique, d’autant que selon les pays, l’anonymat peut soigneusement être préservé. Comme de nombreux parents, vous pouvez vous appuyer sur la métaphore de « la petite graine » pour commencer à expliquer comment on fait les bébés. Puis faire intervenir le personnage du docteur, venu aider la petite graine à grandir, car tous les parents n’ont pas un enfant facilement. L’essentiel est d’insister sur le désir d’enfant que vous nourrissiez avec votre partenaire, et sur la joie que vous éprouvez aujourd’hui de l’avoir près de vous. Il y a peu de chance que votre enfant de 3 ou 5 ans réagisse mal à votre explication. Il est plus probable que le conflit éclate à l’adolescence, et que sa conception par FIV constitue un point d’appui à sa rébellion.

Évolution des Mentalités et Impact Sociétal

Les nouvelles techniques de procréation ont révolutionné les modes de filiation. Le développement de ces pratiques suscite chez le psychanalyste qui œuvre dans ce champ des affects violents et parfois contradictoires, conscients ou non, qui peuvent grever les traitements qu’il effectue.

Réflexions Psychanalytiques sur la PMA

Le socius vit d’importants bouleversements du couple et de la famille. C’est involontairement que je me suis trouvée confrontée aux différentes formes de maternités. J’étais motivée, à l’origine, par la souffrance des patientes atteintes de stérilité. Celles-ci n’ayant pas toujours pu procréer naturellement, j’ai observé les conséquences de différents traitements médicaux. Quelles furent les inquiétudes devant la technique ? Etaient-elles fondées ? Comment prévoir leurs effets et quel rôle l’analyste peut-il jouer ?

Lire aussi: L'auxiliaire de puériculture : un rôle clé

À l’époque, dans les années 1980, le problème posé par les femmes infécondes était l’absence de demande à l’égard d’un psy. Elles venaient consulter un « médecin » puisque seul leur corps était concerné. Elles voulaient un enfant, tout lien psychique était absurde. Quand le gynécologue insistait, et que j’amorçais la rencontre en disant banalement « alors, qu’est-ce qui ne va pas ? », elles me répondaient « C’est le Docteur X… C’est lui, pas moi, qui m’adresse à vous. » Il est vrai que ces consultations étaient proposées devant l’échec des traitements prescrits et étaient interprétées comme une accusation : « votre corps n’a rien, c’est psychique, vous ne voulez pas cet enfant que vous prétendez désirer ardemment ». La demande venait bien d’eux, pour se défausser, sous-entendaient-elles. D’ailleurs lorsque l’équipe médicale n’obtenait pas de grossesse, c’est elle qui souhaitait une rencontre avec un analyste. Leur demande relevait aussi parfois de l’éthique. Effrayés devant ce nouveau pouvoir de fabriquer des bébés, ils souhaitaient partager cette responsabilité.

Mutations Sociales et PMA

Il y eut d’abord la possibilité de divorcer malgré le désaccord de l’un des conjoints et en l’absence de faute, véritable ébranlement de l’institution du mariage, devenu ainsi simple contrat temporaire. Les familles se recomposèrent avec l’adjonction de beaux-parents. La multiparentalité se développa dans les faits, en l’absence de statut juridique, en France, pour les acteurs qui ne sont pas les deux parents d’antan. Puis la contraception fut une grande mutation dissociant sexualité et reproduction, qui allait renverser le pouvoir dans le couple. C’est maintenant la femme, en prenant ou non la pilule, contraceptive, qui contrôle la fécondité relevant auparavant du bon vouloir des hommes. Le droit à l’avortement conforta ce pouvoir féminin, attestant de la prédominance de la volonté de la mère sur le respect des droits de l’enfant à naître. Le père n’est pas en droit d’exprimer sa décision à cet égard. Si la mère peut choisir ou non d’enfanter, il n’en est donc pas de même du père, obligé depuis 1965 d’admettre la reconnaissance de sa paternité lorsqu’elle prouvée par son génome. Celui-ci se trouvera contraint, si elle le lui demande, de reconnaître sa paternité génétique et d’assumer les frais de l’élevage de cet enfant ! Non seulement c’est aujourd’hui les femmes qui décident de l’enfantement, mais elles pourraient se passer techniquement du père en utilisant une paillette de sperme. Conception et sexualité ne sont plus liées.

Réflexions sur l’Inconception et la Stérilité

L’engendrement dans un tube à essai (in vitro) ne me choquait pas et j’y voyais une simple parenthèse médicale favorisant la conception. Il me paraissait clair que je n’avais pas de jugement à porter sur ce traitement en tant qu’analyste. Cependant une pulsion épistémophilique, cachant sans doute ma pulsion scopique face à ce déballage de scènes primitives, me conduisait à réfléchir aux cas de mes patientes et à en parler à mes collègues. Certains d’entre eux avaient parfois aussi des femmes infécondes en analyse. Je leur proposai alors une recherche sur nos différentes observations. Mon contre-transfert cherchait-il, au-delà d’un savoir, le soutien et l’appui du groupe face à un conflit refoulé par mon adhésion consciente aux progrès médicaux ? Leurs expériences me permirent une première hypothèse sur la force du lien archaïque mère-enfant et la carence du rôle séparateur du père. Si bien que j’ai décrit un fonctionnement psychique se rapprochant de celui des patientes psychosomatiques, avec une particularité tenant à la récursivité entre psychisme et soma, dont on ne peut savoir quel est celui qui cause l’autre.

