Le deuil périnatal, une réalité douloureuse mais souvent tue, touche de nombreux couples et familles chaque année. En 2021, le taux de mortinatalité en France était de 8,9 pour 1000 nouveau-nés. La perte d'un bébé pendant la grossesse, à la naissance ou peu après est une épreuve traumatisante qui nécessite un accompagnement adapté. Cet article explore des conseils et des rituels pour aider les parents et leurs proches à traverser cette période difficile et à honorer la mémoire de l'enfant perdu.

Comprendre le deuil périnatal

Le deuil périnatal est le deuil d'un enfant survenant pendant la période de la périnatalité. Selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la mort périnatale est définie comme le décès d'un bébé entre la 22e semaine d'aménorrhée et le septième jour après la naissance. Ce terme englobe également les situations suivantes :

  • Interruption médicale de grossesse (IMG)
  • Fausse-couche
  • Réduction embryonnaire
  • Grossesse extra-utérine
  • Mort fœtale in utero

Ce deuil est souvent entouré d'un silence pesant, d'une "langue de bois", car beaucoup ne savent pas comment aborder le sujet, craignant de blesser les parents endeuillés. Cette difficulté à en parler peut nier l'existence du bébé et accroître la souffrance des parents.

La culpabilité et le couple face au deuil

La culpabilité est un sentiment fréquent chez les parents après la perte de leur bébé. Ils peuvent se sentir responsables, honteux ou incapables. Il est essentiel de reconnaître que les parents sont des victimes et qu'aucun parent ne devrait se sentir responsable de la mort néonatale de son enfant.

Le couple peut également être mis à mal lors de cette épreuve. La tristesse et le désespoir peuvent affecter profondément les parents. Il est important de se soutenir mutuellement et de chercher de l'aide si nécessaire.

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Rituels et actions pour accompagner le deuil périnatal

Hélène Gérin, auteure spécialisée dans l'accompagnement du deuil périnatal, propose une liste d'inspirations de rituels pour aider les parents à trouver la voie de l'apaisement et à honorer la mémoire de leur enfant. Ces rituels permettent de structurer quelque chose d'intangible et d'apaiser la douleur.

Immortaliser le souvenir de l'enfant

  • Photographier son enfant : Les souvenirs peuvent aider dans le processus de deuil. Des associations de photographes professionnels comme Souvenange en France, Portraits d’Étincelles au Québec ou Au-delà Des Nuages en Belgique offrent gratuitement des photos de qualité du bébé décédé. Ces images peuvent apporter de l'apaisement des mois ou des années plus tard.
  • Créer une œuvre artistique : Une peinture ou un dessin peuvent apporter de la douceur, surtout si vous ne possédez que des photos en milieu hospitalier.
  • Conserver des souvenirs matériels : Une mèche de cheveux ou un moulage de sa main ou de son pied peuvent constituer un joli souvenir.

Célébrer la naissance

Fêter le passage de l'enfant sur Terre peut apporter du réconfort. Trinquer à sa naissance, par exemple, crée un moment de partage, de tendresse et de sourires. C'est l'occasion d'exprimer à ce bébé tout votre amour.

Symboliser l'existence du bébé par un rituel

  • Créer un cairn : Empiler des pierres pour chaque mois de grossesse, en se remémorant les événements et les émotions de chaque mois.
  • Planter un arbre : Symboliser et célébrer la vie en plantant un arbre, qui représente une belle énergie reliant les parents à leur enfant.
  • Se faire tatouer : Graver dans la chair le lien permanent avec le bébé, visible ou discret, pour honorer son amour.

Participer à des événements commémoratifs

  • Journée mondiale du deuil périnatal : De nombreuses associations organisent des événements autour du 15 octobre, comme des marches du souvenir, des conférences ou des rencontres.
  • Une fleur, une vie : Chaque année en mai, des associations organisent une journée d'hommage pour les enfants partis trop tôt, permettant aux parents de composer un bouquet géant en mémoire de leur enfant décédé et d'échanger entre eux.
  • Lâchers de ballons et ateliers créatifs : Certaines associations proposent des rencontres pour rendre hommage aux bébés à travers des lâchers de ballons et des ateliers de création d'objets de Noël.

Organiser un rituel pour les trois générations

Impliquer les grands-parents et les proches dans le deuil peut favoriser le soutien mutuel et le partage. Écrire une lettre au bébé et l'envoyer à chacun de ses parents peut ouvrir la porte à une communication honnête et à une attitude juste. Enterrer une boîte à souvenirs contenant des objets symboliques dans le jardin des grands-parents peut également renforcer les liens familiaux.

Les étapes essentielles du deuil périnatal

Pour surmonter la perte d'un enfant, il est important de traverser le processus de deuil dans son entièreté. Ce travail comprend le deuil :

  • De la maternité/paternité
  • De la vie de famille fantasmée
  • De la parentalité
  • De conflits psychiques internes

Il est crucial de ne pas se mettre de pression inutile et d'accepter que la guérison prend du temps.

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L'importance des souvenirs réels

Les représentations irréelles de l'enfant mort trop tôt n'aident pas à oublier la peine. Il est plus facile de survivre au décès d'un enfant quand on a des souvenirs réels de ce dernier. Quand cela est possible, il ne faut pas hésiter à :

  • Caresser ou toucher le bébé à la naissance
  • Récupérer son bracelet de naissance
  • Couper une mèche de cheveux
  • Prendre des photos
  • Conserver toute trace tangible de son passage

Ces souvenirs peuvent être consignés dans une boîte.

Les démarches administratives et les obsèques

Inscrire l'enfant mort-né à l'état-civil peut se réaliser à partir de 15 semaines d'aménorrhée. En fonction des données (nombre de semaines d'aménorrhée, mort in utéro ou naissance vivante), les dispositions seront différentes.

Concernant l'enterrement, deux possibilités existent :

  • Organiser les funérailles pour avoir un lieu tangible où se recueillir.
  • Laisser le corps à la maternité qui prend en charge la crémation ou l'inhumation.

Reconstruire sa vie après le deuil

Après la perte d'un bébé, il est possible de reprendre sa vie en main et d'envisager un nouveau départ, sans se sentir coupable. Il est important de s'offrir des moments qui font du bien, sans se soucier du regard des autres.

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Accepter la douleur et avancer

Il est essentiel de comprendre que les parents porteront ce deuil toute leur vie. Il ne s'agit pas d'oublier l'enfant, mais d'apprendre à vivre sans sa présence. Il faut réorganiser sa vie en fonction de cet événement et non cesser de vivre.

Le rôle de l'entourage

Les amis et les proches peuvent être d'une grande utilité pour les parents endeuillés. Il est important de leur laisser le temps de faire leur deuil, sans les bousculer ni les juger. La bienveillance, la patience et l'écoute sont essentielles.

L'entourage peut aider en :

  • Organisant les funérailles
  • Entretenant la maison ou en faisant des travaux ménagers
  • Faisant les courses et/ou en préparant les repas
  • Gardant les aînés
  • Envoyant de petits messages
  • Soutiens financiers.

Soutien professionnel et associatif

Il existe de nombreuses associations et professionnels de santé spécialisés dans l'accompagnement du deuil périnatal. Ces ressources peuvent apporter un soutien précieux aux parents et à leurs proches. Parmi les associations, on peut citer :

  • AGAPA
  • L’Enfant sans nom-Parents endeuillés
  • Naître et Vivre
  • SPAMA
  • Pieds par Terre, Coeur en l’air
  • Nos Tout petits
  • Empreintes

Ces associations proposent des groupes de parole, des consultations individuelles, des événements commémoratifs et des informations sur les droits des parents.

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