L'accouchement est une étape marquante dans la vie d'une femme. À l'approche de ce moment crucial, nombreuses sont celles qui recherchent des méthodes naturelles pour faciliter le travail et la naissance. Parmi ces techniques, une position particulière attire l'attention : la position sur les toilettes. Cet article explore en profondeur cette position, son impact sur le processus d'accouchement, et d'autres aspects essentiels liés à l'ouverture du bassin.

La Position sur les Toilettes pendant l'Accouchement : Une Astuce "Magique" ?

La position sur les toilettes pendant l’accouchement est parfois décrite comme une astuce « magique », en tout cas je la décris comme telle en séance de préparation à la naissance ! Elle repose en tout cas sur des principes physiologiques bien réels. Lors du travail, certaines positions peuvent favoriser la progression du bébé dans le bassin et aider à gérer la douleur. Lorsque vous vous asseyez sur les toilettes, vos genoux sont positionnés plus bas que vos hanches, ce qui ouvre naturellement le bassin. Enfin, cela dépend des toilettes, mais un petit tabouret placé sous vos pieds peut aider ce bon positionnement si besoin. Cette ouverture peut permettre au bébé de descendre plus facilement dans le canal vaginal. Les toilettes offrent un siège stable qui permet de soulager la pression exercée sur le périnée. Effectivement, le périnée sera au-dessus du trou de la cuvette, donc dans le vide ! La détente de cette zone peut favoriser un travail plus efficace, car le corps est davantage détendu et préparé pour l’accouchement. En étant dans la position assise sur les toilettes, le corps peut être mieux aligné pour favoriser la descente du bébé. Et oui, c’est une question de gravité !

Si il y a bien une position dans laquelle le périnée est habitué à « s’ouvrir », c’est aux toilettes ! Le périnée est traversé par 3 orifices : l’anus, le vagin, le méat urinaire. L’ouverture spontanée de nos sphincters lorsque l’on fait nos besoins aux toilettes permettra également au vagin de se relâcher, et donc de favoriser la descente du bébé. L’utilisation de la position sur les toilettes pendant l’accouchement n’est pas une pratique nouvelle. De nombreuses femmes rapportent que la position sur les toilettes permet de mieux accompagner la douleur de l’accouchement. Pendant l’accouchement, certains blocages physiques et émotionnels peuvent entraver le processus. La position sur les toilettes aide à détendre les muscles du périnée et du bas du ventre, facilitant ainsi l’ouverture du col de l’utérus. Dans certaines situations, cette position permet au travail de se poursuivre plus rapidement.

Comment optimiser cette position ?

Assurez-vous que l’endroit où vous allez vous installer est propre et confortable (ce sont vos toilettes chez vous en général, lorsque le travail commence à la maison). Tamisez les lumières, mettez des bougies, chauffez la pièce … il faut que ce soit cosy ! Certaines maternités disposent de toilettes spécialement conçues pour les accouchements, avec des barres pour vous soutenir si nécessaire, en particulier dans les salles natures. Lorsque vous êtes sur les toilettes, essayez de garder votre dos droit et vos pieds bien ancrés au sol. L’objectif est de détendre le bas de votre corps tout en facilitant la descente du bébé.

Flexibilité et adaptation

Même si la position sur les toilettes est bénéfique pour certaines femmes, il est important de rester flexible. N’hésitez pas à changer de position pendant le travail pour favoriser l’ouverture du bassin et faciliter la progression du travail. La position sur les toilettes peut être une astuce efficace pour certaines femmes pendant le travail, en favorisant l’ouverture du bassin, la gestion de la douleur et la progression de l’accouchement. Il est essentiel de rester flexible pendant l’accouchement et de varier les positions pour trouver celle qui vous apportera le plus de confort. C’est un geste pratiqué dans de nombreuses civilisations, mais bizarrement encore assez peu connu en France.

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Le Bassin : Anatomie et Mouvements Clés

Le bassin est une structure complexe composée de plusieurs os et ligaments. Il joue un rôle central lors de la grossesse et de l’accouchement. Tout d’abord, il faut savoir que le bassin est composé de ligaments ainsi que de quatre os : les deux os iliaques (sur les côtés), le sacrum (à l’arrière) et le coccyx (partie postérieure). Pour sentir le mouvement de votre bassin, rien de tel que de réaliser des rotations des genoux ou encore de cambrer et de décambrer le dos. N’hésitez pas à poser vos mains à hauteur de bassin pour sentir le mouvement de celui-ci.

Le bassin paraît fixe à première vue, mais en réalité il n'en est rien : la symphyse pubienne et la jonction sacro-iliaque sont des articulations : les os bougent autour de leurs ligaments.

Les détroits du bassin

Lors de l’accouchement, le passage de bébé dans le bassin se déroule en trois temps. D’abord, il doit franchir le détroit supérieur, ensuite le détroit moyen et enfin le détroit inférieur. Le détroit supérieur a la forme d’un cœur, ce qui implique que bébé se positionne en diagonale pour franchir cet espace. Le détroit moyen et inférieur constituent la partie la plus étroite du bassin. Il est à noter que selon la position du corps de la maman, le bassin bénéficie de plus ou moins d’espace. Ainsi, lorsque la future maman bascule son bassin en position de rétroversion (c’est-à-dire décambrée) avec les cuisses tournées vers l’extérieur, bébé aura davantage d’espace pour passer que dans le cas contraire. C’est pourquoi le mouvement est crucial durant toutes les étapes de l’accouchement.

Nutation et contre-nutation

La nutation est ce qui se produit lorsque vous pivotez les cuisses vers l'intérieur (position de type "pieds en dedans"): les ischions s'éloignent et les ailes du bassin se rapprochent. La contre-nutation est ce qui se produit lorsque vous pivotez les cuisses vers l'extérieur (position de type "grenouille"): les ischions se rapprochent et les ailes du bassin s'écartent. A l'inverse, la nutation s'obtient lorsque vous vous positionnez "les pieds en dedans" : les ischions s'éloignent et les ailes du bassin se rapprochent.

Lorsque vous rétroversez le bassin, la symphyse pubienne remonte (vous pouvez sentir ce déplacement), les ischions se rapprochent et les ailes du bassin s'écartent (contre-nutation). C'est l'inverse lorsque vous cambrez le dos.

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nutation : bassin basculé en arrière, cuisses tournées vers l'intérieur. Le mouvement de contre-nutation a pour effet d'écarter la partie supérieure des os iliaques, et de rapprocher les os inférieurs. Le mouvement de nutation a pour effet d'écarter les ischions et les épines sciatiques (en refermant le détroit supérieur).

Lorsque vous êtes cambrée, l'axe du bassin est incliné par rapport à l'axe de la tête du bébé, le diamètre disponible pour son passage lui semble donc plus petit. A l'inverse, lorsque vous dé-cambrez, le détroit supérieur du bassin tend à s'aligner avec l'axe de l'utérus.

Mobilité et Adaptation du Bassin

Au cours de l’accouchement, la tête foetale s’adapte souvent en se déformant légèrement, grâce à la souplesse de ses os. Le bassin maternel, lui, est rigide, mais possède cependant de petites possibilités de mobilités entre les os qui le composent, au niveau des articulations propres du bassin. Celles ci induisent une modification de sa forme interne, au niveau de l'excavation pelvienne. Lors de l'accouchement, ces mobilités sont exceptionnellement augmentées. Le bassin maternel peut ainsi adapter sa forme au passage foetal.

La Tête du Bébé : Flexion et Engagement

La tête du bébé n'est pas une simple sphère, mais a une forme bien particulière. Selon la position de la tête du bébé, elle va présenter un plus ou moins grand périmètre. Le plus petit périmètre est celui qui passe par le front et l'arrière de la tête (le sous-occipito-bregmatique) : c'est ce diamètre que vous présentez lorsque vous rentrez le menton pour enfiler un pull. Le bébé va effectuer ce même mouvement de flexion afin d'engager le plus petit diamètre de sa tête dans le bassin de la mère. La tête du bébé peut parfois mal se fléchir, ce qui pourra l'empêcher de s'engager correctement.

L'autre dimension intéressante est le bi-pariétal qui correspond à la largeur de la tête du bébé au niveau des oreilles. Lorsque le bébé fléchit bien sa tête, c'est à ce niveau que se trouve la plus grande largeur qui devra franchir le bassin.

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La tête du bébé n'est pas ronde : la longueur de la tête (du front à l'arrière) est bien plus importante que sa largeur (d'une oreille à l'autre). On peut également mesurer son périmètre crânien, qui correspond au tour de sa tête au niveau le plus large (le site aly-abbara présente un exemple de ces mesures par échographie.

