Introduction

L'histoire des instruments de percussion est aussi riche et diversifiée que les cultures qui les ont utilisés. Des simples sonnailles aux tambours complexes, les percussions ont toujours joué un rôle essentiel dans la musique, la danse et les rituels. La Renaissance, période de renouveau artistique et intellectuel, a vu une évolution de l'utilisation et de la perception de ces instruments, bien qu'ils n'aient pas toujours été considérés comme des instruments de musique à part entière. Cet article explore l'histoire des percussions, en particulier les hochets et les sonnailles, au cours de la Renaissance, en mettant en lumière leur utilisation, leur évolution et leur perception dans le contexte musical de l'époque.

La place des percussions dans la musique

La famille des percussions se divise principalement en deux catégories : les membranophones et les idiophones. Les membranophones incluent les instruments qui produisent un son par la vibration d'une membrane, comme les tambours. Les idiophones, quant à eux, créent un son par la vibration du corps de l'instrument lui-même, comme le triangle ou les castagnettes. Une autre distinction importante est celle entre les percussions à hauteur déterminée et celles à hauteur indéterminée. Les instruments à hauteur déterminée produisent une note spécifique, tandis que ceux à hauteur indéterminée produisent un son qui n'est pas une note identifiable.

Bien que les instruments à percussion aient existé dans toutes les civilisations, leur intégration dans la musique occidentale a été progressive. Le rythme, élément essentiel de la musique, a toujours été assuré par ces instruments, même les plus rudimentaires. Les sonnailles, clochettes, grelots et hochets étaient couramment utilisés, souvent attachés au corps (bras, taille, cheveux, genoux, chevilles) pour accompagner les mouvements et créer des effets sonores.

L'évolution de la perception des percussions

Il faut attendre le XVIIe siècle pour que les instruments de percussion soient désignés et étudiés dans la théorie musicale. Avant cela, bien que certains compositeurs les aient utilisés, ils étaient souvent considérés comme des accessoires plutôt que comme des instruments à part entière. Marin Mersenne et Pierre Trichet ont été parmi les premiers à manifester un intérêt pour les percussions dans leurs ouvrages sur les instruments de musique.

Hector Berlioz, dans son Grand Traité d'instrumentation et d'orchestration modernes (1843), a consacré un chapitre important aux instruments à percussion, reconnaissant leur diversité et leur potentiel expressif. Il a distingué les instruments à son fixe et musicalement appréciable de ceux produisant des bruits destinés à des effets spéciaux ou à la coloration du rythme. Berlioz a souligné la difficulté de classer rigoureusement les instruments à percussion en raison de leur grande variété et de l'évolution de leur facture au fil du temps.

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Les percussions dans l'orchestre classique

Aux débuts de l'orchestre classique, au XVIIe siècle, les compositeurs utilisaient rarement les percussions. Le préjugé était d'admettre uniquement les sons dont la hauteur était parfaitement repérable comme véritablement musicaux. La grosse caisse et les cymbales étaient parfois appelées avec une nuance de dérision des « turqueries », et ceux qui en jouaient étaient qualifiés de « janissaires ».

Léon Pillaut, en 1880, a noté que l'orchestre moderne n'avait retenu que les timbales, la grosse caisse et les cymbales comme instruments de percussion permanents. Il considérait la timbale comme l'instrument le plus musical de tous, soulignant son timbre à la limite entre le son et le bruit. Les timbales étaient utilisées à l'orchestre dès sa formation et figuraient souvent dans l'instrumentation de Lully. Mozart a fait appel à la grosse caisse dans L'Enlèvement au sérail et au glockenspiel dans La Flûte enchantée, tandis que Haendel a utilisé le glockenspiel dans Saül.

Hochets et sonnailles : des instruments anciens

Les sonnailles, clochettes, grelots et hochets ont une longue histoire, remontant à l'Antiquité. Dans l'ancienne Europe et en Asie, les sonnailles étaient fabriquées à partir de coques de fruits contenant des graines ou de coquillages. Plus tard, elles ont été remplacées par des clochettes et des grelots en argile, puis en métal. Le tambour de basque semble être originaire du sistre, un instrument antique utilisé en Crète et en Égypte.

Ces instruments étaient souvent utilisés dans les rituels et les danses, ainsi que comme ornements corporels. Leur fonction était à la fois musicale et symbolique, accompagnant les mouvements et créant une atmosphère festive ou spirituelle.

Les instruments domestiques comme substituts

Dans certaines cultures, les instruments domestiques ont été utilisés comme substituts aux instruments de musique conventionnels. Ces instruments improvisés pouvaient inclure des casseroles, des couvercles, des louches, des bouteilles, des planches à laver, des manches à balai et des cuillères. À la Renaissance, les traités organologiques s'adressaient aux mélomanes des couches dominantes, qui dédaignaient la musique et les instruments des pauvres. Sebastian Virdung, dans son ouvrage Musica getutscht (1511), a mentionné le « Hafenklopfen » (frapper sur la marmite) comme un « instrument idiot », illustrant une marmite en terre cuite frappée avec une cuillère.

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Ces instruments domestiques étaient souvent utilisés lors de charivaris et d'autres célébrations populaires, où le bruit et le rythme étaient plus importants que la mélodie. Ils offraient une alternative accessible aux instruments coûteux et permettaient à tous de participer à la musique.

Exemples contemporains d'utilisation des percussions

Aujourd'hui, les percussions continuent d'évoluer et d'être utilisées dans une grande variété de contextes musicaux. Le duo Choc et Fusion, par exemple, mêle la musique de Jean-Sébastien Bach aux percussions africaines, créant une nouvelle manière d'aborder différents styles de musique. Thomas Guei, le percussionniste du duo, utilise des instruments traditionnels africains, comme le Gloé, pour magnifier la musique de Bach.

Cette approche innovante montre que les percussions peuvent transcender les frontières culturelles et temporelles, enrichissant la musique classique avec des rythmes et des sonorités nouvelles.

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