L'œuf de poule, familier de nos habitudes alimentaires, est un modèle accessible et ancien de la biologie du développement. Aristote (384-322 avant JC) avait brièvement décrit son développement. L'embryon de poulet s'édifie sur le jaune de l'œuf. Les tissus embryonnaires sont translucides et permettent l'observation in situ. Cet article explore les différentes étapes du développement embryonnaire du poulet, de la fécondation à l'éclosion, en mettant en lumière les processus biologiques complexes qui transforment un simple œuf en un poussin.

Qu'est-ce qu'un œuf de poule ?

L’œuf de poule est un ovule arrivé à maturité. La poule peut produire une bonne vingtaine d’œufs par mois. Chaque jaune est en fait un œuf amniotique constitué de lipides et de protéines. C’est dans l’utérus que chaque ovule mature est enveloppé d’albumine secrété par l’oviducte et que nous appelons le blanc d’œuf. Il est constitué en grande part d’eau mais aussi de diverses protéines, la moitié d’entre elles étant l’ovalbumine. Le délai qui s’écoule entre l’ovulation et la ponte de l’œuf dure, selon les poules, entre 18 et 24 heures.

Sa coquille - dont la couleur varie en fonction de la race de l’animal - est constituée de cristaux de calcium qui, peu à peu, se déposent sur la membrane externe de l’œuf, un processus qui dure environ 15 heures. Ces cristaux proviennent de deux sources bien distinctes : les os de la poule et son alimentation. Cette coquille, de composition minérale, est suffisamment solide pour protéger l’ovule et constituer une barrière microbienne. Elle est toutefois facilement cassable par le poussin lorsque l’heure de l’éclosion a sonné.

Fécondation de l'œuf

La poule ne faisant pas exception à la règle, pour avoir des rejetons elle doit bien un jour ou l’autre croiser un bellâtre capable de lui transmettre sa semence. Mais elle n’a pas besoin d’un coq pour pondre ! Si la poule ne côtoie aucun coq, elle va pondre des œufs mais n’aura pas de poussins. Pour qu’elle puisse se reproduire, ses œufs doivent absolument être fécondés. Le coq se livre à une parade nuptiale afin de séduire sa belle, qui s’accroupit en guise de consentement. Le mâle tout émoustillé la chevauche alors pour lui transmettre sa semence. Mais l’infortuné gallinacé étant dépourvu de pénis - comme de nombreux oiseaux d’ailleurs - il approche son cloaque (orifice génital et urinaire) de celui de la poule. Une seule copulation entre un coq et une poule permet de féconder tous les ovules stockés dans le follicule ovarien, avant qu’ils ne soient libérés vers l’utérus de la poule.

On a plus de chances de trouver des œufs fécondés si l’on élève ses propres poules (et ses coqs, cela s’entend) que si l’on n’achète que des œufs en supermarché produits par des poules en cage (à noter que dans ce cas le premier chiffre du code est un 3). Ces poules élevées en batterie n’ont généralement jamais vu un coq de leur vie. Elles ne craignent donc pas pondre des œufs fécondés.

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Développement interne avant la ponte

Les premières phases du développement de la poule sont relativement inaccessibles car elles ont lieu avant la ponte durant le trajet de l’embryon dans les voies génitales femelles alors que les enveloppes de l’œuf se déposent autour de lui (blanc d’œuf, membranes coquillères et coquille calcaire). L’appareil génital de la poule est représenté avec le nom de ses différents segments. Les ovocytes (appelés ici F1) sont ovulés puis fécondés par les spermatozoïdes du coq dans l’infundibulum. Ensuite, le zygote descend les voies génitales et les différentes couches et enveloppes de l’oeuf se déposent autour de lui, tandis qu’il réalise son clivage. Lorsque l’oeuf est pondu, 24-25h après la fécondation, il entame sa gastrulation.

Les étapes clés du développement embryonnaire

L’aventure commence dans l’œuf dès le premier jour et dure près de 21 jours. Un œuf lorsqu’il est fécondé doit être couvé par une poule. Une couvaison permanente permet de maintenir le poussin à 38°C et lui assurer, de ce fait, un bon développement. Il faudra, en effet, à cet œuf 21 jours pour se développer et former un petit poussin qui sera prêt à sortir et découvrir le monde extérieur. La durée du développement embryonnaire de l’oiseau varie en fonction de celle de la vie de l’oiseau car toutes deux correspondent à sa vitesse de croissance. Elle varie de 10 jours chez le Vacher (Molothrus sp.) à 80 jours chez l'Albatros royal. Les canards ont besoin de 28 à 36 jours (respectivement pour le Pekin et le Barbarie) les oies, de 30 à 35 jours et les poulets domestiques de 21 jours.

Clivage et gastrulation

L'oeuf de poule, bien connu de nos habitudes alimentaires, est volumineux. en vitellus. On parle d'oeuf télolécithe. par le cytoplasme hyalin qui contient le pronucléus femelle. le pôle animal. embryonnaire. L'oeuf de poule, bien connu de nos habitudes alimentaires, est volumineux. en vitellus. On parle d'oeuf télolécithe. par le cytoplasme hyalin qui contient le pronucléus femelle. le pôle animal. embryonnaire. La cicatricule est le siège des premières divisions cellulaires. environ 24heures. d'être partiels. la progression des plans de clivage au delà de la cicatricule. On parle donc de clivage méroblastique et discoïdal. dans l'oviducte. de la blastula. en heures d'incubation. concerne les mouvements de la gastrulation.

Organogenèse : Formation des organes

  • 33 heures d'incubation : La tête, volumineuse, est prolongée par le tronc, reconnaissable par les structures répétitives appelées somites.
  • 48 heures d'incubation : L’embryon de poulet possède la particularité de se tourner sur son côté gauche : il montre à l’observateur sa face droite. Les structures ventrales apparaissent alors plus clairement. Parmi celles-ci, le cœur est bien visible.
  • 72 heures d'incubation : La tête de l’embryon de poulet montre les différents organes embryonnaires tels que les vésicules cérébrales, la vésicule optique. Un agrandissement de la région cardiaque à 72 heures d’incubation, met en évidence la morphologie du cœur embryonnaire. Tête, tronc et queue se précisent. Bien reconnaissable, à la tête, une forte courbure au niveau mésencéphalique. Antérieure. Du tronc.

Les annexes embryonnaires

Trois annexes permettent à l’embryon de se développer indépendamment de la mère. L'amnios délimite la cavité dans laquelle baigne l'embryon. Il isole l'embryon et le protège. Le sac vitellin, dont la paroi est très vascularisée, renferme les réserves vitellines (vitellus ou jaune). Le sac allantoïque sert de réservoir des déchets notamment azotés (acide urique) éliminés par l'embryon. Sa paroi vascularisée (membrane chorioallantoïque) constitue le site d'échanges respiratoires (via les pores de la coquille). En outre, des minéraux de la coquille peuvent être absorbés au niveau de ce sac allantoïque et transférés à l'embryon pour la calcification de son squelette. C’est également un organe de stockage pour de nombreux acides aminés libres et composés apparentés.

  • Vésicule vitelline: Elle est formée d’endoderme et de mésoderme (splanchnopleure) extraembryonnaires et est vascularisée. Elle permet à l’embryon de récupérer les réserves du vitellus.
  • Cavité amniotique: Elle est bordée de l’amnios (ectoderme + mésoderme (somatopleure) extra-embryonnaires). Elle reconstitue un environnement liquide autour de l’embryon, diminue les adhérences aux tissus voisins et permet d’absorber les éventuels chocs.
  • Allantoïde: Elle est formée d’endoderme et de mésoderme (splanchnopleure) extraembryonnaires. Elle sert de rein d’accumulation (excrétion d’acide urique) et s’accole au chorion et se vascularise pour former l’allanto-chorion contre la coquille poreuse qui permet la respiration.

Croissance et développement

La taille augmente et la forme des organes se précise. Commence à montrer les différents segments. Très net à 7 jours d'incubation.

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Eclosion

Au 17ème jour intervient une étape cruciale. Il lui devient difficile d’obtenir de l’oxygène au travers de la coquille. Le poussin perce la membrane de l’œuf avec son bec. Les muscles du cou se contractent et le bec perce la poche d’air située à la base, plus large, de l’œuf : le poussin respire pour la première fois. Après 21 jours le poussin perce sa coquille à l’aide du diamant, petit bout dur du bec qui permet de casser la coquille et tombe après la naissance. C’est l’éclosion de l’œuf. Après vingt jours, le poussin est dans sa position d'éclosion, le bec a percé la chambre à air, et la respiration pulmonaire a commencé. Après 21 jours d'incubation, le poussin sort finalement de sa coquille. L'allantoïde, qui lui a servi de poumons, sèche car le poussin utilise ses propres poumons. Lors de l'éclosion, l'amnios et l'allantoïde sont éliminés avec la coquille, l'albumen a été utilisé et le vitellus restant se rétracte dans l'abdomen de l'animal.

Après la naissance le poussin est nidifuge, c’est à dire qu’il part immédiatement chercher son alimentation hors du nid, par lui-même. Son ouïe et sa vue sont déjà actives, ce qui lui apporte une certaine autonomie, notamment pour se nourrir. Du 1er jour jusqu’à 5 à 6 semaines, il est conseillé de garder le poussin au chaud à l’aide d’une lampe chauffante infrarouge. En effet, son duvet ne lui permet pas encore produire de la chaleur lui-même.

Influence de l'alimentation maternelle sur le développement embryonnaire

Le développement de l'embryon dépend de l'environnement dans lequel il baigne et des nutriments disponibles. Une voie de modulation de la composition de l'œuf est la modification du régime alimentaire de la mère. Cet environnement peut être modulé et influencer le développement physiologique et morphologique des embryons, avec pour conséquence des effets sur l'élaboration du phénotype des poussins. Des liens entre la nutrition parentale, la composition de l'œuf et le comportement ultérieur des animaux, leurs performances, et leur sensibilité aux maladies ont été établis.

En plus de la sévérité de la restriction alimentaire appliquée aux reproductrices, le moment et la durée de la restriction alimentaire pendant la période d'élevage sont des facteurs déterminants pour les performances de ponte ultérieures et l'élaboration du phénotype des descendants. Une restriction alimentaire avant le début de la maturité sexuelle, par exemple, peut affecter toute une gamme d'hormones circulantes comme les hormones thyroïdiennes ou les hormones somatotropes. Or, ces hormones influencent les performances ultérieures de la descendance. Un déficit en protéines ou le jeûne modifient également le statut endocrinien des animaux. Des modifications hormonales dans l'œuf ont été mises en évidence dans le cadre de programmes de distribution de régimes à faible teneur en protéines. Ce régime modifiait à la fois le taux de ponte et le poids des œufs mais aussi la quantité de leptine dans le jaune ainsi que l'expression d'un certain nombre de gènes exprimés au niveau du sac vitellin, de l'hypothalamus ou du muscle des descendants. Les poussins présentaient un poids plus faible à l'éclosion mais une croissance post-éclosion plus rapide.

Outre leur valeur nutritionnelle, les régimes alimentaires des reproductrices peuvent avoir une signature olfactive que les embryons sont capables de capter.

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Impact des lipides et nutriments

La composition de l’œuf est assez stable et l’alimentation de la poule n’affecte pas la composition des constituants majeurs de l’œuf (lipides ou protéines). Cependant les teneurs en nutriments essentiels comme les acides gras, les vitamines, les oligo-éléments, les caroténoïdes ou certains acides aminés peuvent être modulées dans l’œuf via l’alimentation maternelle et induire des modifications des performances des descendants.

Les lipides sont les éléments nutritifs majeurs du jaune, disponibles pour l'embryon en développement. L'oxydation des acides gras couvre pratiquement toute la demande énergétique de l'embryon. Les acides gras sont donc essentiels pour le développement embryonnaire, la croissance de l'oiseau, le développement de son système nerveux central et de son système immunitaire. La structure des lipoprotéines est stable mais l'équilibre des acides gras peut être modulé via l'alimentation maternelle.

Implications pour la production de volailles

La population mondiale ne cesse de croître. Les besoins tant en céréales qu’en viande augmentent considérablement. La volaille constitue une source de protéines animales plébiscitée par l’homme, rapide à produire, peu chère et non concernée par les interdits religieux.

Pour répondre à cette demande croissante, les poulets de chair ont été principalement sélectionnés pour une vitesse de croissance rapide. L'augmentation de poids corporel de poulets de chair par an est de l'ordre de 3,3 % par an. Le poulet étant abattu à un poids objectif allant de 1,7 à 3,5 kg vif, l'augmentation des vitesses de croissance a permis une diminution de l'ordre de 1 jour par an de l'âge d'abattage. En Europe, la durée d'élevage est de moins de 6 semaines pour des poulets de chair « standard ».

Cette stratégie de sélection s'est inévitablement accompagnée d'effets indésirables tels qu'une fréquence plus importante de cas d'ascites, l'apparition de défauts de squelette et de viande, une certaine immunosuppression chez les animaux, une augmentation de leur sensibilité à des maladies infectieuses et de l'incidence de maladies métaboliques.

Une supplémentation en nutriments de l'œuf via l'alimentation maternelle ou via des injections in ovo (« in ovo feeding ») sont alors des stratégies innovantes pour optimiser l'apport de nutriments à l'embryon et améliorer les conditions de démarrage des poussins et leur robustesse. La période d'incubation et la première semaine d'âge sont essentielles pour leur santé, leur bien-être et leurs performances de croissance.

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