L'allaitement est une aventure intime, parfois pleine de questions. Il est naturellement adapté aux besoins du nourrisson. Le lait maternel est un aliment vivant, irremplaçable, et protecteur pour la santé du bébé… et de sa mère ! Cependant, il peut parfois s'accompagner de douleurs et d'inconfort, notamment au niveau des ovaires. Cet article vise à explorer les causes possibles de ces douleurs, leur signification et les solutions pour les gérer sereinement.
Les Bienfaits de l'Allaitement pour la Mère
Avant d'aborder les douleurs, il est essentiel de rappeler les nombreux avantages de l'allaitement pour la mère :
- Meilleure tonicité utérine : Grâce aux contractions utérines provoquées par la succion du bébé en post-partum immédiat, l'utérus retrouve plus vite sa taille et sa tonicité.
- Réduction du risque de cancer : Allaiter plus de 12 mois par enfant diminue de plus de la moitié le risque de cancer de l'utérus, comparé à un allaitement de 0 à 3 mois. La grossesse et la lactation permettent une maturation complète du sein, diminuant le risque de cancer du sein de 7% par naissance et de 4,3% par année d'allaitement. La grossesse et l'allaitement permettent une pause des cycles menstruels et par conséquent un nombre plus faible d’ovulations et une moins grande exposition aux œstrogènes, ce qui selon les études, aurait un effet préventif sur ce type de cancer féminin.
- Bien-être psychologique : Les contacts en peau à peau répétés et les hormones sécrétées durant l'allaitement favorisent l'attachement de la maman à son bébé, et sa détente.
- Prévention des maladies cardio-vasculaires : L'allaitement maternel a des effets bénéfiques sur la prévention des maladies cardio-vasculaires.
- Perte de poids : L'allaitement brûle davantage de calories (environ 500 Kcal par jour). Une alimentation saine et équilibrée et une activité physique douce et régulière aident à perdre plus rapidement les kilos accumulés durant la grossesse. Des études ont montré une influence positive sur les risques de développer un diabète de type 2, et sur la prise de poids durant la pré-ménopause et ménopause, les graisses abdominales étant bien plus importantes chez les femmes n’ayant pas allaité.
- Rémission des maladies chroniques : Le fait d'allaiter ou d'être en lactation prolonge la période de rémission de certaines maladies chroniques, grâce à l'activité hormonale complexe améliorant le métabolisme et les états inflammatoires, sans oublier l'ocytocine, l'hormone du bien-être.
- Protection contre l'ostéoporose : L’allaitement est une aventure intime, parfois pleine de questions.
Douleurs Ovariennes Pendant l'Allaitement : Un Phénomène Courant
Il est courant que les femmes allaitantes ressentent des douleurs au niveau des ovaires, même en l'absence de règles (aménorrhée de lactation). Ces sensations, parfois vives, sont souvent le signe que le corps se prépare progressivement à reprendre son cycle hormonal.
Les Causes Possibles
- Reprise de l'activité ovarienne : L'allaitement exclusif modifie profondément l'équilibre hormonal de l'organisme. La prolactine, hormone responsable de la production de lait maternel, inhibe temporairement l'ovulation. Pourtant, même sans règles apparentes, les ovaires ne sont pas totalement au repos. Les douleurs ressenties au niveau du bas-ventre, qu'elles soient localisées d'un côté ou de l'autre, correspondent souvent à des douleurs de type ovulatoire.
- Douleurs de type ovulatoire : Même en l'absence de règles, les ovaires peuvent recommencer à fonctionner par intermittence, avec des follicules qui se développent sans forcément arriver jusqu'à l'ovulation complète. Ces douleurs témoignent précisément de cette reprise d'activité folliculaire.
- Contractions utérines : Si le bébé est exclusivement nourri au lait maternel et qu'il n'y a aucun problème pour allaiter, les douleurs peuvent être liées aux contractions de l'utérus qui revient peu à peu à la normale.