Je proposai, par le terme d’inconception, de désigner le versant psychique de la stérilité organique. Celui-ci rend compte de la peur de retrouver avec l’enfant, néanmoins désiré, les conflits préœdipiens vécus avec la mère. Celle-ci est l’objet d’un amour exclusif forcément déçu. C’est d’elle que mes patientes attendent inconsciemment leur enfant, ce dont elles se défendent en tentant de le leur faire. Elles tiennent à ce que leur mère ait un petit-enfant. Le père reste déprécié, ce n’est pas lui que désigne la mère mais plutôt ses enfants qui sont les seuls objets investis. Si bien que l’Œdipe échoue à libérer la femme de sa mère. Le fonctionnement psychique est assez pauvre, il n’a guère d’associations et peu de rêves.

Nécessité d'une Approche Holistique

Dès lors je fus vite convaincue qu’il fallait « en finir avec la stérilité psychogène » supposée dépourvue de cause organique, car toutes les stérilités sont équivalentes et exigent la participation du psychisme comme du corps. Qu’il y ait des lésions corporelles n’invalide pas la responsabilité des conflits inconscients constamment présents comme cause ou effet de la stérilité. Soigner seulement le corps faisait courir de grands risques de fausse couche, d’accouchement prématuré, de placenta praevia. Au lieu de me cantonner aux patientes adressées à l’analyste sans traitement médical, par un médecin qui avait affirmé : « il n’y a rien de lésionnel ! » ou bien « c’est psychique », je prenais en charge des femmes extériorisant des signes d’inconception, c’est-à-dire toutes les patientes.

Controverses et Critiques

Il y eut alors un grand mouvement dans les médias pour critiquer les pratiques médicales, des colloques, des émissions de télévision auxquelles je ne pris pas garde. Je ne me sentis impliquée que lorsque parût un article intitulé : « Les psychanalystes pensent ». Il s’agissait d’une critique de la présence d’un tiers médecin dans la conception qui eut dû rester duelle et secrète ! Je ne pus éviter de répondre à cet article puis de m’intéresser aux fantasmes développés par ces détracteurs. Je les détaillais dans la monographie de la Revue française de psychanalyse intitulée « Scènes primitives » comme « Scènes primitives médicalement assistées ». Ces psychanalystes prédisaient les catastrophes qui devaient s’abattre sur ces enfants « artificiels » comme leur mode de conception et qui, privés à l’origine de l’abri mystérieux de l’utérus maternel, ne pourraient accéder à la scène primitive, puisque celle-ci n’était pas à l’origine de leur conception dans la réalité ! Ils seraient alors menacés de devenir psychotiques puisqu’ils auraient « un inconscient vide ». La réalité fit délaisser ces terrifiantes prévisions de ceux que j’ai désignés par le terme d’écolo-psy et qui se sont déconsidérés par l’excès de leur attachement à leurs constructions théoriques. Prédire une conséquence réelle sous la foi d’une théorie analytique, c’est quitter le fondement clinique non encore observable pour ce qui devenait une position idéologique.

Toutefois ce conflit m’avait mobilisée d’autant plus que les analystes qui s’occupaient d’aider ces patientes infécondes étaient accusés d’être les complices et les alibis d’une « science sans conscience » ruinant l’avenir de l’espèce ! Ma colère relevait aussi de mon contre-transfert : ces écrits ranimaient mes propres angoisses et je voulais défendre mes patientes auxquelles j’étais identifiée comme, sans doute, je me sentais aussi solidaire de soignants dont je faisais partie. Ajoutons que les critiques émanaient souvent de philosophes ou d’analystes qui n’avaient pas ces patientes en charge et se révoltaient peut-être à cause de leur rôle de voyeurs. Si j’insiste sur ces débats, c’est que nous retrouverons aujourd’hui les mêmes arguments. La menace du Chaos exprime la crainte de l’ébranlement d’un ordre du monde bien connu. Le changement apporté par la science désorganise les repères psychiques. Alors, c’est l’analité toute puissante que libère la transgression, qui fécaliserait l’humain devenu objet d’expériences interchangeables ! C’est le Lebensborn possible. Le fantasme est celui d’une régression à la toute-puissance infantile puisque le garant de la loi symbolique a été éliminé. Le spectre de l’eugénisme nous hante. Si le père a pu être réduit à des paillettes congelées et la mère remplacée par une mère porteuse anonyme, alors la différence des sexes ne se trouve-t-elle pas abolie ? L’angoisse rejoint le fantasme de l’apprenti-sorcier. La puissance de la science se projette sur son objet, le médecin dépassé en devenant l’esclave, c’est le Golem, Frankenstein, etc. Nous fabriquerions des êtres déshumanisés : ils viendraient se venger en détruisant toute l’humanité. N’avions-nous pas aussi, dans une pensée romantique, abimé Dame Nature, notre mère ? On voit que ces prévisions inquiétantes déniaient toute vie psychique comme si la réalité détruisait la force du fantasme qui lui serait soumis !

