L'Assistance Médicale à la Procréation (AMP), ou PMA, a permis à de nombreuses familles de réaliser leur rêve d'avoir un enfant. Aujourd'hui, la PMA permet à de nombreuses familles d’avoir un enfant. Pour les parents concernés, une question importante se pose : faut-il parler de la PMA à son enfant ? Pourtant, certains parents hésitent à partager cette information, craignant de perturber leur enfant en abordant ce sujet. Les mentalités évoluent et les parcours d’AMP se normalisent, mais la décision de révéler ou non les détails de la conception reste un dilemme complexe.

L'Importance de Connaître Ses Origines

Connaître les circonstances de sa naissance, son origine, est fondamental pour un enfant. Comprendre son identité, c’est mieux se connaître soi-même, se rattacher à tout un tas d’antécédents, quels qu’ils soient, et en jouer pour avancer dans sa vie. Plus sûr de lui-même, l’enfant est alors plus autonome. Outre ces aspects psychologiques cruciaux, dire la vérité à l’enfant est également bénéfique sur le plan médical. En cas de graves problèmes de santé ou d’accident, connaître son héritage génétique peut s’avérer déterminant. En Suisse, connaître son héritage génétique est même un droit inscrit dans la Constitution, et de nombreux pays suivent le mouvement malgré les oppositions qui règnent encore à propos de l’infertilité et de la PMA sur la scène internationale.

Les Avantages et les Inconvénients de la Révélation

Si la vérité peut renforcer le lien de confiance qui unit parents et enfant, elle peut aussi se révéler un facteur de fragilité psychologique qui pourrait gêner le développement des aptitudes sociales de l’enfant. La situation devient encore plus complexe si l’enfant vit dans un pays qui ne donne pas accès aux informations sur la donneuse et l’empêche à jamais de connaître l’identité de sa mère biologique. Le risque majeur est que l’enfant se retourne contre ses parents, qu’il ne considère plus comme authentiques, voire développe un trouble réactionnel de l’attachement (DRA). Souvent, la véritable crainte des parents est de révéler à tous leur infertilité, un sujet encore tabou dans de nombreuses sociétés.

Le Dilemme de l'Âge Idéal

Il n’est pas possible de donner un âge, même approximatif, où il serait le plus avantageux de tout révéler à l’enfant. Il n’existe pas d’âge parfait pour aborder ce sujet. Cependant, plus il est introduit tôt, plus l’enfant l’intègre naturellement. Annoncée tôt, les conditions singulières de sa conception sont mieux assimilées par l’enfant, qui apprend à les digérer avec le temps.

Avant 3 ans

L’enfant ne comprend pas encore la conception biologique. Sans en parler ouvertement, on peut ne pas s’en cacher. On peut dire dès la naissance à un enfant grâce à des mots simples qu’il a été très désiré et que grâce aux médecins (ou à une femme ou un homme très gentil), il a pu venir au monde. Même si l’enfant n’est pas en âge de la comprendre, l’information est passée. Ainsi, le secret n’existe pas, et il ne crée de poids ni pour le parent ni pour l’enfant.

Lire aussi: Baccalauréat : focus sur les trimestres

Entre 3 et 6 ans

Son questionnement grandit. Selon les experts, il y a deux moments clés où l’enfant est plus réceptif lorsqu’il s’agit de comprendre ses origines. Le premier se situe entre 3 et 5 ans, quand il commence à se demander comment il est venu au monde. Certains parents considèrent que c’est le moment le plus adéquat car l’enfant peut assimiler son histoire d’une manière plus simple. Dès la petite enfance, quelques phrases simples suffisent, comme : “Maman et papa t’ont attendu longtemps.

À partir de 7 ans

L’enfant commence à comprendre des notions plus précises. Les experts suggèrent généralement d’aborder le sujet autour de l’âge de 7 à 10 ans, lorsque l’enfant peut mieux comprendre les concepts complexes liés à la reproduction. En grandissant, il posera davantage de questions sur la PMA. L’important est de répondre avec honnêteté, en adaptant les explications à son âge.

L'Adolescence : Une Période Délicate

Les études soulignent l’importance de ne pas attendre qu’il ait atteint l’adolescence, à partir de 13 ans, début du processus de formation de la personnalité et pendant laquelle l’apport de cette information pourrait avoir un effet négatif. Quant à l’âge, mieux vaut éviter l’adolescence, qui est une période où les enfants sont fragiles.

