Depuis 2021, le paysage de la formation et des compétences des aides-soignants et auxiliaires de puériculture a connu des transformations significatives. Ces changements, motivés par la nécessité de renforcer l'attractivité de ces professions et de répondre aux besoins évolutifs des établissements sanitaires et médico-sociaux, se traduisent par de nouveaux actes et une redéfinition du rôle de ces professionnels de santé. Les arrêtés du 10 juin 2021, modifiés par ceux des 28 octobre 2022 et 9 juin 2023, ainsi que l'arrêté du 25 avril 2022, encadrent ces évolutions et précisent les mesures transitoires pour l'obtention du diplôme d'État d'auxiliaire de puériculture.

Contexte et Enjeux de la Réforme

La réforme des formations d'aide-soignant et d'auxiliaire de puériculture s'inscrit dans une volonté d'adapter les compétences de ces professionnels aux réalités du terrain et aux besoins des patients. L'objectif est de leur permettre de prendre en charge des situations de plus en plus complexes et de collaborer efficacement avec les autres membres de l'équipe soignante.

Publics concernés et prérequis

Cette évolution concerne principalement les professionnels déjà diplômés en tant qu’aide-soignant ou auxiliaire de puériculture sur la base de l’arrêté de 2006 ou avant, et travaillant dans le secteur sanitaire ou médico-social. Les intervenants incluent les puériculteurs, les formateurs et les cadres de santé.

Objectifs Pédagogiques de la Formation

Les formations mises en place visent à atteindre plusieurs objectifs clés :

  • Évaluer l’état clinique d’une personne à tout âge de la vie pour adapter sa prise en soins.
  • Maîtriser les nouvelles techniques de soins relevant du champ de compétences élargi des auxiliaires de puériculture.
  • Mettre en œuvre des soins adaptés à l’état clinique de l’enfant, en tenant compte de ses besoins spécifiques et de son développement.

Nouveaux Actes et Compétences Acquis

La réingénierie des formations a introduit un certain nombre de nouveaux actes de soins que les auxiliaires de puériculture sont désormais habilités à réaliser, sous la responsabilité de l'infirmier diplômé d'État ou de l'infirmière puéricultrice diplômée d'État. Ces actes comprennent notamment :

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  • Réalisation de l’aspiration endotrachéale sur orifice trachéal cicatrisé et non-inflammatoire.
  • Changement de lunette à oxygène courbe avec tubulure sans intervention sur le débitmètre.
  • Recueil de la saturation en oxygène.
  • Mesure et recueil de glycémie par captation capillaire brève ou par lecture transdermique.
  • Pose de suppositoire d’aide à l’élimination.
  • Lavage oculaire et installation de collyre.

Ces nouveaux actes témoignent d'une évolution du rôle de l'auxiliaire de puériculture, qui devient un acteur de plus en plus impliqué dans la prise en charge globale de l'enfant.

Contenu de la formation

La formation est conçue pour fournir aux professionnels les connaissances théoriques et les compétences pratiques nécessaires à la réalisation de ces nouveaux actes. Elle comprend des apports théoriques et pratiques, des travaux autour de situations emblématiques et/ou prévalentes, des travaux en binômes, la manipulation de matériel, du brainstorming, de la pédagogie inversée et des supports vidéo.

Organisation et Durée de la Formation

La formation se déroule sur une durée de 2 jours, soit 14 heures. Un stage de 7 semaines, réalisé en fin de formation, permet l'exploration ou la consolidation du projet professionnel et le renforcement des compétences de l'apprenant afin de valider l'ensemble des blocs de compétences.

La formation pratique se compose de 4 stages, dont 3 d’une durée de cinq semaines et un de 7 semaines, réalisée en fin de cursus.

Évaluation des compétences

L'évaluation des compétences acquises par l'élève est assurée par l'institut de formation et par le tuteur de stage tout au long de la formation. L'élève doit obtenir une note au moins égale à dix sur vingt à chaque module de formation constituant le bloc de compétence. Le formateur référent en institut effectue la synthèse de l'acquisition des blocs de compétences validés par l'apprenant sur la fiche récapitulative intitulée « Validation de l'acquisition des compétences ».

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Référentiel d'activités et domaines de compétences

Le référentiel d'activités est structuré en domaines d'activités regroupant au sein de chacun d'entre eux, des activités auxquelles des soins sont associés. Les cinq domaines d'activités ont été construits en corrélation avec les cinq blocs de compétences du référentiel de certification y associant de fait les compétences requises et les activités réalisables.

