La question de la permissibilité de la lecture du Coran, de la récitation de douas (invocations) et de l’accomplissement de certaines pratiques religieuses pendant les menstruations est un sujet de discussion important au sein de la communauté musulmane. Cet article vise à explorer les différents avis et arguments à ce sujet, en s’appuyant sur les sources islamiques et les interprétations des savants.
Introduction
Les menstruations, ou règles, sont un phénomène naturel et biologique qui touche les femmes. En Islam, elles sont considérées comme un état d'impureté rituelle (najasah), qui affecte l'accomplissement de certains actes de culte. Cependant, la portée exacte de cette impureté et ses implications sur la vie religieuse des femmes en période de menstruation font l'objet de divergences d'opinions.
Lecture du Coran pendant les menstruations : divergence d'opinions
La question de savoir si une femme peut lire le Coran pendant ses menstruations est l'une des plus débattues. Les savants musulmans sont divisés sur ce sujet.
L'avis majoritaire : interdiction de la lecture directe
La majorité des oulémas (savants) interdisent la lecture du Coran à une femme pendant ses menstruations, jusqu'à ce qu'elle redevienne propre. Ils comparent la femme en période de règles à une personne en état d'impureté majeure (janabah), qui doit effectuer un ghusl (ablution majeure) pour se purifier. Ils s'appuient sur un hadith rapporté par Ali ibn Abi Talib, selon lequel le Messager d'Allah enseignait le Coran et que seule la souillure l'en empêchait.
L'avis minoritaire : permission sous conditions
Certains savants, comme Malik ibn Anas, Ibn Taymiyya et Shawkani, autorisent la lecture du Coran pendant les menstruations, en particulier si cela est nécessaire pour ne pas oublier le Coran ou pour enseigner ou apprendre. Ils argumentent qu'il n'existe pas de texte clair et authentique interdisant la lecture du Coran aux femmes en période de menstruation. Ils soulignent également que les femmes en période de règles étaient présentes à l'époque du Prophète et qu'il ne leur a pas interdit de lire le Coran, de faire des invocations ou de formuler des prières.
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Ils estiment que la comparaison avec la personne en état d'impureté majeure n'est pas valide, car cette dernière peut se purifier rapidement par le ghusl, tandis que la femme en période de menstruation ne peut pas se purifier avant la fin de ses règles. Interdire la lecture du Coran aux femmes pendant leurs menstruations reviendrait à les priver des récompenses spirituelles et à les empêcher d'entretenir leur lien avec Allah.
Toucher le Coran
Même parmi ceux qui autorisent la lecture du Coran, il existe un consensus général sur le fait qu'il est interdit de toucher le Coran directement pendant les menstruations. Certains savants autorisent cependant le toucher du Coran avec une barrière, comme des gants ou un tissu.
Lecture du Coran traduit
Une autre question qui se pose est celle de la lecture du Coran traduit. Certains savants estiment que si le Coran est traduit dans une autre langue, il ne s'agit que d'une interprétation et non du texte sacré lui-même, ce qui autoriserait sa lecture pendant les menstruations. Cependant, d'autres savants considèrent que même une traduction du Coran doit être traitée avec respect et qu'il est préférable de s'abstenir de la lire pendant les menstruations.
Douas et invocations
Il y a un consensus général parmi les savants musulmans sur le fait qu'il est permis aux femmes en période de menstruation de faire des douas (invocations) et de réciter des sourates protectrices. Il n'y a aucune interdiction à ce sujet dans les textes islamiques. Les femmes peuvent invoquer Allah, le glorifier et lui demander son aide et sa protection, même pendant leurs menstruations.
Réciter des formules comme "Allahou Akbar" (Allah est le plus grand) ou des douas pour la protection de ses enfants est tout à fait permis pendant cette période.
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Autres pratiques religieuses
Écouter le Coran
Il est permis d'écouter le Coran pendant les menstruations. Cela permet aux femmes de rester en contact avec la parole d'Allah et de bénéficier de ses bienfaits spirituels.
Entrer dans une mosquée
La question de l'entrée dans une mosquée pendant les menstruations est également sujette à controverse. L'avis majoritaire est qu'il est interdit aux femmes en période de règles d'entrer dans une mosquée, car cela est considéré comme une forme d'impureté rituelle. Cependant, certains savants autorisent l'entrée dans une mosquée si cela est nécessaire, par exemple pour assister à des cours d'arabe ou à des conférences islamiques.
La prière (Salat)
Il est unanimement interdit aux femmes pendant leurs menstruations d'accomplir la prière (Salat). La prière est un acte de culte qui nécessite un état de pureté rituelle, ce qui n'est pas le cas pendant les menstruations.
Le jeûne (Sawm)
Il est également interdit aux femmes pendant leurs menstruations de jeûner (Sawm). Le jeûne est un acte de culte qui nécessite également un état de pureté rituelle. Les femmes doivent rattraper les jours de jeûne manqués après la fin de leurs menstruations.
Conseils et recommandations
Face à ces divergences d'opinions, il est important pour chaque femme de se renseigner auprès de sources fiables et de suivre l'avis qui lui semble le plus juste et le plus conforme à sa conscience. Il est également important de faire preuve de respect et de tolérance envers les différentes opinions et de ne pas juger celles qui choisissent de suivre un autre avis.
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Dans le doute, il est préférable de s'abstenir de faire ce qui est sujet à controverse et de se concentrer sur les actes de culte qui sont permis pendant les menstruations, comme les douas, les invocations et l'écoute du Coran.
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