La question de l'accès à la Procréation Médicalement Assistée (PMA) pour toutes les femmes, y compris les couples de femmes et les femmes célibataires, suscite un débat passionné en France. Au cœur de cette discussion se trouvent des enjeux éthiques, sociétaux et juridiques majeurs. Cet article explore les arguments en faveur de l'élargissement de l'accès à la PMA, tout en tenant compte des préoccupations soulevées par les opposants.
PMA pour toutes : Un impératif d'égalité et de non-discrimination
Un argument central en faveur de la PMA pour toutes est le principe d'égalité et de non-discrimination. Philosophe Soulevant des enjeux majeurs et vertigineux, la PMA et la GPA ne cherchent pas à établir un « droit à l’enfant », mais à ne plus discriminer entre les individus qui désirent être parents. Tout en légiférant pour éviter des pratiques intolérables de marchandisation des corps, il convient d’adapter le droit actuel aux évolutions et aux aspirations de la société. Actuellement, le recours à l’Assistance médicale à la procréation (AMP ou PMA) est réservé aux seuls couples hétérosexuels vivant ensemble depuis au moins deux ans, en cas d’infertilité ou lorsqu’il existe un risque de transmission d’une maladie grave. Cette restriction exclut de fait les couples de femmes et les femmes célibataires, créant ainsi une inégalité d'accès à la parentalité.
L'argument selon lequel l'hétérosexualité serait un gage d'équilibre pour les enfants est souvent avancé par les opposants à la PMA pour toutes. Cependant, il est essentiel de souligner qu'un enfant a avant tout besoin de parents bien dans leurs bottes, qui s’aiment, et qui le respectent. L’amour n’est pas une question de genre et homme ou femme, vous êtes en mesure de donner de l’amour tout court. Affirmer qu’un enfant a besoin de l’amour spécifique d’un papa et d’une maman, c’est un peu illogique non ?
L'homoparentalité : Un modèle familial comme les autres
L'homoparentalité est une réalité de plus en plus fréquente dans notre société. Être homosexuels et parents n’est plus si rare que cela. Mais même si de plus en plus de familles homoparentales se forment, cela n’empêche pas certaines personnes, de critiquer vivement. L'homoparentalité est un modèle familial de plus. Chaque famille ou presque a son modèle.
De nombreuses études ont démontré que l’homoparentalité n'a pas d'impact sur le comportement des enfants. L’éducation ne dépend pas de votre orientation sexuelle, mais de choix que vous faites en tant que parents. Et vos choix d'éducation n'ont rien à voir avec votre orientation sexuelle. Aucune étude n’a effectivement démontré qu’un enfant élevé par deux personnes du même sexe a plus de problèmes ou est plus perturbé qu’un enfant élevé par des hétérosexuels. Au contraire : pour le moment, les scientifiques ne montrent aucune différence avec d’autres enfants. La proportion de personnes homosexuelles est identique dans la population générale que chez les enfants issus de familles homoparentales.
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Les enfants s’adaptent à tout et comment un enfant pourrait-il souffrir de ne pas avoir une maman et un papa alors qu’il n’a jamais connu autre chose que deux parents du même sexe ? De plus, les parents ne sont pas les seuls modèles des enfants. Si deux hommes ou deux femmes élèvent un enfant, celui-ci pourra trouver d’autres figures masculines ou féminines dans son entourage. Ne dit-on pas qu’il faut tout un village pour élever un enfant ?
Être parents, c’est avant tout une histoire de rôle que de sexe. Le papa et la maman sont de plus en plus interchangeables aujourd’hui : la figure de père comme chef de famille a volé en éclat. Ce qui compte c’est que chacun ait son rôle, un point c’est tout.
Le désir d'enfant : Un projet mûrement réfléchi
Quand on est homosexuel, avoir un enfant est souvent plus difficile que lorsque l’on est hétérosexuel (si on ne souffre pas d'infertilité). Quel que soit le chemin entrepris pour avoir un enfant, que ce soit l’adoption ou autre, l’issue n’est jamais certaine. Et quand il aboutit à la réalisation de votre rêve, vous mesurez à quel point vous avez de la chance d’avoir un enfant et ça, ça pèse dans la balance de l’éducation. Cet enfant a vraiment été désiré.
De plus en plus de femmes seules ou en couple avec une autre femme souhaitent avoir des enfants sans être obligées d'avoir un rapport sexuel avec un homme qui n'est pas leur compagnon ou de pratiquer dans leur chambre une auto-insémination du sperme d'un ami. Ce désir doit-il être frappé d'illégitimité ou d'immoralité ? N'est-il pas plus périlleux encore, pour le bien-être des enfants et des mères, de refuser à ces femmes l'accès à des banques de sperme, qui leur permettrait au contraire de se prémunir contre des complications liées aux pratiques "sauvages" ?
L'autorisation de la prise en charge de ces femmes permettrait d'encadrer les pratiques aujourd'hui "sauvages". Le recours à un centre de procréation médicalement assistée permet également d'éviter des rapports sexuels à contrecœur et sans aucun sentiment où la femme recherche un étalon, ou le recours aux auto-inséminations à la maison qui font courir certains risques si elles ne sont pas faites dans les règles de sécurité sanitaire. En ce sens, autoriser la PMA pour toutes apparaît simplement comme une évolution nécessaire pour accompagner certains nouveaux modèles familiaux, qui de fait existent déjà.
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Les craintes et les arguments des opposants
Les opposants à la PMA pour toutes expriment des craintes quant à l'absence de figure paternelle, au risque de marchandisation du corps et à la possible dérive vers la GPA (Gestation Pour Autrui).
Dans certains quartiers chics de Paris, on marche parfois sur un slogan, bombé à la peinture blanche sur le trottoir, il proclame : « PMA sans papa, douleur sans fin ». L’équation laisse stupéfait. Les enfants élevés par leurs seules mères seraient condamnés à une souffrance éternelle ? Mais ils sont alors des centaines de milliers à se tordre et à gémir partout en France. Quant à savoir si la présence paternelle est automatiquement bénéfique, on ne s’étendra pas, contentons-nous d’interroger le rôle et la place des pères de l’ancien ordre patriarcal dans la vie de leurs enfants… Que pouvons-nous en regretter ? N’est-ce pas sous le signe de l’absence, ou à tout le moins de la distance, que la figure paternelle s’est dessinée dans l’histoire de la famille occidentale ?
Cependant, il est important de rappeler que l'absence de père n'est pas synonyme de malheur pour l'enfant. De nombreuses familles monoparentales élèvent des enfants épanouis et équilibrés. De plus, la PMA pour toutes ne signifie pas l'absence de père, mais plutôt l'absence de conjoint masculin. L'enfant peut très bien avoir une figure paternelle dans son entourage, comme un grand-père, un oncle ou un ami.
Concernant la GPA, la ministre de la Santé a beau insister : « La GPA est clairement contraire à nos principes éthiques. Il n'y a pas lieu d'en discuter », la présidente de la Manif pour tous n'y croit pas. Son argument ? « L'infertilité sociale » touchant aussi les couples d'hommes et les hommes seuls et qui, au nom de l'égalité, pourraient réclamer l'accès à cette technique de procréation, interdite en France.
L'avis du Comité consultatif national d’éthique (CCNE)
Le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) a déjà pris position en juin 2017 en faveur de l’ouverture de la PMA (procréation médicalement assistée) à toutes les femmes. La procréation médicalement assistée (PMA) doit être ouverte aux couples de femmes et aux femmes seules pour "pallier une souffrance" qui "doit être prise en compte", estime le Comité d’éthique. Le CCNE, qui s’était déjà prononcé pour l’extension de la PMA en 2017, réaffirme également son opposition à la GPA (gestation pour autrui, c’est-à-dire le recours à une mère porteuse).
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Vers un encadrement rigoureux
L'ouverture de la PMA à toutes les femmes nécessite un encadrement rigoureux pour garantir le bien-être de l'enfant et éviter les dérives. Il est essentiel de mettre en place des mesures d'accompagnement psychologique pour les futurs parents, ainsi que des dispositifs de suivi des enfants nés de PMA.
En somme, un juste compromis serait d'autoriser la PMA pour les femmes seules, tout en s'assurant que ces femmes soient en mesure d'élever un enfant dans des conditions acceptables. C'est la conclusion des équipes belges, qui ont une expérience profitable en la matière, fondée sur plusieurs décennies de prise en charge. Il s'agit de considérer chaque demande individuellement en l'évaluant à l'aune de différents critères : la santé générale de la future mère, tout d'abord ; son statut financier ensuite, pour s'assurer qu'elle pourra assumer la situation après la naissance de l'enfant. Mais aussi la prise de conscience par la mère de l'importance des interactions parents-enfants et de l'importance pour le développement de l'enfant des stimulations intellectuelles et sensorielles ; la situation de l'entourage socioaffectif de la femme (famille et amis) ; ou encore l'anticipation et la compréhension par la femme des problèmes potentiels qui pourraient voir le jour du fait de cette situation.
Ce que l'on peut conclure de ces éléments scientifiques concernant les enfants élevés dans des couples de femmes homosexuelles ou par des femmes seules, c'est que ce qui compte pour le développement harmonieux d'un enfant, c'est la santé psychologique de ses parents, la qualité de la parentalité et l'environnement social. L'enfant lui-même peut influencer le comportement de ses parents et de son entourage à son égard. C'est bien plus le fonctionnement familial que la structure familiale qui est en cause.
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