Endormir un bébé est une tâche qui peut s'avérer ardue. Pour aider les parents, il existe différentes méthodes, parmi lesquelles les berceuses et les bruits blancs. Cet article explore l'efficacité des berceuses pour apaiser les bébés, en mettant en lumière leurs bienfaits sur le développement émotionnel et cognitif.

Berceuses : Un rituel ancestral pour apaiser bébé

Depuis des générations, les berceuses font partie des rituels du coucher. Ces mélodies douces ont un effet calmant et réconfortant sur les tout-petits. Chanter une berceuse pour endormir bébé est une pratique universelle. Dans le monde entier, les mères chantent à leurs bébés, que ce soit des airs traditionnels ou des mélodies improvisées. Cette universalité témoigne de l'importance de la berceuse dans le développement de l'enfant.

Certains morceaux classiques, comme une berceuse Mozart, sont particulièrement appréciés pour leur rythme apaisant et leur harmonie douce. Les peluches musicales, comme un ours en peluche avec berceuse, peuvent aussi devenir un allié du coucher.

Bruits blancs : Une alternative pour un environnement sonore constant

Contrairement aux berceuses qui captent l’attention de l’enfant, les bruits blancs sont des sons constants et monotones, comme le bruit d’un ventilateur ou d’une pluie légère. Certains parents choisissent les produits myHummy qui diffusent des bruits blancs adaptés aux tout-petits. Par exemple, le myHummy Lapin 5en1 avec lumière - écru/rouge combine plusieurs sons relaxants pour aider le bébé à s’endormir plus rapidement. myHummy crée un environnement sonore réconfortant qui aide bébé à se sentir en sécurité. Les produits myHummy proposent des peluches spécialement conçues pour apaiser les tout-petits grâce aux bruits blancs et aux mélodies relaxantes.

Berceuses et neurosciences : Un lien profond

Dans une nouvelle étude, les neuroscientifiques cognitifs ont constaté que les berceuses apaisent simultanément les mamans et les bébés, tandis que les jeux musicaux augmentent l’attention des bébés et les émotions positives envers leurs mères. Les implications comportementales de la musique sont vastes. Les cerveaux infantiles doivent être capables de suivre les événements auditifs de manière prédictive pour donner un sens à la musique, et de nombreuses choses complexes se déroulent dans leur cerveau pour rendre cela possible.

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De l’enfance à la vieillesse, la musique exige beaucoup du cerveau humain. En savoir plus sur la façon dont nous traitons la musique aide les scientifiques à mieux comprendre la perception, l’intégration multisensorielle et la coordination sociale tout au long de la vie. Les progrès technologiques, par exemple les électroencéphalographie portable (EEG), permettent aux neuroscientifiques cognitifs d’étudier la musique dans diverses situations, des interactions mère-enfant aux salles de concert.

Le rythme en particulier est mystérieux : nous sommes sensibles au « battement » - ce pouls constant et sous-jacent que nous tapotons du pied ou qui nous fait bouger la tête - dès le début de la vie.

Dans une étude sur les berceuses, les chercheurs ont étudié comment les mères ajustent leur chant en fonction de leur objectif, pour apaiser ou être ludique pour leur enfant. Les mères participantes ont chanté à plusieurs reprises “Twinkle Twinkle” à leurs bébés qui étaient assis dans une chaise haute face à eux, en alternant entre le chant d’une façon ludique ou apaisante. Les chercheurs suivaient les réponses d’excitation des mères et des bébés, mesurées par la conductance cutanée et le comportement. Ils ont constaté que les niveaux d’excitation des mamans étaient plus élevés au cours de la chanson ludique par rapport à la chanson apaisante, et ils ont trouvé des diminutions coordonnées de l’excitation à la fois pour les mamans et les bébés au fur et à mesure que les chansons progressaient dans un rythme apaisant. Dans les conditions ludiques, les niveaux d’excitation des bébés sont restés stables et leur attention envers la mère et les manifestations d’émotions positives ont augmenté. Les résultats montrent les changements physiologiques et comportementaux par la maman et le bébé aux différents styles de chansons.

