La coqueluche est une maladie respiratoire très contagieuse causée par une bactérie appelée Bordetella pertussis. Bien que la généralisation de la vaccination ait considérablement réduit le nombre de cas depuis les années 1960, la maladie continue de circuler. La vaccination reste la meilleure prévention, particulièrement pour les nourrissons et les personnes âgées, pour lesquels la coqueluche peut être dangereuse. Cet article explore l'efficacité du vaccin contre la coqueluche, les obligations vaccinales, les recommandations pour différents groupes d'âge et les stratégies de prévention.
La Coqueluche : Un Danger Persistant
La coqueluche est une infection respiratoire bactérienne très contagieuse, qui a longtemps été une des principales causes de mortalité infantile. Elle se transmet de personne à personne, en particulier par les gouttelettes de la toux. La forme typique de la maladie se manifeste par une toux sans fièvre qui devient quinteuse, épuisante et répétée de jour comme de nuit pendant plusieurs semaines. Ces quintes peuvent entraîner des vomissements.
Bien que moins fréquente grâce à la vaccination, la coqueluche n'a pas disparu. Après quelques années de circulation limitée en Europe, notamment pendant la pandémie de COVID-19, une recrudescence des cas de coqueluche a été constatée en 2023 et en 2024. Le risque de morbidité et de mortalité est particulièrement élevé pour les nourrissons de moins de 6 mois non vaccinés ou partiellement vaccinés.
L'Importance Cruciale de la Vaccination
Le vaccin contre la coqueluche est le principal moyen d'éviter la maladie. En France, il est obligatoire pour les nourrissons dès l'âge de 2 mois depuis 2018.
Calendrier Vaccinal et Rappels
La vaccination contre la coqueluche est réalisée chez les nourrissons avec deux injections de vaccin, respectivement à l'âge de 2 et 4 mois, suivi d'un rappel à l'âge de 11 mois. Un rappel est préconisé à l'âge de 6 ans à l'occasion du rappel du vaccin contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite. Chez l'adulte, en l’absence de rappel à 25 ans, un rattrapage est possible jusqu’à 40 ans. Il repose sur l’injection d’une dose de vaccin DTcaPolio, si la vaccination contre la coqueluche remonte à plus de 10 ans. Les adultes qui ont eu la coqueluche moins de 10 ans auparavant n’ont pas besoin de recevoir une dose de rappel. Rappel à 25 ans : 1 dose de vaccin combiné contenant le vaccin contre la coqueluche (sauf en cas de vaccination contre la coqueluche qui date de moins de 5 ans).
Lire aussi: Tout savoir sur la pilule du lendemain
Vaccins Disponibles et Tarifs
Le vaccin contre la coqueluche n’existe pas seul. Toutes les formules existantes sont tétravalentes et l’associent au minimum aux 3 vaccins DTP (diphtérie polio tétanos). Sous cette forme, il a pour nom commercial Repevax®️ ou Boostrixtetra®️. Pour les enfants, les formules associent 5 ou 6 vaccins en même temps : on parle de vaccins pentavalents ou hexavalents. Les noms des vaccins hexavalents contre la coqueluche sont : Hexyon®️, Infanrix Hexa®️ ou Vaxelis®️. En vaccin pentavalent, on trouve Infanrix Quinta®️ et Pentavac®️. Le prix du vaccin contre la coqueluche chez l’enfant est de 24 ou 36 euros, selon qu’il est compris dans une formule de 5 ou de 6 vaccins. Chez l’adulte, le vaccin contre la coqueluche Repevax coûte 22,17 euros, tout comme le Boostrixtetra. La forme tétravalente pédiatrique Infanrix Tetra° coûte aux environs de 12 ans. Dans tous les cas, le vaccin est remboursé à 65 % par l’Assurance maladie. L’acte de vaccination lui-même (la consultation et l’injection) est remboursé à 100 % par l’Assurance maladie.
Où se Faire Vacciner ?
C’est en général le médecin généraliste ou le pédiatre qui réalise le vaccin, après vous avoir adressé une ordonnance pour l’acheter en pharmacie. Une sage-femme peut aussi faire l’injection du vaccin aux parents et à l’entourage d’une femme enceinte. Autre solution pour se faire vacciner : les PMI (protection maternelle et infantile) et les centres de vaccinations publics. Recevez une ordonnance en ligne de la part d’un médecin généraliste et faites vous vacciner ensuite ! La vaccination peut être réalisée en cabinet libéral, en pharmacie, à l’hôpital ou en PMI (pour les enfants jusqu’à 6 ans), ou dans un laboratoire de biologie médicale. Elle peut également être réalisée dans un centre de vaccination public. Dans ce cas, la prescription, la délivrance du vaccin et la vaccination s’effectuent sur place.
