Plus d’un enfant sur trois a des problèmes de vue, selon une étude Ipsos. La vision de votre bébé est une condition essentielle à son bon développement. Il est donc préférable de consulter un ophtalmologue pédiatrique le plus tôt possible. Mais quand est-ce qu’un enfant doit consulter un ophtalmologue ? Comment se passe la première visite ? Quels tests sont pratiqués ? Comment se déroulent-ils ?

L'importance d'une prise en charge précoce

Une prise en charge précoce des problèmes visuels de votre enfant est essentielle. Les enfants ne décèlent pas eux-mêmes leurs problèmes de vue, qu’ils considèrent comme normaux. C’est aux parents de veiller à déceler les troubles visuels dès leur plus jeune âge. Au plus tôt, le mieux, car la première consultation est la plus importante pour l’enfant.

Ophtalmologue ou ophtalmologiste : quelle différence ?

Ces deux termes désignent en réalité un seul et même métier. Diplômé.e en médecine, ce professionnel ou cette professionnelle de santé est un.e spécialiste de la vue. L'ophtalmologue ne doit pas être confondu.e avec l'orthoptiste, chargé.e d’évaluer l’acuité visuelle de votre enfant.

Quand consulter pour la première fois ?

Il n’y a pas d’âge idéal pour aller chez l’ophtalmologue pour la première fois. Tout dépend de la situation. La première visite peut se faire à partir de ses 12 mois, notamment si vous avez des porteurs de lunettes dans la famille ! Il est recommandé de réaliser un bilan visuel vers 1 an, puis à l’entrée en maternelle vers 3-4 ans et à l’entrée en primaire vers 5-6 ans. Mais il n’y a pas d’âge pour consulter un ophtalmologue pédiatre, et donc vous pouvez consulter au moindre signe d’appel.

Le dépistage par le médecin pédiatre

De la naissance et jusqu’à l’âge de 16 ans, un enfant doit obligatoirement passer 20 examens médicaux, dont 13 sont effectués les 3 premières années. Principalement réalisés par le médecin traitant de l’enfant, le premier a lieu dès la première semaine suivant la naissance. Au cours de ces visites médicales, divers points sont contrôlés, comme la validité des vaccins, la psychomotricité, ainsi que le développement de la vision. Si une anomalie est constatée, le médecin oriente les parents vers un ophtalmologue pédiatrique pour un examen plus précis et un traitement adapté. Si, à l’inverse, tout est correct, il n’est pas nécessaire de prendre rendez-vous chez l’ophtalmologiste avant les 3 ans de l’enfant.

Lire aussi: Guide Complet sur l'Ophtalmologie Pédiatrique

Le rendez-vous avec l’ophtalmologue

Lorsqu’aucune raison ne justifie de se rendre chez un ophtalmologue plus tôt, il est recommandé de faire une première consultation à l’âge de 3 ans. Celle-ci permet d’effectuer un examen plus poussé que celui du pédiatre. Et si un trouble de la vision est finalement détecté, il est toujours possible de le corriger grâce à un équipement optique adapté. Les consultations suivantes dépendent des résultats du premier examen. Si l’enfant n’a pas besoin de lunettes correctrices ou de suivi particulier, il est conseillé de renouveler les visites, tous les 2 ou 3 ans.

Signaux d'alerte : Est-ce que mon enfant voit mal ?

Avec une vue qui évolue constamment, il est important de toujours faire attention à la vision d’un enfant. Certains signaux d’alerte impliquent de prendre tout de suite rendez-vous avec un ophtalmologue, et ce, dès les premiers mois du nourrisson. C’est aussi le cas, s’il existe des antécédents personnels ou familiaux.

Problèmes physiques

Une paupière tombante, tremblante, un œil qui louche, des yeux rouges, un torticolis : tous ces problèmes physiques peuvent être le signe d’un trouble visuel. En effet, un nystagmus (mouvement oculaire anormal), accompagné d’un torticolis peut être le reflet d’un strabisme. Une tâche blanche dans la pupille peut dévoiler la présence d’une leucocorie, pathologie présente en cas d’anomalies de la cornée comme la cataracte congénitale. Si un de ces problèmes est détecté, il doit y avoir une prise en charge médicale rapide.