La musique est un outil que nous pouvons utiliser pour rassembler les gens, et cela commence dès l’enfance. Chaque sensation que nous avons ou action que nous faisons sur le monde se déroule au fil du temps, et nous commençons maintenant à comprendre pourquoi les humains sont sensibles à certains types de modèles dans le temps, mais pas d’autres.

Berceuses : bien plus qu'un simple endormissement

Les berceuses ne sont pas seulement un moyen de calmer ou de rassurer un bébé. Elles offrent également une occasion d'apprentissage pour l'enfant. Le neuroscientifique Stanislas Dehaene explique qu’il y a quatre conditions indispensables à un apprentissage : l’attention de l’enfant, son implication active, ses essais, et la reconnaissance des sons de sa langue maternelle. Les chansons correspondent très bien à ces critères et vont beaucoup aider l’enfant à découvrir le langage.

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L’ouïe est un sens très aiguisé chez le nouveau-né. Entre le 5e et le 8e mois, le fœtus « entend » déjà les sons, et peut même commencer à les mémoriser. La musique pour bébé constitue un axe de développement majeur, permettant à l’enfant de s’éveiller dès la grossesse. À la naissance, le potentiel auditif de bébé est déjà immense. Il est très sensible aux sons, en particulier aux berceuses et à la musique. Dès la naissance, tous les sens se développent à grande vitesse, et la musique pour bébé joue un rôle crucial dans ce processus. L'écoute des berceuses et de la musique pour bébé favorise les capacités d'écoute, un élément clé pour les futurs apprentissages. Partager la musique avec l'entourage permet à l'enfant de se sentir compris et en harmonie avec les autres.

Pour les bébés, on privilégie des musiques instrumentales, douces, sans paroles, sur lesquelles la voix des parents peut se superposer.

Les comptines : un atout pour l'éveil et le développement

Il est presque inné chez les adultes de fredonner des chansons et comptines aux tout-petits : pour un moment câlin, un moment fou rire, avant de dormir, dans le bain… Les premières comptines que le bébé entend sont les berceuses. Pendant la grossesse, il y a le bercement vécu dans le ventre maternel, les battements du cœur, qui fait vivre une expérience sensorielle enveloppante et « porteuse ». Le fœtus a une capacité d’entendre les sons, et d’apprécier la voix humaine surtout celle de ses parents. Fredonner, chanter devient un vrai plaisir porteur d’apaisement pour le parent et pour l’enfant. À sa naissance, le bébé est capable de reconnaître certaines mélodies qu’il entendait dans le ventre de maman. La musicalité à travers ces formules enfantines chantées, parfois parlées offre de la détente, du plaisir, et surtout un moment privilégié avec une voix familière et rassurante.

Les chansons et comptines permettent de développer la sensorialité et d’accéder à une « culture » la sienne et d’autres, aisément. De manière spontanée, le parent chante alors un répertoire familial qui a traversé plusieurs générations : dodo, l’enfant do ; Une souris verte…

Les comptines et chansons pour enfants font parties intégrantes de notre patrimoine. Comme les activités de jeu, les chansons et comptines, sont régulièrement proposées en structures d’accueil petite enfance. Avant de démarrer les activités du matin, avant le temps du repas ou encore le soir à la maison avant de dormir, la comptine revient souvent à des moments précis de la journée. Dès leur plus jeune âge, les enfants sont sensibles aux rythmes et à la mélodie des langues parlées autour d’eux. Entendre plusieurs fois une comptine qui possède très souvent un refrain « ritournelle » et des mots qui riment favorise la mémorisation. C’est un exercice qui stimule l’attention et la concentration, auquel s’associe très fréquemment des apprentissages au niveau de la motricité globale ou fine. Les plus petits aiment les chansons et les comptines à gestes : meunier, tu dors reste dans le hit-parade depuis des années ! En lien avec son engagement pour un accueil adapté aux handicaps, Les Petits Chaperons Rouges proposent dans ses crèches les signes associés à la parole.

