L'allaitement maternel est unanimement conseillé par les pédiatres du monde entier. Il représente la nutrition idéale pour le nourrisson, lui offrant une multitude de bienfaits pour sa santé et son développement. Si 75 % des femmes en France expriment le désir d'allaiter, un nombre moins important concrétise ce souhait. Face aux interrogations et aux craintes légitimes, un pédiatre pro-allaitement offre son éclairage et ses conseils pour accompagner les mamans dans cette aventure.
Les bienfaits incontestables du lait maternel
Il n’y a pas de meilleur aliment pour votre bébé que le lait maternel. Il est source de nombreux bienfaits pour sa santé et contient tous les éléments nécessaires à sa croissance. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et d'autres autorités sanitaires, comme la Haute Autorité de Santé (HAS) et l'American Academy of Pediatrics, préconisent un allaitement exclusif pendant les 6 premiers mois de vie.
Une composition unique et évolutive
Le lait maternel est un aliment vivant, dont la composition s'adapte constamment aux besoins spécifiques de l'enfant. Un allaitement exclusif pendant les 4 à 6 premiers mois permet de couvrir tous les besoins nutritionnels de votre bébé. Le lait maternel contient les vitamines, sels minéraux, oligoéléments, sucres, graisses et protéines dont votre bébé a besoin pour bien grandir, le tout, en justes quantités. Sa composition évolue au cours de la tétée, pendant la journée et au fil des mois pour s’adapter aux besoins de votre enfant. Selon Marie Thirion, pédiatre, la recherche scientifique démontre les qualités du lait maternel. Ce sont des petites protéines qui sont déjà découpées en petits morceaux. Donc le travail digestif est très faible pour le nourrisson. Il y a aussi des protéines de défense contre les infections. Il y a des sucres particuliers qui jouent un rôle important pour le développement du microbiote du nouveau-né.
Une protection immunitaire renforcée
Le lait maternel permet au bébé de mieux se défendre contre les agents infectieux, en particulier grâce aux anticorps qu’il contient. Les bébés nourris au lait maternel sont moins souvent et moins gravement malades (cela vaut tout le temps de l’allaitement et jusqu’à 3 mois après son arrêt). Plus la durée de votre allaitement sera prolongée, plus votre bébé sera protégé contre les infections. De plus, un bébé nourri au sein absorbe avec le lait une certaine quantité de probiotiques - les bactéries qui se trouvent dans le lait et sur la peau de la mère.
Un allié contre les allergies
Le lait maternel contribue à réduire la fréquence de certaines allergies (eczéma et asthme uniquement) chez les “enfants à risque” à condition que l’allaitement soit exclusif pendant au moins 3 mois. Un enfant est prédisposé aux allergies quand sa mère, son père ou encore son grand frère ou sa grande sœur sont eux-mêmes allergiques.
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Une digestion facilitée
Le lait maternel contient moins de protéines, plus facilement digestes et de sels minéraux que le lait de vache. Selon Marie Thirion, pédiatre, ce sont des petites protéines qui sont déjà découpées en petits morceaux. Donc le travail digestif est très faible pour le nourrisson.
Un lien d'attachement renforcé
Le bébé reconnaît l’odeur de sa mère et celle de son lait, tout comme la mère sait distinguer l’odeur de son bébé. Or, le lien d’attachement se tisse aussi autour de l’odeur reconnue. De plus, le lait maternel contient de l’ocytocine, une hormone secrétée par la mère et transmise à l’enfant, qui intervient, entre autre, dans le lien d’attachement.
Des bénéfices pour la mère
L’allaitement est aussi bénéfique pour la mère. L’utérus reprend sa place plus rapidement grâce aux contractions de l’utérus provoquées par les tétées, c’est le phénomène des tranchées. L'allaitement maternel protège également la mère contre le cancer du sein. Il a aussi l'avantage évident, quoique moins souvent cité, d'être complètement gratuit ! Il apporte énormément sur le plan nutritionnel et relationnel. Sans parler des effets positifs sur le sommeil des enfants, la perte de poids post-accouchement, l’apaisement de la mère et donc de son bébé…
Lever les appréhensions et les difficultés potentielles
Des difficultés peuvent apparaître lors des premières mises au sein (sentiments contraires : plaisir/déplaisir, peur de ne pas avoir assez de lait, de ne pas y arriver, douleurs…). Allaiter ou donner le biberon est un choix difficile pour vous ? Pour vous aider à avancer dans votre réflexion, notre pédiatre commente vos possibles réticences, craintes et interrogations. Dans tous les cas, c’est une décision qui doit être personnelle et bien assumée.
Le rôle du père
Notre pédiatre : « Il n’y a pas de raison que le papa se sente exclu. C’est grâce à lui que vous vous sentez bien avec vous-même et avec votre bébé. Il vous permet d’élargir le lien fusionnel maman-bébé. Ainsi, en favorisant des moments de partage entre le papa et le bébé, vous mettez en place la base d’une relation à trois dans les premiers mois de la vie. Au bout de quelques semaines, il est aussi possible que votre mari puisse donner de temps en temps des biberons de lait maternel que vous aurez tiré. Pendant ce temps-là vous pourrez sortir un peu, vous ressourcer. Il permettra au père de nourrir à son tour son bébé, et aux deux parents de gérer ensemble l’allaitement. Le lait récolté pourra être conservé au réfrigérateur pendant 3 jour, ou stocké au congélateur jusqu’à 3 mois. La maman pourra ainsi retrouver une certaine liberté.