Anomalies du comportement

Dès les premiers mois, certains comportements peuvent être à l’origine de questionnements sur la bonne vision d’un bébé. C’est notamment le cas si celui-ci réagit peu aux stimulus visuels, s’il ne cligne pas des yeux lorsque quelque chose approche de son visage où s’il ne suit pas des yeux un objet placé devant lui. L’apprentissage de la marche permet également de détecter un trouble visuel. Si l’enfant se cogne ou tombe souvent, il se peut qu’il ne voie pas bien son environnement. De manière générale, s'il appuie sur ses yeux ou les plisse souvent, un trouble de la réfraction peut être envisagé. À ces anomalies du comportement, s'ajoutent généralement des problèmes d’apprentissage, que ce soit l’acquisition du langage ou de la lecture.

Difficultés scolaires

Les problèmes de vue sont très souvent décelés lorsque l’enfant entre à l’école. Une mauvaise vision du tableau ou des difficultés à la lecture demandent de forcer sur les yeux, de les plisser pour mieux voir. Des maux de tête réguliers peuvent alors apparaître, ainsi qu’une fatigabilité accrue. À côté des douleurs physiques, un manque d’intérêt pour l’école et une chute des résultats scolaires peuvent aussi être le résultat de difficultés visuelles. De ce fait, dès qu’un signal d’alerte est détecté, une consultation chez un ophtalmologue est vivement recommandée.

Lire aussi: Santé visuelle infantile

Autres signes d'alerte

Si votre tout-petit a les yeux rouges, qui larmoient, s’il se frotte les yeux régulièrement et qu’il est très sensible à la lumière, « ce n’est jamais normal, il y a toujours une cause et, notamment, celui du glaucome congénital », prévient l’ophtalmologue. Un reflet blanc dans l'œil ou une pupille blanche est aussi un signe d’alerte. Lorsque votre enfant apprend à marcher, certains de ses comportements doivent aussi vous alarmer : par exemple, s'il titube, ne semble pas voir un obstacle, tombe et se cogne souvent, plisse les yeux pour mieux voir. Vous devez venir consulter rapidement si votre enfant présente un strabisme, un nystagmus (les yeux qui tremblent), en cas de différence de couleur ou de taille entre les deux yeux, si votre enfant se frotte les yeux ou plisse de manière importante.

Consulter quand il y a des facteurs de risque

Les facteurs de risque regroupent des antécédents personnels ou familiaux qui favorisent le développement de troubles de la vision. Dans cette situation, une consultation ophtalmologique est conseillée dès 3 mois, et ce, même s’il n’y a aucun signe avant-coureur.

Antécédents de l’enfant

Un enfant a plus de chance de développer une amblyopie, un strabisme ou un trouble de la réfraction, telle que la myopie, s’il est né prématuré ou s’il pesait moins de 1,5 kg à la naissance. De même, s’il a des problèmes de surdité, des troubles neuromoteurs ou chromosomiques comme le syndrome de Down. Une malformation crânienne, comme la craniosténose, ou la dysostose craniofaciale peuvent également influer sur le développement de la vision. Tout comme certaines maladies, à l’instar de la toxoplasmose congénitale. Enfin, un examen ophtalmologique est requis si le nourrisson a été exposé à l’alcool ou à la drogue pendant la grossesse.

Antécédents familiaux

Une attention toute particulière doit être portée aux bébés, dont l’un des parents à lui-même été atteint de strabisme, d’une amblyopie ou d’un trouble de la réfraction sévère (myopie, hypermétropie, astigmatisme). Il convient aussi de contrôler régulièrement la vue d’un enfant si un des parents est porteur d’une maladie ophtalmologique héréditaire comme le glaucome ou la cataracte congénitale. Si dans la famille il existe des antécédents de strabisme ou d’amblyopie, il est alors essentiel de consulter votre ophtalmologiste pédiatrique avant 1 an.

Comment se déroule une consultation chez l'ophtalmologue pédiatrique ?

Réalisée chez un ophtalmologue pédiatrique, la consultation est adaptée à l’âge de l’enfant. L’ophtalmologue a l’habitude de réaliser des examens de la vue chez le jeune public. Il rassure ses patients et propose des tests totalement adaptés à leur âge. Lors de l'évaluation médicale initiale, la majorité des enfants devra bénéficier d'une préparation oculaire à l'aide de collyres très particuliers. C'est la cycloplégie, qui présente l'avantage de supprimer, de façon temporaire, les capacités d'accomodation chez l'enfant. La motilité de chaque oeil est évaluée avec précision. Difficile chez le nouveau-né, cet examen devient plus facile avec l'avancée en âge de l'enfant. La plupart des explorations réalisées chez l'adulte est possible en Ophtalmo-pédiatrie.

