L'Assistance Médicale à la Procréation (AMP), également connue sous le nom de Procréation Médicalement Assistée (PMA), est un domaine en constante évolution en France. La loi de bioéthique promulguée le 3 août 2021 a marqué un tournant en autorisant l'accès à la PMA, y compris la Fécondation In Vitro (FIV), aux couples de femmes et aux femmes seules. Cet article vise à éclairer les conditions d'accès à la PMA dans les Deux-Sèvres, en s'appuyant sur les informations fournies par le Planning Familial et d'autres sources pertinentes.
Le Planning Familial des Deux-Sèvres: Un acteur clé
Le Planning Familial est une association loi 1901, féministe et d’éducation populaire. C’est un lieu d’information, d’écoute et d’échange ouvert à toutes et à tous, mineur·e·s ou majeur·e·s, et qui vous accueille gratuitement et en toute confidentialité. Vous pouvez les contacter pour poser des questions et/ou discuter de tout ce que vous voulez en rapport avec les relations affectives et/ou sexuelles (les sexualités, les contraceptions, l’Interruption Volontaire de Grossesse, les homosexualités, les grossesses, les transidentités, les violences, les corps, les Infections Sexuellement Transmissibles, les désirs, les plaisirs, le consentement,…). Le Planning Familial est une association féministe, elle est agréée Mouvement d’éducation populaire, et association éducative complémentaire de l’enseignement public. Elle est également agréée Espace à la Vie Affective, Relationnelle et Sexuelle.
Objectifs et Missions
Les objectifs du Planning Familial sont clairs :
- Agir pour le changement des mentalités.
- Lutter pour créer les conditions d’une sexualité et d’une vie affective vécue sans répression ni dépendance, dans le respect des différences et de la liberté des personnes.
- Défendre le droit à la contraception et à l’avortement.
- Lutter contre l’oppression spécifique des femmes et contre toutes formes de discriminations et de violences y compris sexuelles.
Leurs missions s'articulent autour de :
- Promouvoir l'accès à l’information pour tous.tes, à une éducation sexuelle intégrée à l’éducation.
- Créer des lieux d’écoute et de rencontre en favorisant la remise en cause des images sexistes et des stéréotypes de genre.
- Promouvoir et améliorer l’accès aux soins en matière de contraception, d’avortement, d’Infections Sexuellement Transmissibles.
- Faire appliquer la loi.
- Proposer un fond documentaire gratuit (brochures, livres DVD, CD…).
Composition du Planning Familial des Deux-Sèvres
Le Conseil d'Administration est uniquement composé de personnes physiques, élu·e·s chaque année lors de l'Assemblée Générale Ordinaire, adhérent·e·s de l'association depuis au moins un an. Suite à l'Assemblée Générale annuelle du 06 juin 2025, le Conseil d'Administration est actuellement formé de 8 membres : Frédérique Renard (Présidente), Laetitia Célérau (Trésorière), Elisa Adrien (Secrétaire), Marie Mazaudou et Emma Sudour (Co-Secrétaires), Christine Antoine, Berthille Moreau-Printemp et Justine Sarde (Administratrices). Il se réunit une fois par mois.
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L'équipe du Planning Familial des Deux-Sèvres se compose de trois militantes salariées : Barbara Vallée (Conseillère Conjugale et Familiale), Mathilde Grytten (Conseillère Conjugale et Familiale), Ilona Potet (Animatrice de Prévention - Chargée de Projets), une volontaire en service civique pour 8 mois (Clara Sauze) et d'une vingtaine de militant·e·s non salarié·e·s. En 2024, l'association compte une cinquantaine d'adhérent·e·s.
Comprendre la PMA et la FIV
L’assistance médicale à la procréation (AMP), ou procréation médicalement assistée (PMA), consiste à manipuler un ovule et/ou un spermatozoïde pour favoriser l’obtention d’une grossesse. La Fécondation In Vitro (FIV) est une technique spécifique d'AMP.
La Fécondation In Vitro (FIV)
La FIV consiste à prélever par voie vaginale les ovocytes (ovules) après stimulation de l’ovulation, puis à mettre les ovocytes en présence de spermatozoïdes. "Cette technique permet de court-circuiter les trompes (stérilités tubaires) et de rapprocher les spermatozoïdes des ovocytes (stérilités masculines)".
Étapes clés de la FIV :
- Stimulation des ovaires: C'est l’étape essentielle de la FIV, elle en conditionne les résultats. Elle a pour objectifs de contrôler et d’assurer une stimulation de la croissance folliculaire correcte permettant le déclenchement de l’ovulation au bon moment. "Lorsque la stimulation et la maturation folliculaire sont suffisantes, on peut déclencher l’ovulation en mimant le pic de LH". Dans 11 % des cas, la stimulation n’est pas de bonne qualité.
- Ponction folliculaire: La ponction des follicules s’effectue environ 36 heures après l’injection d’Ovitrelle® (médicament qui contient une hormone stimulant les organes de la reproduction). Elle est réalisée sous contrôle échographique au bloc opératoire, sous anesthésie locale ou générale. La femme étant installée en position gynécologique, le médecin insère dans le vagin la sonde d’échographie sur laquelle est attachée une aiguille. L’œil rivé à l’écran, il ponctionne à travers le vagin les liquides folliculaires dans les ovaires et les aspire à l’aide de seringues.
- Mise en contact des cellules sexuelles en laboratoire: C'est au laboratoire que se fait la mise en contact des cellules sexuelles. Les ovocytes mûrs sont isolés et choisis selon leur aspect. La fusion des cellules sexuelles se produit sous l’œil d’un embryologiste par examen au microscope dans les heures suivant leur rencontre.
- Transfert d'embryons: Deux ou trois jours après la ponction selon les cas, les couples téléphonent dans le service à 9 heures, afin de savoir s’ils ont des embryons. L'intervention se déroule à l'hôpital. Les embryons sont déposés dans la cavité utérine de la patiente, à l’aide d’un fin cathéter. "Le transfert est indolore et très rapide". L’absence de règles 2 semaines après la réimplantation conduit à pratiquer un dosage sanguin des ßHCG (hormone spécifique de la grossesse) afin de faire le diagnostic d’une éventuelle grossesse.
ICSI (Injection Intracytoplasmique de Spermatozoïde): Un échec de fécondation pourra nécessiter le recours à une autre technique qui s'appelle l'ICSI, ou injection intracytoplasmique de spermatozoïde. En effet, pour que la fécondation soit possible, il est nécessaire que les spermatozoïdes "soient en nombre suffisant, qu’ils soient mobiles et qu’ils aient une morphologie normale", rappelle le CHU de Toulouse. Cette technique "a résolu la grande majorité des problèmes d’infertilité masculine puisque seuls quelques spermatozoïdes mobiles sont nécessaires pour obtenir des embryons", explique l'Inserm. En effet, avec l'ICSI, on injecte directement un spermatozoïde dans l’ovocyte, ce qui augmente les chances d’obtenir des embryons (ovocytes fécondés).
Qui peut bénéficier de la FIV en France ?
La fécondation in vitro ou FIV est une technique très encadrée en France. La loi de bioéthique de 2021 a élargi l'accès à la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules.
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Aspects financiers et remboursement
Dans le cadre d’une PMA, un maximum de quatre FIV est remboursé à 100% par la Sécurité Sociale.
Les défis et le soutien psychologique
Le traitement contre l'infertilité est bien souvent un parcours du combattant. "Je n’imaginais pas que ce serait si dur", raconte Caroline, en cours de traitement depuis trois ans. Entre les mauvais résultats aux examens, les échecs des inséminations, la peur de ne jamais avoir d’enfant et le sentiment que personne ne comprend, "notre moral est tombé très bas, jusqu’au jour où nous avons décidé d’aller chez un psy, ce qu’aucun médecin ne nous avait proposé". La loi impose aux centres d’Assistance médicale à la procréation (AMP) d’inclure un psychologue dans le processus. "Mon conseil, se constituer une équipe de soutien : un psychologue, un généraliste avec qui on peut discuter, un gynécologue avec qui on s’entend, un prof de yoga pour faire la paix avec son corps…".
"Il ne faut jamais oublier qu’un bébé se fait à deux, et que sans l’homme rien ne se réalise", souligne Alix Franceschi-Léger, psychologue au centre de fertilité des Diaconesses (Paris). "Le couple est malmené car c’est une médecine très intrusive. Mais il doit rester un lieu où parler, être écoutée et écouter l’autre".
Depuis 2016, la loi permet aux femmes de “bénéficier d’une autorisation d’absence pour les actes médicaux nécessaires” et au conjoint de l’accompagner à trois rendez-vous par protocole.
Effets secondaires et risques
On oublie souvent d'en parler, mais en cas de FIV, des effets indésirables peuvent apparaître le temps des traitements. "Lors des premiers traitements, j’avais des maux de tête, des vertiges, des nausées et une grosse fatigue", raconte Axelle, en cours de sa cinquième FIV. "Les effets secondaires sont différents selon le protocole et les réactions de la patiente", souligne le Dr Olivennes. Les complications graves, comme les risques de thrombose et de phlébite, sont rares, de 1 à 2 % des cas, rassure-t-elle.
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Selon une étude publiée en juin 2021, les médicaments couramment utilisés pour libérer des ovules pendant la fécondation in vitro n'augmentent pas le risque de développer un cancer du sein.
FIV et âge : un facteur déterminant
Une FIV à 40 ans : c'est possible ? Avoir un enfant après 40 ans comporte des risques, cela ne fait aucun doute. Mais le nombre d’anomalies et de maladies congénitales serait moins élevé chez les femmes qui ont eu recours à un FIV que chez celles qui ont conçu naturellement. En effet, la procréation médicalement assistée, comme la FIV, a tendance à augmenter les risques pour l’enfant à naître. Mais le "phénomène inverse tout à fait remarquable", inexpliqué par les chercheurs, a lieu chez les mères de 40 ans et plus ayant eu recours à cette méthode.
Globalement, lorsqu’on ne tient pas compte de l’âge de la mère, la fréquence moyenne des anomalies ou maladies congénitales est de 5,7% pour les bébés conçus naturellement, de 7,1% pour ceux issus d’une FIV et de 9,9% pour ceux issus d’une ICSI. Or, en cas de conception naturelle, le chiffre est de 5,6% pour les jeunes femmes et de 8,2% chez les femmes de plus de 40 ans. Les risques d’anomalies sont dont moins fréquents lorsque la future mère ayant dépassé la barre des 40 ans a eu recours à une FIV plutôt qu’en cas de conception naturelle.
De nouvelles données montrent que la plupart des femmes qui y ont recours ont besoin de plus d'un cycle de fécondation in vitro pour une chance raisonnable de succès et que ces chances chutent avec l'âge. Ainsi, dans tous les groupes d'âge, les chances de succès augmentaient à chaque cycle de FIV, mais diminuaient avec l'âge. Le but est donc de faire savoir que la FIV ne doit pas être considérée comme une "police d'assurance" et que les personnes souhaitant avoir un bébé devraient essayer le plus tôt possible. Les chercheurs rappellent cependant que bien que l'âge soit un facteur clé de succès pour une FIV, d'autres facteurs peuvent influencer négativement le résultat : tabac, surcharge pondérale, stress…
Statistiques et perspectives
Selon les derniers chiffres en date, en 2019, 157 593 tentatives d’AMP ont été recensées (inséminations intra-utérines, fécondations in vitro avec ou sans ICSI, décongélations d’embryons congelés avec gamètes et embryons issus ou non d’un don), écrit l'Agence de la biomédecine. Parmi elles, les enfants nés vivants issus d’une AMP étaient au nombre de 27 063.
Selon une étude publiée sur le site The Conversation, lors de l’année 2019, 3,7% des enfants nés en France ont été conçus par PMA. Ce chiffre se partage entre 2,9% d'enfants nés par FIV et 0,8% par insémination artificielle.
Fin 2019, près de 400 000 enfants étaient nés à l’aide de cette technique de PMA (procréation médicalement assistée), dont 100 000 sur la seule période 2014-2019. Cette augmentation devrait se poursuivre dans les années à venir, notamment grâce à la nouvelle loi de bioéthique promulguée le 3 août 2021, laquelle autorise désormais l’accès à la PMA (et donc à la FIV) aux couples de femmes ainsi qu’aux femmes seules.
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