L'allaitement, bien que naturel, peut présenter des défis pour les mères, notamment la mastite. Cet article explore les causes, les symptômes et les traitements de la mastite, en particulier lorsqu'elle survient en dehors de l'allaitement.

Qu'est-ce que la mastite ?

La mastite est une inflammation du tissu mammaire qui peut provoquer des symptômes douloureux. Bien qu'elle soit plus fréquente chez les femmes qui allaitent, elle peut également survenir chez les femmes qui n'allaitent pas.

Mastite pendant l'allaitement

La mastite est une infection du tissu mammaire provoquant de nombreux symptômes douloureux. C’est une pathologie qui est très courante parmi les femmes qui allaitent au sein. En moyenne, 20% des femmes allaitantes souffrent de mastite qui apparaît généralement durant les six premiers mois du bébé. Une des conséquences de la mastite est que l’allaitement peut devenir douloureux et difficile, ce qui peut gêner la relation entre vous et votre bébé et même freiner votre production de lait. Il est fortement conseillé de soigner la mastite et ses symptômes rapidement pour vous aider vous et votre bébé à rester à l’aise et en pleine santé tout en garantissant une production de lait continue.

Symptômes de la mastite

La mastite peut se manifester par divers symptômes, notamment :

  • Fièvre et symptômes similaires à la grippe
  • Nausée
  • Vomissements
  • Écoulement jaunâtre au niveau du mamelon
  • Des seins chauds au toucher
  • Des seins qui rosissent ou rougissent
  • Des seins qui sont fermes ou durs
  • Une sensation de brûlure durant les tétées

Il existe cependant une nette différence entre les deux : la mastite diffère de l’engorgement car elle touche généralement une seule partie du sein et non la poitrine entière.

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Causes de la mastite inflammatoire

La mastite survient la plupart du temps dans les 2 à 3 semaines suivant l’accouchement. Les causes les plus courantes de l’apparition d’une mastite sont les suivantes :

  • Les intervalles prolongés entre chaque tétée, notamment quand le bébé commence à faire ses nuits.
  • Mauvaise prise du sein pendant la tétée.
  • Évacuation partielle du lait maternel, due par exemple à un canal lactifère bouché.
  • Seins engorgés non traités.
  • Pression régulière sur une partie du sein.
  • Traumatisme mammaire dû à une blessure ou un choc.
  • Une infection bactérienne.

En résumé, la mastite est généralement due à du lait resté trop longtemps dans le sein et que l’on appelle une stase de lait. Celle-ci encourage le développement de bactéries, ce qui provoque l’apparition de la mastite et ses symptômes de douleur et de fièvre. Il est donc important de vérifier que le lait soit complètement évacué des seins pour éviter tout risque de mastite inflammatoire et d’engorgement.

Mastite hors allaitement (non puerpérale)

Il faut tout d’abord faire la différence entre une stase du lait et une mastite. Ce sont deux affections complètement différentes. Déjà il faut savoir qu’il existe aussi des mastites en dehors de l’allaitement. En effet, même sans sécrétion de lait, la glande mammaire peut subir la venue se bactéries et s’infecter. Ces mastites sont non puerpuerales. A contrario les mastistes puerpuerales (durant l’allaitement) représente environ 86% des cas.

Causes de la mastite non puerpérale

Contrairement à la mastite puerpérale, la mastite non puerpérale survient en dehors de la grossesse et de l'allaitement. Les causes peuvent varier et incluent :

  • Infections bactériennes : Les bactéries peuvent pénétrer dans le tissu mammaire par des fissures cutanées ou des piercings.
  • Tabagisme : Le tabagisme est un facteur de risque important pour la mastite péri-aréolaire.
  • Dilatation des canaux galactophores : Dans la mastite plasmocytaire, les canaux galactophores se dilatent et s'inflamment.
  • Mastite granulomateuse idiopathique (MGI) : Une pathologie rare avec un nodule du sein de siège périphérique inflammatoire, mal limité.

Types de mastite non puerpérale

On distingue deux étiologies principales : la mastite plasmocytaire et la mastite granulomateuse.

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  • Mastite plasmocytaire : Elle est l’apanage de la femme d’âge moyen. Dans la mastite plasmocytaire, les abcès sont périmamelonnaires et non périphériques. Un écoulement mamelonnaire peut être retrouvé. Quatre-vingt-dix pour cent des patientes présentant cette lésion fument.
  • Mastite granulomateuse idiopathique (MGI) : Elle survient chez la femme d’âge jeune. La présentation clinique est habituellement celle d’un nodule du sein de siège périphérique inflammatoire, mal limité, si bien que dans plus de 50 % des cas la confusion est possible avec un cancer du sein inflammatoire. Ce nodule peut s’abcéder et ou s’infecter.

Diagnostic de la mastite non puerpérale

En cas de mastite survenant en dehors de la grossesse et de la lactation, il convient en premier lieu dexclure la présence dune tumeur du sein (mastite carcinomateuse). De ce fait, une mammo /échographie doit être réalisée avec biopsie au moindre doute.

L’interrogatoire précise l’histoire de la maladie et les antécédents personnels et familiaux. L’examen clinique comporte comme toujours une inspection et une palpation des glandes mammaires et des aires ganglionnaires, d’abord au repos, la patiente debout ou assise puis couchée, puis sensibilisées par la mobilisation, active et passive. Il se termine par un examen général. On pourra ainsi préciser le cadre dans lequel survient cette réaction inflammatoire et ses modalités d’installation et reporter dans le dossier médical les constatations cliniques, incluant un schéma qui servira à surveiller l’évolution.

Symptômes de la mastite non puerpérale

Cliniquement les mastites se manifestent par la triade classique, chaleur, rougeur et douleur, le plus souvent sans signes généraux associés. L’oedème est rare dans les mastites purement inflammatoires. Et il n’y a généralement pas de peau d’orange, ce qui les distingue des mastites carcinomateuses. La palpation d’un empâtement ou d’une masse n’est pas forcément péjorative, pouvant correspondre à des canaux dilatés pseudokystiques. L’évolution est très capricieuse. La rougeur s’étend, s’associe à un oedème le plus souvent discret et peut apparaître une petite tumeur superficielle douloureuse, parfois fluctuante, réalisant un abcès péri-aréolaire amicrobien, qui finit habituellement par se fistuliser le long d’une zone de moindre résistance, le plus souvent la frontière aréole-peau. Les abcès péri-aréolaires, qui correspondent à la majorité des abcès mammaires non puerpéraux, ont une forte tendance à récidiver, avec surinfection secondaire possible à partir de germes cutanés.

Traitement de la mastite non puerpérale

Le traitement dépend de la cause sous-jacente. Il peut inclure :

  • Antibiotiques : En cas d'infection bactérienne.
  • Anti-inflammatoires : Pour réduire l'inflammation et la douleur.
  • Corticothérapie : En cas d’échec de la prise d’anti-inflammatoire, la corticotherapie peut être proposée (sous l’avis d’un médecin).
  • Chirurgie : La chirurgie avec ouverture du sein et drain pour éliminer le pus peut également être envisagée. La ponction est la technique recommandée : elle est très efficace et les conséquences plus légères.
  • Arrêt du tabac : Essentiel en cas de mastite péri-aréolaire.

Il n’y a pas d’indication à un traitement chirurgical. Au contraire, une intervention chirurgicale pourrait augmenter le risque de non cicatrisation et de récidive. Ainsi la prise en charge consiste en un traitement par anti-inflammatoires non stéroïdiens au long cours jusqu’à cicatrisation. Parfois, deux ou trois mois de traitement sont nécessaires. Il n’y a pas d’indication à un traitement antibiotique sauf si une surinfection est prouvée.

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Comment éviter la mastite pendant l'allaitement ?

La bonne nouvelle est qu’il existe plusieurs astuces simples à adopter pour éviter l’apparition d’une mastite.

  • Prenez soin de vos seins pour éviter les irritations. Prendre soin de ses seins en massant la zone congestionnée et garder les mamelons au sec grâce à des coussinets d’allaitement doux peuvent contribuer à éviter les risques de mastite. Opter pour des coquilles d’allaitement dans le soutien-gorge est aussi une excellente manière de protéger les mamelons endoloris.
  • Allaitez régulièrement. Allaiter régulièrement et à temps pour vider complètement les seins du lait maternel est essentiel. Même si le bébé dort, il est conseillé aux parents de le réveiller si c’est l’heure de la tétée. Vous pouvez exprimer votre lait avec un tire-lait si vous ne pouvez pas être présente pour la tétée.
  • Vérifiez que le bébé prenne bien le mamelon. Beaucoup de complications liées à l’allaitement peuvent être évitées par une bonne prise au sein. Découvrez les différentes positions d’allaitement qui facilitent une bonne prise au sein et aident à éviter la mastite et autres difficultés d’allaitement.
  • Introduisez progressivement le sevrage de l’allaitement. Diminuer la production de lait progressivement en sautant des tétées une à une permet de réduire les risques de complications.

Comment soigner une mastite ?

Le traitement naturel le plus courant est l’allaitement ! En effet, en cas de mastite, l’allaitement peut même aider à dissiper l’infection sans danger d’effets secondaires indésirables. Il est cependant conseillé de contacter un professionnel de santé pour savoir comment soigner une mastite, en particulier si les symptômes ne s’améliorent pas après 24 heures ou s’ils empirent. Les médecins prescrivent généralement des antibiotiques, de l’acétaminophène ou de l’ibuprofène pour aider à soulager une mastite, en prenant soin de vérifier que les médicaments prescrits soient compatibles avec l’allaitement.

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