Depuis sa légalisation en 1980, l’interruption volontaire de grossesse (IVG) en France a connu des améliorations constantes. La loi française garantit à toutes les femmes, mineures ou majeures, le droit d’interrompre une grossesse non désirée. Cet article détaille les délais légaux, les méthodes d’IVG disponibles, les démarches à suivre, ainsi que les aspects financiers et le suivi post-IVG.

Qu’est-ce que l’IVG ?

Une Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) est un acte médical qui désigne l’interruption d’une grossesse. En France, l'IVG est un droit pour toutes les femmes, sans condition d'âge.

Délais légaux pour l’IVG en France

En France, l’IVG est autorisée jusqu’à 14 semaines de grossesse, soit 16 semaines d’aménorrhée (SA). La loi du 4 juillet 2001 et celle du 3 mars 2022 ont permis d'améliorer l'accès à l'IVG, notamment par la possibilité de réaliser une IVG médicamenteuse à domicile jusqu’à 7 semaines de grossesse (9 semaines d'aménorrhée).

Les Méthodes d’IVG

Il existe deux méthodes principales d’IVG : l’IVG médicamenteuse et l’IVG chirurgicale (ou instrumentale). Le choix de la méthode revient à la patiente, en fonction de son terme de grossesse et de ses éventuels problèmes médicaux.

IVG Médicamenteuse

L’IVG médicamenteuse peut être pratiquée jusqu’à la 7e semaine de grossesse (soit 9 semaines après le 1er jour des dernières règles). Elle consiste en la prise de deux médicaments à 24 à 48 heures d'intervalle. Cette méthode peut être proposée par un médecin ou une sage-femme exerçant en établissement de santé (hôpital ou clinique), en cabinet libéral, en centre de santé sexuelle (ex-centre de planification familiale) ou en centre de santé.

Lire aussi: Cate Blanchett : un équilibre entre carrière et vie familiale

Déroulement de l’IVG médicamenteuse :

  1. Première étape : Prise de Mifépristone. Ce premier médicament bloque l’action de la progestérone, l’hormone nécessaire au maintien de la grossesse. Il favorise également les contractions de l’utérus et l’ouverture du col utérin. La mifépristone peut être prise soit à domicile, soit lors d’une consultation. Dès cette première étape, des saignements et des douleurs peuvent survenir, mais les symptômes commencent généralement après la prise du deuxième médicament.

  2. Deuxième étape : Prise de Misoprostol. Ce deuxième médicament est pris entre 24 et 48 heures après la mifépristone. Il augmente les contractions et provoque l’interruption de la grossesse. Le misoprostol peut être pris à domicile, lors d’une consultation ou au cours d’une courte hospitalisation. Les contractions utérines provoquent des douleurs semblables à celles des règles, parfois plus fortes, qui peuvent être atténuées par des antalgiques prescrits par le professionnel de santé. L’expulsion de l’œuf survient généralement dans les 4 heures suivant la prise du misoprostol dans 60 % des cas, et dans les 24 à 72 heures dans les 40 % restants. Les saignements durent généralement une quinzaine de jours, mais peuvent persister jusqu’à 3 semaines.

Il est important de noter qu'en l'absence de saignements dans les 72 heures suivant la prise des médicaments, il est impératif de contacter le professionnel de santé pour évaluer la situation. Toutefois, les saignements ne garantissent pas l'arrêt de la grossesse, d'où la nécessité d'une visite de suivi.

Où réaliser une IVG médicamenteuse ?

L'IVG médicamenteuse peut être réalisée :

  • En établissement de santé (hôpital ou clinique)
  • En cabinet de ville
  • En centre de santé sexuelle
  • En centre de santé
  • À domicile (sous certaines conditions et jusqu'à 7 semaines de grossesse)

Avantages de l’IVG médicamenteuse :

  • Pas d’anesthésie nécessaire en cas de succès
  • Pas d’intervention chirurgicale
  • Possibilité de réaliser la procédure à domicile (jusqu'à 7 semaines de grossesse)

Inconvénients et Effets Secondaires Possibles :

  • Douleurs pelviennes
  • Saignements abondants
  • Troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhées)

Le taux de succès de la méthode médicamenteuse est d’environ 95 %.

Lire aussi: Comprendre la Fraude Contractuelle

IVG Chirurgicale (Instrumentale)

L’IVG chirurgicale, aussi appelée IVG instrumentale, consiste à dilater le col de l’utérus afin d’évacuer le contenu utérin par aspiration. Elle est pratiquée obligatoirement en établissement de santé (hôpital ou clinique autorisé en gynécologie obstétrique ou chirurgie). Dans certains cas, elle peut avoir lieu dans un centre de santé autorisé ayant établi une convention avec un établissement de santé autorisé.