Comment Aborder le Sujet

Lorsque le moment propice se présente, il est crucial d’aborder le sujet avec sensibilité. Il n’y a pas de recette miracle. Rester humble, expliquer pourquoi on a fait appel à un don de gamètes. Les enfants sont naturellement curieux. Éviter les non-dits : Les secrets de famille génèrent parfois du stress et de l’anxiété.

Utiliser des Supports Adaptés

Des livres spécialement conçus peuvent être d’excellents outils pour introduire la PMA aux enfants. Des titres tels que « Arthur et Teddy, une histoire de FIV » ou « Juliette et Filou, une historie d’insémination » présentent ces concepts de manière accessible et positive. Pour les petits, les fables ou les contes sont le meilleur moyen de leur raconter l’histoire complexe de leurs origines. Selon Tisseron, «plus un sujet est difficile à aborder, plus il est important de l’aborder de biais. Les fables et les contes introduisent le sujet au rythme de l’enfant et les parents peuvent alors lui expliquer sans avoir à raconter leur histoire personnelle». 💡 Astuce : Des livres pour enfants sur la PMA existent.

Lire aussi: Guide complet sur l'Éconazole Ovule

Adapter le Discours

Lorsqu’ils ont décidé d’en parler avec leur enfant, les parents qui ont eu recours à un don peuvent choisir d’entrer plus ou moins dans les détails. Bien sûr, il existe de nombreuses façons de le dire et il s’agit de trouver celle qui conviendra le mieux selon la manière d’être de l’enfant, son caractère et ses besoins. «Certaines de nos patientes utilisent leur passe-temps pour le raconter à leurs enfants», affirme Laura Venereo, psychologue d’Eugin. «Celles qui aiment la photographie utilisent ce moyen pour l’expliquer.

PMA avec Don de Gamètes : Une Question d'Origines

Si la conception a impliqué un don de gamètes, il est essentiel d’en parler sans tabou. Les enfants nés grâce à un don ressentent souvent le besoin de comprendre leurs origines. En revanche, si la PMA a eu lieu grâce à un don de gamètes (spermatozoïdes, embryon, ovocyte), les enjeux sont différents car on va avoir recours à un savoir sur l’origine.

L'Anonymat des Donneurs en France

La procréation par don de sperme ou d’ovocytes s’est beaucoup développée ces dernières années. Dans tous les cas, le don est anonyme. La loi de Bioéthique de 1994, confirmée en 2011, assure en effet l'anonymat du don de gamètes. Le donneur ne peut-être informé de la destination de son don et, réciproquement : ni les parents, ni l’enfant ne pourront jamais connaître l’identité du donneur. En France, en Espagne, à Chypre, en Grèce, au Portugal et en République tchèque, les donneurs et donneuses sont anonymes, aux yeux des enfants comme des parents.

Pour Genevieve Delaisi, ce système crée une frustration chez l’enfant. « C’est important de lui dire la vérité, mais fondamentalement, cela ne change rien au problème, car sa question suivante sera : “Mais alors qui est-ce ?” Et les parents ne pourront alors que répondre qu’ils ne savent pas.

L'Accès aux Informations dans d'Autres Pays

Au Royaume-Uni, en Autriche, en Suède, en Australie (Etat de Victoria), aux Pays-Bas et en Nouvelle-Zélande, les enfants issus d’un don d’ovules ont librement accès à l’identité du donneur s’ils la demandent. Aux Etats-Unis : toutes les caractéristiques et l’identité de la donneuse ou du donneur sont disponibles sur Internet.

Lire aussi: Découvrez les tétines Philips Avent

Les Différents Types de PMA et Leur Impact

Toutes les PMA ne sont pas équivalentes. Quand on fait une PMA sans apport génétique extérieur, cela ne change pas grand-chose du côté de l’enfant. S’il est né grâce à une insémination artificielle ou une FIV classique, les parents pourront choisir de le dire ou pas, en fonction de la manière dont eux l’ont vécu.

Insémination Artificielle

Avec l'insémination artificielle, la fécondation a lieu naturellement, à l'intérieur du corps de la femme. L'acte médical consiste à déposer les spermatozoïdes dans l'utérus pour faciliter la rencontre entre le spermatozoïde et l'ovule (également appelé ovocyte). L'insémination artificielle peut se faire avec l'une des techniques suivantes : Sperme du conjoint (époux, pacsé ou concubin), Sperme congelé d'un donneur. Cette insémination artificielle est réalisée par un médecin spécialisé en fertilité, dans la plupart des cas sans hospitalisation. Le plus souvent, la femme suit préalablement un traitement hormonal (stimulation ovarienne).

Fécondation In Vitro (FIV)

Avec une Fiv, la fécondation a lieu en laboratoire, et non dans l'utérus de la femme. Un spermatozoïde est alors directement injecté dans l'ovule pour former un embryon. L'embryon ainsi conçu est ensuite transféré dans l'utérus de la future mère. Cet acte est réalisé sous analgésie ou anesthésie générale ou locale. La FIV peut être réalisée : Avec l'ovule de la femme et le sperme d'un donneur, Ou avec le sperme du conjoint et l'ovule congelé d'une donneuse, Ou, dans certains cas, avec le sperme d'un donneur et l'ovule d'une donneuse.

Soutien et Accompagnement

Chaque parent fait selon ses convictions. Si vous ressentez des doutes, sachez que vous n’êtes pas seuls. Il est aussi possible de consulter un professionnel spécialisé en soutien psychologique pour la PMA. Pour ceux qui cherchent des conseils supplémentaires et du soutien, des groupes de soutien en ligne et des professionnels de la santé mentale spécialisés dans la famille peuvent être des ressources précieuses.

La PMA en France : Aspects Légaux et Pratiques

Vous vous interrogez sur ce qu'est l'assistance médicale à la procréation (AMP) ? Elle peut permettre à un couple hétérosexuel ou à un couple formé de 2 femmes ou à une femme non mariée d'avoir un enfant. Elle vise à répondre à un projet parental. Aucune discrimination d'accès à l'AMP n'est possible, notamment sur l'orientation sexuelle ou le statut matrimonial. Il existe différentes techniques. Elles sont prises en charge de la même façon pour tous. À savoir La gestation pour autrui (GPA) est interdite.

Conditions d'Âge

Ces conditions d'âge ne sont pas les mêmes pour le bénéfice d'un prélèvement ou du recueil de ses gamètes et pour la réalisation d'une AMP. Le prélèvement d'ovocytes peut être réalisé chez une personne jusqu'à son 43e anniversaire. Le recueil de spermatozoïdes peut être réalisé chez une personne jusqu'à son 60e anniversaire. L'AMP peut être réalisée : Jusqu'à son 45e anniversaire chez la femme, non mariée ou au sein du couple, qui a vocation à porter l'enfant, Jusqu'à son 60e anniversaire chez le membre du couple qui ne portera pas l'enfant.

Le Parcours de l'AMP

Pour bénéficier d'une AMP, la demande du couple est évaluée par l'équipe médicale clinicobiologique du centre d'AMP et accompagnée de plusieurs entretiens avec les professionnels de cette équipe. Les entretiens portent notamment sur les motivations du ou des demandeurs et visent à les informer sur les techniques d'AMP et leurs conséquences. Après le dernier entretien d'information, le couple bénéficie d'un délai de réflexion d'un mois. Un délai de réflexion supplémentaire peut être jugé nécessaire dans l'intérêt de l’enfant à naître. Passé ce délai, le couple doit confirmer sa demande d'AMP par écrit auprès du médecin.

Accès aux Origines : La Loi Évolue

Tout dépend de la date de naissance de la personne demandant l'accès aux origines. La demande est effectuée par la personne une fois majeure. Personne née de dons effectués et utilisés avant le 1er septembre 2022 : Cette demande d'accès aux origines émane de la personne née du don, une fois devenue majeure. Cet accès aux origines dépend du consentement du donneur à la communication de son identité et de ses données non-identifiantes (exemples : âge, situation familiale, pays de naissance). Avant le 1er septembre 2022, cette communication n'était pas une obligation pour le donneur.

Personne née de dons effectués et utilisés à compter du 1er septembre 2022 : Cette demande d'accès aux origines émane de la personne née du don une fois devenue majeure. Cette personne peut saisir la CAPADD pour formuler une demande d'accès aux origines. Depuis le 1er septembre 2022, les donneurs de gamètes ou ceux qui proposent leurs embryons doivent obligatoirement donner leur accord à la communication de leur identité et de leurs données non-identifiantes avant de procéder au don.

tags: #PMA #à #quel #âge #informer #les

Articles populaires: