L'insémination artificielle (IA) est une technique de reproduction largement utilisée dans l'élevage bovin, en particulier dans le secteur laitier. Elle permet d'améliorer la génétique des troupeaux, d'optimiser la reproduction et de gérer les cycles de production. Cependant, l'évolution du nombre de vaches inséminées et les taux de fertilité associés sont des indicateurs clés de la santé reproductive des troupeaux et de l'efficacité des pratiques d'élevage. Cet article explore les tendances récentes en matière d'insémination artificielle bovine en France, en mettant en lumière les facteurs influençant la fertilité et les stratégies pour optimiser la reproduction dans les élevages laitiers.

Évolution du Nombre d'Inséminations Artificielles

Au cours des dernières années, on a observé une diminution du nombre de génisses et de vaches mises à la reproduction par insémination artificielle (IA). Plus précisément, on dénombre 10 000 génisses et 14 000 vaches de moins mises à la reproduction par IA, ce qui s'explique en grande partie par une baisse des IA premières en race pure. Depuis cinq ans, le nombre d'IA premières (IAP) a diminué de 8 %, soit une réduction de 247 420 IAP. Toutefois, cette baisse semble ralentir sur les dernières campagnes.

Une tendance notable est la préférence croissante pour les IA en croisement viande dès la première insémination chez les femelles laitières. Parallèlement, on constate également une baisse de 8 % des IAT (inséminations totales), ce qui correspond à 458 946 IAT de moins en cinq ans. Cette tendance tend également à ralentir, avec même une légère hausse du volume d'IAT cette année par rapport à la campagne précédente.

La légère hausse du volume d’IAT, combinée à la baisse continue du volume d’IAP, suggère une augmentation des échecs et des retours d’IA cette année. L’évolution nationale du nombre d’IAP depuis la campagne précédente est une faible baisse de -0,8 %. En moyenne, ce niveau de baisse se retrouve dans les grands bassins laitiers. Cependant, certains départements ont vu leur nombre d'IA premières augmenter légèrement, comme la Manche, la Mayenne, la Haute-Savoie et le Doubs, par rapport à la campagne précédente.

Analyse des Vêlages Issus d'Inséminations

L’analyse des données issues de l’observatoire de la reproduction des bovins en France REPROSCOPE permet de mettre en lumière l’évolution depuis 10 ans de la part de vêlages issus d’inséminations au sein des troupeaux laitiers français. Les données présentées sont issues des résultats de la campagne de vêlages juillet 2022-juin 2023.

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Au sein des troupeaux laitiers français en 2022-2023, en moyenne, 79 % des vaches qui vêlent donnent naissance à un veau issu d’une insémination animale. Cette moyenne était identique il y a 10 ans. On peut observer une part de vêlages issus d’IA en légère baisse dans le Grand-Ouest, mais une hausse notable sur les départements du Nord et du Grand-Est depuis 10 ans.

A l'échelle nationale, toutes races confondues, 74% des IAP sur femelles laitières ont été réalisées en race pure. Certaines races sont plus utilisatrices de croisement viande comme l'Abondance (27%) ou la Montbéliarde (29%).

Suivi Mensuel des IAP et Dynamique des Naissances

Suivre le nombre d’IAP mises en place par mois est un bon moyen de repérer le volume de femelles mises à la reproduction en bovin laitier, mais aussi la dynamique des naissances à venir (+ 80% de la reproduction assurée par l’IA). Le suivi de cet indicateur permet de mettre en évidence les fluctuations au cours du temps ainsi que les influences d’un mois sur l’autre.

La campagne 2023-2024 a été marquée par une hausse en novembre 2023 du nombre d’IAP mises en place par rapport à novembre 2022. Cette hausse est à relativiser en regard de la tendance de novembre sur plusieurs années : il semble que novembre 2022 s’écarte des normales avec une baisse qui fût forte. Ces écarts ont été visibles plus tard sur l’évolution des naissances.

Globalement, en février, mai et juin 2024, le nombre d’IAP est plus haut que les années précédentes (+3% à +4%). On peut noter la baisse très forte du nombre d’IAP sur le mois d’août 2024 (-12%), quelque peu reprise sur le mois de septembre 2024. À la vue de ces résultats, on peut s’attendre à un nombre de naissances issues du cheptel laitier en baisse pour le mois de mai 2025 par rapport à mai 2024, avec un léger mieux pour juin 2025.

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Taux de Non-Retour (TNR) et Fertilité

Les résultats de taux de non-retour présentés ne concernent que les inséminations premières en semence conventionnelle. Le taux de non-retour 18-90j est un indicateur qui permet de voir si les inséminations premières ont été suivies, ou non, dans l'intervalle de 18j à 90j suivant cette IAP. Cet indicateur ne prend donc pas en compte si les retours ont été effectués par un taureau de monte naturelle.

Après plusieurs années d’amélioration du taux de non-retour 18-90j, cela fait deux années consécutives que l’on observe une baisse de la fertilité chez les femelles laitières. Cette nouvelle année s’inscrit dans une même tendance à la baisse. Selon la période où l'IAP a été mise en place au cours de la campagne, on constate aussi des résultats de TNR 18-90j variés. A partir des moyennes observées sur les 10 dernières années, il est possible de positionner les résultats de cette dernière campagne 2024.

Contrairement à l’année dernière où la baisse globale de la fertilité sur l’année était dû notamment à une chute vertigineuse sur le mois de septembre 2022, cette-fois ci nous observons tout au long de l’année des niveaux de TNR 18-90j proche ou en-dessous des minimales observées pour chaque mois depuis 10 ans.

Infertilité vs. Infécondité

Il ne faut pas confondre l’infertilité avec l’infécondité. La première notion exprime un nombre excessif (> 2) d’inséminations pour obtenir une gestation et la seconde un allongement (> 100 jours) du temps pour l’obtenir. La première est responsable de la seconde mais l’inverse n’est pas vrai.

Déclin de la Fertilité et Facteurs Impliqués

C’est en 1946 qu’est né le premier veau obtenu par insémination artificielle. Depuis lors la fertilité n’a fait que décliner. Actuellement, sur 100 vaches inséminées, 35 % seulement donneront naissance à un veau vivant et viable. La différence de 65 % est imputable à de nombreux facteurs responsables des 4 grands syndromes que sont l’absence de fécondation, la mortalité embryonnaire, l’avortement et l’accouchement prématuré.

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Les confrères sont relativement désemparés quand il leur faut quantifier, identifier et traiter un problème d’infertilité individuel ou de troupeau.

Gestion de la Reproduction en Élevage Laitier

En élevage laitier, la gestion de la reproduction conditionne fortement la productivité de l'exploitation. Elle peut donc induire un fort impact économique, sous forme de manque à gagner comme de pertes, et doit faire l'objet d'un compromis selon les objectifs de l'éleveur et son organisation du travail.

Dans les élevages laitiers, on considère le plus souvent que l'objectif de fécondité est de 1 veau / vache / an dépendant de la fertilité qui est la capacité d'une vache à se reproduire ou le nombre d'insémination nécessaire à l'obtention ou non d'une gestation. Sachant que la gestation d'une vache a une durée de 275 jours environ, l'insémination fécondante doit donc avoir lieu dans les 3 mois (90 jours) qui suivent la mise bas pour atteindre l'objectif de fécondité énoncé plus haut.

Pendant les 30 premiers jours après vêlage a lieu l'involution utérine, c'est à dire la phase durant laquelle l'utérus reprend sa taille normale. Et même si pendant cette période, les premières chaleurs apparaissent, la fécondation est impossible. Il faut donc attendre le cycle suivant (45-50 jours) avant d'espérer pouvoir inséminer pour la première fois la vache. Pour garder un cycle de 365 jours, la fenêtre temporelle de fécondation est donc de 45 jours. C'est dans cette période qu'il faut surveiller les chaleurs des animaux.

IVV : Intervalle Vêlage - Vêlage, on considère qu'il est optimal à 365 jours pour des vaches produisant environ 8 000 L de lait par an. IVIAF : Intervalle Vêlage - Insémination Artificielle fécondante, pour un IVV de 365 jours l'IVIAF doit idéalement être inférieur à 90 jours.

Durant les dernières décennies, on a observé une baisse globale de la fertilité chez les vaches laitières, et particulièrement chez la race Holstein, les raisons invoquées étant l'orientation de sélection et l'émergence d'épizooties. Il est estimé qu'en Europe, les coûts engendrés par une dérive de la fécondité peuvent osciller entre 15 et 34€/vache/an.

Pratiques de Reproduction en France

En France l'insémination des animaux par l'éleveur, réglementée depuis 2006, est une pratique de plus en plus mobilisée.

Un observatoire des pratiques de reproduction a été réalisé sur des exploitations, majoritairement composées de Prim'holsteins. Les observations ont été effectuées en interrogeant en face à face des éleveurs laitiers. Une fois extraites, ces dernières ont pu être analysées et offrir une vue d'ensemble de la façon dont la reproduction y est gérée.

Sur les élevages recensés, une majorité avait déterminé un "IVV cible" dans leur réflexion autour de la reproduction. En moyenne cet objectif de délai moyen entre deux vêlages était de 400 jours, avec 2 stratégies principales qui se dégagent du lot : autour de 400 jours, et autour de 370 jours. Il est également intéressant de noter que sur l'ensemble des exploitations interrogées, seulement une partie ont été en mesure d'estimer un IVV moyen dans leur élevage.

Dans l'observatoire, la même démarche a été appliquée pour étudier le taux de réussite de la première Insémination Artificielle. La majeure partie des éleveurs interrogés ont déclaré avoir un taux de réussite cible, avec là encore plusieurs tendances stratégiques : un objectif à 50%, un objectif à 60% et un à 70%. Sur l'ensemble de l'échantillon, on observe un écart moyen de 17,4 points : le taux cible moyen étant de 59,1% et le taux réel moyen de 41,7%.

De fait, l'immense majorité des éleveurs ont obtenu un taux de réussite réel inférieur à leur objectif. Si on considère que la perte d'un point sur le taux de réussite de la première IA engendre un coût de 3€, alors sur l'échantillon on peut estimer une perte moyenne de 51€ par vache laitière.

Abaisser l'âge auquel les génisses d'un élevage mettent bas permet, entre autres, de raccourcir la période durant laquelle ces dernières génèrent des charges (aliments etc.) sans être "productives". Optimiser ainsi les charges liées à cet atelier pourrait permettre d'économiser environ 40€ / mois / génisse. De fait l'objectif moyen des éleveurs interrogés est de faire vêler leurs génisses à 25 mois. En comparaison l'âge réel moyen calculé sur les exploitations des répondants est de 27 mois : la perte potentielle est donc de 80€ par génisse.

La reproduction des vaches laitières doit être raisonnée par un compromis délicat entre productivité, santé des animaux et gestion du travail. Elle est d'ailleurs de plus en plus prise en main par les agriculteurs ce qui implique un besoin de formation et d'accompagnement.

Choix Génétiques et Types d'Inséminations

Parmi les inséminations sur femelles laitières, le choix majeur est une IA en race pure.

Ce graphique permet de constater le déclin progressif du nombre d'inséminations premières réalisées sur femelles laitières. Depuis 5 ans, par rapport à la campagne 2016-2017, le nombre d'IAP a diminué de 7,3%, soit - 240 273 IAP. On observe une préférence grandissante des IA en croisement viande dès la première insémination chez les femelles laitières.

L’activité insémination sur femelles laitières se concentre de plus en plus dans les bassins laitiers : Grand-Ouest et Est de la France avec une part croissante au Nord et Nord-Est.

À l’échelle nationale, toutes races confondues, 74% des IAP sur femelles laitières ont été réalisées en race pure. Certaines races sont plus utilisatrices de croisement viande comme l'Abondance (30%) ou la Montbéliarde (31%).

Taux de Non-Retour par Race

Les résultats de taux de non-retour présentés ne concernent que les inséminations premières en semence conventionnelle. Le taux de non-retour 18-90j est un indicateur qui permet de voir si les inséminations premières ont été suivies, ou non, dans l’intervalle de 18j à 90j suivant cette IAP. Cet indicateur ne prend donc pas en compte si les retours ont été effectués par un taureau de monte naturelle. Il surestime le taux de conception que l’on pourrait mesurer, mais il reste un bon indicateur précoce de la fertilité des vaches inséminées.

A partir des tableaux et graphiques précédents, il est aisé de constater que toutes les races ne présentent pas des taux équivalents de TNR18-90j : les génisses laitières ont des résultats variant de 69% à 77%. Selon la période où l’IAP a été mise en place au cours de la campagne, on constate aussi des résultats de TNR18-90j variés. Globalement, les TNR18-90j sont au-dessus de la courbe moyenne de ces dernières années.

Analyse de l'Activité des Inséminations Premières

L’étude analyse l’activité des inséminations premières (IAP) et permet de mettre en évidence les choix génétiques réalisés en première intention par les éleveurs lors de la mise à la reproduction de leurs femelles sur la campagne d’inséminations d’octobre 2020 à septembre 2021. Ces statistiques sont obtenues à partir des données enregistrées par les entreprises de mise en place (EMP) dans le Système National d’Information Génétique des bovins (SIG). La grande majorité des inséminations réalisées par un taureau d'insémination enregistré en monte publique concernent les femelles laitières. C’est le mode de reproduction privilégié dans cette filière.

Parmi les inséminations premières sur femelles laitières, le choix majeur est une IA en race pure. Si la grande majorité (89%) des génisses laitières sont inséminées en première intention en race pure, presque 1/3 des vaches laitières (30%) sont inséminées avec un taureau d’une autre race (laitière ou allaitante).

Les éleveurs affichent une nette préférence pour l’utilisation sur leurs génisses d’un taureau de même race. Cela s’explique principalement par le besoin de renouvellement des troupeaux qu’apporteront les veaux nés de ces génisses. En effet, la jeune génération représentée par les génisses est le support majoritaire du progrès génétique d’un élevage. La proportion d’inséminations en semence sexée plus importante sur génisses que sur vaches laitières appuie aussi ces propos ; de même que le développement de la pratique du génotypage par les éleveurs des races qui en disposent.

Évolution des Inséminations sur Femelles Laitières

Ce graphique permet de constater le déclin progressif du nombre d’inséminations réalisées sur femelles laitières. La campagne record en nombre d’inséminations est celle de 2014-2015. Depuis cette campagne, on constate une baisse de 7% d’IAP (-240 000 IAP) et -10% d’IAT.

Le graphique et le tableau de la proportion tenue par chaque type d’inséminations premières par campagne permettent d’observer une préférence grandissante des IA en croisement viande, dès la première insémination chez les femelles laitières. Cette tendance croît plus rapidement en proportion sur les inséminations totales : 25% des IAT en 2021 contre 12% en 2011. Mais en volume, sur la dernière campagne, presque 1 IAP sur 5 a été réalisée avec un taureau de race à viande sur une femelle laitière.

Répartition Spatiale des IAP

La carte présente la répartition en France du nombre d’IAP réalisées sur femelles laitières par canton ainsi que l’évolution du nombre d’IAP par département depuis la campagne 2010-2011. Les zones où le nombre d’IAP est les plus élevé sont celles avec une forte densité de vaches laitières comme le Grand-Ouest, le Nord et l’Est.

Les zones où le cheptel laitier est peu représenté (Sud-Ouest notamment) ont connu une très forte baisse. Les vaches laitières étaient peu nombreuses et le sont de moins en moins dans cette zone. La région Auvergne-Rhône-Alpes, où les densités sont plus fortes, a connu une forte érosion, entre -10% et -19% d’IAP selon les départements. La Bretagne a connu, en proportion, une baisse moins forte de son volume d’inséminations premières avec notamment -6% pour le Finistère, -4% pour le Morbihan et -1% pour les Côtes d’Armor.

Hormis la Vendée et la Sarthe, la région des Pays-de-la-Loire semble avoir plutôt maintenu, voire légèrement augmenté son volume d’IAP en 10 campagnes. Dans cette zone du Grand-Ouest, 5 départements présentent une évolution positive : la Manche (+13%), l’Ille-et-Vilaine (+6%), la Mayenne, l’Orne et la Loire-Atlantique (+4% chacun). Le Nord, déjà département à forte tendance laitière en 2010-2011, a connu une hausse de 24% en 10 campagnes. Les départements de l’Est de la France, avec une prédominance laitière et de nombreuses AOP (= appellation d’origine protégée), connaissent eux aussi des évolutions positives avec par exemple le Doubs qui voit son nombre d’IAP augmenté de 14% et le Bas-Rhin de 16%.

D’après cette carte, la baisse globale du nombre d’IAP en France est partagée sur le territoire. Certaines zones ont connu de fortes baisses, d’autres se sont plutôt maintenues et d’autres se sont développées. Cette évolution concorde avec les observations d’un cheptel laitier en baisse mais qui a tendance à se concentrer de plus en plus dans des élevages augmentant leurs effectifs. Les zones très laitières ont une dynamique qui persiste.

Inséminations par Type et Race de Femelle

À l’échelle nationale, 75% des IAP sur femelles laitières ont été réalisées en race pure. Certaines races sont plus utilisatrices de croisement viande comme les Abondances (29%) ou les Montbéliardes (31%). Les femelles de race Pie-rouge présentent le taux le plus faible d’IAP en race pure (65%) parmi les races présentées. Cela est dû aux nombreux croisements laitiers (19% des IAP) réalisés notamment avec des taureaux de race Prim’Holstein. Les IAP des grandes races laitières, Prim’Holstein et Normande, présentent des taux d’utilisation en race pure élevés, surpassant les 80%.

Taux de Non-Retour par Race de Femelle

En considérant l’intégralité des femelles laitières, les génisses inséminées présentent un TNR18-90j de 68% et les vaches un TNR18-90j de 57%, soit 11 points supérieurs pour les génisses.

Ce tableau permet d’apprécier les résultats de fertilité de chaque race de femelles laitières à la suite d’une insémination. Le taux de non-retour 18-90j estime le pourcentage de femelles n’ayant pas eu d’IA de retour après leur IAP dans les 18-90 jours suivants cette première insémination. Elles sont donc supposées gestantes. Cet indicateur ne prend pas en compte les retours par monte naturelle ou en dehors du délai.

Les races apparaissant les plus fertiles, d’après cet indicateur, sont les génisses de race Abondance et croisées suivies des la Simmental française, Pie rouge et Tarentaise. Les vaches Vosgienne présentent le plus haut taux de non-retour 18-90j parmi les races laitières (67%) : c’est 12 points de plus que les vaches Prim’holstein ayant le TNR18-90j le plus bas (55%).

D’après le Bilan génétique des inséminations premières de l’année 2021, on peut constater que l’évolution de l’effort du choix des taureaux selon leurs index sur les caractères fonctionnels, tels que l’index de synthèse REPRO, est différente selon les races. Pour les races présentant ici de bons résultats de TNR18-90j sur vaches (>= 63%) comme la Simmental française où la Tarentaise, les BGIAP de ces races montrent une évolution des index REPRO des taureaux utilisés en IAP plutôt faible. Pour le BGIAP de la race Prim’Holstein, l’évolution des index REPRO des taureaux utilisés en IAP est forte, ce qui montre l’importance de ce caractère dans le choix des améliorations futures de cette race, lui faisant défaut aujourd’hui.

Statistiques d’Utilisation par Race de Taureaux

En complément de cette analyse de la reproduction des femelles laitières par insémination, vous retrouverez le bilan génétique de l’insémination (BGIAP) qui présente par race, pour chaque caractère, l’évolution de la moyenne des index des taureaux utilisés, pondérée par le nombre d’IAP réalisées par chacun d’eux ainsi que le top 5 des taureaux les plus utilisés.

Le bilan d’indexation laitière, publié chaque année aussi, apporte un constat objectif de l’évolution génétique des principales races laitières de France, basé sur les évaluations réalisées par l’INRA et les index publiés par l’Institut de l’Elevage. Il permet de faire le point des tendances pour chaque caractère indexé et pour les populations de taureaux et de vaches.

Optimisation du Taux de Gestation

Accepter de prendre un peu plus de risques, de baisser le taux de réussite en IA1, pour augmenter le taux de gestation peut de prime abord paraître paradoxal. Et se fixer un objectif de 20 à 24 % de taux de gestation en prim’Holstein peut paraître peu ambitieux. Ces deux objectifs font bien partie des conseils prodigués par Bertrand Méline. D’abord parce que « la plupart des élevages sont à moins de 20 % de taux de gestation ». Par ailleurs, à l’instar de ce qui se fait aux États-Unis, au Canada et dans les pays anglo-saxons, son raisonnement s’appuie sur un taux de gestation calculé en multipliant le taux d’insémination par le taux de réussite à l’insémination. Autrement dit, il ne faut pas faire l’amalgame entre taux de réussite à l’insémination et taux de gestation. En prim’Holstein, il faut viser un taux de réussite à l’IA supérieur à 40 % et un taux d’insémination de plus de 60 %, pour arriver à un taux de gestation d’environ 20-24 %. Calculer le taux de vaches gestantes permet d’évaluer comment le mois moyen de lactation du troupeau va évoluer. Il se calcule en divisant le stade moyen de lactation (en jours) par le pourcentage de vaches gestantes. L’objectif est d’avoir un ratio inférieur à 3. Avec un troupeau à 150 jours de lactation et 50 % de vaches gestantes, le ratio est de 3.

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