L'infertilité, un problème de plus en plus répandu, touche un couple sur quatre après 12 mois d'essais infructueux, selon l'Ined. Si l'investigation gynécologique est essentielle pour rechercher une cause physique, il est crucial de ne pas négliger l'aspect psychique, souvent intimement lié aux difficultés de conception. Cet article explore l'efficacité de l'accompagnement psychologique, notamment à travers les Thérapies Cognitivo-Comportementales (TCC), pour les individus et les couples confrontés à la Procréation Médicalement Assistée (PMA).
Infertilité : Au-Delà des Causes Physiques
L'investigation gynécologique s'attache à rechercher une cause physique de l'infertilité, et elle doit être systématique. Outre l’examen clinique, des examens biologiques seront nécessaires. Cependant, il est crucial de reconnaître que dans de nombreux cas de figures, l’infertilité est liée à un problème psychique.
Le Rôle Essentiel du Psychologue : Une Approche Intégrative
Un psychologue spécialisé dans l'accompagnement de l'enfant, de l'adolescent et des parents, peut également proposer un soutien et un suivi psychologique aux adultes et aux sujets âgés. L'approche intégrative consiste à appréhender les symptômes et les besoins spécifiques de chacun avec des méthodes et des outils qui paraissent les mieux adaptés. La psychothérapie, quant à elle, consiste à travailler sur soi, pour comprendre et dépasser ses angoisses et ses souffrances psychologiques. L'objectif est de se libérer de ses conflits internes et obstacles imaginaires qui vous empêchent de mener une vie épanouie.
Comprendre l'Origine des Conflits
Il s'agit de se fait, de connaître l’origine de ses conflits et de ses souffrances afin de comprendre les relations avec son état actuel. Cette pratique est indiquée lors d'un vécu d'une souffrance ou d'un problème persistant qui vous rend le quotidien difficile. Le changement le plus visible de la personnalité est l’amélioration des symptômes les plus douloureux. Ils sont souvent reliés à la souffrance, et de façon inconsciente ou non à une histoire infantile, et ces schémas de pensées et d'agir rendent le quotidien compliqué. « l’ici et maintenant » le vécu douloureux permet de comprendre son fonctionnement et ses conflits par la prise de conscience, ce qui ouvre la voie au changement.
Le Cadre Thérapeutique
La personne qui consulte et le psychologue décident de se voir régulièrement (au minimum 1 fois par semaine). Le patient parle de lui. Le psychologue veille au respect du cadre lors des rencontres, qui définit les conditions du bon déroulement des séances.
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TCC : Une Approche Concrète et Efficace
Certains troubles (dépendance : alcool, drogues,…, phobies, T.O.C,…) empêchent une vie épanouie. Le psychologue et la personne qui consulte cherchent à modifier la relation que ce dernier entretient avec lui plus que sa problématique lui-même. Le psychologue aide la personne à accepter ces symptômes à savoir les comportements, les pensées et/ou les émotions qui posent problème, au lieu de les fuir. Ainsi, les TCC sont des méthodes utilisées sur les causes actuelles du comportement ou des cognitions problèmes. Elles ramènent les personnes dans le ici et maintenant sans pour autant négliger l'histoire de vie.
Partenariat Actif et Entraînement
Cette approche s'appuie sur un partenariat actif entre psychologue et patient dans l'analyse des processus cognitifs et mentaux au cœur des difficultés et celui qui consulte s’entraîne également en dehors des séances. Une grande partie du travail consiste à identifier et de prendre conscient de l'aspect très subjectif de ce que ses situations vécues suscitent et de prendre de la distance. D'apprendre de nouvelles façons d'appréhender ses situations et de nouveaux comportements. La communauté scientifique reconnaît non seulement l'efficacité des TCC dans la gestion de nombreux troubles mais elles sont recommandées autant aux enfants qu'aux adultes.
PMA : Un Parcours Semé d'Embûches Émotionnelles
La procréation médicalement assistée (PMA) est un parcours médical et émotionnel complexe, souvent semé d’embûches pour les couples ou les femmes seules qui souhaitent concevoir un enfant. Si les avancées médicales permettent aujourd’hui de répondre à de nombreuses situations d’infertilité, le coût psychologique de ces traitements reste majeur. En France, près d’un couple sur six consulte pour des troubles de la fertilité, et les parcours de PMA peuvent s’étendre sur plusieurs années, avec des taux de réussite variables selon l’âge, la cause de l’infertilité et les techniques utilisées.
