La chasse au gibier d'eau est une tradition ancrée dans les zones humides de France, entre marais, étangs et littoral. Elle fascine par son ambiance particulière, ses rituels et la connexion profonde qu'elle instaure avec la nature. Cette pratique, soumise à une réglementation stricte, se déroule dans un cadre précis visant à assurer la pérennité des espèces et des écosystèmes.

Qu'est-ce que la Chasse au Gibier d'Eau ?

La chasse au gibier d'eau englobe diverses techniques traditionnelles pratiquées dans les milieux humides tels que les marais, les étangs, les fleuves, les rivières, les canaux, les réservoirs, les lacs, les zones maritimes ou les zones littorales. Elle cible principalement :

  • Canards (colvert, sarcelle, souchet, milouin, pilet, siffleur, chipeau…)
  • Oies
  • Bécassines
  • Autres migrateurs (fuligules, vanneaux huppés, foulques macroules, garrot à œil d'or, etc.) selon les régions

Cependant, il est crucial de noter que certaines espèces, comme le courlis cendré et la barge à queue noire, peuvent être soumises à des moratoires temporaires.

Les Différents Modes de Chasse au Gibier d'Eau

Selon les régions et les traditions, différentes installations et techniques sont utilisées, chacune avec ses spécificités :

  • La chasse à la tonne : Très répandue dans le Sud-Ouest, la tonne est une installation enterrée ou semi-enterrée, souvent en béton ou en bois, installée près ou au centre d’un étang. On y chasse de nuit, avec des appelants vivants. Certaines tonnes offrent un confort surprenant : chauffage bois, couchages, fauteuils, voire télévision.
  • La chasse à la hutte : Plus courante dans le nord de la France et sur le littoral, la hutte fonctionne de manière similaire à la tonne, mais peut être flottante ou surélevée. Elle est parfois accessible uniquement en barque.
  • Le gabion : Une forme de hutte typique du littoral nord, souvent installée dans des zones côtières ou poldérisées comme la baie de Somme. Le chasseur y attend les migrateurs à marée basse, parfois en pleine nuit, souvent dans des conditions exigeantes.

L'ambiance de ces chasses est unique, caractérisée par le silence du marais au petit matin, le vol des premières sarcelles à l'aube, l'observation des oiseaux migrateurs et la complicité partagée entre les chasseurs.

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La Réglementation : Un Cadre Strict pour une Chasse Durable

La chasse au gibier d'eau est strictement encadrée par la réglementation au niveau national, avec des dates fixes et des horaires précis (2h avant le lever, 2h après le coucher du soleil). Maîtriser ces règles garantit des sorties légales tout en préservant l’écosystème. Cette réglementation repose sur le Code de l’environnement et des arrêtés ministériels. La chasse du gibier d’eau, tradition encadrée, exige de connaître les règles : horaires, zones autorisées, espèces. En respectant le carnet de prélèvements et les mesures sanitaires, chaque chasseur contribue à la préservation.

Dates et Horaires de Chasse

Les dates d’ouverture et de fermeture sont fixées par arrêté ministériel, national pour le gibier d’eau migrateur. Rien de définitif avant la publication de l’arrêté annuel. En général, les décrets s’alignent sur les éditions précédentes : ouverture souvent programmée autour du 21 août pour les marais, avec des variantes selon les espèces. La fin de saison a tendance à se caler autour de fin janvier/début février, avec des ajustements selon les espèces et les régions. La passée se pratique 2h avant l’aube et 2h après le coucher. La chasse de nuit, réservée aux huttes, tonnes ou gabions créés avant 2000, implique une déclaration préfectorale et un carnet de prélèvements.

Zones Autorisées

Le gibier d’eau se chasse dans des lieux bien précis : zones maritimes, marais non asséchés, fleuves, rivières, canaux, réservoirs, lacs, étangs et nappes d’eau. Mais attention, le tir est limité à 30 mètres de la nappe d’eau, et encore faut-il posséder le droit de chasse sur ces territoires. Même en cas de gel prolongé, ces règles tiennent. Un rayon de 30 mètres autour de l’eau, et la possession du droit de chasse sur le plan d’eau concerné sont les limites strictes.

Espèces Chassables et Méthodes

Un tableau récapitule les principales espèces de gibier d’eau autorisées en France, avec leurs statuts réglementaires et périodes d’ouverture. Cette liste évolue chaque année selon les arrêtés préfectoraux et les mesures de conservation. Les appelants sont des oiseaux captifs utilisés pour attirer le gibier. Leur usage est encadré par la réglementation. Il ne faut pas dépasser 100 oiseaux par installation, toutes espèces confondues. Un registre des appelants est obligatoire, avec un suivi annuel renforcé depuis l’émergence de la grippe aviaire. En bateau, le moteur doit être éteint et l’embarcation immobile pendant la chasse.

Prélèvement Maximal Autorisé (PMA)

Le chasseur doit rester sous le radar du PMA (Prélèvement Maximal Autorisé) pour certaines espèces comme le canard colvert (3 par jour en Loire-Atlantique). Un prélèvement maximal autorisé (PMA) à 25 oiseaux par nuit de hutte et à 15 oiseaux par chasseur et par jour est instauré pour l’ensemble des espèces de sauvagines (sans colverts et oies).

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Interdiction du Plomb

L’interdiction du plomb reste un point critique : son usage est interdit sur les zones humides pour protéger les écosystèmes. Les alternatives sont performantes : l’acier reste économique, le bismuth offre des balistiques proches du plomb, et le tungstène combine densité et précision.

Obligations du Chasseur

Le carnet de prélèvements, la biosécurité et l’entretien des zones humides représentent 78% des responsabilités méconnues des pratiquants. Les propriétaires de postes fixes doivent tenir à jour le carnet de prélèvements sous peine de sanctions administratives. L’entretien des plans d’eau et zones humides attenantes est une obligation légale. La déclaration de vos appelants suit une procédure strictement encadrée. Une déclaration annuelle est obligatoire auprès de votre FDC, accompagnée du baguage de chaque oiseau avec une bague fermée homologuée. Vous devez aussi tenir un registre détaillé (entrées, sorties, naissances) à présenter en cas de contrôle.

ChassAdapt : L'Outil Moderne au Service de la Chasse Durable

La déclaration via ChassAdapt est l'outil pour défendre la chasse durable. Enregistrer ses prélèvements (oies cendrées, fuligules milouins) préserve nos traditions face aux attaques. La déclaration en ligne des prélèvements de gibier est obligatoire. Fournir des données scientifiques via ChassAdapt, c’est prouver que notre pratique est durable et participative. Ces déclarations forment un bouclier face aux attaques. Développée par la FNC, cette appli gratuite enregistre les prélèvements en temps réel, même hors ligne. Le QR code généré remplace le carnet papier pour la bécasse lors des contrôles. Au-delà des déclarations, elle permet de suivre son quota (PMA), d’accéder à l’historique des prises et de recevoir un bilan annuel personnalisé. Avec 140 000 utilisateurs, c’est un outil collectif pour maîtriser la gestion des espèces. Des carnets papier édités par les fédérations restent accessibles pour les réfractaires au numérique. L’essentiel est de participer à cette collecte de données, clé pour défendre notre passion. Chaque prise doit être enregistrée immédiatement après l’acte de chasse, et avant de quitter le lieu de chasse.

Sanctions en Cas de Non-Respect de la Réglementation

Chasser sans validation de son permis de chasser est une infraction grave qui peut entraîner une amende forfaitaire de 450 à 1 500 euros, voire davantage en cas de récidive ou de circonstances aggravantes. Ce manquement est considéré comme un délit de chasse sans titre légitime, puni par l’article L427-5 du Code de l’environnement. Chasser en dehors des périodes légalement définies expose à des sanctions dissuasives : jusqu’à 6 mois d’emprisonnement et 7 500 euros d’amende pour les infractions simples, avec des majorations possibles jusqu’à 15 000 euros en cas de prélèvements massifs ou d’espèces protégées. Hors cas exceptionnels (tirs de défense autorisés), chasser sur un terrain privé sans accord du propriétaire est illégal. Même si vous êtes locataire ou voisin, l’accès nécessite une autorisation écrite du titulaire du droit de chasse. En cas de conflit, la jurisprudence favorise systématiquement le propriétaire.

Dialogue et Gestion Adaptative : Vers une Chasse Durable

Après plusieurs jours de très fortes tensions entre le ministère de la transition écologique et la Fédération nationale des chasseurs, au sujet de la gestion des oiseaux migrateurs, un dialogue franc et constructif a été rétabli. C’est aussi la relance de la gestion adaptative, au point mort depuis 4 ans, au travers du milouin qui va servir de test pour la nouvelle organisation. La chasse de la tourterelle des bois sera également rétablie le 30 août avec un quota à 10560. Le courlis cendré et la barge à queue noire restent en moratoire pour une année mais les données montrent une amélioration de leur état de conservation et nous allons y travailler.

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