Dès les premiers signes de grossesse, il est important de connaître les organismes et lieux d'accueil dédiés aux familles et à la santé des jeunes enfants. Parmi ces structures, les centres de Protection Maternelle et Infantile (PMI) jouent un rôle essentiel. Ils constituent des lieux d’accès à la santé et à l’information, essentiels aux usagères. En leur sein, les infirmières puéricultrices jouent un rôle déterminant, s’intéressant autant à la santé des nourrissons qu’aux familles dans toutes leurs composantes. La PMI vise à accompagner et soutenir la parentalité dans de nombreuses situations, même les plus personnelles. Interlocutrice privilégiée des jeunes parents, elle est en mesure d'apporter des suivis adaptés pendant la grossesse, de répondre à des questions sur la naissance ou encore de prodiguer des conseils sur la poursuite de l'allaitement.
Qu'est-ce que la PMI ?
Placée sous l’autorité du Président du conseil, la PMI est chargée d’assurer la protection sanitaire de la mère et de l’enfant. Elle exerce un rôle de prévention dans le domaine de la santé, du développement et de l’éducation auprès des familles et des enfants. Il s’agit également de l’autorité de tutelle qui délivre l’autorisation officielle d’exercer l’activité d’accueil du jeune enfant en établissement d’accueil de jeunes enfants. Elle a un rôle de contrôle des établissements d’accueil des enfants de moins de six ans, des nourrices agréées et des assistantes maternelles. En France, il existe plus de 1300 centres dont les services varient d’un département à l’autre.
Les missions de la PMI
Les services de la PMI exercent différents rôles et ses actions peuvent différer selon les départements. Les objectifs de la PMI sont fixés à un niveau national mais les outils et moyens changent d’un département à un autre. La PMI est un lieu incontournable à connaître pour les jeunes parents, les professionnels de la petite enfance mais aussi les structures d’accueil de jeunes enfants.
Suivi de la grossesse et préparation à la parentalité
La PMI conseille et accompagne les femmes enceintes pendant toute la durée de leur grossesse si elles le souhaitent. Elle prépare également les futurs parents et toute la famille à l’arrivée du bébé en répondant à toutes leurs questions. Elle peut aussi effectuer un suivi post natal auprès des mères qui le désirent.
Suivi du développement de l'enfant
Les services de la PMI exercent un rôle de suivi auprès des enfants de 0 à 6 ans. Les professionnels du centre surveillent en effet le bon développement du jeune enfant (croissance, développement psychomoteur et affectif…) et sont présents au sein des maternelles pour effectuer un suivi médical. La PMI intervient dans la protection de l’enfance et doit évaluer et surveiller tout signe éventuel de maltraitance infantile ou de difficultés rencontrées au sein de la famille.
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Agrément et contrôle des structures d'accueil
C’est la PMI qui mène l’instruction des demandes d’agréments pour les assistantes maternelles, les nourrices agréées et les structures d’accueil de jeunes enfants. Dans la construction d’une crèche, la PMI délivre l’autorisation d’ouvrir l’établissement. Elle la délivre après validation des plans, de l’effectif et de la qualification de l’équipe accueillant les enfants, des orientations pédagogiques mises en œuvre par l’EAJE et de l’aménagement des locaux. C’est elle qui détermine le nombre d’enfants accueillis dans l’espace dédié aux enfants. Après ouverture, c’est un partenaire de la direction de la crèche qui peut la consulter en cas de changement dans l’organisation de la structure ou face à l’équipe. Chaque changement de direction donne lieu à un nouvel agrément. La PMI effectue par ailleurs des visites régulières dans l’établissement pour vérifier la conformité à la réglementation de l’EAJE.
Prévention et éducation à la santé
Enfin, la PMI exerce un rôle préventif pour tous et propose des dépistages, des moyens de contraception ou des rendez-vous au planning familial. La PMI est aussi d'une aide précieuse pour veiller au bon développement des enfants, et ce jusqu'à l'âge de 6 ans, avec par exemple le dépistage précoce de troubles ou de maladies.
Le déroulement d'une consultation de pesée en PMI
La pesée du nourrisson vient d’être effectuée. C’est une petite salle toute simple, aux murs pâles, avec quelques affiches et surtout, la balance pour nourrissons. « C’est la salle clé de la PMI », déclare Peggy Alonso, infirmière puéricultrice passée directrice de la PMI du Gros Saule, à Aulnay-sous-Bois, deuxième ville la plus grande de Seine Saint-Denis. Au moment où nous la rencontrons, cette quarantenaire aux longs cheveux bouclés, vient tout juste de devenir conseillère technique de PMI et assure ainsi le lien entre terrain et politique du département. Elle reprend, en désignant la salle de pesée : « c’est là que l’on fait toutes les premières pesées et que l’on accueille les nouveau-nés. Finalement, la pesée et la mesure sont presque anecdotiques, ce n’est pas cela qui est compliqué. C’est tout ce qu’il y a autour : le bébé qui n’a pas pris de poids, le bébé qui est ramollo ou son état cutané qui est sec. Ainsi, l’infirmière puéricultrice souligne un rôle crucial, situé au croisement des actes techniques et de l’observation.
Quand les infirmières puéricultrices reçoivent les mères, elles doivent faire attention à la « façon dont la mère regarde son bébé, s’il se passe des choses, comment elle en parle et ce que cela peut renvoyer. Parfois, souligne-t-elle, « on croit que la fusion avec l’enfant va être immédiate et c’est de là que part ce grand bouleversement : on se retrouve avec un bébé qu’on ne maîtrise pas, qu’on ne connaît pas. Le bébé n’est pas forcément le même que le bébé idéal imaginé ». Aussi, faut-il inviter les mères à s’exprimer, par des questions ouvertes de préférence, pour ne pas les laisser dans le silence.
C’est un constat qui est partagé par Nathalie Carnier, directrice de la PMI des Papillons, à Montreuil. En cette froide matinée de février, une maman arrive pour la pesée de sa fille emmitouflée et âgée d’un mois. Nathalie Carnier, infirmière puéricultrice de formation, s’occupe de l’accueil. « Comment allez-vous ? »,demande-t-elle, avec son ton jovial et bienveillant. La maman, épuisée par l’arrivée de sa seconde fille, doit assurer les allaitements, supporter les nuits sans sommeil de l’aînée, complètement bouleversée, et faire face à une situation économique précaire : elle s’est fait licencier alors qu’elle était enceinte. Nathalie Carnier recueille cette parole et ses larmes, apporte du réconfort et l’exhorte à « passer le relais ». Après quelques conseils concernant les yeux de son bébé, qui coulent depuis sa naissance, et une pesée rassurante, la maman repart, un peu soulagée. Les infirmières puéricultrices sont habilitées à réaliser des tests d’audition et de vue pour les enfants qui consultent.
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L'importance de la prise en compte du contexte culturel et social
La PMI d’Aulnay, nichée entre les barres d’immeubles, dans une zone située zone sécuritaire, a une histoire qui remonte à l’âge d’or de l’industrie automobile, avec la présence historique des usines de Renaut PSA. « Cette zone était située proche des usines qui faisaient abondamment appel à de la main d’œuvre étrangère. Dans un cadre où les populations viennent de dizaines de pays différents, « ce sont les échanges passés avec les familles qui permettent d’apprendre des codes culturels différents. On ne peut pas travailler en PMI si l’on n’a pas ces différentes représentations culturelles en tête », explique-t-elle. « Nous utilisons traditionnellement des pipettes pour aspirer le nez des bébés, mais les mamans africaines que nous recevons aspirent directement, et cela fonctionne très bien ! Hors de question d’imposer quoi que ce soit », affirme-t-elle. L’essentiel est de se concentrer sur l’enfant et son bien-être.
Parfois les infirmières puéricultrices suivent tous les enfants d’une même famille. Nathalie Carnier a aussi un rôle d’encadrement. Cette mission d’évaluation est très délicate. « Une fois j’ai fait un suivi sur une famille, dont les enfants étaient très sales. En réalité, les parents n’avaient pas de logement adapté, les lessives étaient mensuelles mais la mère était très à cheval sur les études… en attendant d’obtenir un autre logement, se rappelle Peggy Alonso. Il faut toujours obtenir deux regards au moins avant de statuer sur une situation, affirme-t-elle.
Un lieu de ressources pour les familles
Mais les mineurs ne sont pas les seuls sur lesquels les professionnelles de la PMI veillent. « Quand ça chauffe à la maison, nous nous posons comme lieu de ressources »,explique Peggy Alonso. Car en plus des missions purement techniques, « la PMI est là pour traiter du conflit conjugal, des violences domestiques. Nathalie Carnier insiste également sur la mission en faveur de la jeunesse, évoquant les partenariats mis en place en faveur du collège voisin. « Nous accueillons des classes entières, d’abord filles et garçons séparés, puis ensemble », explique-t-elle. Ces moments essentiels permettent d’aborder la question de la contraception, des cycles, de l’appareil génital féminin, des infections sexuellement transmissibles, de l’utilisation des préservatifs, etc. « Madame Veil s’est battue avant nous, mais il y a encore du travail ! »,lâche-t-elle, en mentionnant les stéréotypes forts qui entourent les relations filles-garçons. « Cependant, ici, chacun vient avec son histoire et sa culture »et Nathalie Carnier n’est pas là, elle le répète, pour donner des leçons, mais plutôt pour ouvrir le dialogue, désamorcer des clichés ou des tabous.
Et les adolescentes ne sont pas à l’abri de grossesses non désirées qui peuvent entraîner une IVG. « D’abord, elles font le test de grossesse. Nous essayons d’en savoir plus sur le rapport en question, s’il a été consenti ou non, et prenons un rendez-vous avec la gynécologue afin de mettre en place une consultation d’information. Si le test s’avère positif et que la jeune fille veut poursuivre sa grossesse, alors nous l’aidons à mettre en place le suivi nécessaire », explique-t-elle. Mais les jeunes ne sont pas les seules « cibles » des PMI : les mères qui désirent changer de méthode contraceptive, les pères, de plus en plus investis dans la petite enfance de leur progéniture,… Tous peuvent bénéficier des services des PMI, à un moment ou à un autre.
Les professionnels de la PMI
Chaque département dispose de plusieurs services de Protection Maternelle Infantile répartis par secteurs. Les équipes d’un centre de PMI sont composées de professionnels pluridisciplinaires parmi lesquels on peut retrouver : des médecins, des puéricultrices, des sages-femmes, des psychologues, des assistantes sociales… Dans certains centres, il est possible de trouver un orthophoniste, des Auxiliaires de Puériculture ou encore des Educateurs de Jeunes Enfants.
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- Les médecins attachés aux consultations de nourrissons doivent être agréés par le médecin responsable du service départemental de protection maternelle et infantile. Ces médecins doivent justifier de connaissances spéciales en pédiatrie et n'avoir jamais été l'objet de sanctions d'ordre professionnel. Le médecin agréé assure en personne la consultation et, sauf le cas de congé annuel ou de maladie, ne peut se faire remplacer qu'à titre exceptionnel ; le remplacement doit toujours être confié à une personne remplissant les conditions exigées par la loi. Il doit toujours procéder à l'examen individuel des enfants et consacrer un temps suffisant à l'examen de chacun d'eux. Le médecin signe lui-même les certificats, les feuilles de maladie, ainsi que les ordonnances ; en aucun cas, il ne peut déléguer sa signature. Il lui est interdit d'user de ses fonctions pour augmenter sa clientèle particulière ; s'il remet une ordonnance, celle-ci doit comporter son nom, sa fonction, l'adresse de la consultation, la date et sa propre signature. En aucun cas, il ne doit être mentionné l'adresse de son cabinet personnel de consultation.
- L’infirmière puéricultrice et l’auxiliaire de puéricultrice vous accompagnent et vous conseillent sur la vie quotidienne de votre enfant. Elles répondent à toutes les questions de puériculture : alimentation, allaitement, sommeil, couchage, soins de puériculture, hygiène et rythme de vie… Elles vous accueillent avec ou sans rendez-vous.
- Le psychologue propose une écoute, un soutien et un accompagnement psychologique dans la relation avec votre enfant tout au long de son développement. Il vous aide sur des sujets aussi divers que le sommeil, l’alimentation, le langage, l’autonomie de l’enfant. Les entretiens se déroulent sur rendez-vous.
- Le psychomotricien porte un regard sur le développement psychomoteur de votre enfant et vous apporte des éléments de compréhension sur son langage corporel : comment l’enfant investit son corps pour jouer, communiquer, découvrir son environnement et se construire. Il accompagne le parent et l’enfant autour de sujets comme la motricité, le tonus et le portage, la découverte de soi et des autres, la connaissance des objets, son environnement de jeu.
Des médiateurs socioculturels et des interprètes viennent en aide aux familles ne parlant pas ou difficilement le français, afin de faciliter les consultations en centres de PMI.
Les services proposés par la PMI
Les consultations dispensées par les professionnels sont toujours gratuites et accessibles à tous. Pédiatrie, consultations de puériculture, séances de vaccinations, bilan de santé… Les consultations sont ouvertes aux parents et à leurs enfants jusqu’à l’âge de six ans. Les professionnels de santé et petite enfance sont disponibles pour répondre à toutes les questions liées au développement de l’enfant, son alimentation ou encore son éducation.
