C'est en ce moment, la saison du renouveau de la nature, une période propice à l'observation de la faune et de la flore. Parmi les insectes qui animent nos paysages, la Petite Nymphe au corps de feu (Pyrrhosoma nymphula) mérite une attention particulière. Cette libellule, reconnaissable à son abdomen rouge flamboyant, est un spectacle courant mais fascinant des zones humides européennes. Cet article se propose d'explorer en détail l'identification, l'habitat, le cycle de vie et le comportement de cette espèce ubiquiste.
Caractéristiques distinctives
Pyrrhosoma nymphula est une demoiselle de taille moyenne, mesurant entre 33 et 36 mm. La coloration rouge de son abdomen est un élément clé de son identification, bien qu'elle puisse varier selon le sexe et la maturité de l'individu.
Le mâle
L'abdomen du mâle est principalement rouge, orné de fins anneaux noirs. Une coloration noire-dorée est présente sur les derniers segments (S7-S9). Le thorax est noir, rayé longitudinalement de rouge et noir. L'extrémité de l'abdomen est noire.
La femelle
La coloration de l'abdomen de la femelle est plus variable, avec une extension plus ou moins importante de noir sur le dessus. Il existe des formes typica et fulvipes, chacune présentant des motifs distincts.
Autres critères d'identification
Les ptérostigmas, ces taches opaques situées à l’extrémité des ailes, au bord antérieur, souvent en forme de losanges, sont noirs chez Pyrrhosoma nymphula. Les pattes sont également noires.
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Il est crucial de noter que l'Agrion délicat peut être confondu avec Pyrrhosoma nymphula. Cependant, l'Agrion délicat se distingue par ses pattes et ptérostigmas rouges, ainsi que par l'absence de bande antéhumérale.
Habitat et répartition géographique
Pyrrhosoma nymphula est une espèce ubiquiste, c’est à dire qui s’adapte facilement. Elle est présente dans presque toute l'Europe, à l'exception du nord de la Scandinavie. En France, on l'observe du littoral aux massifs montagneux, sauf en Corse. C'est l'une des libellules les plus fréquentes en Alsace et Lorraine.
Cette espèce apprécie les eaux stagnantes comme les lacs, les étangs, les mares, les fossés et les canaux, mais aussi les secteurs calmes des rivières. Les points d'eau dans les jardins et parcs attirent la Petite nymphe au corps de feu, ainsi que les zones humides artificielles, et sont colonisés rapidement. Son abondance s'explique par le large spectre de milieux aquatiques qu'elle peut habiter.
Cycle de vie
La Petite nymphe au corps de feu passe la plus grande partie de sa vie en stade larvaire dans l'eau, comme c'est le cas pour la majorité des libellules.
Stade larvaire
Pendant le dernier stade larvaire, la taille du corps atteint plus de 17 mm. La larve se nourrit de proies plus petites qu'elle. Sa croissance se fait par mues successives. Il y a 9 mues et la dernière se fait en avril/mai de l'année suivante.
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Métamorphose et émergence
Au dernier stade larvaire (ou nymphe) de Pyrrhosoma nymphula intervient la métamorphose. C'est une transformation morphologique et physiologique profonde qui dure quelques jours. Le corps de l'insecte adulte prend forme à l'intérieur de l'enveloppe de chitine.
En mai se produit la métamorphose ou mue imaginale (un an après la ponte). Souvent tôt dans la journée, la larve sort de l'eau, monte lentement le long d'une tige aquatique puis s'arrête à une vingtaine de centimètres au-dessus de la surface. Elle se sépare de son ancienne enveloppe, appelée exuvie.
L'émergence est la dernière mue. La jeune libellule, à côté de son ancien enveloppe larvaire (l'exuvie), est en train de sécher. Pyrrhosoma nymphula au milieu de l'émergence, il ne reste qu’à libérer l'abdomen en totalité de l'enveloppe de chitine de la nymphe.
Reproduction
L’accouplement a lieu de mai à août. Le mâle attrape la femelle par le cou grâce à une sorte de pince à l’extrémité de son abdomen. La femelle recourbe son abdomen pour mettre en contact son extrémité avec l’organe copulateur du mâle. Cette posture d’accouplement appelée tandem a la forme d’un cœur et dure en général un quart d'heure. En tandem, le mâle surveille sa partenaire.
Le mâle reste lié à la femelle durant la ponte qui a lieu dans l’eau sur une tige de plante aquatique. La femelle pond jusqu'à trois centaines d'oeufs dans la végétation flottante ou immergée. Le couple descend jusqu'à ce que l'abdomen de la femelle touche l'eau. A raison d'un œuf pondu toutes les 5 secondes, le couple descend doucement le long de la tige et se retrouve au bout de 40 à 50 minutes totalement immergé (parfois jusqu'à 1 m de profondeur). Environ 600 œufs sont insérés dans la tige de la plante choisie, pondus en zig-zag. La ponte terminée, le couple lâche le support et remonte à la surface.
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L’œuf, de couleur jaune citron, mesure 1 mm de long sur 2 dixièmes de mm. 2 à 5 semaines plus tard les œufs éclosent et la période larvaire suivante dure un ou deux ans, parfois trois. Après quatre semaines, il en sort une prolarve qui ressemble davantage à un alevin qu'à une larve de libellule. Son existence est très brève car au bout de quelques heures, la larve de la petite nymphe sort et la peau de la prolarve reste dans le tégument de la plante.
Comportement et alimentation
Les belles Nymphes au corps de feu dont nous admirons la beauté et leur grâce d’acrobates aériens, chassent des insectes en plein vol à partir d'un perchoir. Leurs proies sont surtout des diptères. Elle se nourrit d'insectes qu'elle capture habituellement sur le feuillage et les tiges des plantes qu'elle inspecte à la recherche de nourriture.
Statut de conservation
Pyrrhosoma nymphula n'est pas une espèce menacée en France. Son abondance s'explique par le large spectre de milieux aquatiques qu'elle peut habiter. Cette espèce occupe le territoire de presque toute l'Europe (sauf le nord de la Scandinavie).
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