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En France, la comptine pour enfant la plus populaire reste sans doute « Une souris verte », transmise de génération en génération. Facile à mémoriser, rythmée et amusante, elle séduit les tout-petits tout en stimulant leur langage et leur mémoire. D’autres comptines comme « Au clair de la lune », « Frère Jacques » ou « Dansons la capucine » figurent également parmi les incontournables du répertoire français. Les Titounis sont une série de vidéos et chansons pour enfants très populaires sur YouTube, créées par la chaîne Comptines et chansons. Destinés aux tout-petits, ces contenus mettent en scène de joyeux personnages colorés qui interprètent des comptines traditionnelles, des chansons éducatives et des histoires animées. Les Titounis permettent aux enfants de développer leur langage, leur mémoire et leur éveil musical, tout en découvrant des notions simples comme les couleurs, les chiffres ou les animaux. Le tout petit reconnait les phonèmes et les « emmagasinent ». L’araignée Gypsie, Petit escargot, La famille tortue, Bateau sur l’eau, Jean petit qui danse… N’hésitons pas, voix de crécelle ou voix d’opéra : Chantons !

Berceuses : un héritage culturel et intime

Il est toujours intéressant lorsqu’on se lance dans un projet de recherche de se demander ce qui nous a conduit vers ce sujet et quelles en ont été les motivations. Retrouver l’étincelle magique afin d’éclairer nos pas. L’émotion extrême lors de l’écoute d’une berceuse flamenca a rappelé celle qu’avait provoquée une berceuse congolaise en kikongo, langue bantoue qui était pourtant totalement inconnue. À la lecture de la traduction, on apprenait qu’elle s’adressait aux enfants orphelins, et qu’elle exprimait une demande de soutien aux enfants qui n’ont plus de parents, afin d’assurer leur avenir, leur alimentation et leur éducation. La force et l’expressivité de ce chant, qui portait tous les massacres et les violences de la guerre sans les évoquer directement, avaient été transmises exclusivement par la voix, indépendamment des signifiés.

S’il y a, en apparence, comme une incongruité à mêler berceuses et mémoire traumatique, voire un oxymore, nombre de berceuses constituèrent, tout au long des siècles, des moyens de transmission d’une mémoire traumatique liée à des persécutions de nature politique, raciale ou religieuse. Au-delà de l’aspect mémoriel et testimonial d’un tel répertoire, s’adressant à la fois aux enfants et aux adultes d’une communauté politique, religieuse ou culturelle, c’est aussi ce qu’il dit des difficultés existentielles des individus qui interpelle et intéresse. L’étude de ces répertoires interroge en outre sur l’aspect initiatique de chansons dont la violence du texte contraste parfois de manière frappante avec l’esthétique musicale. Le composant musical de la berceuse est à explorer dans cette perspective.

La nature même du laboratoire ILCEA4, fédération de différents centres, constituait un cadre de travail idéal, permettant la traduction, la comparaison et la circulation des textes entre différentes langues. Plusieurs directions de travail émergent rapidement. Ce numéro 18-1 de la revue Textes et Contextes est résolument pluridisciplinaire et a permis de rassembler les approches singulières de musicologues, ethnomusicologues, ethnolinguistes et sociodidacticien·ne·s, philologues, spécialistes de littératures et cultures étrangères, qui se sont penché·e·s sur divers répertoires de « l’enfance des peuples », sur ce qu’ils révèlent de leur(s) histoire(s) et de leurs circulations, mais aussi des transmissions de l’intime. Le volume offre donc une perspective transhistorique et transdisciplinaire qui apporte un éclairage sur ce que nous apprennent les berceuses sur l’histoire parfois partielle ou fragmentaire des circulations et des migrations, sur l’importance de ces répertoires dans la transmission orale de l’histoire des peuples, ainsi que sur les enjeux extra-musicaux à l’œuvre pour l’interprète (homme ou femme), le compositeur, ou la compositrice de la berceuse.