Déroulement de l’IVG chirurgicale :

  1. Préparation : Le col de l’utérus est dilaté, parfois à l’aide de médicaments.
  2. Aspiration : Le contenu utérin est évacué par aspiration.

L’IVG chirurgicale est réalisée sous anesthésie locale ou générale, selon le choix de la patiente et sa situation médicale. L’hospitalisation dure généralement quelques heures, et l’intervention elle-même dure une dizaine de minutes.

Démarches à suivre pour une IVG

Une fois la décision prise de ne pas poursuivre la grossesse, il est important d’engager rapidement les démarches. Plusieurs étapes sont obligatoires avant la réalisation d’une IVG :

  1. Consultation d’information : Au cours de cette consultation, la femme enceinte fait sa demande d’avortement et reçoit des informations orales et un guide sur l’IVG. Ces informations portent sur les différentes méthodes d’IVG, les lieux de réalisation, les effets indésirables possibles, et le choix dont elle dispose. Un entretien psycho-social est proposé, et il est obligatoire pour les mineures. Cet entretien a lieu dans un EVARS (espace vie affective, relationnelle et sexuelle), dans un centre de santé sexuelle ou dans un organisme agréé.

  2. Recueil du consentement : La femme enceinte remet son consentement écrit de demande d’avortement au médecin ou à la sage-femme. Il n’y a plus de délai de réflexion imposé. Si la femme est majeure et ne souhaite pas réaliser d’entretien psycho-social, elle peut choisir de réaliser le temps d’information et le temps de recueil du consentement au cours d’une seule et même consultation.

    Lire aussi: Gérer une Fausse Couche Précoce

IVG pour les Mineures

En France, il n’y a pas d’âge limite pour pratiquer une IVG. Une mineure peut pratiquer une IVG sans le consentement de ses parents. Elle n’est pas obligée d’en informer ses parents ou d’obtenir leur accord. Les professionnels de santé qui la prennent en charge ont besoin de connaître son nom, mais sont ensuite tenus au secret médical. Si la mineure souhaite garder le secret, l’IVG est pratiquée à sa seule demande.

Aspects Financiers de l’IVG

Pour toutes les femmes assurées sociales (majeures ou mineures), l’avortement et tous les actes associés (consultations, échographies, prises de sang…) sont pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie. Il n’y a aucune avance de frais et aucun dépassement d’honoraire possible.

Pour les femmes résidant en France en situation irrégulière et non admises à l’aide médicale de l’État (AME), il existe une prise en charge des soins urgents (dont fait partie l’IVG) à l’hôpital (hospitalisation ou consultation en établissement de santé).

  • IVG instrumentale (chirurgicale) : Le coût est remboursé à 100 % sur la base d’un tarif forfaitaire compris entre 579,06 € et 830,06 €, en fonction de l’établissement de santé, du type d’anesthésie et de la durée de l’hospitalisation.
  • IVG médicamenteuse en établissement de santé : Le coût est remboursé à 100 % sur la base d’un tarif forfaitaire fixé à 353,64 €.
  • IVG médicamenteuse en médecine de ville : Le coût est remboursé à 100 %, avec des tarifs fixés par arrêté à chaque étape.

Suivi Post-IVG

Une consultation psycho-sociale est systématiquement proposée après l’IVG pour permettre à la femme de parler de sa situation si elle en ressent le besoin. Une visite de contrôle doit intervenir entre le 14e et le 21e jour après l’IVG instrumentale ou médicamenteuse. Elle permet de s’assurer qu’il n’existe pas de complication et que la grossesse a bien été interrompue. Lors de cette consultation, le médecin ou la sage-femme s’assure que la femme dispose d’un moyen contraceptif adapté à sa situation si nécessaire.

Lors de la visite de contrôle obligatoire, qui a lieu 2 à 3 semaines après l’IVG, le médecin généraliste ou la sage-femme doit vérifier (grâce à l’examen clinique et éventuellement l’échographie et, en cas de doute, le dosage des bêta-HCG plasmatiques) que le fœtus a bien été expulsé et que l’utérus est vide.

Prévention des IVG

Il est essentiel de développer l’information des femmes sur la contraception. Une meilleure information et un accès facilité aux moyens de contraception peuvent contribuer à réduire le nombre de grossesses non désirées et, par conséquent, le nombre d’IVG.

tags: #jusqu'à #combien #de #semaines #l'avortement #est-il

Articles populaires: