La grossesse est une période d'attente et d'espoir, mais aussi parfois d'incertitudes. Si l'accouchement se déclenche souvent naturellement, il arrive que des raisons médicales justifient un déclenchement artificiel. Cet article vise à informer sur les raisons médicales qui peuvent conduire à un déclenchement de l'accouchement, les méthodes utilisées, et les aspects émotionnels et psychologiques qui y sont liés.
Pourquoi parle-t-on de neuf mois de grossesse ?
La durée de la grossesse est estimée à neuf mois par observation depuis le début du XIXe siècle.
Prématurité et dépassement de terme : les limites de la grossesse
Prématurité
On parle de naissance prématurée lorsque le bébé naît avant 37 semaines d'aménorrhée. La prématurité est classée en différents niveaux de gravité : très sévère (moins de 28 semaines), sévère (moins de 31 semaines) et prématurité après 34 semaines, avec des conséquences moins importantes.Les causes de la prématurité peuvent être infectieuses ou structurelles. On distingue la prématurité spontanée de la prématurité induite par décision médicale, lorsque la poursuite de la grossesse est considérée comme un risque pour la mère ou l'enfant. Un exemple typique est l'hypertension artérielle induite par la grossesse, où un accouchement prématuré peut être nécessaire pour protéger la mère ou l'enfant. Les conséquences de la prématurité sont liées à l'immaturité des organes du bébé.
Dépassement de terme
Le dépassement du terme est une autre situation qui peut nécessiter un déclenchement. Les médecins s'inquiètent des risques accrus lorsque le terme est dépassé, car le placenta peut présenter une "obsolescence programmée", réduisant l'efficacité des échanges entre la mère et le bébé. Cela peut entraîner un retard de croissance chez le bébé, voire, dans des cas rares, un arrêt brutal du fonctionnement du placenta pouvant conduire au décès in utero. C'est pourquoi les grossesses qui se prolongent sont surveillées de près.
Le moment idéal pour accoucher
Le moment idéal pour accoucher se situe entre 39 et 40 semaines. Avant 37 semaines, le bébé est considéré comme prématuré. À partir de 41 semaines, les risques de complications liées à la postmaturité augmentent.
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Dans quels cas déclenche-t-on l'accouchement pour raisons médicales ?
Le déclenchement de l'accouchement pour raisons médicales est envisagé lorsque la poursuite de la grossesse est susceptible d'avoir un impact négatif sur la santé de la mère et/ou du bébé.
Voici quelques situations qui peuvent nécessiter un déclenchement :
- Dépassement du terme: Le déclenchement est envisagé si le dépassement excède 6 jours ou si le corps médical juge que la poursuite de la grossesse entraîne un risque.
- Rupture prématurée de la poche des eaux: Si la poche des eaux se rompt avant le début du travail, un déclenchement est généralement entrepris dans un délai maximum de 2 jours, en raison du risque infectieux pour le bébé.
- Pré-éclampsie sévère: La pré-éclampsie est une affection caractérisée par une hypertension artérielle et un taux élevé de protéines dans les urines.
- Retard de croissance intra-utérin: Lorsque le fœtus ne se développe plus correctement dans le ventre de sa mère, il est préférable de déclencher l'accouchement.
Comment se déroule un déclenchement d'accouchement ?
Le but du déclenchement est d'abréger la grossesse, car elle est devenue une situation à risque pour la mère ou pour le bébé. L'objectif est de réduire la morbidité (risque de complications) et la mortalité.
Les méthodes de déclenchement
Les équipes médicales disposent de différentes techniques pour provoquer les contractions utérines et démarrer le travail. Le choix de la méthode dépend de l'état du col de l'utérus et de la situation médicale. Le médecin doit informer la patiente et lui expliquer le fonctionnement, les avantages et les inconvénients de chaque méthode.
Voici les principales méthodes utilisées :
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- Le décollement des membranes: Cette méthode consiste à décoller doucement la membrane qui compose le sac amniotique de la paroi de l'utérus. Le médecin ou la sage-femme introduit un doigt à l'intérieur du col utérin. Cette technique peut déclencher des contractions dans les 48 heures suivant la manipulation, mais elle peut aussi occasionner des douleurs, une sensation d'inconfort, voire des saignements. Le consentement de la patiente est toujours requis avant de procéder à cette méthode.
