L'accouchement est un processus complexe où la surveillance étroite de la mère et du fœtus est cruciale. L'équipe médicale, composée de l’infirmière, la sage-femme, le gynécologue obstétricien et le médecin anesthésiste, travaille en synergie pour assurer un déroulement harmonieux du travail. Cet article détaille les aspects essentiels de la surveillance fœtale des contractions, en mettant en lumière les techniques utilisées et l'importance de chaque acteur dans ce processus.

Rôle de l'équipe médicale pendant l'accouchement

La prise en charge de la mère et du bébé pendant le travail répond à des critères de surveillance très précis. Pendant l'accouchement, l'équipe médicale suit à la fois le déroulement de l'accouchement, l'état de santé de la mère et celui du fœtus.

  • L’infirmière : Elle procède à la mise en place des actes de soins et des traitements prescrits.
  • La sage-femme : Son rôle est de mettre en place la surveillance du travail, et de favoriser son déroulement harmonieux par des actions qui relèvent de sa compétence.
  • Le gynécologue obstétricien : Il intervient lorsqu’une défaillance au déroulement harmonieux du travail s’installe. Son action a comme objectif premier le rétablissement d’une situation normale, sinon celui de gérer l’anomalie déjà installée.
  • Le médecin anesthésiste : Son champ d’action s’articule autour de tout ce qui touche aux constantes vitales maternelles, son rôle est de les maintenir ou de les rétablir, à des seuils dit normaux. Les constantes vitales de la mère sont surveillées, car elle perfuse encore son fœtus.

L’ossature du crane du fœtus est faite pour s’adapter à celle du bassin, facilitant ainsi le processus de naissance.

Évaluation initiale du travail

Au moment où le travail commence, la sage-femme ou le médecin évalue le degré de dilatation du col de l’utérus et la manière dont le bébé progresse dans le bassin. À partir du moment où les contractions débutent, le col de l'utérus commence à se dilater. La vitesse moyenne de dilatation est d'environ un centimètre par heure. Elle est plus lente pour les premiers centimètres et s'accélère à partir de cinq centimètres de diamètre.

Surveillance des contractions utérines

La surveillance du rythme et de l’intensité des contractions de l’utérus est importante pour évaluer la bonne progression de l’accouchement. Au début de l’accouchement, les contractions sont brèves et espacées. Au fur et à mesure, elles deviennent plus fréquentes et plus intenses, pour atteindre une durée de 40 à 60 secondes, toutes les trois ou quatre minutes.

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Monitoring obstétrical : Cardiotocographie externe

Le monitoring obstétrical est un dispositif qui suit à la fois les contractions de l’utérus et le rythme cardiaque du fœtus, à l’aide de capteurs posés sur le ventre de la mère (« cardiotocographie externe »). Pour l’équipe médicale, il est important de pouvoir suivre les réactions du cœur du fœtus pendant et entre les contractions pour s’assurer qu’il supporte bien la pression exercée par les muscles de l’utérus. En effet, les contractions ont tendance à réduire le flux du sang dans le placenta et à ainsi priver le fœtus d’oxygène.

Habituellement, le fœtus s’adapte à cette pression en accélérant son rythme cardiaque. Grâce au monitoring (qui enregistre les données), l’équipe médicale suit à la fois le rythme cardiaque de base du fœtus, mais également ses variations, accélérations ou plus rarement ralentissement. Ces variations sont mises en relation avec d’autres données comme la température de la future maman (qui tend à accélérer le rythme cardiaque du fœtus) ou une baisse de sa pression artérielle (qui ralentit ce rythme).

Interprétation des données du monitoring

La bande d’enregistrement du moniteur montre des oscillations plus ou moins importantes. Ne vous inquiétez pas, c’est tout à fait normal : les pulsations cardiaques varient naturellement selon les contractions. Quand votre bébé dort, le rythme est moins soutenu. Le rythme cardiaque fœtal de base est dit normal entre 110 et 160 battements par minute (BPM). La tachycardie est définie comme un rythme supérieur à 160 battements par minute pendant plus de 10 minutes. La bradycardie se caractérise, quant à elle, par un rythme inférieur à 110 battements par minute pendant plus de 10 minutes.

Tous les bébés n’ont pas le même rythme, mais si l’enregistrement montre des anomalies (ralentissement des battements cardiaques pendant les contractions, faibles variations…), cela peut être le signe d’une souffrance fœtale.

Surveillance interne

Lorsque le monitoring donne des résultats inquiétants ou difficiles à interpréter (ce qui est relativement fréquent), le médecin peut décider de mettre en place des outils de surveillance internes, directement dans l’utérus. Il s’agit de capteurs qui peuvent être glissés dans l’utérus ou fixés sur la tête du bébé. Pour les contractions utérines, le capteur est placé dans un cathéter inséré dans la cavité amniotique.

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En cas de doute, on peut pratiquer un monitoring fœtal interne. On peut également pratiquer une analyse de sang fœtal avec la technique du pH au scalp. Une petite électrode est introduite par le col de l’utérus afin de récolter une goutte de sang sur le crâne du bébé. La souffrance fœtale entraîne une modification de l’acidité du sang. Un pH normal se situe autour de 7,25 à 7,40, si le pH est plus bas que cela, on parlera d’acidose et il y aura un risque d’asphyxie et une intervention médicale s’imposera. Cette méthode de surveillance du bébé est utilisée en deuxième intention après le monitoring.

Le spécialiste envoie une petite lumière rouge sur la joue du bébé, à l’aide d’un capteur glissé par le col de l’utérus. Plus le sang est pauvre en oxygène, plus il absorbe la lumière.

Télémonitoring fœtal à domicile

Grâce au télémonitoring fœtal à domicile, les sages-femmes peuvent surveiller à distance les battements cardiaques de l’enfant à naître et les contractions de la mère. Encore rare, cet outil est utilisé selon un protocole strict.

Mis en place depuis environ une dizaine d’années, le télémonitoring fœtal à domicile représente une alternative sérieuse à l’hospitalisation pour les femmes enceintes présentant une grossesse à risque. « Cette technologie permet aux sages-femmes de surveiller à distance le rythme cardiaque du fœtus et les contractions utérines de la patiente, tout en lui évitant des déplacements fréquents à l’hôpital ou une hospitalisation complète », indique Marianne Benoit Truong Canh, vice-présidente du Conseil national de l’Ordre des sages-femmes.

Avantages du télémonitoring

  • Réduction des déplacements : Limite les trajets des sages-femmes et réduit la charge des déplacements pour les patientes.
  • Surveillance à distance : Permet une surveillance quotidienne indispensable pour les grossesses à risque.
  • Confort de la patiente : Évite des hospitalisations complètes.

Conditions d'utilisation

  • Accord de la mère : La patiente doit être volontaire et pourvue d’un désir d’autonomie.
  • Bonne connexion internet : Indispensable pour permettre l’envoi des données.
  • Structure organisée : Nécessite une structure avec des professionnels motivés, équipés et bien organisés.

Mise en œuvre

À son domicile, la patiente, équipée d’une machine, positionne elle-même deux capteurs sur son ventre. Les données sont ensuite envoyées vers un receveur et analysées à distance par une sage-femme en ville. Si un problème est détecté, un protocole se met en place : soit la patiente se rend à l’hôpital, soit une intervention rapide est programmée.

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Matériel nécessaire pour le monitoring à domicile

Pour l’examen de grossesse avec monitoring à domicile, l’équipement indispensable de la sage-femme est le cardiotocographe. Vous disposerez donc d’une prescription médicale à communiquer à votre sage-femme. Vous devrez également fournir à cette dernière des informations telles que l'indication de la surveillance, la fréquence, vos antécédents médicaux et obstétricaux, etc.

Deuxième capteur (Cardiotocographe) : Un capteur à ultrasons utilisant l’effet Doppler pour mesurer le rythme cardiaque fœtal.

Surveillance clinique et examens complémentaires

Outre le monitoring, d’autres éléments sont surveillés :

  • Les constantes vitales de la mère : Rythme cardiaque, pression artérielle et température.
  • Examen d'entrée en salle de travail.
  • Surveillance clinique en salle de naissance.
  • Partogramme.
  • Echographie en salle de naissance.
  • Place du pH au scalp au cours du travail.
  • Le dosage des lactates en cours de travail.
  • Surveillance du travail par STAN (ST analyse).
  • Conduite à tenir en cas de suspicion d'acidose au cours de travail.
  • Surveillance d'une présentation en siège pendant le travail.
  • Surveillance tu travail pour les grossesses gémellaires.
  • Surveillance du travail en cas d'obésité.
  • Particularités de la surveillance du travail en cas d'utérus cicatriciel.
  • Retentissement sur le foetus et le RCF des thérapeutiques administrées pendant le travail.
  • Interprétation des mesures de pH et de lactates à la naissance.

Qui sont les sages-femmes à domicile ?

Diplômées d’État, toutes et tous les sages-femmes référencées sur libheros sont titulaires du diplôme d’État de sage-femme, obtenu après 5 années de formation universitaire validées par le Ministère de la Santé. Elles sont habilitées à assurer le suivi médical de la grossesse physiologique, l’accompagnement post-natal ainsi que divers actes de prévention.

Inscrites à l’Ordre National des Sages-Femmes, les sages-femmes libérales partenaires du réseau libheros, accessibles à la prise de rendez-vous en ligne, sont contrôlées via leur numéro RPPS. La plupart des soins sont pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie dans le cadre de la maternité ou d’un parcours spécifique. Pensez à préparer votre carte Vitale.

Surveillance du bien-être fœtal : Importance et défis

La surveillance du travail est un moment crucial pour la mère et l'enfant, situé au coeur de la pratique quotidienne des obstétriciens et des sages-femmes. Sa prise en charge, toujours particulière et souvent stressante, ne fait cependant pas toujours l'objet d'un consensus général en relevant alors de pratiques individuelles, parfois sources de iatrogénie avec risque d'augmentation de naissances opératoires.

Analyser la fréquence des contractions permet d’anticiper par exemple le risque d’accouchement prématuré. Pour le rythme cardiaque fœtal, quatre critères sont pris en compte : le rythme de base, ses accélérations, sa variabilité et la présence d’éventuels ralentissements. Une analyse interne, souvent plus précise, peut parfois être réalisée en complément de l’analyse externe en cas de doute ou de risque pour la mère ou le fœtus.

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