Les douleurs abdominales après les règles peuvent être attribuées à diverses causes, allant de phénomènes physiologiques normaux à des pathologies gynécologiques sous-jacentes. Cet article explore les causes possibles des douleurs abdominales post-menstruelles, les symptômes associés et les options de traitement disponibles.

Introduction

Les douleurs pelviennes et les saignements imprévus font partie des symptômes éprouvés par les femmes en âge d’être menstruées, mais aussi par celles qui ne le sont pas ou plus. Une femme sur cinq ressent des douleurs pelviennes, notamment durant les menstruations. Ces souffrances sont communes et souvent banalisées. Cependant, en parler avec son professionnel de santé est important. Même quand les douleurs pelviennes ressenties pendant les menstruations sont anodines, elles peuvent être soulagées par une prise en charge adaptée. Dans certains cas, elles peuvent être le signe d’une pathologie gynécologique.

Causes des douleurs abdominales après les règles

Syndrome post-menstruel (SPM)

Les manifestations du syndrome prémenstruel, ou SPM, toucheraient 20% à 40% des femmes en âge de procréer. Cependant, ces symptômes sont aussi susceptibles d’apparaître après la fin des règles. Le syndrome post-menstruel apparaîtrait pendant la phase lutéale, à savoir le moment entre l’ovulation et les règles suivantes. En raison de la baisse du taux d’œstrogènes, les manifestations psychologiques du syndrome post-menstruel peuvent être "intenses" et provoquer une baisse du moral avec de l’irritabilité, voire des pleurs. Côté symptômes physiques, on retrouve également "des douleurs au ventre, aux articulations, au dos et au cou, ou des maux de tête et des douleurs pendant les rapports sexuels".

Endométriose

L’endométriose est une maladie complexe dont les causes exactes ne sont pas encore comprises. Elle se définit par la migration de tissus provenant de l’utérus vers d’autres organes. L’endométriose provoque des douleurs dans la partie inférieure du ventre, variables d’une personne à l’autre. La maladie peut évoluer au fil du temps, avec une augmentation possible de la fréquence et de la gravité des symptômes. Les lésions d’endométriose sont responsables de symptômes douloureux variés, qui se manifestent initialement pendant les règles. Au fil des années, ces symptômes peuvent être ressentis également en dehors des règles, mais néanmoins leur intensité reste maximale pendant ou autour des règles.

Les lésions d’endométriose peuvent infiltrer voire engainer les uretères. Il peut en résulter des épisodes de douleurs lombaires, mais le plus souvent ces lésions sont longtemps asymptomatiques. Ce sont des douleurs qui surviennent entre les règles et qui peuvent conduire à un fond douloureux chronique, quotidien, rebel aux médicaments antalgiques habituels.

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Dans certains cas, l'endométriose peut entraîner la formation de tissus cicatriciels ou de tumeurs ovariennes. Les symptômes peuvent également s’étendre à d’autres parties du bassin tels que la vessie et le rectum, et plus rarement hors du bassin. Les douleurs handicapantes générées par la maladie sont néfastes sur la qualité de vie de la personne atteinte. Il existe également des formes d’endométriose asymptomatiques.

L'endométriose est donc une maladie aux multiples symptômes et qui peut notamment entraîner un ventre gonflé, dur et douloureux chez certaines patientes. De causes multi-factorielles semblent justifier cet endobelly, telles que la dysbiose intestinale ou une alimentation pro-inflammatoire par exemple. De façon générale, ces troubles modifient les taux d'oestrogène et entraînent de l'inflammation ce qui dérègle le fonctionnement intestinal et stimule la prolifération de l'endométriose.

Endométriose digestive

Des douleurs abdominales régulières, des problèmes de constipation ou de ballonnements quand les règles arrivent, de fortes crampes dans le bas-ventre pendant la menstruation… Ces symptômes peuvent être évocateurs d’une endométriose digestive. Cette forme de la maladie est souvent méconnue, mais elle touche pourtant 1 patiente sur 5 parmi les femmes concernées par cette pathologie.

L’endométriose profonde peut affecter l’appareil digestif, en infiltrant les différentes couches de la paroi du rectum, du colon, de l’intestin grêle et de l’appendice. L’ensemble de ces symptômes renvoie au cadre clinique de l’endométriose digestive.