Effets Secondaires Possibles
Le vaccin contre la coqueluche donne très peu d’effets secondaires. On peut ressentir une rougeur, un gonflement ou de la douleur à l’endroit où le médecin a réalisé la piqûre. Il est aussi fréquent d’avoir un peu de fièvre, ou des douleurs musculaires ou articulaires.
Vaccination pendant la Grossesse : Une Stratégie Essentielle
Durant la grossesse, il est recommandé de réaliser le vaccin à partir du 2ème trimestre, plus précisément entre la 20ème et la 36ème semaine d’aménorrhée. Afin de réduire le risque de formes graves chez les nouveau-nés et les nourrissons, la Haute Autorité de Santé (HAS) recommande depuis 2022 la vaccination des femmes enceintes contre la coqueluche à partir du deuxième trimestre de grossesse, en privilégiant la période entre 20 et 36 semaines d’aménorrhée (SA). Cette mesure est la plus efficace pour protéger le nourrisson dès la naissance grâce au transfert transplacentaire des anticorps maternels. Elle préconise également que la vaccination soit effectuée à chaque grossesse, même si une vaccination a déjà eu lieu auparavant.
Couverture Vaccinale chez les Femmes Enceintes
Au total, en tenant compte de l’ensemble des déclarations de grossesse enregistrées dans la table historique de la maternité à la date du 1er octobre 2024, 386 712 femmes avaient débuté leur grossesse entre le 1er août 2023 et le 31 mars 2024, avec près de 50000 grossesses déclarées par mois en France. Parmi elles, 59,4% avaient accouché à la date du 1er octobre 2024. Le taux de vaccination contre la coqueluche dans cette population s’élevait à 63,2% (soit 244 422 femmes) dont plus de 90% avaient été vaccinées entre la 18ème et la 34ème semaine de grossesse. Parmi les 304 534 femmes ayant atteint au moins 34 semaines de grossesse à la date de fin de suivi, fixée au 1er octobre 2024, le taux de vaccination s’élevait à 65,4%. De très fortes disparités régionales ont été observées concernant la couverture vaccinale contre la coqueluche parmi ces femmes. En effet, les taux étaient nettement supérieurs à la moyenne nationale dans les régions situées dans le nord et l’ouest de la France telles que les Pays de la Loire (80,9%), la Bretagne (80,3%), la Normandie (79,9%), la Nouvelle-Aquitaine (75,4%) et les Hauts-de-France (72,5%).
Lire aussi: Allaiter après un mois
Facteurs Socio-Économiques et Vaccination
Par ailleurs, les indicateurs socioéconomiques mettaient en évidence un léger déséquilibre entre les femmes ayant été vaccinées contre la coqueluche pendant leur grossesse et celles qui ne l’avaient pas été. En effet, les femmes vaccinées bénéficiaient moins de la complémentaire santé solidaire (16,7% vs. 32,1%), avaient moins recours à des consultations auprès de services de PMI (3,9% vs.4,4%), étaient plus souvent issues de communes plus favorisées (FDep 1er quintile (moins défavorisé) : 22,1% vs. 16,6%) et vivaient dans des communes offrant une meilleure accessibilité potentielle localisée aux médecins généralistes (APL MG 4ème quartile : 26,2% vs. Ces résultats montrent que la vaccination des femmes pendant leur grossesse contre la coqueluche, recommandée par l’OMS et déjà mise en œuvre par une trentaine de pays dans le monde depuis au moins dix ans, a été largement suivie durant l’épidémie 2023/2024, malgré son caractère non obligatoire. En effet, le taux de vaccination connaît une forte hausse en France chaque année depuis 2021. Selon les données du registre Epi-Mères (grossesses-enfants) construit par EPI-PHARE à partir du SNDS, les taux de vaccination étaient respectivement d’environ 41%, 12%, et 2% pour les années 2023, 2022, et 2021. La forte augmentation de ce taux de couverture élevé semble témoigner de l’efficacité des actions de sensibilisation de l’Etat et de l’Assurance Maladie auprès des femmes enceintes.
Le "Cocooning" : Une Stratégie Complémentaire
Il existe en France une pratique appelée « cocooning », qui consiste à vacciner tout l’entourage d’un bébé avant sa naissance. Doit-on prescrire une vaccination de l’entourage d’un nouveau-né né à terme dont la mère a été vaccinée à 32 semaines d’aménorrhée ? Non !!! ce n’est pas indispensable et plus recommandé. La vaccination maternelle est bien plus efficace (85-90%) que le cocooning (au mieux 50%).
Questions Fréquentes et Réponses
Doit-on prescrire une antibioprophylaxie à un petit nourrisson d’un mois et demi dont le frère de 5 ans a une coqueluche prouvée si la mère a été vaccinée contre la coqueluche pendant la grossesse ? Oui !!!
Quel vaccin faut-il proposer à un patient qui vient de faire la coqueluche et qui est en âge de recevoir une injection de vaccin ? Le vaccin qui était prévu à son âge !!! En effet, pour les nourrissons, la maladie est peu immunisante et un vaccin contenant la valence coquelucheuse s’impose (en l’occurrence un hexavalent).
Je vois une patiente qui a été en contact étroit, il y a 1 semaine, avec une personne ayant la coqueluche. Elle n’a pas eu de rappel coqueluche ces dernières années (elle a 28 ans). Puis-je lui faire un dTCaP si elle incube la coqueluche ? OUI !!! Cette vaccination est sans danger pendant une incubation mais elle ne serait pas efficace en post exposition.
Lire aussi: Tomber enceinte en prenant la pilule : les risques
J’ai vu un enfant de 5 ans correctement vacciné pour son âge (2,4 et 11 mois) et qui a fait une coqueluche clinique avec une PCR positive dans le contexte d’épidémie scolaire. Dois-je pratiquer un bilan immunitaire ? Non !!! La durée moyenne de protection des vaccins acellulaires (environ 5 ans) est plus courte que celle induite par la maladie naturelle (environ 10 ans) et chez certains patients, elle est plus courte.
Une jeune fille de 18 ans n’a jamais été vaccinée car la famille ne voulait pas. Je lui ai prescrit un Tetravac®. Comment continuer : Tetravac® 0-2-7-mois ou relais par Repevax® ou Boostrix® ? Les adultes jamais vaccinés (comme pour cette patiente) sont assez rares - et donc les données limitées ! Les vaccins tétravalents de l’adulte sont 15 fois moins dosés pour la diphtérie, 3 à 10 fois moins pour la toxine pertussique, 2 fois moins pour le tétanos. Il existe des contradictions dans les documents officiels : les vaccins adultes n’ont pas d’AMM en primo-vaccination et le Tetravac® n’a pas d’AMM chez l’adulte !
J’ai un patient de 6 ans atteint d’un syndrome de Dravet qui n’a jamais été vacciné. Je voudrais lui proposer la vaccination antidiphtérique, antitétanique, antipoliomyélitique, antipneumococcique et anti Hib en évitant anticoquelucheux et antirougeoleuse. Comment procéder ? Ce syndrome est une forme d’épilepsie réfractaire débutant avant l’âge d’un an. Des mutations du gène SCN1A d’un canal sodique sont retrouvées chez 3/4 des patients. Le facteur déclenchant les crises est le plus souvent la fièvre, et une vaccination précède la première crise dans la moitié des cas. Une étude française récente suggère que le profil de réponse inflammatoire après un vaccin hexavalent chez ces enfants est différent des témoins de même âge pouvant expliquer cette association (Auvin Epilepsia 2018;59:e45-e50). Toutefois, la précipitation de l’apparition des crises par la vaccination n’affecte pas le cours de la maladie (McIntosh Lancet Neurol.2010;9:592-8) et de ce fait, le syndrome de Dravet ne constitue pas une contre-indication aux vaccins (PrunaEpilepsia, 54,Sup 7:13-22, 2013). Il n’apparaît donc pas raisonnable de ne pas protéger cet enfant de l’ensemble des maladies à prévention vaccinale, tel que recommandé par le calendrier vaccinal. Le vaccin coqueluche acellulaire n’est pas plus à risque que les autres vaccins mais porte encore le fardeau du vaccin entier qui avait mauvaise presse.
J’ai eu 3 cas de coqueluche (PCR +) dont 2 chez de très jeunes enfants (14 et 30 mois) correctement vaccinés. Que faut-il en penser ? Dans un contexte où de faux certificats circulent, s’assurer en premier lieu que les enfants sont effectivement vaccinés. De plus, si c’est B parapertussis, le vaccin n’offre aucune protection. S’il s’agit bien de B. pertussis, c’est un échec de vaccination. Les études ont démontré que l’efficacité des vaccins acellulaires, dans les 2 ans qui suivent leur administration, avoisine 85-90% (ce n’est donc pas 100%).
