La question de la fertilité est au cœur des préoccupations de nombreux couples désirant concevoir un enfant. La fertilité, définie comme la capacité naturelle à procréer, se manifeste chez la femme par l'ovulation, c'est-à-dire la libération d'un ovocyte apte à être fécondé, ainsi que par la capacité à mener une grossesse à terme. Il est crucial de distinguer fertilité et fécondité, la première étant une caractéristique biologique et la seconde un concept démographique mesurant le nombre d'enfants mis au monde.
L'Organisation Mondiale de la Santé estime qu'environ 17,5 % de la population adulte mondiale est confrontée à des problèmes d'infertilité. En France, les études suggèrent que l'infertilité touche 15 % à 25 % des couples, soit près d'un sur huit. Face à ces chiffres, il est naturel de s'interroger sur sa propre fertilité et sur les signes révélateurs de l'ovulation.
L'importance de la régularité menstruelle
La régularité des menstruations est un indicateur clé de la fertilité féminine. Un cycle régulier, d'une durée moyenne de 28 jours (variant de 21 à 35 jours), est souvent synonyme d'une ovulation saine. L'ovulation se produit généralement au milieu du cycle, marquant la période la plus fertile du mois.
Signes et symptômes de l'ovulation
Plusieurs signes peuvent indiquer l'approche de l'ovulation :
- Changements de la glaire cervicale : Cette substance, essentielle pour faciliter la remontée des spermatozoïdes dans l'utérus, devient plus claire et élastique, semblable à du blanc d'œuf cru. Il est possible de l'étirer entre les doigts.
- Douleurs ovariennes : Certaines femmes ressentent des douleurs dans le bas-ventre, plus ou moins intenses, du côté de l'ovaire qui a expulsé l'ovule. Cette douleur peut durer quelques heures ou une journée entière et serait causée par la libération de l’hormone lutéinisante (LH).
- Hypersensibilité mammaire : L'augmentation de la production de progestérone peut entraîner une sensibilité accrue des seins. Ils peuvent devenir un peu plus sensibles, ou un peu plus lourds.
- Sécrétions vaginales abondantes : La glaire cervicale est sécrétée en plus grande quantité pour aider les spermatozoïdes à atteindre l’utérus. Le jour de l'ovulation, vos pertes vaginales peuvent devenir filantes et transparentes, semblables à du blanc d'oeuf.
- Maux de tête : Les migraines peuvent être dues à la charge hormonale dans l’organisme.
- Ballonnements et gaz : Ils peuvent être source de gêne et augmenter les douleurs abdominales. Le vagin est plus sensible et plus gonflé.
- Augmentation de la température corporelle basale : Une légère augmentation de la température corporelle se produit juste après l'ovulation. C’est en faisant une courbe de température sur plusieurs mois, et en notant le moment de cette augmentation que l’on va pouvoir déterminer la date de l'ovulation. C’est ce qu’on appelle la symptothermie.
- Augmentation de la libido : Le pic d’hormone nécessaire au déclenchement de l’ovulation a un impact positif sur la libido.
- Modification du col de l'utérus : Au fur et à mesure que votre corps se prépare à la fécondité, votre col de l'utérus devient plus souple, plus haut et plus ouvert pour accueillir les spermatozoïdes.
Noter ses ressentis, les éventuelles douleurs et les humeurs particulières à cette période va permettre de bien connaître son corps et d’identifier les symptômes liés à l'ovulation.
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La phase lutéale : une étape cruciale après l'ovulation
La phase lutéale, qui suit l'ovulation, est une période cruciale pour la préparation du corps à une éventuelle grossesse. Elle dure généralement du jour 15 au jour 28 d'un cycle de 28 jours, bien que la date exacte de l'ovulation puisse varier.
Après l'ovulation, le corps jaune libère de la progestérone, entraînant une légère augmentation de la température corporelle basale. Cette phase est essentielle car elle permet à la muqueuse utérine de s'épaissir en vue de l'implantation d'un ovule fécondé. Une phase lutéale courte (11 jours ou moins) ou longue (plus de 14 jours) peut indiquer un déséquilibre hormonal. L'insuffisance lutéale, caractérisée par un développement insuffisant de l'endomètre, peut également affecter la fertilité.
Quand consulter un spécialiste ?
Si vous essayez de concevoir depuis plus d'un an sans succès, il est conseillé de consulter un spécialiste pour réaliser un bilan de fertilité. En cas de symptômes inhabituels, tels que des cycles menstruels irréguliers, des douleurs pelviennes ou des antécédents médicaux susceptibles d'affecter la fertilité (IST, etc.), une consultation précoce est également recommandée. Gynécologues, urologues et andrologues peuvent effectuer des évaluations approfondies pour identifier la cause de l'infertilité.
En plus des examens classiques, un test de Hühner (test post-coïtal) peut être proposé pour évaluer la qualité de la glaire cervicale et la présence de spermatozoïdes mobiles.
Facteurs affectant la fertilité
Plusieurs facteurs peuvent influencer la fertilité, tant chez l'homme que chez la femme :
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- Âge : Chez les femmes, le risque de ne pas avoir d'enfant augmente significativement après 35 ans. Chez les hommes, le vieillissement affecte la qualité du sperme.
- Habitudes de vie : Le tabagisme, la consommation excessive d'alcool et une mauvaise alimentation peuvent altérer la fertilité.
- Facteurs environnementaux : Les polluants environnementaux et les perturbateurs endocriniens peuvent affecter le système endocrinien et la fertilité.
- Conditions médicales : Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), l'endométriose, les infections sexuellement transmissibles (IST) et certaines maladies chroniques peuvent altérer la fertilité.
Examens et tests de fertilité
Plusieurs examens peuvent être réalisés pour évaluer la fertilité :
- Chez la femme :
- Bilan hormonal : dosage des hormones FSH, LH, œstradiol, progestérone, etc.
- Échographie pelvienne : pour visualiser les ovaires et l'utérus.
- Hystérosalpingographie : pour vérifier la perméabilité des trompes de Fallope.
- Test de Hühner (test post-coïtal) : pour évaluer la qualité de la glaire cervicale et la mobilité des spermatozoïdes.
- Chez l'homme :
- Spermogramme : pour évaluer la qualité du sperme (nombre, mobilité, morphologie des spermatozoïdes).
- Examen physique et questionnaire sur les antécédents de santé.
Tests d'ovulation : une aide précieuse
Les tests d'ovulation urinaires, disponibles en pharmacie, détectent avec précision les hormones (notamment la LH) qui indiquent l'ovulation. Ils peuvent être particulièrement utiles pour les femmes ayant des cycles irréguliers ou souhaitant optimiser leurs chances de conception. Si vous utilisez un test d’ovulation et que vous voyez un pic de LH, vous saurez que vous allez ovuler dans les prochaines 24 à 36 heures. Cela signifie que vous entrerez dans la phase lutéale environ 24 à 36 heures qui suivront.
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