- La rupture artificielle des membranes: Lorsque le col utérin est dilaté à 2 cm minimum, le médecin peut décider de rompre la poche des eaux à l'aide d'un petit crochet. Cette procédure n'est généralement pas douloureuse et permet souvent de déclencher des contractions dans les heures qui suivent.
- L'utilisation de prostaglandines: Les prostaglandines sont des hormones qui contribuent à la maturation et au raccourcissement du col de l'utérus. Elles sont administrées sous forme de gel ou de tampon imbibé, introduits au niveau du col.
- Le déclenchement par ballonnet: Un ballonnet est placé au niveau du col utérin et gonflé avec de l'eau stérilisée. La pression exercée par le ballonnet favorise la dilatation et l'effacement du col. Cette technique n'est généralement pas douloureuse.
- L'administration d'ocytocine: L'ocytocine est une hormone qui déclenche les contractions de l'utérus. Elle est administrée par voie intraveineuse, à doses minimes, car elle peut provoquer des contractions très intenses et douloureuses. Une surveillance accrue et un monitorage attentif du bébé sont nécessaires. Une anesthésie péridurale peut être proposée pour atténuer la douleur.
Les étapes du déclenchement
Un déclenchement dure en moyenne entre 24 et 48 heures. La patiente est d'abord accueillie à la maternité, puis un examen est réalisé avant de commencer le déclenchement. La patiente est ensuite surveillée, avant d'être conduite en salle de naissance lorsque le col est prêt à s'ouvrir et que le travail commence.
Dans la plupart des cas, la séquence de déclenchement associe l'utilisation d'ocytocine pour entraîner l'apparition de contractions, puis la rupture de la poche des eaux pour accélérer le travail.
Déclenchement de convenance : une démarche différente
Le déclenchement de convenance est un accouchement provoqué à la demande pour des raisons non médicales. Il peut être envisagé pour des raisons d'organisation familiale ou de commodité géographique, par exemple. Cependant, il doit être réalisé dans des conditions strictes : terme supérieur à 39 semaines d'aménorrhée, bébé tête en bas, col utérin déjà bien ouvert et raccourci, et absence de césarienne lors d'une grossesse précédente.
Tous les praticiens n'acceptent pas le déclenchement de convenance, car ils engagent leur responsabilité vis-à-vis d'une conduite non médicale.
Les risques et les complications possibles
Comme lors d'un accouchement naturel, des complications peuvent survenir lors d'un déclenchement artificiel, telles que des contractions excessives de l'utérus ou un arrêt de la dilatation du col. Si ces complications apparaissent, une césarienne peut être nécessaire.
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Il existe un risque que le déclenchement ne "fonctionne" pas et qu'une césarienne devienne inévitable, surtout si le col est défavorable. Un travail anormalement long peut également survenir, augmentant le risque de saignements après l'accouchement.
Il est important de noter que la durée du travail est en moyenne plus longue lors d'un déclenchement artificiel que lors d'un accouchement naturel.
Aspects émotionnels et psychologiques du déclenchement
Le déclenchement de l'accouchement peut susciter des préoccupations émotionnelles chez certaines futures mamans. L'inquiétude liée à la douleur, la déception de ne pas vivre un accouchement spontané ou l'incertitude concernant le processus sont des sentiments fréquents.
Il est essentiel que la future mère soit informée, qu'elle puisse poser toutes les questions qu'elle souhaite et qu'elle soit impliquée dans la décision. Le soutien de l'entourage et de l'équipe médicale joue un rôle essentiel pour atténuer ces craintes et aider les mères à se sentir rassurées et en sécurité.
Le déclenchement est-il systématique ?
Le déclenchement artificiel peut augmenter le risque de complications pour la mère et l'enfant, comme les césariennes ou les difficultés respiratoires pour le bébé. C'est pourquoi il n'est pas systématiquement proposé.
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