- Remise en route du circuit ovarien : Si l'alimentation est mixte (sein et biberon de lait en poudre) ou si l'allaitement est moins fréquent, les douleurs peuvent être liées à une remise en route du circuit ovarien, dont l'activité a été suspendue pendant l'allaitement. Dans ce cas, la douleur est généralement bilatérale.
- Douleurs menstruelles : Certaines femmes qui avaient des règles douloureuses avant d’être enceintes remarquent parfois qu’elles ont moins mal. D’autres trouvent que leurs règles sont plus abondantes, ou qu’elles durent plus longtemps, ou sont moins régulières.
- Sevrage et diversification alimentaire : La fin de l’allaitement avec le début du sevrage et de la diversification alimentaire peut entraîner des douleurs. En premier lieu, le sevrage de bébé doit se faire progressivement, en remplaçant des tétées par des biberons sur plusieurs jours. Tu peux effectuer un massage au niveau de l’aréole.
Quand S'Inquiéter ?
Bien que les douleurs ovariennes pendant l'allaitement soient généralement bénignes, certains signes doivent inciter à consulter un médecin ou un gynécologue :
- Douleurs pelviennes ou abdominales intenses et soudaines.
- Vertiges.
- Saignements.
- Fièvre.
- Nausées.
- Douleurs intenses, persistantes, et pertes de sang. Ceci peut être signe de fausse-couche.
Dans la majorité des cas, un examen clinique accompagné éventuellement d'une échographie pelvienne permettra de rassurer la jeune maman et d'écarter toute pathologie sous-jacente.
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Diagnostic et Examens
Sans compter les questions que vous posera le gynécologue ou la sage-femme quant à vos symptômes et leur intensité, il existe différents examens qui peuvent vous être prescrits pour réaliser le diagnostic et comprendre la cause de vos douleurs aux ovaires :
- La coelioscopie, qui permet de surveiller l’intérieur de la cavité abdominale à l’aide d’un fin tube au bout duquel se trouve une caméra.
Solutions et Conseils
- Se reposer suffisamment : Le repos est essentiel pour permettre au corps de récupérer et de s'adapter aux changements hormonaux.
- Éviter les efforts : Limitez les activités physiques intenses qui pourraient aggraver les douleurs.
- Appliquer une source de chaleur : Une bouillotte ou un bain chaud peuvent aider à détendre les muscles et à soulager les douleurs.
- Consulter un gynécologue : N'hésitez pas à évoquer ces douleurs lors de votre consultation post-natale ou de votre suivi gynécologique habituel. Téléconsultez un gynécologue depuis chez vous et décrivez lui vos symptômes pour recevoir les meilleurs conseils médicaux.
- Allaitement douloureux : Si l'allaitement est douloureux et que vous remarquez que vos mamelons sont gonflés et douloureux, le Baume Allaitement certifié Bio apportera un soulagement avant et après la tétée.
- Massage : Tu peux effectuer un massage au niveau de l’aréole.
Fertilité et Allaitement
Il est important de noter que les douleurs aux ovaires pendant l'allaitement ne signifient pas nécessairement que la femme est à nouveau fertile. Les douleurs ovariennes indiquent que les ovaires recommencent à être actifs, mais cela ne signifie pas automatiquement qu'il y a ovulation complète. Cependant, il est important de savoir que l'ovulation peut survenir avant le retour des règles.
L'allaitement exclusif peut offrir une protection contraceptive naturelle selon la méthode MAMA (Méthode de l'Allaitement Maternel et de l'Aménorrhée), mais uniquement si trois conditions sont réunies simultanément :
- Le bébé a moins de 6 mois.
- Il n'y a pas eu de retour de règles.
- L'allaitement est exclusif jour et nuit avec des tétées espacées de moins de 4 heures le jour et 6 heures la nuit.
Il est donc crucial d'utiliser une méthode de contraception fiable si une nouvelle grossesse n'est pas souhaitée.