Dilemmes Éthiques et Expériences Personnelles

Je ressentis la nécessité de m’expliquer aussi dans la Revue française de Psychanalyse sur « L’insoutenable neutralité du psychanalyste face à la bioéthique ». J’y racontai les expériences douloureuses réelles où les conflits éthiques sont engendrés par la technique elle-même. Nora restée inféconde ne pouvait décider que faire de ses derniers embryons congelés : les détruire, ou les donner à un autre couple ou à la recherche scientifique. Ghislaine dont le mari était stérile ne réussissait pas à supporter un don de sperme qu’elle identifiait à un adultère. Nous le comprîmes dans un rêve où l’anonymat était représenté dans l’inconscient. Elle comprit qu’elle refusait la parodie qui prétendait guérir de sa stérilité son mari en faisant un enfant avec un autre homme bien fécond ! Ella, enceinte d’un fœtus porteur d’une tare non létale posait un autre grave problème éthique d’autant qu’un avortement n’était permis qu’à l’étranger ! Parmi ces complications de la technique, je citerai aussi la terrible multiparité où la réduction embryonnaire imposait à la femme enfin enceinte de détruire un de ses fœtus et dont je n’ai, par chance, suivi aucun cas mais que Muriel Flis-Trèves nous a fait connaître. On voit que si l’analyste ne s’occupe que de la réalité psychique douloureuse, il ne peut éviter de se sentir persécuté par la technique. Solidaire de ses patients sans l’exprimer, s’agit-il d’un contre- transfert ? Celui-ci va-t-il interférer avec le travail analytique ? L’éviter est-il possible ? Dans cet autre niveau, une régulation paraît accessible, une régulation par auto-organisation de ces nouveaux modes de conceptions. En effet, la plupart de ces complications ont été supprimées aujourd’hui où la technique a pu trouver d’autres solutions.

Évolution des Normes et Nouvelles Techniques

Une femme peut devenir mère sans avoir été enceinte, grâce au prêt d’utérus (GPA), interdit en France, qui conditionne aussi la filiation des hommes homosexuels. Une femme célibataire ou homosexuelle peut procréer sans sexualité, en bénéficiant d’un don de sperme, également à l’étranger. D’autres femmes ayant méconnu le poids de l’horloge biologique auront besoin d’un don d’ovocyte. Toutes ces techniques posent des problèmes éthiques diversement appréciés d’un pays à l’autre. Ces progrès médicaux, qui ont permis de dépasser bien des stérilités, s’accompagnent d’une évolution des mœurs avec recrudescence de l’individualisme aux dépens de la cohésion familiale et fléchissement des diverses formes de patriarcat. L’autorisation accordée aux célibataires d’adopter un enfant a ébranlé à son tour le repère que constituait l’existence de deux parents.

Impact du Don de Gamètes sur la Paternité

Les dons offerts aux hommes stériles se sont multipliés. Les inconvénients se dévoilèrent à partir du moment où le « miracle » se banalisa. Dans mon expérience, ce type de paternité, lesté par un non-dit, n’est pas aisé à assumer comme ce fut le cas pour Ghislaine et quelques autres. Il est très répandu d’en garder le secret, tant les hommes se sentent humiliés et castrés que leur fécondité soit atteinte. Il leur est difficile de ne pas mettre en cause leur puissance sexuelle. Si bien qu’un « traitement » leur permettant de devenir pères grâce au don d’un autre homme, vécu lui comme super viril, ne restaure leur puissance qu’en apparence et que la rivalité avec cet homme, identifié souvent à leur père, altère parfois leur paternité. Ces hommes veulent préserver leur image en cachant soigneusement les conditions de la conception. A peine 25% des couples disent la vérité à leurs enfants. Pourtant l’enfant perçoit souvent un secret. J’ai décrit des cas comme celui de Juliette où la mère se sent hypocrite et reproche ce secret à son mari. Bientôt, elle avoue à l’analyste une obsession, un désir fou de savoir qui a engendré son enfant. Elle éprouve le besoin d’au moins connaître son apparence. Regardant passer dans la rue tout homme séduisant, elle le fantasme comme le père. Elle prendra conscience de la nature de son désir, tourné en réalité vers son propre père. Quant à l’intéressée, l’anonymat la prive de toute chance de pouvoir réparer son père en reconnaissant sa paternité. Aussi certaines de mes patientes ont-elles tenté de faire le deuil de leur fécondité. Ces femmes qui se tourneraient bien vers l’adoption, ne réussissent souvent pas à convaincre leur partenaire qui voudrait que sa stérilité reste invisible. Lorsque l’enfant IAD est né, apparaissent des difficultés pour les parents à investir leur rôle différencié : au comportement hypermaternant du père peut répondre une attitude distante de la mère qui lui fait cadeau de cette maternité. Peuvent aussi se produire des distinctions entre les enfants selon leur mode de conception.

tags: #pma #sexualite #reproductive #aspects #psychologiques

Articles populaires: