L’endométriose, une maladie gynécologique chronique touchant des millions de femmes dans le monde, est de plus en plus étudiée sous l'angle du microbiote intestinal. Longtemps sous-diagnostiquée, cette pathologie complexe implique des mécanismes hormonaux, immunitaires et inflammatoires. Le microbiote intestinal, écosystème microbien essentiel à l’équilibre de l’organisme, pourrait jouer un rôle clé dans le développement et l’évolution de cette maladie.
Qu'est-ce que l'Endométriose ?
L’endométriose se caractérise par la présence de tissu semblable à celui de l’endomètre (la muqueuse qui tapisse l’utérus) en dehors de la cavité utérine. Ces tissus, souvent appelés « lésions », peuvent se développer sur les ovaires, dans le péritoine, les ligaments utérins, l’intestin, les trompes de Fallope ou la vessie. On estime que l’endométriose touche environ 10 % des femmes en âge de procréer, soit près de 190 millions de personnes dans le monde. Les causes exactes de l’endométriose ne sont pas totalement élucidées, et les symptômes varient fortement d’une femme à l’autre, et même au cours de la vie d’une femme atteinte de la maladie. La douleur liée à l’endométriose peut être cyclique (pendant l’ovulation ou les règles, et rythmée par les cycles menstruels) ou continue (tout au long du cycle menstruel).
Le Microbiote Intestinal : Un Écosystème Clé
Le microbiote intestinal (souvent appelé « flore » intestinale) désigne l’ensemble des micro-organismes (bactéries, virus, champignons) vivant dans le tube digestif. Il joue un rôle essentiel dans la digestion, la régulation du système immunitaire, et le métabolisme énergétique et hormonal. Un microbiote dit « équilibré » ou « en bonne santé » se caractérise par une grande diversité bactérienne.
Le Lien Entre Endométriose et Inflammation
De nombreuses études montrent que l’endométriose est associée à un état inflammatoire chronique de faible intensité appelé « inflammation de bas-grade ». Or, le microbiote intestinal est l’un des principaux régulateurs de l’inflammation systémique. Un microbiote intestinal altéré peut donc contribuer à l'inflammation associée à l'endométriose.
Impact sur le Métabolisme des Œstrogènes
Un aspect clé du lien entre microbiote et endométriose concerne le métabolisme des œstrogènes. En effet, certaines bactéries intestinales possèdent des enzymes (notamment les β-glucuronidases) capables de réactiver des œstrogènes initialement destinés à être éliminés par l’organisme. Cette réactivation peut entraîner une augmentation des taux d'œstrogènes, favorisant potentiellement le développement et la progression de l'endométriose.
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L'Axe Intestin-Cerveau
Le microbiote interagit également avec le système nerveux via l’axe intestin-cerveau. Cette communication bidirectionnelle peut influencer la perception de la douleur, un symptôme majeur de l'endométriose.
Stratégies pour Améliorer le Microbiote Intestinal
Les probiotiques sont des micro-organismes vivants qui, lorsqu’ils sont consommés en quantité adéquate, exercent un effet bénéfique sur la santé. Les prébiotiques, quant à eux, sont des fibres spécifiques servant de « nourriture » aux bonnes bactéries intestinales, essentielles à leur croissance. Une alimentation riche en fibres, en fruits et légumes, et pauvre en aliments transformés peut favoriser un microbiote intestinal sain. Le stress chronique, le manque de sommeil, la sédentarité influencent négativement le microbiote intestinal et exacerbent l’inflammation.
Recherche Translationnelle et Endométriose
La recherche translationnelle désigne une forme d’organisation de la recherche qui prétend constituer un paradigme concurrent de la recherche « classique ». Elle formule deux types de prétentions : l’amélioration du soin et le progrès de la connaissance, aux différents moments du processus. Les plaquettes et articles de revues médicales s’appuient d’abord sur un ensemble de pseudo-arguments, qu’on pourrait qualifier de publicitaires, tendant à suggérer de fausses images de la continuité du processus. Un ensemble de justifications plus sérieuses tend à montrer l’existence d’un paradigme sous-jacent au processus translationnel, fondant sa continuité épistémologique. Elles consistent en une description des phases du processus translationnel, et en une explication de la circulation des données d’une phase à l’autre, via le schéma fondamental/ appliqué. Cette explication est censée, premièrement, justifier la description, donc prouver l’unité du processus ; deuxièmement, établir l’existence et la consistance du paradigme.
Notre travail s’est attaché à l’examen de ces prétentions de la recherche translationnelle. Il s’est appuyé sur l’analyse d’un ensemble d’arguments que présentent les très nombreuses brochures, plaquettes, etc., ainsi que les articles de revues médicales défendant la recherche translationnelle. Nulle part n’est définie ce que recouvre l’expression de recherche « classique ». Une brève analyse nous permet de proposer le schéma global suivant des stratégies de défense de la recherche translationnelle.
On pourrait nous reprocher de nous être appuyé sur des plaquettes et articles de revues médicales pour critiquer l’épistémologie de la recherche translationnelle. En réalité, la vocation des plaquettes ne serait en rien épistémologique. On pourrait même dire de la recherche translationnelle en général qu’elle ne constituerait pas un véritable modèle, ni ne prétendrait le faire. Elle ne serait qu’un terme commode désignant un mode d’organisation économique de la recherche. Et la vocation des plaquettes et articles de défense ne serait que publicitaire. À cela, nous répondons premièrement qu’il n’existe à notre connaissance aucune autre justification que celles des plaquettes et des articles de revues médicales. Sauf omission de notre part, l’épistémologie de la recherche translationnelle n’a pas encore fait l’objet d’études précises. Deuxièmement, l’absence d’un réel paradigme justifiant la recherche translationnelle montre l’urgence d’en produire un. En effet les enjeux juridiques et financiers sont tels qu’un examen de la validité des prétentions de cette forme de recherche est nécessaire. Troisièmement, s’il est vrai que les plaquettes ne prétendent pas valoir comme justifications épistémologiques, alors pourquoi se présentent-elles sous cette forme ? Pourquoi invoquer le vocabulaire de l’épistémologie, et parler de « paradigmes », de « recherche fondamentale », etc. ? Il nous semble qu’il faut ici être soupçonneux, et nous demander pourquoi, si une authentique justification de la recherche translationnelle existe par ailleurs, n’apparaît-elle pas alors dans les plaquettes. Sans préjuger de l’intention de ces plaquettes, remarquons simplement que leur effet est de ménager au sein de ce qui se fait passer pour une justification épistémologique de la recherche, une place pour l’industrie, à travers l’idée d’application des connaissances fondamentales à la clinique et la thérapeutique. Quatrièmement, l’analyse philosophique consiste précisément à débusquer l’origine, le type ou le site des concepts mis en œuvre à travers des stratégies argumentatives, sans préjuger de l’intention de leur auteur, qui de toute manière n’est pas accessible.
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On pourrait encore nous reprocher de ne pas nous être intéressé à la recherche translationnelle telle qu’elle se pratique dans les faits. En effet, on pourrait avancer que la critique des défenses écrites de cette recherche est inutile, puisque les médecins et chercheurs ne travaillent pas du tout de la manière décrite par les plaquettes. Il est indiscutable qu’une étude sur le terrain est nécessaire, mais cela dépasse de très loin les ambitions du présent travail. Par ailleurs, nous ignorons si une étude approfondie permettrait ou non de dégager une épistémologie consistante de la recherche translationnelle ; mais ce n’est pas rien faire que de montrer ce qu’une telle épistémologie ne peut pas être.
Ce qu’on appelle recherche « translationnelle » correspond bien à un ensemble de pratiques existantes. Il n’est donc pas question de mettre en cause la réalité de ce qu’elle entend désigner. Cependant, qu’un ensemble de pratiques concrètes soient regroupées en un même lieu, ou sous la désignation d’une seule expression, n’implique pas qu’un unique concept suffise à penser ce que cette expression signifie. Précisément, la recherche translationnelle désigne une forme de recherche qui prétend constituer un processus continu, de la recherche fondamentale au soin, et inversement.
Dans leur dimension strictement publicitaire, les plaquettes et articles auxquels nous nous sommes intéressés s’appuient sur une expression : « la recherche translationnelle », et des descriptions du processus dans son ensemble, qui véhiculent un ensemble d’images suggérant l’unité et la continuité de ce mode de recherche, nous invitant donc à croire qu’il existe bien un concept de recherche translationnelle. Est-ce le cas ?
D’un côté des images qu’on pourrait qualifier de statiques ou synchroniques : il s’agit d’organigrammes, de schémas, etc., représentant la recherche translationnelle comme une organisation en pôles, parmi lesquels : le patient, le médecin, les chercheurs en sciences fondamentales, les chercheurs en clinique, les thérapeutes. « De la paillasse au lit au patient ». De l’autre un ensemble d’images dynamiques ou diachroniques, qui représentent la recherche translationnelle comme une succession de phases, en particulier : l’observation du patient, les découvertes fondamentales, l’application, etc. Statiques ou dynamiques, ces représentations demeurent des images, et n’ont donc, d’un point de vue épistémique, pas plus de valeur que celle de métaphores, soit de l’organisation, soit du processus translationnel.
Toutefois, qu’il y ait organisation ne suffit pas à garantir la continuité épistémologique : une organisation est au contraire requise lorsqu’il s’agit d’accorder des fonctions relativement indépendantes les unes des autres, et qui donc divergent originellement entre elles. De la même manière, que la succession des phases du processus translationnel se présente de fait comme un circuit, n’implique pas que les actes qui le constituent soient homogènes les uns aux autres, et donc pensables sous un même concept. Toute succession d’actes peut constituer un circuit qui produira une impression d’unité, pourvu que cette succession soit réglée selon un ordre (ici circulaire). Mais il n’y a authentiquement circuit que si cet ordre n’est pas imposé extérieurement : il doit régler de l’intérieur la succession, chaque acte appelant le suivant. Si donc, par exemple, des impératifs économiques, extérieurs aux questions scientifiques et techniques de la recherche, imposaient un ordre à la succession des étapes de cette recherche, on n’aurait pas pour autant affaire à un circuit de recherche.
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En somme il n’est pas évident que la recherche translationnelle soit plus qu’un ensemble de pratiques désignées par une seule expression. La nouveauté que ce mode de recherche revendique n’est peut-être que celle de son nom.
Un second ensemble d’arguments, plus sérieux que les pseudo-arguments précédemment évoqués, tend à montrer que l’on pourrait produire un concept épistémologiquement consistant de recherche translationnelle, en ce que ce processus constitue un véritable paradigme de recherche, au sens d’un modèle rendant compte de la fertilité et de la nouveauté de ce mode d’organisation. Pour cela, se trouve convoqué le schéma fondamental/ appliqué, de deux manières : il articule d’un côté la recherche fondamentale à la recherche appliquée, de l’autre la connaissance fondamentale à la connaissance appliquée.
La première, qui concerne l’organisation translationnelle de la recherche, semble s’appuyer sur le raisonnement implicite suivant : la recherche translationnelle parvient à établir un lien entre recherche fondamentale et recherche appliquée ; donc il existe derrière ce mode d’organisation un paradigme de recherche, et ce paradigme est consistant. La seconde ligne de défense concerne, non plus le processus de recherche lui-même, mais l’articulation des phases qui le constituent. L’enjeu n’est plus le principe général d’organisation, mais la définition détaillée du paradigme : il s’agit, à l’aide du couple fondamental/ appliqué, de décrire et d’expliquer comment, au sein du processus translationnel, chaque phase ultérieure bénéficie des connaissances plus fondamentales, et comment, réciproquement, chaque phase antérieure profite de la mise à l’épreuve de ces connaissances sur des cas plus appliqués. Pour soutenir qu’il y a apport réciproque, on explique le passage à une phase ultérieure comme une application de connaissance ; et le retour à une phase antérieure comme mise à disposition de nouvelles données. Ce en quoi il se rend coupable de ce qu’on peut appeler un physicalisme.
Dans un premier temps, nous tenterons de montrer que le couple recherche fondamentale/ recherche appliquée n’a pas de sens épistémologique évident. Il est selon nous la projection d’un rapport économique et académique existant entre la recherche en laboratoire d’un côté, l’ingénierie de l’autre. Invoquer ce couple de concepts ne confère aucune consistance épistémologique au concept de recherche translationnelle, et échoue à justifier l’existence d’un paradigme de recherche : il reflète seulement une organisation socio-économique du travail qui, projetée sur le monde de la recherche, véhicule une épistémologie naïve, selon laquelle la recherche en général partirait de considérations théoriques, en passerait par l’épreuve de l’expérience, puis se prolongerait selon un unique processus jusqu’en ses applications, c’est-à-dire des produits qui ne seraient que les versions commerciales de prototypes expérimentaux. Par ailleurs, décrire un paradigme de recherche de la sorte a pour conséquence de suggérer que l’industrie aurait sa place dans le circuit de recherche. Dans un second temps nous tenterons de montrer que l’usage que la recherche translationnelle fait du couple connaissance fondamentale/ connaissance appliquée, s’il a bien cette fois un sens épistémologique, ne convient pourtant pas à la description et l’explication des rapports entre les différentes phases de la recherche médicale. L’usage qui en est fait est selon nous impropre, au sens où il tente d’expliquer la production de connaissances dans le domaine du vivant et de la santé à l’aide d’un modèle qui convient aux sciences physiques.
Le paradigme dont la recherche translationnelle se prévaut se conçoit à partir de l’articulation entre recherche fondamentale et recherche appliquée. La recherche translationnelle parviendrait ainsi à constituer une norme pour la conduite conjointe de ces deux formes de recherche. Son unité suppose qu’elle soit en mesure d’accorder entre eux les objectifs de la recherche fondamentale et de la recherche appliquée, de sorte que leur mise bout à bout pourrait se voir assigner une fin déterminée.
Nous allons montrer, non qu’il est impossible de penser une telle continuité, mais que les arguments avancés pour la défense de la consistance du concept de recherche translationnelle s’appuient sur une confusion épistémologique.
Les objectifs de la recherche fondamentale sont irréductibles à ceux de la recherche appliquée, et réciproquement. La recherche fondamentale a pour vocation de connaître, expliquer, comprendre (bien que pour cela, elle doive en passer par des expérimentations). La recherche appliquée cherche à produire. Dès lors, si les objectifs de ces deux formes de recherches sont indépendants, alors les difficultés que chacune rencontre, ainsi que la valeur des moyens mis en œuvre pour les résoudre, sont d’ordres différents. Ainsi les expériences auxquelles se livre la recherche fondamentale afin de mettre à l’épreuve la vérité des hypothèses théoriques qu’elle formule pour rendre compte des phénomènes qu’elle étudie, consistent certes en des dispositifs concrets ; mais ceux-ci ne sont qu’en apparence semblables à des applications. Si ces dernières sont aussi des dispositifs concrets, elles sont cependant destinées, non à mettre au jour un phénomène, ou à faire émerger pour l’observateur une propriété, mais à stabiliser une propriété dont la réalité a déjà été attestée. En somme l’application vise la maîtrise des phénomènes que l’expérimentation doit avoir préalablement dégagé.
Certes, la réalisation d’une application peut entraîner la mise au jour de nouveaux faits. Mais le protocole par lequel on réalise une application, d’une part n’est pas destiné à de telles découvertes, d’autre part - et surtout - ne suffit pas à prouver la réalité des phénomènes qu’elle semble mettre au jour. On voudrait encore objecter que les applications, dans la mesure où elles peuvent suggérer de nouvelles directions de recherches, certes ne se substituent pas aux expérimentations, mais constituent néanmoins des sources légitimes pour la recherche fondamentale, et son épreuve ultime. En réalité, qu’une application puisse suggérer l’existence de phénomènes que la recherche n’avait pas soupçonné ne fait pas de celle-là une source légitime.
L’expérimentation en sciences fondamentales ne consiste pas à se livrer au hasard de l’expérience, laissant la nature suggérer les directions de recherche. C’est dans une large mesure l’hypothèse théorique qui préside à la conception des expériences. Au contraire, considérer l’application comme une source légitime - au lieu d’une simple indication - tendrait à occulter l’authentique source qu’est la théorie. Supposons en effet que l’application assigne à la recherche une nouvelle direction chaque fois qu’elle semble présenter un phénomène inconnu. Une application étant un dispositif concret, sa réalisation effective - visant à stabiliser une propriété - rencontre nécessairement des difficultés techniques, dont la résolution conduit à la complexification du dispositif, faisant ainsi émerger des …
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