Au fil des années, l’homme a pris de plus en plus d’espace et façonné la nature à sa volonté. Une grande partie de la surface terrestre est désormais occupée par nous, forçant de nombreuses espèces animales à s’adapter à de nouvelles conditions de vie. Les oiseaux, par exemple, cherchent refuge dans nos maisons et nos jardins, à la recherche de nourriture, de sites de nidification ou d’un lieu d’hibernation. Il est agréable d’avoir des animaux dans notre environnement, mais nous aimons aussi avoir un certain contrôle sur ce qu’ils font. Pour vivre ensemble sans conflit, il est important de mieux connaître et comprendre le comportement des animaux autour de nous.
La Biodiversité Ordinaire en Milieu Urbain
Le milieu urbain possède des caractéristiques très particulières et accueille une biodiversité importante, qualifiée de «ordinaire». La préservation de cette biodiversité est essentielle, car les espaces de nature ordinaire jouent un rôle crucial dans la connectivité entre les habitats de plus grande taille. Des bois aux parcs d’activités de loisirs, des cimetières aux jardins familiaux, des cours d’eau aux terrains vacants, les milieux abritant la biodiversité ordinaire sont très divers. Leur mise en connectivité est un enjeu majeur.
Alors qu’elle ne fait l’objet d’aucune mesure de protection particulière, la biodiversité ordinaire est très affectée par les transformations de l’environnement. Les oiseaux, notamment les petits passereaux, les rapaces nocturnes et les espèces cavernicoles, sont parmi les espèces les plus liées au patrimoine bâti.
Les Oiseaux Cavernicoles et Leurs Besoins
Les espèces cavernicoles utilisent des cavités pour se reproduire. En milieu naturel, ces cavités peuvent être des anfractuosités creusées par le pourrissement de zones cicatricielles de branches mortes, des loges creusées par des pics ou des cavités naturelles dans la roche. En milieu urbain, ces cavités manquent en raison de la faible quantité de vieux arbres et des rénovations de façades supprimant les ouvertures. Ces oiseaux cohabitent avec l’homme depuis des siècles, et beaucoup d’entre eux bénéficient d’un capital sympathie fort auprès du grand public. En France, beaucoup de ces oiseaux sont protégés par la loi du 10 juillet 1976 relative à la protection de la nature, qui stipule qu’il est interdit de porter atteinte aux individus ainsi qu’à leurs nids et couvées.
Exemples d'Oiseaux Cavernicoles et Leurs Adaptations
La Chevêche d’Athéna : Cette petite chouette a trois exigences : des espaces dégagés pour la chasse, des cavités pour la nidification et cela en plaine. Elle affectionne les villages et autres hameaux qui ponctuent les grandes plaines agricoles. Elle peut se satisfaire d'un simple terrier de rongeur pour nidifier, mais c'est risqué pour elle. Le plus souvent, c'est un vieil arbre troué ou une vieille bâtisse qui lui procurent un site de nidification.
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Le Choucas des tours : Il fait partie des Corvidés qui sont, de façon générale, des oiseaux intelligents que l’on pourrait facilement dresser. Malgré la hiérarchie dans la colonie, ils ne se battent pas mais s’entraident pour la protection des nids.
La Chouette hulotte : Elle est un oiseau des milieux arborés ouverts et semi-ouverts. Les arbres sont une nécessité vitale pour elle, en particulier pour sa nidification cavernicole. Le nid est construit dans une cavité naturelle ou sur des corniches. Elle peut aussi utiliser les nids d’autres espèces comme la Corneille noire. Le couple est uni pour la vie.
La Chouette effraie : Elle habite les grands milieux ouverts comme les prairies, les bandes herbeuses le long des champs et des haies, des vergers. Elle peut utiliser des bâtiments comme des vieilles granges et des clochers d'église pour y élever sa progéniture, mais elle chasse au-dessus des vastes champs avoisinants. Elle habite les clochers, mais aussi les combles des grands édifices, les greniers des fermes, les granges et les pigeonniers.