Autres pathologies gynécologiques

Les douleurs pelviennes et les saignements peuvent être le signe d’une pathologie plus grave. Ces symptômes peuvent donc nécessiter une prise en charge rapide et une intervention médicale. Les douleurs pelviennes et des saignements en dehors des règles sont des symptômes communs de plusieurs pathologies utérines, notamment :

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  • Fibrome: cette tumeur bénigne est fréquente. La présence d’un fibrome entraîne à la fois des douleurs pelviennes et des saignements hémorragiques.
  • Kyste ovarien: cette tumeur bénigne peut faire l’objet de complications. Il peut être fonctionnel ou organique. Le premier disparaît spontanément, le second doit être retiré à l’occasion d’une intervention chirurgicale. Sa présence peut provoquer des douleurs pelviennes soudaines et intenses.
  • Syndrome des ovaires polykystiques: d’origine hormonale, ce trouble entraîne divers symptômes, notamment la prolifération de follicules partiellement développés sur les ovaires, des règles irrégulières, de l’acné hormonal, une augmentation de la pilosité.

Cette liste de pathologies est non exhaustive. D’autres maladies ont comme symptômes des douleurs pelviennes et des saignements. Des explorations plus poussées peuvent être nécessaires pour poser un diagnostic et envisager un traitement. Il est donc indispensable de prendre rendez-vous avec votre professionnel de santé. Un suivi gynécologique régulier permet de faire le point sur votre état de santé et d’envisager rapidement un traitement si nécessaire.

Facteurs liés au cycle menstruel

Le cycle menstruel est un phénomène très fragile, susceptible d’être affecté par n’importe quelle variable : du stress, un événement marquant, un voyage… Les femmes peuvent ressentir des crampes au ventre lorsqu’elles ont leurs règles. En effet, le mal de ventre est le principal symptôme des règles douloureuses. Dans certains cas, la douleur est si forte qu’on est obligé d’interrompre ses activités quotidiennes.

Le mal de ventre que vous pouvez ressentir lors de règles douloureuses s’explique par des contractions un peu fortes de l’utérus, provoquées par un excès de prostaglandine. Les symptômes de règles douloureuses sont faciles à identifier : vous avez mal au ventre pendant les règles et parfois les jours les précédant. Vous ressentez une douleur qui ressemble à des crampes, qui peut se propager au dos et aux cuisses.

Dysbiose intestinale et alimentation

L’endométriose s’accompagne régulièrement d’une dysbiose microbienne intestinale qui peut entraîner de l'inflammation et augmenter la perméabilité de la barrière épithéliale. De plus, le microbiome intestinal est impliqué dans la régulation des œstrogènes circulants et peut donc impacter négativement l'endométriose. Ces hormones sexuelles affectent à la fois la connexion cerveau-intestin et les processus physiologiques impliqués dans la sensibilité des intestins.

La constipation est très fréquente chez les femmes qui souffrent d'endométriose. Elle favorise la remise en circulation d'oestrogènes qui lorsqu’elles sont mal régulées dans l’organisme peuvent conduire à une d'hyperoestrogénie (excès d'oestrogènes). La consommation d’une alimentation pro-inflammatoire et oxydantes peut exacerber les douleurs digestives des patientes endométriosiques dont le corps souffre déjà d’un processus inflammatoire. En effet, ce types d'aliments peuvent conduire à un stress oxydatif par la création de radicaux libres, provoquer une dysbiose intestinale et également modifier les taux d'oestrogène conduisant à une inflammation générale du corps.

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Symptômes associés

Les symptômes associés aux douleurs abdominales après les règles peuvent varier en fonction de la cause sous-jacente. Voici quelques symptômes courants :

  • Douleurs pelviennes chroniques: ces douleurs se manifestent toujours au même moment du cycle ou n’ont aucun lien avec le cycle et persistent au-delà de 6 mois.
  • Dysménorrhées: ce terme désigne les douleurs menstruelles, soit celles qui apparaissent pendant les règles. Elles provoquent de douloureuses crampes et s’accompagnent de symptômes désagréables tels que des maux de tête, des nausées, des vomissements.
  • Syndrôme intermenstruel: cette douleur pelvienne survient au moment de l’ovulation. Elle est d’apparition soudaine et peut durer quelques minutes ou plusieurs heures. Souvent, elle s’accompagne de spotting (perte de sang légère en dehors des règles).
  • Saignements anormaux: les saignements constatés à d’autres moments du cycle sont appelés métrorragies ou plus communément, spotting. Si le flux est hémorragique, on parle de ménorragie.
  • Symptômes digestifs: on retrouve des douleurs à la défécation, à la distension du rectum, parfois majorées pendant les règles. Certaines femmes souffrant d’endométriose se plaignent de nausées et de ballonnements intestinaux, parfois intenses, de maux de ventre ou de diarrhée après les repas, voire d’alternance de diarrhée et de constipation.
  • Symptômes urinaires: les cystalgies cataméniales, la pollakiurie diurne et nocturne, ainsi que l’impression d’avoir régulièrement une infection urinaire (mais sans infection prouvée lors d’un examen bactériologique des urines) pendant les règles justifient la recherche d’une endométriose profonde de la vessie.