Adaptation de la tête du bébé

Une autre manière pour le bébé de gagner de l'espace, est de progresser en biais. Sa tête n'étant pas exactement sphérique, les oreilles correspondent au point le plus large, mais il est possible en inclinant la tête, de ne pas se présenter "directement" dans le bassin. Les os du crâne du bébé ne sont pas soudés entre eux, et peuvent se déformer dans une certaine mesure. Ainsi, le diamètre de la tête du bébé peut se réduire afin de favoriser son passage. La tête du bébé pourra se déformer en "pain de sucre" : elle paraîtra plus haute, et moins large.

La Pelvimétrie : Utilité et Limites

Dans certains cas, en fin de grossesse, votre professionnel de santé pourra vous conseiller de réaliser une pelvimétrie (radio ou scanner). Celle-ci vise à apprécier les dimensions de votre bassin dans le cadre de la préparation de l’accouchement. Sans cet examen, il est extrêmement compliqué d’apprécier la taille de son bassin. En effet, celui-ci n’est pas dépendant de la largeur des hanches, par exemple. Dans certains cas relativement rares, certaines femmes peuvent souffrir d’une « disproportion foeto-pelvienne ». Environ 1 femme sur 250 a un bassin très étroit, qui pourrait ne pas laisser à son bébé la place de passer, surtout s’il est plus gros que la moyenne.

La pelvimétrie tente de mesurer les passages les plus étroits du bassin. Le PRP : promonto rétro pubien, correspond à l'espace disponible entre la symphyse pubienne et la colonne vertébrale. A noter que la somme de ces deux valeurs constitue l'indice de Magnin. Cependant, cet indice ne tient pas compte d'éventuelles spécificités du bassin, par exemple un bassin très large mais peu profond peut conduire à un excellent indice.

Méthodes de mesure

Il existe différentes techniques : radio, scanner ou IRM, par ordre de fiabilité (et de prix…) croissants. Pour une radio-pelvimétrie : la radio du bassin procède par un calcul de type "règle de 3" (on mesure une règle, puis votre bassin, puis on calcule) : il est donc facile de se tromper. Pour les scanners : la mesure est directe, cet inconvénient n'existe donc pas, mais la mère doit être placée de manière parfaitement symétrique sous peine d'erreurs de mesure.

Interprétation des résultats

L'indice de Magnin parle de "pronostic incertain", "médiocre", "mauvais"… mais jamais d'impossibilité. Cet indice n'a qu'une valeur statistique, et non pas absolue. Rappelons également ce point de terminologie : il ne faut pas confondre la moyenne et la norme. Dire que la moyenne d'une mesure X chez les femmes est de 10cm, ne veut pas dire qu'une mesure de 9,8cm est "anormale". La moyenne n'est - comme son nom l'indique - qu'une simple valeur moyenne, avec, par définition, des mères au dessus de cette valeur et des mères en dessous de cette valeur, sans que cela n'indique quoi que ce soit d'"anormal" pour elles. La norme se définit plutôt comme un intervalle; par exemple, "95% des femmes ont une mesure X supérieure à 9cm" (et encore, on peut s'interroger sur l'"anormalité" des 5% restantes). Ajoutons enfin qu'il ne semble pas exister de consensus international sur les valeurs "normales" de la pelvimétrie.

Il serait tentant d'appliquer une règle simple du type "si la tête du bébé est plus large que les mesures de la mère, alors l'accouchement par voie basse est strictement impossible". Or, certaines femmes ont accouché par voie basse avec un indice de Magnin considéré comme très faible (certaines mères se sont même entendu dire, après un ou plusieurs accouchements faciles par voie basse, qu'étant donné leur pelvimétrie, on aurait du les césariser d'office), tandis que pour d'autres, leur bébé ne s'est jamais engagé malgré un Magnin indiquant un bassin large. Les choses ne sont donc pas aussi binaires. L'impact des changements hormonaux, qui détendent les ligaments et augmentent donc la mobilité du bassin n'est, là non plus, pas évalué.

Autres Positions et Mouvements pour Faciliter l'Accouchement

Tout d’abord, ayez en tête que la pire des positions pendant un accouchement, c’est celle qui est statique ! Évitez de garder la même position du début du travail à la fin. Bébé a besoin de passer à travers des détroits différents et il a besoin de vous pour trouver les passages. Pour cela, votre bassin doit s’adapter. Alors, bougez, balancez vous. Je ne vous propose pas de danser la zumba ;), souvent des micro mouvements suffisent.

Les positions verticales sont des positions idéales pour faire jouer la pesanteur. Debout, suspendue (pour étirer le dos), accroupie… Le poids du bébé va peser sur le périnée et peut accélérer la dilatation et l’entrée de la tête dans le bassin. Les positions de suspension et d’extension sont en général de bonnes positions pour calmer la douleur et se détendre.

Les positions couchées sur le côté sont intéressantes en terme d’ouverture (à condition que la cuisse du dessus fasse un angle de 90°) ou pour ralentir le travail. Dans le 1er cas, pour l’expulsion du bébé, elle nécessite une présence (Sage femme, compagnon, doula…) pour soutenir la jambe du dessus et offrir un appui.

La douleur peut être un signal qui nous dit que la position actuelle ne correspond plus aux besoins (aux nôtres ou à ceux de bébé) et qu’il convient d’en changer . Quand vous êtes couchée et que vous avez mal à l’épaule, vous changez de côté ; vous êtes assise et vous avez mal à la jambe, vous changer vos points d’appui. Dans un accouchement, c’est pareil. Cela n’enlève pas forcement la douleur mais votre corps sait instinctivement quelle position vous permettra de rendre la douleur supportable. Ne réfléchissez pas aux positions qui vous conviendraient, laissez vous guider.

Toutes les positions semi assises, dos rond, font reposer notre poids sur le coccyx et le sacrum : le bassin peut alors avoir des difficultés à s’ouvrir et bébé avoir du mal à descendre.

Le Resserrage du Bassin après l'Accouchement

Soumis à de véritables montagnes russes physiologiques pendant la grossesse, le bassin nécessite d’être « resserré » après l’accouchement. Voici en quoi cela consiste. Le resserrage du bassin, pratiqué par de très nombreuses civilisations après l’accouchement, reste méconnu en France. Pourtant, pour certaines femmes, ce geste est un véritable soulagement.

Un bassin malmené Malmené, le bassin est néanmoins un des grands oubliés des soins post-partum, en particulier en France où son resserrement est loin d’être systématique. « Pendant l’accouchement, le bassin est en mouvement, comme des sas dans les aéroports. Il faut d’abord ouvrir en haut pour que le bébé entre, puis ça se referme en haut pour s’ouvrir en bas après la descente. De plus, tous les bébés se présentent de façon oblique, donc lors du passage dans le bassin, il y a une asymétrie physiologique qui peut se fixer », explique le Dr Bernadette de Gasquet, auprès du site Doctissimo.

Dans l’idéal, ce geste doit être accompli dans les heures suivant la naissance du bébé. « Cependant, les équipes médicales ont rarement le temps de le proposer en salle d’accouchement », nuance Morgane sur le site www.laitfeemere.fr. D’après l’accompagnante à la naissance, il n’est jamais trop tard pour pratiquer un resserrage du bassin, même à distance de l’enfantement.

Comment faire ?

Dans la pratique, comment faire ? Peut-on effectuer ce geste seul ? « La maman, qui doit être accompagnée, doit s’allonger sur le lit en ayant l’écharpe au niveau du bassin. Le haut du tissu doit passer au-dessus de l’os supérieur du bassin, appelé os iliaque et envelopper son bassin. La personne qui pratique ce geste doit ensuite tirer les deux bouts du tissu jusqu’à ce que la maman sente son bassin se resserrer et se retrouve dans une position agréable. Puis, il est conseillé de faire un nœud en croisant les deux bouts du tissu et de le rabattre sous le bassin. « Il ne faut pas hésiter à tirer fort, sans faire mal à la maman. C’est elle qui doit dire si elle se sent à l’aise ou non », recommande le site de France télévisions.La séance, qui doit durer entre 30 et 45 minutes, peut être répétée plusieurs fois par semaine, si besoin.

Pour Bernadette de Gasquet, « toutes les jeunes accouchées devraient pouvoir en bénéficier, même en cas de césarienne car le bassin bouge déjà pendant la grossesse ». D’après le médecin interrogé par Doctissimo, si on laisse le bassin ouvert, « des douleurs en bas du dos peuvent alors se manifester ainsi que des risques d’incontinence si le périnée n’est pas fermé. Mais attention à ne pas faire n’importe quoi. La technique du bandage ou resserrage, qui est une sorte d’ostéopathie, doit être bien employée, sinon cela peut être délétère pour la santé ».

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