La vaccination infantile est un sujet crucial de santé publique, suscitant à la fois adhésion et interrogations chez les parents. En France, le calendrier vaccinal a évolué, notamment avec l'extension de l'obligation vaccinale à 11 vaccins pour les enfants nés à partir du 1er janvier 2018, puis à 12 vaccins à partir du 1er janvier 2025. Cet article se propose d'examiner les nouvelles obligations vaccinales, les raisons qui les motivent, les avis des professionnels de santé, les risques et bénéfices de la vaccination, ainsi que les démarches à suivre pour les parents.

Nouvelles Obligations Vaccinales à Partir de 2025

À compter du 1er janvier 2025, de nouvelles obligations vaccinales sont mises en œuvre. Elles concernent principalement la vaccination contre les infections à méningocoque B, qui était auparavant recommandée, et la vaccination contre les méningocoques ACWY, qui remplace celle contre le méningocoque C. Il est important de noter que les enfants nés à partir du 1er janvier 2018 étaient déjà soumis à l’obligation vaccinale contre le méningocoque C jusqu’au 31 décembre 2024. De plus, la vaccination contre les méningocoques ACWY est fortement recommandée chez les adolescents âgés de 11 à 14 ans.

Vaccinations Obligatoires Contre les Méningocoques : Pourquoi ?

Si les vaccinations contre d’autres types de méningocoques deviennent obligatoires, c’est parce qu’elles sont très importantes pour protéger votre enfant et les enfants qui l’entourent contre des maladies potentiellement graves. Les méningites, en particulier celles causées par les méningocoques B, W et Y, représentent une menace sérieuse, surtout chez les nourrissons. En 2022, les cas de méningites étaient en grande majorité dues aux méningocoques B (50,3 % des cas), Y (24,5 % des cas) et W (20,4 % des cas). Les cas de méningites dues aux méningocoques W ont touché principalement les nourrissons âgés de moins de 1 an.

Calendrier Vaccinal : Les Vaccinations Obligatoires et Recommandées

Le calendrier vaccinal représente l’ensemble des obligations et recommandations de vaccinations pour les résidents français et permettent à tous d’être protégés efficacement contre certaines maladies tout au long de la vie. Il indique à quel moment démarrer les vaccinations et précise le nombre d’injections nécessaires, le délai entre les injections et les dates des rappels. Ce calendrier est établi et actualisé chaque année par le ministère de la Santé en fonction des recommandations des experts en santé publique.

Liste des 12 Vaccins Obligatoires pour les Nourrissons

Voici la liste des 12 vaccins obligatoires pour les nourrissons, selon le calendrier vaccinal :

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  • 2 mois : 1ère vaccination contre la diphtérie - tétanos - poliomyélite (DTP), la coqueluche, le pneumocoque, l’hépatite B et l'Haemophilus influenzae de type b (Hib)
  • 3 mois : 1ère vaccination contre le méningocoque B
  • 4 mois : deuxième dose des vaccins administrés à 2 mois
  • 5 mois : deuxième dose du vaccin contre le méningocoque B
  • 6 mois : 1ère vaccination contre le méningocoque ACYW
  • 11 mois : rappels des vaccins administrés à 4 mois
  • 12 mois : 1ère vaccination contre la rougeole-oreillon-rubéole (ROR), deuxième dose du méningocoque B et du méningocoque ACYW
  • 16/18 mois : rappel du ROR

À partir de 6 ans, de nouveaux rappels seront à prévoir : Diphtérie, Tétanos, Poliomyélite (DTP) et Coqueluche.

Vaccinations Recommandées

À ces vaccins obligatoires s’ajoutent des vaccinations recommandées pour les nourrissons qui restent au choix des parents comme :

  • 2, 3 et 4 mois : la gastroentérite aiguë à rotavirus (2 à 3 doses selon le vaccin utilisé)
  • 1 mois : la tuberculose (BCG)
  • 1 an : la variole (la varicelle : 2 doses à au moins 4 semaines d'intervalle)

Les Vaccins Contre les Méningocoques en Détail

Pour les méningocoques ACWY : le nourrisson sera vacciné avec le vaccin Nimenrix® à l’âge de 6 et 12 mois. Il peut être également vacciné avec le vaccin Menquadfi® à partir l’âge de 12 mois. Pour le méningocoque B : le nourrisson sera vacciné avec le vaccin Bexsero® à l’âge de 3, 5 et 12 mois. Les enfants qui auront reçu une première dose de vaccin contre le méningocoque C avant le 1er janvier 2025 recevront la deuxième dose avec le vaccin contre les méningocoques ACWY en 2025.

Administration des Vaccins

Les vaccins obligatoires pour les nourrissons ne sont volontairement pas tous injectés en même temps. Les données scientifiques montrent que l’administration de plusieurs vaccins en même temps n’a aucun effet néfaste sur le système immunitaire de l’enfant. L’administration de plusieurs vaccins en une seule fois comporte, en outre, des avantages : il limite le nombre de consultations et permet ainsi aux enfants de recevoir les vaccinations suffisamment tôt avant d’être exposés aux différentes maladies. De plus, suite à ces nouvelles obligations contre les méningocoques, seules trois injections supplémentaires seront nécessaires : celles contre le méningocoque B.

Le vaccin contre le méningocoque B peut être fait en même temps que les autres vaccins du nourrisson. Par exemple, le rappel à 12 mois peut être proposé en même temps que la première injection de vaccin rougeole-oreillons-rubéole (ROR) et que la seconde injection du vaccin contre les méningocoques ACWY. Par exemple, la seconde injection à 12 mois peut être proposée en même temps que la première injection de vaccin rougeole-oreillons-rubéole (ROR) et que le rappel du vaccin contre le méningocoque B.

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Pourquoi Vacciner Votre Enfant ? Bénéfices et Risques

Les vaccins sont des outils essentiels pour prévenir des maladies potentiellement dangereuses. Ils n’empêchent pas toujours votre enfant d’attraper la maladie mais lui permettent d’éviter des formes graves. Les vaccins fonctionnent en stimulant le système immunitaire de votre bébé afin qu’il produise des anticorps contre des agents pathogènes spécifiques produisant une maladie (virus, bactérie, micro-organisme etc.). Cela permet ainsi au corps de votre enfant, s’il est exposé à ces maladies à l’avenir, d’être prêt à combattre ces agents pathogènes. La vaccination protège votre enfant mais il protège aussi les autres et en particulier les personnes les plus fragiles et celles présentant des contres indications à la vaccination. La vaccination permet ainsi de diminuer le risque d’épidémie et la non réapparition de certaines maladies infectieuses devenues très rares grâce à cela.

Tout acte médical (soin, traitement, examen, chirurgie) a pour objectif d’apporter des bénéfices à la personne, c’est-à-dire une amélioration de son état de santé. Comme tous les médicaments, les vaccins peuvent parfois entraîner des effets indésirables bénins et, dans de très rares cas, des complications graves. Cette comparaison entre les bénéfices et les risques repose sur des données médicales.

Les Risques de la Vaccination

Les risques de la vaccination sont très rares et ses bénéfices sont immenses et indéniables. Après leur mise sur le marché, les vaccins, comme tout médicament, font l’objet d’un suivi de pharmacovigilance et les nouveaux vaccins sont toujours sous surveillance active des événements indésirables post-vaccinaux, avec la mise en place de plans de gestion des risques. L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé réévalue périodiquement les vaccins. Bien sûr, comme tout médicament, un vaccin peut provoquer des effets indésirables : des réactions indésirables bénignes ou transitoires du type douleurs ou rougeurs au site d’injection, et des réactions générales comme la fièvre. Comme pour tout médicament, les notices des vaccins explicitent les effets indésirables attendus. Toutes ces informations sont disponibles et accessibles à tous sur la base de données publique des médicaments et sur le site d’information sur les vaccins (www.vaccination-info-service.fr).

L’existence d’une maladie fébrile ou d’une infection aiguë modérée à sévère ne contre-indique pas la vaccination mais peut conduire à la différer de quelques jours.

Effets Indésirables et Surveillance

Comme tout médicament, les vaccins peuvent provoquer des effets secondaires, le plus souvent bénins et temporaires tels que de la fièvre, des douleurs ou une rougeur au site d’injection. Les effets indésirables graves sont très rares. Les autorités de santé contrôlent en permanence les éventuels effets indésirables signalés et les vaccins autorisés sont considérés comme étant très sûrs et efficaces. La vaccination est proposée notamment car les risques liés aux maladies sont estimés bien plus importants par les experts que ceux liés aux vaccins.

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L'Importance de la Vaccination Collective

La vaccination est un geste de prévention simple et efficace. Pour une protection collective contre les maladies infectieuses, la cible de la couverture vaccinale de la population est de 95 %. L’extension des obligations vaccinales a donc pour seul objectif la santé de tous. Il s’agit de protection individuelle et collective : la vaccination de l’enfant permet de le protéger, et de le protéger longtemps. Avec une couverture vaccinale de 95% de la population, les risques de contamination seront contrôlés et une protection individuelle et collective des personnes sera assurée. Concrètement, dans le cas du vaccin contre le méningocoque C, dont la couverture est la plus faible, il faut passer de 70% à 95%.

Une réduction importante des nouveaux cas de méningites dues au méningocoque B a été observée dans les pays (Royaume-Uni, Espagne, Australie, Italie) qui ont mis en place un programme de vaccination.

Vaccination et Entrée en Collectivité

Si l’enfant n’est pas à jour de ses vaccinations, il ne pourra donc pas entrer en collectivité. En crèche ou à l’école, seule une admission provisoire est possible, les parents ayant alors 3 mois pour procéder aux vaccinations. En France, il y a 11 vaccinations obligatoires pour l'admission en crèche (et dans tout type de collectivité) pour les enfants nés à partir du 1er janvier 2018 et une supplémentaire pour tous les enfants nés à partir du 1er janvier 2025.

Pourquoi la vaccination est-elle importante pour l'entrée en crèche de votre enfant ? Les crèches accueillent des enfants dont le système immunitaire est encore fragile. La vaccination permet de les protéger contre des maladies qui peuvent parfois entraîner des complications sévères. Les crèches sont des lieux où les enfants sont en contact étroit, ce qui favorise la propagation des maladies contagieuses. La vaccination permet de limiter cette transmission et de protéger l'ensemble des enfants, y compris ceux qui ne peuvent pas être vaccinés pour des raisons médicales.

Avis des Professionnels de Santé et Opposition à l'Obligation Vaccinale

Malgré l’opposition acharnée des lobbies antivaccinaux et en dépit des Cassandre pour lesquels l’obligation vaccinale risquait d’accentuer la défiance de la population, il semble au contraire que le pari ministériel des 11 vaccins obligatoires ait été le bon. Plusieurs résultats qui ont été présentés lors des récentes Journées nationales de médecine générale (JNMG) plaident en ce sens. Dans un sondage effectué à l’occasion des JNMG, près de 40 % des médecins interrogés estimaient que la nouvelle obligation rendait plus facile leur pratique de la vaccination contre 20 % qui avaient un avis opposé, les autres ne notant pas d’effets particuliers ou ne se prononçant pas encore. On verra avec le temps comment évoluera leur opinion et si parallèlement la défiance (encore élevée) de la population vis-à-vis des vaccins en général diminuera. Il reste qu’à tous les âges la couverture vaccinale reste un défi.

Toutefois, un collectif de médecins généralistes qui vaccinent leurs patients s'oppose au passage de 3 à 11 vaccins obligatoires pour les nourrissons. Ils estiment que l'obligation vaccinale va « rendre la confiance aux Français », selon les termes de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn. « De l’obligation naîtra la confiance ? On n’est pas dans l’univers d’Orwell ! Quand je dis à de jeunes parents que l’obligation vaccinale concerne les bébés nés à partir du 1er janvier 2018, ils ont l’impression d’échapper à un grave danger! », explique le généraliste, qui poursuit : « L'obligation, c'est quand on sait qu'on ne peut plus convaincre personne. Dans nos cabinets, nous sommes dans une démarche de conviction positive et progressive des parents. Je n'ai pas besoin de l'obligation pour vacciner les patients. »