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La douleur
Notre pédiatre : « Il est vrai que les mamelons peuvent être sensibles au début mais passés les premiers jours, ce n’est pas normal d’avoir mal. Si les douleurs persistent, vous devez consulter. Le professionnel de santé observera comment se déroule la tétée et il vous fera éventuellement corriger la position du bébé au sein ou sa prise du sein. Une mauvaise position ou une mauvaise prise du sein sont en effet souvent à l’origine des irritations ou des crevasses. Sachez aussi que la grande majorité des problèmes - crevasses, engorgements, bébé qui ne tète pas bien ou pas suffisamment - ont pour solution… le fait d'allaiter. C'est un véritable cercle bénéfique. Concernant la mise au sein, pour une bonne succion, il faut absolument éviter que l’enfant suce le bout du mamelon, il doit prendre toute l’aréole dans sa bouche.
Allaiter en public
Notre pédiatre: « Même si vous êtes pudique, ne craignez pas d’allaiter à l’extérieur car en réalité, c’est très facile de dissimuler la tête de l’enfant et le sein sous un petit châle. Au contraire, il faut sortir et ne pas rester tout le temps chez soi avec son bébé, c’est mauvais pour le moral ! Il est aussi indispensable de prendre un bol d’air frais tous les jours pour avoir une activité physique et pour satisfaire le besoin d’exploration de votre bébé.
La prise de décision
Notre pédiatre: «Profitez du rendez-vous du 4e mois de grossesse avec votre sage-femme pour aborder la question. Parlez-en au papa, discutez-en avec des amies. Vous pouvez aussi contacter une association de soutien à l’allaitement qui pourra vous aider à prendre votre décision. Mais même si vous arrivez à la maternité en étant toujours indécise, ce n’est pas grave. Si vous en êtes d’accord, on vous proposera de donner la tétée d’accueil à votre bébé après sa naissance (voire 2 à 3 tétées supplémentaires) et vous verrez ensuite si vous décidez ou non de poursuivre l’allaitement. A la maternité, demandez à rencontrer une personne compétente en allaitement qui pourra vous accompagner dans votre prise de décision. Souvenez-vous aussi que si vous allaitez, c’est par désir et non par devoir. Certes vous connaissez les bénéfices de l’allaitement mais il ne faut pas allaiter en se « forçant » et si certaines femmes sont mal à l’aise avec l’allaitement, ce n’est pas pour cela qu’elles seront de mauvaises mères.
Allaitement et reprise du travail
Notre pédiatre : « Même si vous n’allaitez votre bébé que quelques semaines, ce sera toujours bénéfique pour sa santé et la vôtre. Ensuite, il est le plus souvent possible de continuer à allaiter tout en travaillant. Selon le Code du travail, vous avez le droit à une heure par jour pour allaiter votre enfant. Si votre bébé est gardé tout près de votre lieu de travail, vous pouvez éventuellement aller le retrouver pour lui donner le sein dans la journée. Sinon, vous tirez votre lait sur votre lieu de travail, dans une pièce isolée, vous le mettez au réfrigérateur et vous le ramenez chez vous le soir dans une glacière. Il sera donné le lendemain à votre bébé par l’assistante maternelle, les employés de la crèche ou la mamie selon le mode de garde que vous avez choisi. D’ailleurs, avant de reprendre le travail, vous pouvez commencer à tirer votre lait pour faire des stocks au congélateur.
Conseils et recommandations supplémentaires
- Ne pas chronométrer les tétées. Il est inutile de chronométrer le temps passé sur tel ou tel sein… Quand on aime…
- Ne pas respecter des intervalles de temps réguliers entre chaque tétée. De la même manière, il n’est pas nécessaire de respecter des intervalles de temps réguliers entre chaque tétée… Il y a souvent dix à douze tétées les deux premiers jours. L’allaitement à la demande est à encourager; mais cela ne veut pas dire à chaque fois que bébé pleure, au contraire des moments de grande vigilance calme de l’enfant est souvent propice.
- Ne pas s'inquiéter de la courbe de poids. Pour un bébé au sein, la courbe de poids a peu d’intérêt ; les pesées « avant-après » sont anxiogènes, donc à proscrire ! La première pesée a quinze jours est suffisante (si le bébé est né à terme). Une prise de poids de 150 grammes par semaine peut suffire si l’enfant se comporte normalement.
- Éviter les coussinets et les coques. Les coussinets font macérer le lait et favorisent les mycoses ou les crevasses, les coques mal utilisées, qui compriment les seins, gênent l’évacuation mamelonaire. Bien adaptées, elles sont quand même pratiques !
- Éviter de fumer. Il faut éviter de fumer en allaitant, et attendre la fin de la tétée si l’arrêt total du tabac est impossible ; cependant, tous les projets d’arrêts du tabac sont envisageables en allaitant.
- Se faire soigner en cas de douleur. En cas de douleur (paroi de césarienne, périnée, sein..) la mère doit être traitée sans souci.
- Ne pas réveiller un bébé qui dort. Vous avez parfaitement raison, on ne doit jamais réveiller un bébé qui dort sauf raison impérative.
- Ne pas acheter de lait infantile. Non non, n’achetez pas de lait infantile. C’est une question de jours (4 ou 5 jours).
Ressources utiles
- La Leche League France: Un site contenant de nombreuses références et offrant un soutien aux mères qui allaitent.
- Coordination Française pour l’Allaitement Maternel (CoFAM): Une association loi 1901 reconnue loi d’intérêt général au double titre de ses actions sociales et de ses actions scientifiques.
- Ministère de la santé : dossier allaitement.
- HAS (Haute Autorité de Santé): La HAS est une autorité publique indépendante qui contribue à la régulation du système de santé par la qualité.
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