Retour de Couches : Ce Qu'il Faut Savoir
Le retour de couches est un terme utilisé pour désigner le retour des règles après l'accouchement. Pendant la période puerpérale (40 à 50 jours après la naissance du bébé), le corps de la femme revient à son état d'avant la grossesse.
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Délai et Signes
La durée du retour de couches peut varier d'une femme à l'autre, mais généralement les premières règles après l'accouchement sont plus longues que la normale et peuvent durer de 7 à 10 jours. Pendant cette période, il est normal d’avoir des saignements abondants et la présence de caillots. Il est important de se rappeler que chaque femme est différente et que les manifestations physiques peuvent varier.
Pendant le retour de couches, il est courant de ressentir divers symptômes qui peuvent varier d’une femme à l’autre :
- Fatigue et maux de dos.
- Maux de tête.
Allaitement et Retour de Couches
Le retour des règles après l'accouchement peut être affecté par l'allaitement. Pendant l'allaitement, le corps produit l'hormone prolactine, qui peut inhiber l'ovulation et retarder le retour du cycle menstruel. Le cycle menstruel pendant l'allaitement peut présenter certaines particularités par rapport au cycle menstruel précédant la grossesse. Les règles peuvent ne pas être régulières et peuvent varier en débit et en durée. Cette irrégularité est souvent attribuée aux déséquilibres hormonaux provoqués par l’allaitement et la prolactine. De plus, le retour de couches peut affecter la production de lait. Bien qu’il ne soit pas scientifiquement prouvé que le retour du cycle menstruel affecte directement la production de lait, certaines femmes peuvent remarquer une légère diminution de leur production de lait pendant leur période menstruelle. Toutefois, cette diminution est généralement temporaire et ne compromet pas l’allaitement global.
L'abondance des règles après l'accouchement peut varier d’une femme à l’autre et certaines femmes peuvent avoir un flux menstruel plus léger que la normale. Cette situation peut être influencée par plusieurs facteurs, comme les déséquilibres hormonaux post-partum, l'allaitement ou d'autres facteurs individuels. Certaines femmes peuvent avoir un flux menstruel plus abondant que la normale pendant le retour de couches. Cela peut être dû à l’accumulation de l’endomètre pendant la grossesse, qui est excrété pendant le cycle menstruel post-partum.
Après la grossesse, l’utérus met généralement 4 à 6 semaines pour retrouver son état d’avant la conception. L’absence de règles après l’accouchement ne signifie absolument pas que la femme n’est pas fertile, bien au contraire. Même si beaucoup pensent qu’il est impossible de concevoir pendant l’allaitement (et donc en l’absence de règles), la science affirme le contraire. Car s’il est vrai que des niveaux élevés de prolactine peuvent inhiber l’ovulation, cela ne veut pas dire que cela ne se produit pas même en l’absence de cycle. Une fois la puerpéralité passée, la femme peut redevenir fertile à tout moment et tomber enceinte avant le retour de couches.
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L'ovulation peut survenir avant le retour effectif des règles, il est donc bon d'en tenir compte en cas de rapports sexuels non protégés. Il faut également rappeler que l’allaitement, bien qu’il puisse inhiber temporairement le cycle ovulatoire, ne constitue pas une protection contraceptive. C’est pourquoi la conception pendant l’allaitement (bien que peu probable) n’est pas du tout impossible. Et, en effet, l’absence de règles pourrait retarder considérablement la prise de conscience d’une nouvelle grossesse en cours.
Le retour de couches peut apparaître même un an après la naissance du bébé. La durée de la période d'aménorrhée (absence de cycle menstruel) peut varier d'une femme à l'autre. Si certaines femmes peuvent reprendre leurs règles dans les premiers mois suivant l'accouchement, d'autres peuvent connaître un délai plus long. Si le retour de couches n'a pas lieu dans un délai raisonnable après l'accouchement, il peut y avoir des explications. L’allaitement, les déséquilibres hormonaux, le stress et d’autres facteurs peuvent affecter la reprise de votre cycle menstruel.
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