Pour Andreas Werner, pédiatre et président de l’AFPA (Association Française de Pédiatrie Ambulatoire), « l’argument le plus important à mon cabinet, c’est de dire aux parents que je vaccine mes patients contre les mêmes maladies contre lesquelles je vaccine mes enfants ». De plus, les mentalités semblent de plus en plus évoluer. Comme nous souligne Andreas Werner, « avant l’obligation vaccinale de 2018, il y avait énormément de discussions autour des vaccins. Depuis, elle a beaucoup changé la donne ». Le spécialiste indique d’ailleurs que « la grande majorité des personnes hésitantes ne le sont plus. Il est relativement facile de les rassurer et leur expliquer qu’il s’agit maintenant d’une obligation sociale ». Pour lui, ce changement témoigne aussi d’une nécessité technique et pédagogique : « Il y a aussi beaucoup moins d’hésitants parce qu’il y a des gens qui veulent que leurs enfants aillent en crèche. Les seules personnes qui pour l’instant semblent toujours autant opposées à la vaccination sont celles qu’on appelle « anti-vax ».

Réagir Face aux Parents qui s’Opposent à la Vaccination

Si des parents refusent de faire vacciner leur enfant pour des raisons qui ne relèvent pas de son état de santé, ils sont dans l’illégalité. Faites leur savoir qu’à l’inscription de leur enfant en crèche ou à l’école, les vaccins obligatoires seront réclamés. Si leur refus persiste, indiquez-le sur le carnet de santé de l’enfant et dans son dossier médical. Le code de la santé publique ne prévoit plus depuis 2018 de sanctions financières et de peine d'emprisonnement à l'encontre des parents se soustrayant à l'obligation vaccinale.

Que Risquent les Médecins qui les Couvrent ?

En dehors des situations exceptionnelles (contre-indications), le fait de couvrir le refus de vaccins des parents entraîne votre responsabilité professionnelle. Vous pourrez recevoir des sanctions disciplinaires sur la base du non-respect des articles R. 4127-2, R. 4127-12, R. 4127-43 et R. 4127-49 du code de la santé publique. Vous vous exposez aussi à des sanctions pénales pour faux et usage de faux si vous rédigez un certificat de complaisance de contre-indication à la vaccination ou si vous signez le carnet de santé de l’enfant dans la partie vaccination alors qu’il n’a pas reçu les vaccins obligatoires.

Certificat de Contre-Indication Médicale

Un professionnel de santé peut évidemment ne pas vacciner un enfant présentant un état de santé particulier, par exemple lié à une pathologie, qui constituerait une contre-indication médicale avérée à la vaccination. Le médecin établira alors un certificat de contre-indication. Ce certificat visera obligatoirement une vaccination et non l’ensemble des vaccins.

Le certificat de contre-indication médicale doit obligatoirement cibler une vaccination particulière. Il ne peut viser toutes les vaccinations en même temps. Le médecin doit exercer sa mission dans le respect de la vie humaine, de la personne et de sa dignité au service notamment de la santé publique (article R.4127-2 du CSP). S’il ne parvient pas à convaincre les parents, le professionnel de santé doit refuser de délivrer le certificat de vaccination, tout certificat mensonger exposant son auteur à des sanctions pénales et ordinales. Il ne doit pas davantage attester de contre-indications factices, les textes imposant que de telles contre-indications, par exemple liées à une pathologie, soient médicalement avérées.

Informations Utiles pour les Parents

En tant que futurs ou jeunes parents, il est normal de vouloir le meilleur pour son enfant et surtout qu’il soit en bonne santé. Les vaccins jouent un rôle important dans la protection de votre enfant contre des maladies graves. Afin de pouvoir comprendre la vaccination, voici quelques informations à connaître. Durant ses premiers mois de vie, le suivi médical sera mensuel et comportera des vaccinations obligatoires et d’autres « non obligatoires » mais recommandées.

Les vaccins obligatoires du nourrisson sont pris en charge à 65% par l’assurance maladie (sauf le vaccin rougeole-oreillons-rubéole [ROR] pris en charge à 100% jusqu’à l’âge de 18 ans).

Où Trouver des Informations Fiables ?

Toutes les informations sont disponibles et accessibles à tous sur la base de données publique des médicaments et sur le site d’information sur les vaccins (www.vaccination-info-service.fr). Des informations sont disponibles et régulièrement mises à jour pour les voyageurs sur le site Vaccination Info Services.

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