L'anovulation, ou absence d'ovulation, est un phénomène courant qui peut survenir chez les femmes en âge de procréer. Elle se produit lorsqu'un ovule n'est pas libéré par l'ovaire pendant le cycle menstruel, ce qui rend la conception impossible. Bien que l'anovulation puisse être une source d'inquiétude pour les femmes qui souhaitent concevoir, il est important de comprendre ses causes, ses symptômes et les solutions disponibles.

Qu'est-ce que l'ovulation ?

L'ovulation est la libération d'un ovule mature par l'ovaire. Ce processus complexe est une étape essentielle du cycle menstruel et est contrôlé par plusieurs hormones, notamment :

  • L'hormone de libération des gonadotrophines (GnRH), libérée par l'hypothalamus.
  • L'hormone folliculo-stimulante (FSH), qui stimule la maturation des follicules ovariens.
  • L'hormone lutéinisante (LH), qui déclenche la libération de l'ovule par l'ovaire.

En moyenne, l'ovulation se produit environ 14 jours avant le début des règles, dans un cycle menstruel de 28 jours. Après l'ovulation, l'ovule commence son voyage dans la trompe de Fallope, où il peut être fécondé par un spermatozoïde.

Anovulation : Définition et prévalence

L'anovulation se produit lorsqu'un ovule n'est pas libéré par l'ovaire pendant le cycle menstruel. Il est important de noter que l'anovulation peut toucher toute personne ayant des ovaires et en âge de procréer, en moyenne entre 12 et 51 ans. L'anovulation est un phénomène courant qui est à l'origine d'environ 25 % des cas d'infertilité.

Il est possible d'avoir des saignements utérins anormaux (SUA) ou saignements anovulatoires, qui sont des saignements utérins non cycliques et irréguliers. Il est important de se rappeler que le fait d’avoir des règles ne signifie pas nécessairement que vous avez ovulé.

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Causes de l'anovulation

Étant donné que plusieurs hormones sont impliquées dans l'ovulation, il existe de nombreuses causes d'anovulation. Les causes les plus courantes sont les suivantes :

  • Déséquilibres hormonaux : Des troubles de la testostérone se traduisent par un déficit de production de spermatozoïdes chez l’homme, l’excès de prolactine par une absence d’ovulation. Ces troubles hormonaux peuvent être liés à une maladie (tumorale ou génétique) ou à une anomalie fonctionnelle.
  • Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) : C’est un dérèglement hormonal qui touche 5 à 10 % des femmes en France. Un taux de testostérone élevé perturbe le cycle, empêche le développement des follicules et l’ovulation. Le SOPK est une pathologie gynécologique qui engendre (notamment) la formation de petits kystes dus à un déséquilibre hormonal.
  • Insuffisance ovarienne prématurée : L’insuffisance ovarienne prématurée ou baisse de la réserve ovarienne est la 1ère cause d’infertilité féminine après 35 ans et touche de nombreuses femmes : 1 sur 10 000 de moins de 20 ans, 1 sur 1000 de moins de 30 ans et 2 sur 100 de moins de 40 ans.
  • Troubles de l'hypothalamus et de l'hypophyse : On sait que certains déséquilibres hormonaux, dus à un mauvais fonctionnement de l’hypothalamus et de l’hypophyse, peuvent expliquer certains cas d’infertilité masculine et féminine.
  • Anovulation d’origine hypothalamique : due à un excès d’exercice, à un fort stress et/ou à une perte de poids trop importante ou trop rapide.
  • Hyperprolactinémie : Il s’agit de la sécrétion excessive de prolactine, qui est une hormone sécrétée par l’hypophyse dans le cerveau et autrement appelé « hormone de lactation » car elle agit sur la glande mammaire pour préparer et stimuler la lactation. Lorsqu’elle est en trop grande quantité, la prolactine des troubles dans le cycle menstruel et parfois une absence d’ovulation.
  • Âge : La fertilité féminine diminue naturellement à partir de 30 ans, la fertilité masculine à partir de 40 ans, ce qui explique une hausse du risque d’infertilité. Ainsi, les chances de grossesse sont évaluées à 25 % par cycle entre 25 et 30 ans, mais à 12 % seulement à 35 ans et 6 % au-delà de 40 ans.
  • Facteurs liés au mode de vie : Une mauvaise alimentation et un surpoids ou à l’inverse une maigreur excessive chez les femmes, la consommation de tabac ou de drogues… Tous ces éléments extérieurs jouent un rôle néfaste important sur l’infertilité masculine et féminine, directement ou indirectement.
  • Stress : Lorsque le stress est trop important, la sécrétion de cortisol augmente et prend le dessus sur les autres hormones.
  • Médicaments : Certains médicaments peuvent influer sur l’ovulation, y compris la contraception.
  • Poids : si vous souffrez d’obésité, votre médecin peut vous recommander d’essayer de perdre du poids pour traiter votre anovulation. Si votre indice de masse corporelle (IMC) est faible, votre médecin peut vous recommander de prendre du poids pour traiter votre anovulation.

Symptômes de l'anovulation

L’anovulation elle-même ne donne lieu à aucun symptôme. De nombreuses femmes peuvent avoir un cycle anovulatoire sans même le remarquer. Connaître les signes généraux de l’ovulation et suivre vos cycles menstruels peut vous aider à détecter les signes et les symptômes de l’anovulation. Les symptômes les plus courants sont les suivants :

  • Règles irrégulières : Si la durée de l’intervalle entre les règles varie constamment, on considère qu’il s’agit de règles irrégulières. En général, l’anovulation se caractérise par des règles irrégulières.
  • Règles très abondantes ou très légères : Des règles abondantes se définissent par la perte de plus de 16 cuillères à café (80 ml) de sang au cours des règles et/ou par des règles qui durent plus de sept jours.
  • Absence de glaire cervicale : Juste avant et pendant l’ovulation, vous avez généralement les pertes vaginales les plus abondantes, appelées glaires cervicales. Elles ressemblent généralement à des blancs d’œufs crus.
  • Une température basale irrégulière : La température basale du corps est la température que vous avez lorsque vous êtes au repos. Elle est généralement prise après le réveil et avant tout type de mouvement ou d’activité physique. La température de votre corps au repos augmente légèrement après l’ovulation.
  • Absence de pic de LH : Si vous utilisez un test d’ovulation, vous pourriez vous en rendre compte, car vous n’observerez pas de pic de LH. Toutefois, si vous êtes atteinte d’un SOPK, vous risquez d’obtenir des résultats erronés en cas d’utilisation d’un test d’ovulation, et ce, en raison du taux élevé de LH tout au long de votre cycle. C’est pour cette raison que les tests d’ovulation ne sont pas recommandés si un SOPK vous a été diagnostiqué.
  • Absence de règles : L’absence de règles, ou les cycles très longs (plus de 40 jours) ou très courts (moins de 20 jours), peuvent être un signe que vous n’ovulez pas.

Diagnostic de l'anovulation

Les tests permettant de diagnostiquer l’anovulation dépendent des causes que votre médecin soupçonne d’être à l’origine de votre anovulation. De nombreux déséquilibres hormonaux à l’origine de l’anovulation présentent d’autres symptômes. L’analyse de la durée et de la régularité des cycles menstruels de la femme permet à votre médecin d’évaluer la qualité de l’ovulation.

Les examens suivants peuvent être utilisés pour diagnostiquer l'anovulation :

  • Prise de sang : permet de mesurer les taux hormonaux. Votre médecin indiquera le jour du cycle où elle doit être réalisée.
  • Échographie pelvienne : est pratiquée habituellement par voie vaginale, vessie vide. C’est un examen indolore et sans risque particulier. Vous pourrez être amené(e) à faire une échographie gynécologique, technique non invasive pour vérifier s’il y a des anomalies au niveau des organes reproducteurs.
  • Bilan de la réserve ovarienne : Chez la femme, cela consiste en un bilan de la réserve ovarienne, une échographie pelvienne, une exploration de la cavité utérine et des trompes de Fallope, une pelviscopie ainsi qu’une hystéroscopie. Pour évaluer cette réserve, de manière quantitative (et pas qualitative), on vérifie plusieurs paramètres dont : le dosage sanguin de l’AMH ou hormone anti-mullérienne, qui est une hormone produite par les follicules,le comptage des follicules dit « antraux », c’est à dire de ceux qui ont commencé leur maturation sur les ovaires à chaque cycle,la taille des ovaires (qui est plus petite si la réserve est basse).
  • Spermogramme : Chez l’homme, cela consiste en un spermogramme pour évaluer la vitalité et le nombre de spermatozoïdes.
  • Bilan d’infertilité : Dans certains cas, lorsque l’on ne comprend pas d’où vient le problème, il est demandé aux deux partenaires de faire un bilan d’infertilité. Le bilan de fertilité est essentiel : il sera analysé par une équipe pluridisciplinaire.

Traitements de l'anovulation

Dans certains cas, l’anovulation peut être traitée avec des médicaments, dans d’autres, une modification du style de vie sera suffisante pour y remédier et malheureusement dans quelques cas, elle ne peut être traitée et la grossesse ne peut être obtenue qu’avec l’aide d’un don d’ovocytes.

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Les traitements de l'anovulation dépendent de la cause sous-jacente. Les options de traitement peuvent inclure :

  • Médicaments pour stimuler l'ovulation : Selon la situation, il pourra prescrire des traitements pour stimuler l’ovulation de la femme ou vous adresser rapidement à un centre pluridisciplinaire d’Assistance Médicale à la Procréation (AMP). En premier lieu, le traitement hormonal peut être réalisé pour lutter contre les troubles de l’ovulation, en cas de production insuffisante d’ovocytes
  • Changement de mode de vie : Contrôle du poids : si vous souffrez d’obésité, votre médecin peut vous recommander d’essayer de perdre du poids pour traiter votre anovulation. Si votre indice de masse corporelle (IMC) est faible, votre médecin peut vous recommander de prendre du poids pour traiter votre anovulation. Il est indispensable d’avoir une bonne hygiène alimentaire. Il faut donc éradiquer l’alcool et la cigarette, mais il faut aussi éviter les aliments interdits en période de grossesse. On évitera donc la caféine, les laitages au lait cru, les poissons crus… Il faut également avoir une bonne hygiène de vie. Il est donc nécessaire d’entretenir sa condition physique, de dormir suffisamment, de se dépenser et surtout : d’éviter le stress. Il est important de ne pas trop se concentrer sur le fait de tomber enceinte. Même si cela peut sembler compliqué, penser obsessionnellement au fait de tomber enceinte peut avoir des conséquences négatives telles que des blocages psychologiques et psychosomatiques.
  • Assistance médicale à la procréation (AMP) : L’insémination artificielle : il s’agit d’introduire des spermatozoïdes dans l’utérus avec un cathéter La fécondation in vitro (FIV) : cette technique de PMA (Procréation Médicalement Assistée) consiste en la mise en contact d’un ovocyte et d’un spermatozoïde in vitro, en laboratoire, avant d’être transplanté dans l’utérus.

Infertilité : quand s'inquiéter ?

Pour un couple hétérosexuel, on parle d’infertilité après une période de 12 à 24 mois de rapports sexuels réguliers sans contraception. Dans environ ¾ des cas, l’infertilité est d’origine féminine, masculine ou les deux à la fois. Le premier facteur d’infertilité, c’est le recul de l’âge de la maternité : en France, les femmes ont désormais leur premier bébé à 31 ans en moyenne en 2022 contre 29 ans en 2019.

Si cela fait plusieurs années que l’on ne parvient pas à tomber enceinte, il peut y avoir des causes plus complexes et plus compliquées à traiter. Dès que l’on ressent le besoin de contacter un spécialiste pour se renseigner sur ses problèmes de fertilité, on peut naturellement se tourner vers un professionnel.

Bien que les problèmes de fertilité et de fécondité puissent entraîner beaucoup de doutes et de craintes, il est important de savoir qu’il existe de nombreuses solutions pour tomber enceinte.

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