Les centres de PMI proposent :
- Un suivi pendant et après la grossesse
- Un accueil de puériculture avec entretien, pesée, conseils (soutien à la parentalité, alimentation, hygiène, développement de l’enfant…)
- Un suivi médical préventif en maternelle (dépistage, développement psychomoteur, vaccinations)
- Des permanences de sages-femmes
- Des activités d’éveil et de soutien à la parentalité
- Des conseils et un accompagnement par rapport à la vie sexuelle et affective (dépistage, contraception…)
- Promotion et soutien de l’allaitement : tous les professionnels de PMI peuvent vous apporter information et soutien autour de l’allaitement.
Le suivi du poids du nourrisson
À la maternité, il vous a été demandé de faire peser votre bébé dans les jours suivants votre sortie. Au cours du premier mois, il est recommandé de procéder à une pesée hebdomadaire de votre bébé. Les pédiatres, les maternités, ainsi que les centres de protection maternelle et infantile (PMI) font usage de pèse-bébés, des balances médicales spécifiquement conçues pour les nourrissons. Bien qu'il soit généralement recommandé de confier la pesée de son nourrisson à des professionnels pour éviter des inquiétudes précoces et non nécessaires en cas de variations de poids, disposer d'un pèse-bébé à domicile peut constituer une source de tranquillité d'esprit quant à la croissance de votre enfant. Il est cependant crucial de l'utiliser avec modération et de toujours attendre l'avis du pédiatre ou du médecin traitant en cas de résultats préoccupants. Pour pouvoir suivre l’évolution du poids de son bébé, il est indispensable de lui pesé au moins une fois tous les mois.
À la naissance d’un bébé, les infirmières se chargent de le peser tous les jours, pour vérifier que sa courbe de poids évolue d’une façon normale. Généralement, les bébés naissent avec un poids entre 2.5 kg et 4 kg. Lors des 4 premiers jours de sa vie, le bébé va perdre un peu de poids et c’est tout à fait normal car les bébés naissent avec des œdèmes, et ils perdent donc naturellement de l’eau à mesure que ces œdèmes guérissent. À partir du quatrième jour, le poids de bébé commence normalement à se stabiliser, et dès le cinquième ou sixième jour de vie, sa courbe commence à remonter. Pendant son premier mois, les spécialistes conseillent de peser bébé environ 1 fois par semaine, pour vérifier qu’il grandit correctement. Avoir un pèse-bébé, surtout à domicile permet de suivre le poids du bébé, de savoir l’évolution de sa croissance et alors de surveiller leur santé.
Le carnet de santé
Le carnet de santé de votre bébé vous sera remis a la sortie de la maternité et doit suivre le bébé partout. L’histoire médicale de votre enfant est consignée dans son carnet de santé, remis par la maternité. Ce document vous appartient et les informations qu’il contient sont confidentielles. Ce document comporte de nombreux conseils et messages de santé. Prenez le temps de le lire ! Les certificats obligatoires des 8e jour, 9e mois et 24e mois sont fournis avec le carnet de santé. Le premier est rempli par le pédiatre de la maternité. Les suivants sont remplis par le médecin traitant de votre enfant ou le médecin de PMI et sont adressés ensuite au service central de PMI.
Informations complémentaires pour les parents
- Les vaccins sont à débuter au deuxième mois de l’enfant quelque soit son terme de naissance.
- Ne le couvrez pas trop.
- Tous les bébés pleurent, et cela est bien normal puisque c’est leur façon de s’exprimer. Il n’a pas forcément faim, et ce n’est pas un caprice. L’important est alors d’aider le bébé à se détendre. Si vous ne supportez plus les pleurs de votre bébé, solliciter une personne présente pour prendre le relais. Sinon posez le bébé dans son berceau, surtout ne le secouez pas.
- L’ensemble de votre suivi médical sera pris en charge à 100 % par votre assurance maternité jusqu’au 12e jour après l’accouchement. Celui de votre bébé sera pris en charge à 100 % pour les examens réguliers et obligatoires réalisés par le médecin et certains examens de suivi mère-enfant réalisé par la sage-femme, à domicile, jusqu’à son 7e jour. À partir du 8e jour après l’accouchement, son suivi médical sera pris en charge au titre de la maladie.
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