La berceuse n’est pas définie lexicalement comme un type de musique ou de texte, mais, entre autres, par une fonction (celle d’endormir) et par un public (les enfants). Fonction puissante et complexe qui va bien au-delà de l’endormissement. Cette fonction a sans doute à voir avec un traumatisme originel : celui de la séparation du corps maternel. Sans doute le traumatisme que constitue la naissance puis les séparations successives auquel le bébé puis l’enfant sera confronté, est à la fois « guéri » et réactivé par le chant et le mouvement si particulier de la berceuse. En effet, aux origines de la berceuse, il y a une toute première mémoire dans le cerveau du bébé et de l’enfant, celui du bercement prénatal, intra-utérin, des sons et des mouvements qu’il perçoit bien avant sa naissance comme le précise la philosophe et psychanalyste Anne Dufourmantelle (2016 : 255) : « Encore à l’état fœtal, il est déjà bercé, lové dans les mots et l’imaginaire des parents de ceux qui l’entourent. Avant même de naître, l’enveloppe de son désir se constitue dans ce « berceau » de mots, d’attentes, de promesses, d’images dont il est enveloppé et qui l’accompagnent comme une mémoire générative depuis les générations antérieures. » On sait grâce aux travaux menés à l’Université d’Helsinki (Cognitive Brain Research Unit) par Eino Partanen (2013) que les bébés peuvent apprendre leurs premières berceuses dans le ventre de leur mère.

Anne Dufourmantelle est sans doute celle qui a exploré avec le plus de justesse la façon dont la berceuse relève d’un espace maternel archaïque, qu’elle baptise « la sauvagerie maternelle », un espace « littéralement pré-historique (non temporel comme disait Freud) qui rend possible la pensée, l’imaginaire, les représentations, un réservoir psychique en quelque sorte, ayant emmagasiné les “dits” des générations antérieures. » Elle précise plus loin qu’il ne faudrait pas confondre cet « espace-temps pré-œdipien, matrice de tout lien humain » avec « l’inconscient collectif ni une quelconque autre mémoire ». Mais c’est pourtant bien le terme « mémoire » qu’elle sollicite lorsqu’elle explique : « au commencement de toute existence il y a une peau, une voix, un visage. Sa peau, sa voix, son visage. À jamais unique pour nous. […] De cette première mémoire, il ne nous reste aucune image, juste une sensation de chaleur, […] un chuchotement, une sensation qui nous fait comme une peau sur notre peau, une voix contre notre voix » (Dufourmantelle 2001 : 27) ; et de préciser que « quand le nouveau-né a été - comme un petit animal - enveloppé, caressé, bercé par sa mère, cet amour lui constitue une sorte d’enveloppe psychique et physique […] qui va lui donner accès tout au long de sa vie à une véritable puissance ».

Si l’objectif premier de la berceuse reste l’endormissement de l’enfant, certaines berceuses collectées évoquent cet enfant comme un fardeau et nombre d’entre elles s’en prennent, parfois avec virulence, au père absent. La berceuse acquiert alors un rôle d’exutoire et permet de formuler un mal-être qui contredit ici encore l’esthétique du genre musical : les enjeux d’apaisement s’appliquent parfois en premier lieu à la mère elle-même (ou à celle qui berce l’enfant à sa place). La berceuse de tradition orale offre un espace inédit de liberté pour l’interprète/créatrice, qui chante pour un enfant dont elle suppose qu’il ne comprend pas le sens de ses récriminations. La question des genres qui se croisent dans la berceuse interpelle également : les berceuses « savantes », destinées à l’exécution dans le cadre du concert ou en dehors de tout cadre fonctionnel, ont souvent été le fait de compositeurs et non de compositrices, alors que l’interprète est le plus souvent féminine et s’adresse souvent à un garçon.

Stéphane Aubinet propose une approche ethnographique de la berceuse dans l’espace circumpolaire et révèle un répertoire particulier et des pratiques communes autour d’un genre intime, correspondant à une pratique homogène parmi les populations autochtones, consistant à attribuer aux nouveau-nés et jeunes enfants des mélodies composées expressément pour eux. Il montre comment dans certaines communautés, ces mélodies servent à calmer et à endormir l’enfant, à la manière de berceuses, et sont chantées par des femmes, mais aussi parfois par des hommes. Clara Wartelle-Sakamoto révèle l’évolution particulière des komori uta, chansons des gardes d’enfant, au début du xxe siècle, une évolution qui reflète plusieurs des changements majeurs que connut la société japonaise à l’époque. Les berceuses pouvaient avoir la fonction d’endormir ou amuser l’enfant confiées à de toutes jeunes filles, mais se révélaient surtout être un exutoire à la pénibilité de leur métier et à leurs chagrins quotidiens. Parfois chants d’endormissement, parfois chants de labeur, elles furent tour à tour récupérées par la chanson populaire et la musique classique, selon des processus compositionnels qui estompèrent peu à peu l’origine de leur création : les gardes d’enfants. Les autrices et auteurs mettent au jour, grâce à des analyses linguistiques, ethno-musilinguistiques et socio-didactiques, le rôle des berceuses dans l’apprentissage des langues minorées, dans la transmission de l’héritage familial qu’elles véhiculent et dans la préservation de sa connaissance. Valentina Avanzini vise à analyser les berceuses collectées dans toute la péninsule italienne entre la fin du xixe et la fin du xxe siècle, qui se révèlent être une forme de contre-narration, un espace de liberté et de libre expression de la parole féminine et de son point de vue, exutoire de ses peurs et de ses difficultés quotidiennes face au rôle de mère et d’épouse. Matthew Roy s’intéresse pour sa part aux berceuses instrumentales au xixe siècle. Composées en majorité par des hommes, ces berceuses constituent un instrument de socialisation patriarcale à destination des jeunes pianistes de la classe moyenne - en particulier des filles - cherchant à définir et à contrôler l’enfance, la jeunesse et la maternité. Cependant Matthew Roy montre comment certaines compositrices comme Florence Newell Barbour et Juliet Adams rejettent dans leurs compositions et à travers l’iconographie des illustrations l’idéalisation de la mère parfaite et de l’enfance, qui perdure pourtant jusqu’à nos jours dans les répertoires de berceuses à destination de la jeunesse.

Marinu Leccia montre comment les berceuses qu’il recense dans l’œuvre du compositeur britannique renvoient à l’esthétique ludique de Britten, qui place l’enfant au centre d’un grand nombre de ses œuvres. À travers quelques études de cas, cet article examine la manière dont Britten joue à tester les frontières sémiotiques de la berceuse, brouille la relation mère-enfant par de nombreuses inversions, et fait notamment de l’enfant une figure ambivalente entre le monde de l’enfance et le monde des adultes. Damien Bonnec analyse la place des berceuses l’univers poétique du compositeur, où l’intime et le rapport à l’enfance ont toujours été prisés et recherchés, ainsi que dans son esthétique.

Aline Smeesters analyse les douze berceuses latines (intitulées Naeniae) du poète néo-latin Giovanni Pontano (1426-1503), adressées à son propre fils au berceau et composées dans les années 1469-1471. Carola Vesely Avaria renvoie aux berceuses traditionnelles de la culture mapuche et afro-antillaise et dégage les principales caractéristiques des berceuses d’auteurs et autrices hispano-américaines, au rang desquelles se trouve la dénonciation des conditions d’existence précaires. Zoé Saunier approfondit la réflexion sur « La potentialité subversive de la berceuse » à partir de l’analyse de trois textes latino-américains se présentant comme des berceuses. La berceuse a pour vocation non pas d’endormir l’enfant mais plutôt de réveiller les consciences pour subvertir l’ordre établi, pour dénoncer, remettre en question, voire appeler à la révolte. Antoine Paris analyse une double planche de bande dessinée de Gotlib, dans laquelle une comptine est utilisée pour transmettre un traumatisme.

Les bienfaits des berceuses sur le bien-être de l'enfant et des parents

Une nouvelle étude révèle que les berceuses que l’on chante à un enfant aide non seulement à l’apaiser, mais participe aussi à améliorer durablement son bien-être. L’étude, menée auprès de 110 parents et leur bébé, montre que leur chanter des chansons les aide à réguler leurs émotions et participe à leur bien-être.

Les chercheurs ont sélectionné 110 parents et leurs bébés, dont la plupart étaient âgés de moins de quatre mois, et les ont répartis dans deux groupes : un premier groupe où les parents étaient encouragés à chanter davantage à leurs enfants, et un groupe témoin. Le premier groupe de parents recevait chaque semaine des conseils pour mieux intégrer la musique au quotidien, ainsi que des vidéos pédagogiques et des recueils de chansons adaptées aux nourrissons. L’ensemble des participants a aussi répondu à des questionnaires en ligne portant sur l’humeur de leur bébé, son degré d’agitation, le temps passé à l’apaiser, l’humeur de la personne qui s’occupe de lui et, enfin, la fréquence de ses activités musicales.

Les parents ont progressivement augmenté le temps passé à chanter à leur bébé à mesure qu’ils participaient à l’expérience. Les chercheurs ont aussi remarqué que les parents utilisaient la musique dans un contexte précis : pour calmer leur bébé quand il était agité. Cela suggère donc que « les parents sont intuitivement attirés par la musique comme outil de gestion des émotions des nourrissons, car ils comprennent rapidement l’efficacité du chant pour calmer un bébé agité », estiment-ils.

Les scientifiques ont constaté une amélioration notable de l’humeur des bébés à qui les parents chantent des berceuses, par rapport au groupe témoin. Les parents envoient à leur bébé un signal clair dans leurs berceuses : je suis tout près, je t’entends, je veille sur toi - donc la situation ne peut pas être si grave. Et même si l’étude n’avait pas pour objectif de mesurer les effets de la musique sur la santé mentale des parents, les chercheurs suggèrent que celle-ci pourrait aussi contribuer à atténuer leur stress, les aider à mieux dormir, voire réduire les symptômes de la dépression post-partum. Si l’amélioration de l’humeur du nourrisson persiste, elle pourrait se généraliser à d’autres problèmes de santé.

Berceuses et acquisition du langage

Une nouvelle étude de l'Université de Cambridge démontre que les tout petits accèderaient au langage beaucoup plus vite à travers les comptines et les berceuses. Les parents devraient chanter les comptines à leur bébé dès que possible, parce qu'au cours de ses premiers mois de vie, il apprend à parler non pas grâce à la reconnaissance des phonèmes, mais grâce au rythme inhérent à la parole.

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont mesuré l'activité cérébrale de 50 bébés âgés de 4, 7 et 11 mois pendant qu'ils écoutaient 18 comptines a capella. Grâce à un algorithme spécial, ils ont mesuré l'information phonémique et acoustique encodées par le cerveau des bébés. Cette recherche démontre que l'encodage phonémique du cortex humain augmente progressivement à l'écoute des comptines au cours de la première année de vie, avec un encodage plus significatif à partir du 7e mois. Une différence significative dans l'encodage acoustique à été observée chez les bébés entre 4 et 7 mois et entre 4 et 11 mois par rapport aux résultats des études précédentes.

L'encodage acoustique l'emportait sur l'encodage phonémique chez les bébés de 4 mois. On peut donc supposer que les comptines et berceuses aident au développement de la discrimination phonémique. Cependant, la discrimination des phonèmes qui permet au bébé de composer des mots en les manipulant, est conscientisée trop tard pour qu'elle soit la voie principale d'accès au langage.

La recherche montre que les sons isolés du langage ne sont pas traités de manière fiable avant le septième mois de vie, même si la plupart des bébés reconnaissent déjà les mots courants à ce stade, comme 'biberon'. L'association des sons isolés du langage se fait très lentement - trop lentement pour qu'elle puisse constituer la base du langage, et reste très sporadique même à 11 mois, l'âge où les bébés forment les premiers mots. Ce qui n'est pas le cas avec la parole rythmée ou chantée. Le rythme est un aspect universel de toutes les langues, et le bébé y est réceptif dès la naissance, justement dans l'objectif d'apprendre à parler. Son cerveau est programmé à utiliser des modèles rythmiques pour différencier les sons, reconnaître les modèles récurrents, anticiper sur ce qui va suivre et à terme, comprendre le langage. La structure rythmique et mélodique régulière des comptines permet au bébé de plus facilement repérer les délimitations des mots et l'aide ainsi à accéder au langage beaucoup plus vite.

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