Diagnostic

Le diagnostic de l’endométriose peut être long et difficile. En France on estime que 7 années en moyenne seraient nécessaires avant d’obtenir un diagnostic de la maladie. La maladie peut être diagnostiquée via une échographie pelvienne ou endovaginale ou une IRM. Un test salivaire (Endotest®) est en cours d’évaluation pour améliorer le diagnostic lorsque les examens d’imagerie ne sont pas concluants.

Dans le cas de l’endométriose digestive, selon les cas, une IRM pelvienne, une échographie endovaginale, un coloscanner… doivent être pratiqués pour évaluer très précisément l’étendue et la profondeur des lésions.

Les douleurs dues à l’endométriose ne sont pas proportionnelles à la sévérité de l’endométriose : un seul fragment d’endomètre mal placé peut engendrer des douleurs plus intenses que plusieurs fragments.

Traitements

À l’heure actuelle, aucun traitement n’existe pour guérir l’endométriose : il est seulement possible d’en diminuer les symptômes. Pour ce faire, des médicaments anti-inflammatoires et des analgésiques (ibuprofène par exemple) peuvent être prescrits pour réduire la douleur. Des contraceptifs hormonaux (pilule, implants, anneaux vaginaux…) peuvent être employés pour limiter la croissance de tissu endométrial anormal. Dans certains cas, une intervention chirurgicale peut permettre d’éliminer les lésions et tissus cicatriciels. Il n’existe pour l’heure pas de traitement préventif efficace contre l’endométriose.

La prise d’un antalgique ou d’un antispasmodique prescrit par un professionnel de santé peut suffire à soulager la dysménorrhée et le syndrome intermenstruel. En général, aucun traitement spécifique n’est requis. Néanmoins, si ces douleurs persistent ou deviennent plus importantes, un suivi médical approprié est requis.

Dans le cas de l’endométriose digestive, dès que le diagnostic est posé, des traitements efficaces peuvent être proposés. La prise en charge repose avant tout sur le traitement médical ; elle doit être assurée par une équipe pluridisciplinaire, supervisée par un centre expert. Malgré un effet limité sur la taille des nodules digestifs, l’aménorrhée (arrêt des règles) induite par un traitement hormonal permet une amélioration significative des symptômes digestifs dans une majorité des cas. La plupart des interventions pour l’endométriose digestive réalisées aujourd’hui cherchent à être les moins invasives possibles. Ce type de chirurgie permettrait la guérison dans 85% de cas. Quant aux douleurs ressenties, elles disparaissent chez près 80% des femmes opérées.

Le traitement de référence de l'endométriose est la prise d'une solution hormonale en continu, par pilule oestroprogestative ou par la pose d'un stérilet au levonorgestrel. Ces traitements présentent des risques d'effets indésirables et notamment des troubles digestifs, des gonflements abdominaux et une modification de l'appétit pouvant conduire à une prise de poids; autant de symptômes qui peuvent conduire à un endobelly. Il existe des traitements contre l'endométriose qui peuvent parfois supprimer les symptômes associés, notamment diminuer le gonflement du ventre. Le traitement de référence est donc la prise d'une solution hormonale qui vise à stopper le cycle menstruel et donc la progression de la maladie et les symptômes associés, dont l’endobelly. Paradoxalement, les effets secondaires de ces traitements peuvent parfois accentuer ce symptôme. Ces traitements ne sont pas toujours suffisants et certaines patientes peuvent alors avoir recours à une opération chirurgicale qui a pour objectif de retirer les lésions d'endométriose.

De façon générale, il est recommandé aux patientes atteintes d'endométriose d’appliquer des règles hygiéno-diététiques au quotidien : une alimentation anti-inflammatoire et antioxydante composée principalement de fibres (fruits et légumes), d'oméga 3, un bon apport hydrique pour limiter les risques de constipation, la pratique régulière d’une activité physique adaptée et une bonne gestion du stress.

Approches complémentaires

Appliquer quelques gouttes d’huile essentielle sur le ventre peut faire diminuer le mal de ventre des règles.

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