Faut-il vacciner les prématurés < 33 SA avec un schéma 2+1 (comme le recommande le calendrier vaccinal) ou 3+1 (comme le préconisent InfoVac-France et le GPIP) ? Pour InfoVac la réponse est claire : un schéma renforcé 3+1 (2, 3, 4, 11 mois) pour les prématurés de moins de 33 SA, pour le Prevenar13®/ Vaxneuvance® et pour les hexavalents. En effet, ces grands et très grands prématurés présentent un risque infectieux accru (en fréquence et en gravité : 1/3 des coqueluches malignes !!) mais aussi une réponse immunitaire moins robuste pour presque toutes les valences. L’immunité́ de groupe limite les risque pour Hib et pneumocoques, mais pas pour la coqueluche ni l’hépatite B, pour laquelle l’immunité est supposée durer à vie… Ces grands et très grands prématurés représentant moins de 2% des naissances, il n’y pas d’enjeu économique. Ils doivent recevoir la 1ère dose avant leur retour à domicile s’ils sortent à 6 semaines de vie (J 42) du fait des risques d’apnée-bradycardie- désaturation dans les 48 heures qui suivent la vaccination. Pour réduire les retards vaccinaux, et permettre leur sortie précoce si c’est possible, la vaccination est donc initiée dès 6 semaines de vie (42 jours !) renforçant l’utilité́ d’un schéma renforcé de primovaccination « 3+1 ». Enfin, une étude récente suggère que même pour les enfants à terme, le schéma 2+1 induit un peu plus d’échec que le schéma 3+1 (RR 1·7 (95% CI 1·4-2·0).
Une auxiliaire de puériculture travaillant en crèche est suspecte de coqueluche bien qu’elle ait été vaccinée, il y a 6 ans, par un dTPca. Ce diagnostic est-il envisageable ? En attendant les résultats, doit-on traiter par antibiotiques les nourrissons de 5 à 10 mois dont elle s’occupait et qui ont tous reçu 2 doses d’Hexavalent ? La réponse à votre première question est OUI. La durée de protection avec les vaccins acellulaires est probablement moins longue que celle obtenue avec les anciens vaccins entiers (Guiso N, Vaccine 2017) et le diagnostic de coqueluche est donc possible. La réponse à votre deuxième question est NON.
Quelle est l’efficacité en vie réelle de la vaccination de la mère pour prévenir les coqueluches des premiers mois de vie ? Excellente !!!! Il existe de très nombreuses études démontrant l’innocuité et l’efficacité de ces vaccins sur la prévention des coqueluches précoces. En Angleterre, (Amirhalingam Clin Infect Dis 2016), 3 ans après l’implémentation de cette vaccination chez la femme enceinte, son efficacité vis à vis de la coqueluche du petit nourrisson est estimée à 91% (IC95% 88-94) et à 95% (IC 79%-100%) pour les décès.
J’ai vu plusieurs nourrissons qui avaient reçu du Boostrix® ou du Repevax® en primo-vaccination dans la première année de vie. Peut-on les considérer comme protégés s’ils ont reçu un schéma 2+1 ? Non !!! En effet, aucune étude n’a été réalisée avec ces vaccins faiblement dosés pour cette tranche d’âge. De plus, si les doses d’antigènes sont identiques pour la poliomyélite, elles sont, rappelons-le, 15 fois inférieures pour la diphtérie, 6 à 10 fois inférieures pour la coqueluche et 2 fois inférieures pour le tétanos. Il y a peu de chance que les seuils d’immunogénicité considérés comme protecteurs soient atteints ; il vaut mieux ne pas comptabiliser ces doses et reprendre un schéma de rattrapage 2+1.
Quel programme de vaccination proposer à un adolescent de 13 ans n’ayant pas reçu de valence coquelucheuse à 11 ans mais à jour pour les autres valences ? La question est plus compliquée qu’il n’y parait… A titre individuel, qu’il ait reçu sa dernière dose de vaccin coquelucheux à 18 mois ou à 6 ans, il n’est probablement plus protégé et il faut lui proposer une vaccination dTcaP.
Combien de doses et quel vaccin faut-il donner aux grands-parents qui vont garder un bébé et qui ne savent pas s’ils ont eu la coqueluche ou ont été vaccinés ? Si la mère a été vaccinée pendant la grossesse ; aucun vaccin coqueluche n’est nécessaire ni utile. Sinon, il y a peu de chances qu’ils n’aient jamais reçu de vaccin et qu’ils n’aient pas fait la maladie… Il suffit de donner une dose unique de Boostrix® ou de Repevax®, SANS FAIRE DE SEROLOGIE puisqu’elle n’indique absolument pas l’existence d’une protection même si elle est positive.
Un enfant de 11 ans avait fait une très forte réaction (tuméfaction de tout le bras, vomissements, malade pendant 2 semaines, etc.) après sa 4ème dose d’InfanrixHexa® à 16 mois. Son médecin de l’époque avait renoncé à la vaccination ROR. Que me conseillez-vous ? Est-il préférable de renoncer à la composante coqueluche ? Ces réactions inflammatoires de type Arthus surviennent chez ceux qui ont encore des titres d’anticorps élevés au moment de la vaccination. Elles sont spécifiques et généralement causées par le vaccin tétanos et diphtérie, les plus immunogènes des antigènes. Il n’y a donc aucune crainte à avoir pour les autres vaccins, et aucune raison de renoncer à la composante coqueluche acellulaire qui n’augmente pas le risque d’effets secondaires.
Une patiente de 84 ans, atteinte de lymphome récidivant mais sans traitement a été en contact étroit avec un membre de sa famille présentant une coqueluche. Faut-il la vacciner ?
Une petite patiente âgée de 4 ans en bonne santé et bien vaccinée a présenté un épisode de toux prolongée, intense, émétisante, nocturne. Une sérologie coqueluche s’est avérée négative. Comment l’expliquer ? Cette situation est habituelle : les anticorps induits par la vaccination diminuent rapidement, ne corrèlent pas avec la protection et les kits de diagnostic de coqueluche ne sont pas faits pour les détecter !
Est-ce qu’un enfant ayant fait une coqueluche est protégé à vie ? De façon générale, quelles sont les maladies qui entraînent une immunité suffisante pour ne plus nécessiter une vaccination ? On a pu croire que la coqueluche conférait une immunité définitive tant que l’intense circulation du germe permettait des contacts répétés réalisant des rappels naturels. Maintenant que ces contacts sont devenus rares, la maladie immunise pour une dizaine années. Le maintien de l’immunité, qu’elle soit post-infectieuse ou post-vaccinale repose essentiellement sur la persistance de taux d’anticorps suffisants à la protection - que ceux-ci soient directement protecteurs ou reflètent aussi le maintien de l’immunité cellulaire ou de cellules B-mémoires. Une immunité prolongée est observée après quelques maladies virales (hépatites A et B, rougeole, rubéole, oreillons, varicelle, encéphalite à tiques…), probablement par la persistance dans l’organisme d’antigènes viraux stimulant les cellules mémoires à se différencier en plasmocytes producteurs d’anticorps. Au contraire, les maladies bactériennes induisent une immunité qui n’est que transitoire (coqueluche, pneumocoques), voire absente (diphtérie, tétanos, méningites bactériennes chez le nourrisson) ou encore limitée à un seul sérotype/sérogroupe (pneumocoques, méningocoques).
Efficacité du Vaccin et Durée de Protection
L’efficacité du vaccin contre la coqueluche chez le nourrisson varie, selon les études, entre 85% et près de 100%. La durée de protection est estimée entre cinq et dix ans. Les rappels ultérieurs sont donc nécessaires. La durée de protection est estimée entre 5 et 6 ans pour les enfants. L’efficacité du vaccin varie entre 85% et 100% selon les études. Les rappels ultérieurs sont donc impératifs. La durée de protection avec les vaccins acellulaires est probablement moins longue que celle obtenue avec les anciens vaccins entiers (Guiso N, Vaccine 2017) et le diagnostic de coqueluche est donc possible. La durée moyenne de protection des vaccins acellulaires (environ 5 ans) est plus courte que celle induite par la maladie naturelle (environ 10 ans) et chez certains patients, elle est plus courte.
Recommandations Générales
La vaccination contre la coqueluche est obligatoire chez tous les nourrissons, nés depuis le 1er janvier 2018, à partir de 2 mois. La Haute Autorité de Santé a recommandé le 22 juillet 2024 que toute personne en contact proche avec un nouveau-né et/ou nourrisson de moins de 6 mois dans un cadre professionnel reçoive un rappel, si son dernier vaccin contre la coqueluche date de plus de 5 ans. N’hésitez pas à vous renseigner, selon votre situation, auprès de votre médecin traitant ou de votre médecin du travail. Le risque de contracter la coqueluche n’est pas plus important dans les autres pays du monde qu’en France.
tags: #coqueluche #vaccin #efficacité