Le Faucon crécerelle : Il a une attirance particulière pour le milieu rupestre avec des parois verticales où il peut se reproduire. Cette affinité avec la roche l'a poussé vers le bâti humain qui pour lui représente un équivalent écologique des parois rocheuses. Il est même possible de favoriser sa nidification en milieu urbain par la pose de nichoirs artificiels car la rénovation de l'habitat lui soustrait des sites de nidification potentiels.
Le Gobemouche gris : Il apprécie les clairières, chablis et allées forestières où pénètre le soleil. Il s'est bien adapté secondairement aux milieux arborés d'origine anthropique comme les parcs, les arboretums, les courts urbains avec leurs alignements d'arbres, les bosquets d'agrément, etc. Il peut aller jusqu'à établir son nid dans des endroits inhabituels comme sur une poutre sous un toit ou dans une plante grimpante (rosier, lierre, vigne vierge, etc.) contre une façade.
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Le Moineau friquet : L'espèce est cavernicole, nichant principalement dans des cavités de vieux arbres, vieux fruitiers dans les vergers par exemple, ou alors vieux saules ou peupliers dans les zones humides. Il occupe également des cavités en milieu rupestre, en falaise ou dans de vieux murs, ou encore des trous de rongeurs ou d'oiseaux comme les Hirondelles de rivage dans les berges abruptes des cours d'eau ou des exploitations de granulats, etc. Il adopte volontiers les nichoirs pour passereaux cavernicoles. Des structures métalliques creuses comme on en trouve sur les poteaux électriques sont également occupées.
Le Martinet noir : Plus grand que les hirondelles, c’est un oiseau qui ne se pose que très rarement. D’une taille modeste de 17cm, il a une envergure de plus de 40cm, ce qui correspond de 2 à 3 fois sa taille.
Le Martinet pâle : Tout comme le martinet noir, le martinet pâle trouve dans le bâti humain des sites de nidification favorables largement utilisés en France continentale comme en Corse. La nidification en zones rupestre est également encore bien présente notamment sur les côtes rocheuses. Il niche dans les constructions urbaines et également en zone rupestre sur les côtes rocheuses méditerranéennes. La proximité de l’eau semble jouer un rôle important dans l’implantation d’une colonie.
Le Pic Vert : Un Spécialiste des Fourmis et des Arbres
Très présent dans nos villes et nos campagnes, le pic vert (Picus viridis), également appelé pivert, fait partie de la famille des picidés. Chacun connaît le bruit qu’il fait avec son bec lorsqu’il cogne contre les troncs d’arbres de nos parcs et de nos forêts pour y installer son nid et pour se nourrir. Grâce à ses pattes robustes, munies de griffes pointues, il a la particularité de grimper le long des troncs d’arbres et d’y rester accroché. Le pic vert est le deuxième plus grand pic au sein de son espace de répartition après le pic noir.
Description et Identification
Au premier regard, le pic vert est reconnaissable par son plumage jaune et vert, qui lui a d’ailleurs donné son nom, tout le long de sa nuque jusqu’à sa queue ainsi que sur les ailes. Sa tête, quant à elle, est bien plus colorée. Tricolore, elle est en effet recouverte sur le dessus d’une calotte d’un rouge vif très caractéristique et elle comporte du noir autour des yeux et du blanc au niveau de la gorge. Ses yeux, tout aussi uniques, sont facilement reconnaissables avec leur iris blanc.
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On distingue le mâle de la femelle à la tête. En effet, le premier dispose d’un bandeau rouge dans sa moustache noire, que la femelle ne porte pas. Quant au juvénile, on le reconnait à son plumage plus sombre, moins vert, et quasiment intégralement couvert de mouchetures et de stries. Le cri du pic vert ressemble à un ricanement.
Comportement et Habitat
Sédentaire, le pic vert se déplace uniquement lorsqu’il vit en altitude et sur de très infimes distances. Dès que le solstice d’hiver est passé, le mâle se remet à chanter pour marquer son territoire. Il se défend à la voix, mais il ne tambourine pas, contrairement au pic cendré. Lorsqu’il perçoit un danger, le pic vert se réfugie dans les arbres, s’aidant de la couleur de son plumage pour disparaitre de la vue de ses prédateurs.
L’aire de répartition de cet oiseau est relativement restreinte puisqu’il évolue principalement en Europe de la façade atlantique à la Volga. Il est présent dans tous les pays du continent, à l’exception de l’Irlande et de l’Espagne. Espèce avant tout forestière et amatrice de boisements feuillus, le pic vert vit également bien en ville, dans les jardins publics, les parcs, ainsi qu’à la campagne, en lisière de forêt, près des bosquets, dans les bocages, les vergers ou les haies.
Alimentation
Même s’il se plait dans les grands arbres, le pic vert se nourrit essentiellement au sol qu’il parcourt en sautillant pour y trouver des fourmis, dont il raffole. Sa langue pointue, tactile, garnie de petits crochets et longue de 10 cm lui permet même d’aller directement chercher sa nourriture dans les fourmilières. Accroché au tronc des arbres, le pic vert se sert aussi de son bec pour creuser les bois tendres et en extraire les larves qui y ont élu domicile. Il se nourrit également de vers de terre, de petits mollusques et de tous les insectes qui vivent dans le bois des arbres.
Nidification
Dès les mois de janvier ou février, les couples se reforment et maintiennent le contact par la voix. Cavernicole, le pic vert cherche très tôt dans l’hiver un endroit pour y installer son nid. C’est à partir de cette période de l’année que le mâle et la femelle commencent à creuser des trous dans les troncs d’arbres tendres à la recherche du meilleur emplacement. Au printemps, le couple creuse plus en profondeur le trou choisi pour y placer son nid. Ce travail acharné, qui nécessite plusieurs semaines de perçage entre mars et avril, est opéré entre 2 mètres et 10 mètres de hauteur. La femelle, qui pond une seule fois par an, y dépose de 5 à 7 œufs qu’elle couve avec le mâle pendant 15 à 17 jours. Les oisillons, qui naissent nus et aveugles, sont nourris de fourmis et de leurs nymphes par leurs parents pendant 18 à 21 jours, avant de prendre leur envol. Toutefois, ils restent encore quelques jours à proximité du nid familial pour s’y réfugier la nuit.
Le Pic Épeiche : Un Tambourineur Fréquent des Jardins
Le pic épeiche préfère les forêts boisées de feuillus ou de conifères. Cependant, il n’est pas rare de le voir dans des parcs et jardins urbains où les grands arbres sont présents. Principalement insectivore, le pic épeiche se nourrit de larves d'insectes, mais aussi de petits œufs et poussins qu'il trouve dans les cavités d'arbres. À l'occasion, il peut manger des graines d’arbres et des baies, notamment pendant l'hiver. Le pic épeiche est un visiteur fréquent des mangeoires à graisse, surtout pendant les mois froids. Si vous avez un grand arbre dans votre jardin ou un espace boisé à proximité, il se pourrait que vous puissiez apercevoir cet oiseau fascinant en train de chercher sa nourriture ou de tambouriner pour marquer son territoire.
Le mâle a une marque rouge à la nuque, et le juvénile qui porte une calotte rouge jusqu’à la fin novembre a le bas-ventre rose. Le pic épeiche utilise aussi son tambourinement pour communiquer avec ses congénères. Ce bruit perçant fait office de signal territorial. Les adultes picorent en famille. Les jeunes pics suivent leurs parents durant leur apprentissage du tambourinement.
Défis et Solutions pour la Nidification en Milieu Urbain
La perte d’habitats naturels et la rénovation des bâtiments réduisent les sites de nidification disponibles pour les oiseaux cavernicoles. Cependant, il existe des solutions pour favoriser leur présence en milieu urbain :
- Conserver les vieux arbres : Les vieux arbres offrent des cavités naturelles et sont essentiels pour de nombreuses espèces.
- Installer des nichoirs : La pose de nichoirs adaptés aux différentes espèces peut compenser le manque de cavités naturelles.
- Aménager des espaces verts : La création de parcs, de jardins et de toitures végétalisées favorise la biodiversité et offre des ressources alimentaires aux oiseaux.
- Sensibiliser le public : Informer et sensibiliser les citoyens à l’importance de la biodiversité urbaine encourage les actions en faveur de la protection des oiseaux.
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