Lire aussi: Avis Ophtalmologue Pédiatrique Rabat

Lors de la consultation pédiatrique, il est très souvent nécessaire de revoir votre enfant pour permettre l’administration de gouttes avant la consultation.

Tests et examens pratiqués

  • Test de lecture: Si l’enfant est en âge de parler, on peut tester son acuité visuelle, en lui montrant des dessins, oeil par oeil.
  • Test de motricité oculaire: Si votre médecin remarque que votre enfant à un oeil un peu paresseux, il peut pratiquer un stéréotest de Lang, afin de vérifier qu’il n’y a pas d’amblyopie.
  • Cycloplégie: L'utilisation de collyres pour dilater la pupille et paralyser temporairement l'accommodation.
  • Fond d’oeil: Examen permettant d'observer la rétine et le nerf optique.

Lors d'une consultation ophtalmologique, l’ophtalmologue vérifie dans un premier temps l'acuité visuelle et corrige les imperfections de la vue. Les examens visuels permettent de mesurer la vue du patient de loin puis de près, avec ou sans correction. Si besoin, le médecin prescrira une correction optique adaptée pour corriger des troubles de la réfraction (myopie, hypermétropie, astigmatisme, presbytie).

Troubles de la vision courants chez l'enfant

Plusieurs types de troubles de la vision peuvent être détectés chez l'enfant :

  • Troubles de la réfraction : tels que l’hypermétropie (vision floue de près), la myopie (vision floue de loin) et l’astigmatisme qui déforme les images.
  • Amblyopie : surnommée « œil paresseux » ou « œil fainéant » (la vision des deux yeux est inégale et le cerveau n’arrive pas à traiter les informations issues de l’œil affecté).
  • Strabisme : Déviation de l'un des yeux par rapport à l'autre.
  • Cataracte congénitale et infantile : Opacification du cristallin présente dès la naissance ou se développant dans les premiers mois de la vie.
  • Glaucome congénital : Augmentation de la pression intraoculaire présente dès la naissance.
  • Ptosis congénitaux : Chute de la paupière supérieure présente dès la naissance.

Importance de la prévention

Pilier de la santé visuelle, la prévention est indispensable, notamment parce que de nombreux troubles offrent un pronostic rassurant s’ils sont pris en charge à temps.

Ce qu'il faut retenir

La vision est fondamentale pour le développement des enfants. Elle influence en effet leur acquisition des compétences motrices, sociales, cognitives et scolaires. C’est pourquoi un suivi ophtalmologique adapté et régulier reste essentiel. Une première visite ophtalmologiste est recommandée à l’âge de 3 ans. Lorsqu’ils sont décelés avant 4ans, beaucoup de troubles oculaires peuvent être totalement guéris.

N'hésitez pas à consulter un ophtalmologue pédiatrique au moindre doute.

Informations pratiques

Trouver un ophtalmologue

L’ophtalmologie est l’une des spécialités accessibles directement par le parcours de soin, sans passer nécessairement par son médecin traitant. Il suffit donc de prendre directement un rendez-vous auprès du spécialiste. Sachez que cette mention n’est pas règlementaire : un ophtalmologue doit prendre en charge tous types de personne, quel que soit son âge. Un enfant est un patient comme un autre et doit donc être reçu au même titre qu’un adulte.

Tarifs et remboursement

Le tarif d’une consultation est le même que pour un adulte. Selon ameli.fr, la consultation d’un ophtalmologue exerçant en secteur 1 s’élève à 30 €, remboursés à hauteur de 70 % par l’Assurance Maladie (soit 20 €). Votre complémentaire prend en charge les 10 € restant. Attention cependant, car beaucoup d’ophtalmologues pratiquent des dépassements d’honoraires. Si vous consultez un spécialiste adhérant à l’OPTAM (option tarifaire maîtrisée), ces dépassements seront limités, et la Sécurité sociale remboursera toujours 20 € (70 % du tarif de convention).

#

tags: #ophtalmologue #pour #enfant #quand #consulter

Articles populaires: