La qualité ovocytaire est un facteur déterminant de la fertilité féminine. Elle se réfère à l'intégrité génétique d'un ovocyte et à sa capacité à se développer en un embryon viable. Ce paramètre est influencé par divers éléments, allant de l'âge aux habitudes de vie. Comprendre ce qu'est la qualité ovocytaire, comment elle évolue et comment l'améliorer est essentiel pour les femmes qui envisagent une grossesse, qu'elle soit naturelle ou assistée par des techniques de procréation médicalement assistée (PMA).

Qu'est-ce que la qualité ovocytaire?

La qualité ovocytaire désigne l’intégrité génétique d’un ovocyte et sa capacité à se développer en embryon viable. Un ovocyte de bonne qualité possède un matériel génétique intact et les ressources nécessaires pour soutenir le développement embryonnaire initial. À l'inverse, un ovocyte de mauvaise qualité peut présenter des anomalies chromosomiques ou un manque de ressources énergétiques, compromettant ainsi sa capacité à être fécondé ou à se développer correctement après la fécondation.

L'importance de la qualité ovocytaire dans la fertilité

La qualité ovocytaire est un grand facteur de fertilité qui décroît typiquement avec l'âge. La qualité des ovocytes est déterminante dès les premières divisions cellulaires après la fécondation, car ces divisions dépendent des ressources énergétiques de l'ovocyte. Une mauvaise qualité ovocytaire peut entraîner :

  • Une non-fécondation
  • Des fausses couches
  • Des anomalies chromosomiques chez l'embryon

Il est important de noter que la qualité ovocytaire peut varier d'un cycle à l'autre et qu'il n'existe aucun protocole universel pour l'améliorer, car chaque femme est unique et nécessite une approche personnalisée.

Facteurs affectant la qualité ovocytaire

Plusieurs facteurs peuvent influencer la qualité des ovocytes :

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  • Âge : L'âge est le facteur majoritaire de succès. La réserve d’ovules dans les ovaires diminue avec l’âge. La femme naît avec un certain nombre d’ovocytes qui disparaissent progressivement. À partir de 35 ans, on observe une réelle dégradation de la qualité des ovocytes.
  • Stress oxydatif : Le stress oxydatif a un impact significatif sur la qualité ovocytaire en perturbant le fonctionnement cellulaire et en altérant l'ADN des ovocytes. Il se produit lorsque les niveaux de radicaux libres dans l'organisme dépassent la capacité des systèmes antioxydants à les neutraliser, ce qui crée un environnement toxique pour les cellules reproductrices.
  • Hormones : La prolactine, hormone favorisant la production de lait chez la mère, est aussi connue pour inhiber l'ovulation quand elle est trop élevée. Le cortisol, hormone de stress produite par les glandes surrénales, peut avoir un effet néfaste sur la fertilité lorsqu'il est présent en excès.
  • Style de vie : Le stress prolongé et chronique peut affecter la régulation hormonale et contribuer au syndrome des ovaires paresseux. Le tabagisme actif est un des facteurs majeurs de mauvais développement embryonnaire, tout comme la mauvaise hygiène de vie générale.
  • Toxines : Les toxines ont des effets néfastes sur les hormones liées à la fertilité.
  • Autres facteurs : L’environnement, l’hygiène de vie et les modes de consommation viennent aussi impacter la qualité des gamètes des femmes et des hommes.

Comment améliorer la qualité ovocytaire naturellement

On peut améliorer la qualité ovocytaire naturellement de nombreuses façons, notamment en travaillant sur notre alimentation et notre hygiène de vie. Il n'existe aucun protocole universel, mais plutôt une approche personnalisée en fonction du bilan, du cycle et du terrain de chaque femme.

Alimentation

  • Antioxydants : Les légumes colorés sont bénéfiques pour la qualité ovocytaire en raison de leur richesse en antioxydants, vitamines et minéraux essentiels. Chaque couleur de légume apporte un type différent de phytonutriments. Les légumes verts (épinards, brocoli) sont riches en acide folique (folates) et en chlorophylle, favorisant la santé cellulaire et la détoxification. Les légumes rouges et oranges (comme les poivrons et les carottes) contiennent du bêta-carotène et de la vitamine C, puissants antioxydants qui protègent les ovocytes du stress oxydatif. Les noix, en raison de leurs concentrations élevées en Magnésium et en vitamine E, aident à lutter contre le stress oxydatif. Pleines de folates, de vitamines B et de tocophérol (vitamine E), les graines sont excellentes pour la santé.
  • Lipides : Les lipides, en particulier ceux riches en oméga-3, jouent un rôle essentiel dans la santé reproductive et la qualité ovocytaire. Les oméga-3, présents dans des sources comme les poissons gras (saumon, sardine) et les graines de lin ou de chia, sont des acides gras polyinsaturés qui possèdent de puissantes propriétés anti-inflammatoires. Ils aident à réduire l'inflammation ovarienne, favorisent un environnement propice à la maturation des ovocytes et améliorent la circulation sanguine vers les organes reproducteurs. De plus, les oméga-3 participent à la structure des membranes cellulaires, ce qui est crucial pour la fonctionnalité et la réactivité des cellules, y compris les ovocytes.
  • Protéines : On peut améliorer la qualité ovocytaire en augmentant son apport en protéines. Un apport adéquat pour une femme qui pratique une activité physique modérée est de 1,2 g protéines/kg poids/jour.

Hygiène de vie

  • Gestion du stress : Le stress prolongé et chronique peut affecter la régulation hormonale et contribuer au syndrome des ovaires paresseux. Allongée sur un la table de massage, plus rien ne compte. Alors que les mains de la masseuse parcourent votre organisme, vous vous libérez de vos tensions et de vos angoisses. Encore un autre exercice accessible qui permet de faire baisser votre cortisol. Seule ou via une méditation guidée, isolez-vous dans une bulle de bien-être. Si vous n'êtes pas fan de méditation, ne forcez pas. À chaque fois que vous sentez votre stress grimper, respirez en pleine conscience. Inspirez en remplissant vos poumons au maximum. Expirez avec force.
  • Circulation sanguine : Bien que ce ne soit pas forcément l'élément qui vienne à l'esprit, la circulation sanguine joue un rôle-clé dans la qualité ovocytaire. Pour optimiser la distribution du sang dans les différents organes, prenez l'habitude de travailler debout. Installez votre ordinateur sur un support haut et pianotez sur votre clavier. À noter que rien ne vous oblige à passer toute la journée ainsi. Pendant votre pause, ne restez pas devant un écran. Profitez de ces quelques instants pour aller vous ressourcer au contact de la nature. L'espace de 15 à 20 minutes, marchez. Pourquoi ? Tout simplement parce que le nœud créé au-niveau des genoux réduit considérablement la circulation du flux sanguin. Fortement concentrée en oligo-proanthocyanidines (OPC), la vigne rouge est parfois surnommée "la plante de la circulation sanguine". Pour améliorer votre qualité ovocytaire, buvez des infusions de vigne rouge avant d'aller vous coucher. Si vous avez une sensation de jambes lourdes et particulièrement la nuit, soulevez les pieds de votre lit de 15 cm.
  • Élimination des toxines : Plus vous éliminerez ces substances néfastes de votre quotidien, plus vous aurez de chances d'améliorer votre qualité ovocytaire.

Compléments alimentaires

De multiples vitamines et minéraux entrent en compte lorsqu'il s'agit de qualité ovocytaire et de fertilité. Sur Internet, vous trouverez de nombreuses références qui seront susceptibles de vous aider. Toute la difficulté réside dans le fait de savoir quel complément prendre exactement, à quel dosage, quelle forme et quelle marque privilégier. Il est donc recommandé de consulter un naturopathe spécialisé en fertilité.

Qualité ovocytaire et procréation médicalement assistée (PMA)

Dans le cadre de la PMA, la qualité ovocytaire est un facteur déterminant de succès. Lors d'une fécondation in vitro (FIV), par exemple, les ovocytes sont prélevés, fécondés en laboratoire, puis les embryons obtenus sont transférés dans l'utérus. La qualité des ovocytes influence directement le taux de fécondation, le développement embryonnaire et les chances d'implantation.

Évaluation des embryons

Au fil des années, les critères d’évaluation des embryons ont été unifiés. Un embryon dit « non viable » est un embryon qui ne s’est pas divisé, ou dont la division s’est arrêtée, ou avec des cellules dégénératives. Il n’y a pas de devenir à cet embryon. Ensuite, lorsque l’embryon est dit « viable », l’équipe de biologiste vient observer :

  • la morphologie : le nombre de cellules, leur régularité, leur homogénéité et leur taux de fragmentation, l’aspect de la cellule ou de la membrane qui recouvre l’embryon.
  • la cinétique, c’est-à-dire le rythme de la division et d’évolution de l’embryon jour par jour selon un référentiel. L’embryon a-t-il bien 8 cellules au 3e jour ? 16 au 4e ? , etc.

C’est à partir de cette description que les biologistes donnent un rang, c’est-à-dire un ordre de priorité pour le transfert.

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Impact de la qualité ovocytaire sur les chances de succès de la FIV

Les chances de succès de la FIV ne sont que de 20 à 25% par tentative. La qualité des ovocytes est un facteur limitant, car 25 à 30% des ovocytes sont porteurs d’anomalies chromosomiques. De plus, une ponction contient un lot hétérogène d’ovocytes : certains sont parfaitement matures, d’autres le sont incomplètement, d’autres enfin sont totalement immatures.

Ovaires paresseux : une notion à clarifier

Afin de comprendre en quoi consiste exactement une ovulation de mauvaise qualité ou le syndrome des ovaires paresseux, il faut savoir qu’un ovaire est appelé paresseux ou fatigué lorsqu’il ne produit pas les ovules qu’il devrait produire. Le terme « ovaires paresseux » n’est pas un terme standard en médecine. L’irrégularité des cycles menstruels est un signe du syndrome des ovaires paresseux. La libération irrégulière des ovules de la part de l’ovaire peut compliquer la conception et augmenter les défis liés au fait de vouloir être enceinte. Les causes du syndrome des ovaires paresseux peuvent être variées mais, dans de nombreux cas, elles sont difficiles à détecter.

Lorsqu’il existe des problèmes d’irrégularité des cycles menstruels, une difficulté à concevoir ou bien un SPM très douloureux, il est normal de réaliser une étude afin d’en découvrir l’origine. Grâce à cette étude, on peut découvrir que les ovaires ne travaillent pas correctement. Le traitement est lié à la cause, qu’il s’agisse d’une anovulation (lorsque la femme n’ovule pas) ou lorsque l’on parle d’une ovulation de mauvaise qualité ou d’ovules paresseux, et aux besoins de chaque patiente.

Signes potentiels d'ovaires paresseux

  • Irrégularité des cycles menstruels
  • Altérations de la glaire cervicale (au niveau du col de l’utérus)
  • Syndrome prémenstruel plus intense et plus long que d’habitude

Réserve ovarienne et qualité ovocytaire : quelle différence ?

Il est important de distinguer la réserve ovarienne de la qualité ovocytaire. La réserve ovarienne fait référence au nombre d'ovocytes disponibles dans les ovaires, tandis que la qualité ovocytaire se réfère à l'intégrité génétique et au potentiel de développement de ces ovocytes.

Une faible réserve ovarienne signifie qu'il y a moins d'ovocytes disponibles, mais cela ne signifie pas nécessairement que la qualité des ovocytes restants est mauvaise. Inversement, une femme peut avoir une réserve ovarienne normale, mais une proportion plus élevée d'ovocytes de mauvaise qualité.

Lire aussi: Déroulement de la FIV avec Don

Évaluation de la réserve ovarienne

Il existe plusieurs tests diagnostiques pour évaluer la réserve ovarienne :

  • Échographie vaginale entre le 2e et le 5e jour du cycle menstruel (comptage des follicules antraux)
  • Analyse de l’hormone anti-müllérienne (AMH) par test sanguin n’importe quel jour du cycle menstruel
  • Analyse de la FSH et de l’estradiol sérique (entre le 2ème et 5ème jour du cycle)

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