La Souffrance Psychique : Un Enjeu de Santé Publique
La souffrance psychique pendant un parcours de PMA est aujourd’hui reconnue comme un véritable enjeu de santé publique. Selon les dernières données, plus de la moitié des Français déclarent avoir connu un épisode de souffrance psychologique au cours des 12 derniers mois, et les femmes sont deux fois plus nombreuses que les hommes à consulter pour des soins psychologiques.
Témoignage
Sophie, 34 ans, consulte après trois échecs de FIV. Elle décrit un sentiment d’échec personnel, une perte de confiance en son corps, et une anxiété permanente à l’approche de chaque nouveau cycle. « Je me sens comme une machine, je ne vis plus que pour les rendez-vous, les piqûres, les résultats. Mon couple en souffre aussi, on ne parle plus que de ça. » Son médecin traitant diagnostique un épisode dépressif réactionnel et l’oriente vers un psychiatre et un psychologue spécialisé en PMA. Après quelques séances, Sophie parvient à exprimer sa colère, sa tristesse, et à retrouver un équilibre émotionnel, malgré la poursuite du parcours médical.
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Les Principales Sources de Souffrance en PMA
- L'annonce du diagnostic d'infertilité : est souvent vécue comme un choc. Elle remet en question l’image de soi, la virilité ou la féminité, et le projet de vie du couple.
- De la culpabilité : « Pourquoi moi ? Qu’ai-je fait pour mériter ça ? Thomas et Élodie, en couple depuis cinq ans, apprennent que l’infertilité est d’origine masculine. Thomas, 36 ans, se sent « diminué », « moins un homme ». Élodie, 32 ans, culpabilise de ne pas pouvoir « le rassurer ». Leur relation se tend, les disputes deviennent fréquentes.
- Les traitements de PMA : (stimulations ovariennes, ponctions, transferts d’embryons, etc.) sont physiquement et psychologiquement éprouvants. Les effets secondaires des hormones, les attentes interminables, les résultats incertains, et la répétition des échecs usent les ressources émotionnelles des patients.
- Marie, 38 ans, en cours de troisième FIV, décrit : « Je ne dors plus, je sursaute au moindre appel de la clinique. J’ai peur de croiser des femmes enceintes dans la rue. Mon mari dit que je ne suis plus la même.
- L'échec répété ou la décision d'arrêter la PMA : est souvent vécu comme un deuil. Les émotions peuvent être intenses : tristesse, colère, sentiment d’injustice, vide existentiel. Certaines personnes décrivent une « crise identitaire » : « Qui suis-je si je ne deviens pas parent ?
- Claire, 40 ans, arrête son parcours après cinq FIV infructueuses. Elle tombe dans une dépression sévère, avec des idées suicidaires. « Je ne vois plus l’intérêt de continuer à vivre si je ne peux pas avoir d’enfant. » Une prise en charge psychiatrique urgente, associant antidépresseurs et thérapie, lui permet de retrouver progressivement un sens à sa vie, en explorant d’autres projets (adoption, engagement associatif).
Les Troubles Psychiques Fréquents en PMA
- Les troubles anxieux et dépressifs : sont les pathologies psychiques les plus fréquentes chez les personnes en parcours de PMA.
- Luc, 42 ans, consulte pour des crises d’angoisse avant chaque transfert d’embryon. Il décrit une peur paralysante de l’échec, des sueurs, des palpitations.
- L'épuisement émotionnel : le parcours de PMA peut mener à un épuisement émotionnel, similaire à un burn-out.
- Sarah, 35 ans, après quatre ans de PMA, dit : « Je n’en peux plus. Je passe mes journées à pleurer, je n’ai plus d’énergie pour rien.
- Les difficultés relationnelles : la PMA met à rude épreuve la relation de couple.
- Julien et Amélie, en couple depuis huit ans, consultent pour des conflits répétés liés à leur parcours de PMA. Amélie reproche à Julien de « ne pas assez s’impliquer », Julien se sent « exclu » des décisions médicales. Leur thérapeute les aide à restaurer le dialogue et à redéfinir leurs attentes mutuelles.
L'Accompagnement Psychologique : Une Nécessité
La peur de la PMA est tout à fait normale pour les femmes. Malgré l’appréhension il est important de comprendre que la PMA est un traitement sûr et efficace pour les couples qui cherchent à concevoir un enfant. En outre, il est crucial de prendre en compte l'importance de l'accompagnement psychologique lors du processus de PMA. L'accompagnement psychologique et les TCC, peuvent aider les femmes à gérer leurs peurs et les anxiétés associées à la PMA. Gérer également leurs échecs et les soutenir pour leur donner envie de continuer et recommencer. Les thérapies telles que la thérapie cognitives-comportementales (TCC) peuvent aider les femmes à changer les pensées négatives en pensées positives, ce qui peut contribuer à réduire l'anxiété et le stress associés à la PMA.
Se Préparer et Apprendre à Accueillir et Accepter la PMA
Ces thérapies peuvent aider les femmes à apprendre à accepter les incertitudes du processus de PMA et à se concentrer sur ce qui est important pour elles. Le soutien peut offrir un espace sûr et accueillant où les femmes peuvent partager leurs peurs et leurs préoccupations avec d'autres femmes qui vivent les mêmes expériences en groupe de soutien. Les groupes de soutien peuvent également fournir un soutien émotionnel continu, ce qui peut aider les femmes à traverser les hauts et les bas du processus de PMA.
Les Bénéfices de l'Accompagnement Psychologique en PMA
- Gestion des émotions : Apprendre à identifier, comprendre et gérer les émotions intenses liées à la PMA (anxiété, tristesse, colère, culpabilité).
- Réduction du stress : Développer des stratégies de relaxation et de gestion du stress pour faire face aux traitements et aux attentes.
- Amélioration de la communication : Faciliter le dialogue au sein du couple et avec l'équipe médicale.
- Renforcement de l'estime de soi : Restaurer la confiance en soi et en son corps, mise à mal par l'infertilité et les traitements.
- Acceptation du processus : Apprendre à accepter les incertitudes et les échecs potentiels, et à se concentrer sur ce qui est important.
- Prévention des troubles psychiques : Réduire le risque de développer des troubles anxieux, dépressifs ou un épuisement émotionnel.
Les Interventions Psychologiques Recommandées
- Thérapie individuelle : Pour explorer ses émotions, ses pensées et ses comportements face à la PMA.
- Thérapie de couple : Pour renforcer la communication et la solidarité au sein du couple.
- Groupes de soutien : Pour partager son expérience avec d'autres personnes confrontées à la PMA et bénéficier d'un soutien émotionnel.
- Techniques de relaxation : Pour réduire le stress et l'anxiété (méditation, yoga, sophrologie).
- Thérapies Cognitivo-Comportementales (TCC) : Pour modifier les pensées et les comportements négatifs liés à la PMA.
Comment Mettre en Place un Accompagnement Psychologique ?
- Évaluation de la souffrance psychique : Un médecin généraliste ou un psychiatre doit évaluer systématiquement la souffrance psychique des patients en PMA.
- Orientation vers un spécialiste : Le médecin peut orienter le patient vers un psychologue spécialisé en PMA ou un psychiatre.
- Soutien associatif : Les associations (comme MAIA, COLLECTIF BAMP) offrent écoute, informations, et groupes de soutien. Léa, 33 ans, trouve un soutien précieux dans un groupe de parole pour femmes en PMA. « Pour la première fois, je me sens comprise. Ça m’a sauvée. » Elle combine ce soutien avec des séances de TCC pour gérer son anxiété.
Cellules d'Urgence Médico-Psychologique (CUMP)
Les Cellules d’Urgence Médico-Psychologique (CUMP) font partie du dispositif de l’aide médicale urgente et ont pour mission la prise en charge des urgences médico-psychologiques. Depuis plus de 25 ans, un dispositif a été conçu pour faire face aux blessures psychiques des victimes de violence et de terrorisme. Les CUMP ont pour mission principale la prise en charge médico-psychologique urgente des victimes de catastrophes ou d’évènement impliquant un grand nombre de victimes et susceptibles d’entrainer d'importantes répercussions psychologiques.
Organisation de la Prise en Charge Médico-Psychologique des Personnels Intervenants
Les événements graves auxquels nous avons été confrontés, que ce soient les attentats, les catastrophes naturelles ou les accidents technologiques, ont nécessité la prise en charge médicale et psychologique des personnels intervenants. La médecine de prévention s’inscrit dans cette démarche avec l’objectif d’éviter le développement de pathologies psychiques et de maintenir les qualités et capacités opérationnelles des effectifs impactés.
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