Il peut arriver, au cours de la vie d’une femme, qu’elle n’ait pas ses règles, même sans être enceinte. Ce phénomène, souvent source d'inquiétude, conduit fréquemment à la réalisation d’un test de grossesse. Cependant, si ce dernier s’avère négatif, il est légitime de s’interroger sur les causes potentielles de cette perturbation du cycle menstruel et sur le moment où il devient nécessaire de s’en préoccuper.
Les Situations Naturelles d'Absence de Règles
Dans certains cas, l'absence de règles est un phénomène tout à fait naturel et ne doit pas être une source d'inquiétude.
- Grossesse : L'arrêt des règles est un signe de grossesse.
- Cycle anovulatoire : Un cycle anovulatoire, caractérisé par l'absence d'ovulation, peut être une cause de règles irrégulières ou d'aménorrhée.
- Ménopause : Après 40 ans, la ménopause est la première cause d'absence de règles chez une femme.
Les Causes Non Naturelles d'Absence de Règles
En dehors de ces situations, l’absence de règles n’est pas un phénomène naturel et constitue un symptôme.
- Sécrétion anormale de prolactine : Une sécrétion anormale de prolactine, une hormone sécrétée par l’hypophyse.
- Arrêt de la pilule contraceptive : L'absence de règles peut aussi être observée après l’arrêt d’une pilule contraceptive, et ce, pendant quelques mois.
- Maladies graves (rare) : Dans certains cas (assez rares), l’absence de règle peut être le signe annonciateur d’une maladie grave, telle qu’un cancer, le SIDA, un diabète ou la tuberculose.
Aménorrhée : Définition et Types
L'aménorrhée est un terme médical qui désigne l'absence de règles (menstruations) chez une femme en âge de procréer. Elle peut être normale à certaines périodes de la vie comme pendant la grossesse ou la ménopause. Mais lorsqu'elle survient en dehors de ces phases, elle peut être le signe d’un problème de santé.
Il existe deux types d’aménorrhée :
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- Aménorrhée primaire ou essentielle : Les règles n’apparaissent pas. On parle d’aménorrhée primaire ou essentielle lorsqu’une adolescente n’a pas eu ses premières règles après l’âge de 15 ans. Les règles apparaissent le plus souvent entre 10 et 15 ans. Si les règles n’apparaissent pas (dans le cas d’une aménorrhée essentielle), les jeunes filles n’entrent pas en puberté et donc, les caractères sexuels secondaires (seins et poils pubiens) ne se développent pas normalement.
- Aménorrhée secondaire : Les règles ne sont pas survenues pendant plus de 3 mois chez une femme jusque-là bien réglée. C’est la situation la plus fréquente.
Il peut arriver que la puberté soit simplement retardée chez certaines jeunes filles qui ne présentent aucun trouble. Dans ce cas, les règles normales apparaissent simplement à un âge avancé.
Causes de l'Aménorrhée : Un Aperçu Détaillé
Les causes de l'aménorrhée dépendent du type d’aménorrhée, mais elles sont souvent liées à des déséquilibres hormonaux ou à des facteurs physiologiques.
Causes de l’aménorrhée primaire ou essentielle
Les troubles qui provoquent une aménorrhée primaire sont peu courants, mais les plus fréquents sont :
- Maladie génétique : syndrome de Turner, syndrome de Kallmann, surproduction d’hormones masculines par les glandes surrénales, troubles génitaux (hermaphrodisme).
- Malformation congénitale : les organes reproducteurs sont mal formés, ce qui bloque le flux menstruel.
Les maladies génétiques et les anomalies congénitales à l’origine d’une aménorrhée primaire passent souvent inaperçues jusqu’à la puberté.
Causes de l’aménorrhée secondaire
Les causes les plus courantes de l’aménorrhée secondaire sont :
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- Grossesse
- Allaitement
- Dysfonctionnement de l’hypothalamus : dû au stress ou à une activité physique intense, à une mauvaise nutrition, à des troubles mentaux (dépression, trouble obsessionnel compulsif), à une radiothérapie du cerveau ou une lésion cérébrale.
- Dysfonctionnement de l’hypophyse ou de la glande thyroïde : dû à un trouble tel qu’une tumeur ou un traumatisme crânien, ou à un taux de prolactine élevé.
- Syndrome des ovaires polykystiques
- Ménopause prématurée
- Utilisation de certains médicaments : contraceptifs oraux, antidépresseurs, médicaments antipsychotiques.
Bien que moins courantes, certaines causes de l’aménorrhée secondaire sont également énoncées. Il s’agit entre autres :
- Maladies chroniques : des poumons, de l’appareil digestif, du sang, des reins ou du foie.
- Certaines maladies auto-immunes
- Cancer
- Infection par le VIH
- Radiothérapie
- Traumatismes crâniens
- Môle hydatiforme : excroissance du tissu du placenta.
- Syndrome de Cushing
- Dysfonctionnement des glandes surrénales
- Polypes
- Fibromes
Symptômes Associés à l'Aménorrhée
Le principal symptôme de l'aménorrhée est l'absence de règles. À cela, peuvent s’ajouter d’autres symptômes qui peuvent orienter vers une cause. Il s’agit :
- D’un retard de puberté
- Du développement de caractères masculins tels qu’une pilosité corporelle excessive, une réduction du timbre de la voix et une augmentation de la masse musculaire
- Des troubles de la vision
- D’une altération de l’odorat (qui peut faire penser au syndrome de Kallmann)
- Un écoulement laiteux des mamelons pouvant survenir spontanément
- Une variation importante du poids
Si l’aménorrhée dure longtemps, la jeune fille ou la femme peut également ressentir des symptômes ressemblant à ceux de la ménopause, tels que :
- Des bouffées de chaleur
- La sécheresse vaginale
- Une réduction de la densité osseuse (ostéoporose)
Le risque de troubles cardiaques et vasculaires est aussi accru chez ces femmes.
Diagnostic de l'Aménorrhée
Pour poser le diagnostic de l’aménorrhée, le médecin procède à une consultation médicale au cours de laquelle il pose des questions à la patiente sur ses antécédents médicaux, plus précisément sur l’historique de ses menstruations. Un examen clinique est ensuite réalisé. Cela permet au médecin de déterminer si les caractères sexuels secondaires sont bien développés.
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Les observations faites pendant le relevé des antécédents et l’examen clinique aident le professionnel de santé à mettre en évidence la cause de l’aménorrhée. Des examens complémentaires peuvent être prescrits, à savoir :
- Un test de grossesse (il peut être effectué même chez les filles qui n’ont pas eu de règles ou qui n’ont aucune activité sexuelle)
- Des analyses de sang pour mesurer les taux d’hormones
- Des examens d’imagerie permettant d’examiner le système reproducteur (échographie, hystéroscopie, IRM)
Certains médecins vont prescrire des médicaments hormonaux aux patientes, afin de vérifier s’ils peuvent déclencher les règles.
Traitements de l'Aménorrhée : Une Approche Personnalisée
Le traitement de l’aménorrhée passe par la prise en charge de sa cause :
- Si la jeune fille n’a pas encore eu des règles et que tous les examens cliniques sont normaux, une surveillance de sa puberté est réalisée tous les 3 à 6 mois. Pour stimuler la puberté, des progestatifs ou des œstrogènes peuvent être prescrits afin de déclencher les premières règles ainsi que l’apparition des caractères sexuels secondaires, tels que les seins.
- Si l’aménorrhée est due à une anomalie congénitale qui affecte l’appareil génital, une chirurgie peut être envisagée pour rétablir l’écoulement du flux menstruel.
- Si une tumeur est à l’origine de l’aménorrhée, une prise en charge oncologique est nécessaire.
- Si l’aménorrhée est provoquée par un choc, un traumatisme ou des troubles d’ordre psychologique, une prise en charge psychothérapeutique est nécessaire.
- Si l’aménorrhée est causée par la prise de certains médicaments, leur arrêt peut permettre le retour des règles.
Complications Possibles de l'Aménorrhée : Anticiper pour Mieux Gérer
Même si l’aménorrhée en elle-même n’apparaît pas grave, sa cause, elle, peut être sérieuse et doit être prise en charge. Les possibles conséquences à moyen et long terme sur la santé des femmes atteintes sont :
- Difficultés à devenir enceinte (infertilité)
- Diminution de la densité osseuse
- Sécheresse vaginale
- Risque accru de maladies cardiaques et vasculaires
- Pilosité corporelle excessive
L’aménorrhée peut également avoir un grand impact psychologique (stress, anxiété, dépression) sur les femmes, lié à l'absence de menstruations et aux implications sur la fertilité.
Quand Consulter un Médecin ?
Il est conseillé aux jeunes filles de consulter un médecin si :
- Elles n’ont pas de signes de puberté avant l’âge de 13 ans
- Les règles n’ont pas commencé 3 ans après le début du développement des seins
- Les règles n’ont pas commencé avant l’âge de 15 ans chez les filles qui grandissent normalement et ont développé des caractères sexuels secondaires
Dans le cas où la femme ou la fille en âge de procréer a eu des règles qui se sont arrêtées, elle doit consulter un médecin si :
- Ses règles sont absentes depuis trois cycles
- Elle a moins de neuf règles par an
- Le schéma de ses règles change brusquement
Absence de Règles et Fertilité : Le SOPK et l'Anovulation
La plupart des patientes qui ont des cycles irréguliers n’ovulent pas. Un grand nombre de ces couples peuvent bénéficier du « coït dirigé » en utilisant des inducteurs d’ovulation oraux, comme le citrate de clomifène ou l’utilisation de gonadotrophines par voie sous-cutanée à faible dose. Ce type de traitement requiert un suivi dès le début, pour évaluer par échographie le développement folliculaire et les niveaux hormonaux. L’insémination artificielle (IA) est l’une des autres techniques que nous pouvons conseiller aux patientes ayant des cycles irréguliers. Une étude préalable du partenaire est nécessaire pour réaliser cette technique. Comme le coït dirigé, le but de cette technique est d’obtenir un cycle ovulatoire et de déclencher l’ovulation lorsque les critères échographiques et/ou analytiques sont réunis.
L’anovulation se produit lorsque l’un de vos ovaires libère un ovule. Vous êtes la plus fertile au cours des quelques jours précédant l’ovulation, ainsi que le jour de celle-ci. On parle d’anovulation lorsque vos ovaires ne libèrent pas d’ovule au cours d’un cycle menstruel. Vous pouvez avoir un cycle anovulatoire sans le savoir, étant donné qu’il est possible que vous ayez vos règles comme d’habitude. Vous pourriez ne pas apercevoir que vous n’ovulez pas, à moins que vos règles ne s’arrêtent. Si vous utilisez un test d’ovulation, vous pourriez vous en rendre compte, car vous n’observerez pas de pic de LH.
Il est possible d’avoir des cycles anovulatoires alors que vous êtes fertile, et de nombreuses raisons peuvent les expliquer.
- Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK): Il s’agit d’une pathologie où un déséquilibre hormonal a provoqué la formation de petits kystes ou de follicules ovariens sous-développés dans les ovaires. Ce syndrome peut également entraîner des règles irrégulières, une pilosité excessive, une peau grasse, une prise de poids, une dépression et une infertilité. Certaines femmes peuvent être atteintes d’un SOPK sans présenter ces symptômes. Elles peuvent ne pas savoir qu’elles en souffrent jusqu’à ce qu’elles essaient d’avoir un bébé. Si vous êtes inquiète ou si vous pensez être atteinte d’un SOPK, parlez-en à votre médecin. Si un SOPK vous a été diagnostiqué, les tests d’ovulation ou les moniteurs de fertilité peuvent vous donner des résultats erronés ; il est donc conseillé de ne pas les utiliser. Les femmes souffrant d’un SOPK peuvent présenter un taux élevé de LH tout au long de leur cycle. Elles peuvent observer un pic de LH (fertilité maximale) même si ce n’est pas le cas.
- Être en sous-poids ou en surpoids: Si vous êtes en sous-poids ou en surpoids, cela peut également vous empêcher d’ovuler.
- Pratique excessive d’une activité physique: Une activité physique intense pendant une période prolongée, comme la course de fond, peut également provoquer l’arrêt de l’ovulation.
- Stress et anxiété
- Traitements médicamenteux: Certains médicaments peuvent influer sur l’ovulation, y compris la contraception.
De nombreuses femmes peuvent avoir un cycle anovulatoire sans même le remarquer. L’anovulation elle-même ne donne lieu à aucun symptôme. Si vous observez les signes habituels d’ovulation, il y a de fortes chances que vous soyez en train d’ovuler.
- Pic de l’hormone LH: Un test d’ovulation détecte s’il y a un pic d’hormone lutéinisante (LH). Cela se produit 12 à 24 heures avant l’ovulation. Toutefois, si vous êtes atteinte d’un SOPK, vous risquez d’obtenir des résultats erronés en cas d’utilisation d’un test d’ovulation, et ce, en raison du taux élevé de LH tout au long de votre cycle. C’est pour cette raison que les tests d’ovulation ne sont pas recommandés si un SOPK vous a été diagnostiqué.
- Règles régulières: Si vous ovulez, vous avez probablement un cycle menstruel relativement prévisible, qui survient environ tous les 24 à 32 jours. L’absence de règles, ou les cycles très longs (plus de 40 jours) ou très courts (moins de 20 jours), peuvent être un signe que vous n’ovulez pas.
- Modification de la température corporelle basale: La température de votre corps au repos augmente légèrement après l’ovulation.
- Modifications des pertes vaginales: Juste avant l’ovulation, vous pouvez remarquer que vos pertes vaginales sont plus transparentes, plus liquides et plus élastiques. Après l’ovulation, votre glaire cervicale devient plus épaisse, plus trouble et plus discrète. La surveillance de la glaire cervicale est une tâche difficile et nécessite les conseils d’un expert ; ainsi, il peut être difficile de confirmer l’ovulation en employant cette méthode.
L’anovulation est assez courante et touche une femme sur 102. Le cycle anovulatoire occasionnel est assez courant et ne pose pas de problème. Toutefois, si vous pensez que vous faites plus régulièrement l’expérience d’une anovulation, vous devez en parler à votre médecin. Les troubles de l’ovulation, tels que l’anovulation chronique ou le fait d’ovuler peu fréquemment, touchent un couple sur quatre souffrant d’infertilité1.
Retard de Règles : Enceinte ou Pas Enceinte ?
Si un retard de règles peut faire penser à une grossesse, dans les faits, cela n’est pas toujours le cas. En cas de doute sur une éventuelle grossesse, faites un test de grossesse. D’autres causes que la grossesse peuvent expliquer un retard ou une absence de règles. Si vous avez des règles irrégulières ou qu’elles s’arrêtent pendant plusieurs cycles, n’hésitez pas à consulter un professionnel de santé.
En cas de cycles réguliers, on parle de retard de lorsque les règles n’arrivent pas dans les trois à cinq jours après la date prévue. En cas de cycles irréguliers, il est plus difficile de repérer un retard de règles. Un décalage d’une semaine doit être considéré comme un retard de règles.
Un retard ou une absence de règles est souvent l’un des premiers signes d’une grossesse. Mais il peut arriver d’avoir un retard de règles sans être enceinte. Le test de grossesse est le seul moyen de savoir si votre retard ou absence de règles est lié à un début de grossesse.
D’autres causes qu’une grossesse peuvent entraîner un retard ou une absence de règles. Le plus souvent, ces retards sont sans gravité, mais si l’absence de règles s’installe (plusieurs cycles) et que vos tests de grossesse sont négatifs, il est recommandé de consulter un médecin pour faire un bilan. Les retards ou l’absence de règles peuvent être dus à :
- Un choc émotionnel ou une période de stress important, une modification dans le mode de vie (la perte d’un proche, des difficultés financières importantes, des problèmes familiaux, etc.)
- Une pratique sportive intense
- Un changement de ou encore l’arrêt de la pilule
- Un effet indésirable d’un traitement médicamenteux
- La préménopause
Les personnes ayant des troubles alimentaires, comme l’anorexie, ou qui sont obèses sont plus souvent sujettes à ces absences de règles. Une absence de règles ne signifie pas forcément qu’il n’y aura plus jamais d’ovulation (même en périménopause). Chaque cas est particulier et nécessite un diagnostic avec un professionnel de santé.
Tout le monde n’a pas les mêmes durées de cycle, mais ils sont dits réguliers lorsque les règles reviennent à un rythme régulier. La moyenne est de tous les 28 jours. On considère qu’un cycle est « court » entre 21 jours et 25 jours, « normal » entre 26 et 30 jours, « long » entre 31 et 35 jours. Si vos cycles n’ont pas de durée habituelle et varient de plusieurs jours, ils sont dits irréguliers. Des règles irrégulières peuvent avoir des conséquences sur l’ovulation et donc la fertilité.
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