L'auxiliaire de puériculture exerce sous la responsabilité de l'infirmier diplômé d'Etat ou de l'infirmière puéricultrice diplômée d'Etat, dans le cadre de l'article R. 4311-4 du code de la santé publique. Ses activités se situent dans le cadre du rôle qui relève de l'initiative de l'infirmier diplômé d'Etat, défini par les articles R. 4311-3 et R. 4311-5 du code de la santé publique, relatifs aux actes professionnels et à l'exercice de la profession d'infirmier.

Dans les établissements et services d'accueil des enfants de moins de six ans, l'activité est encadrée par les articles R. 2324-16 à R. 2324-47 du code de la santé publique.

L'auxiliaire de puériculture réalise des activités d'éveil et des soins adaptés à l'évolution de l'état clinique visant au bien-être, à l'autonomie et au développement de l'enfant. Son rôle s'inscrit dans une approche globale de l'enfant et prend en compte la dimension relationnelle des soins ainsi que la communication avec la famille dans le cadre du soutien à la parentalité, les autres professionnels, les apprenants et les aidants.

L'auxiliaire de puériculture participe à l'accueil et à l'intégration sociale d'enfants porteurs de handicap, atteints de pathologies chroniques ou en situation de risque d'exclusion ou de maltraitance. L'auxiliaire de puériculture travaille au sein d'une équipe pluridisciplinaire intervenant dans les services de soins ou réseaux de soins des structures sanitaires, médico-sociales ou sociales notamment dans le cadre d'hospitalisation ou d'hébergement continus ou discontinus en structure ou à domicile, ou dans le cadre de structure de prévention et dépistage.

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Missions de l'Auxiliaire de Puériculture

En tant que professionnel(le) de santé, l'auxiliaire de puériculture est autorisé(e) à dispenser des activités d'éveil et d'éducation et réaliser des soins d'hygiène et de confort pour préserver et restaurer la continuité de la vie, le bien-être et l'autonomie de l'enfant, dans le cadre du rôle propre de l'infirmier et des actes spécifiques définis prioritairement pour l'infirmière puéricultrice, en collaboration et dans le cadre d'une responsabilité partagée.

Trois missions reflétant la spécificité du métier sont ainsi définies :

  1. Accompagner l'enfant dans les activités de sa vie quotidienne et sociale ;
  2. Collaborer au projet de soins personnalisé dans son champ de compétences ;
  3. Contribuer à la prévention des risques et au raisonnement clinique interprofessionnel.

Soins courants et soins aigus

Les soins ont pour but de répondre aux besoins fondamentaux de l'être humain. Dans le cadre de son référentiel d'activité, l'auxiliaire de puériculture concourt à deux types de soins, courants ou aigus :

  1. Les soins courants dits « de la vie quotidienne » : L'auxiliaire de puériculture réalise les soins sous le contrôle de l'infirmier ou de l'infirmière puéricultrice. Les soins courants doivent permettre d'assurer la continuité de la vie dans une situation d'autonomie partielle et dans le cadre d'un état de santé stable, c'est-à-dire qui n'est pas sujet à des fluctuations, et constant, c'est-à-dire durable, qui ne varie ni ne s'interrompt.
  2. Les soins aigus : L'auxiliaire de puériculture collabore avec l'infirmier ou de l'infirmière puéricultrice, à leur réalisation.

Domaines d'activités

Le terme « personne » usité dans certains domaines d'activités et activités constitutives est entendu pour l'auxiliaire de puériculture de manière générique pour désigner le nouveau-né, le nourrisson, l'enfant, l'adolescent ou le jeune adulte dans les structures qui l'accueillent spécifiquement.

  • Le domaine d'activités 1 (DA1) : Accompagnement et soins de l'enfant dans les activités de sa vie quotidienne et de sa vie sociale en repérant les fragilités
  • Le domaine d'activités 2 (DA2) : Appréciation de l'état clinique de la personne et mise en œuvre de soins adaptés en collaboration avec l'infirmier en intégrant la qualité et la prévention des risques
  • Le domaine d'activités 3 (DA3) : Information et accompagnement des personnes et de leur entourage, des professionnels et des apprenants
  • Le domaine d'activités 4 (DA4) : Entretien de l'environnement immédiat de la personne et des matériels liés aux activités de soins, au lieu et aux situations d'intervention
  • Le domaine d'activités 5 (DA5) : Transmission, quels que soient l'outil et les modalités de communication, des observations

Les 5 changements clés pour la formation d'aide-soignant

  1. La durée de la formation passe de 10 à 12 mois, pour un total de 44 semaines, réparties de façon égale entre théorique et pratique, pour une durée totale de 1 540 heures.

  2. Il n'y a aucune épreuve de sélection pour les candidats par voie d'apprentissage (qui ont un contrat d'apprentissage avec un employeur).

  3. Un portfolio est mis en place pour assurer le suivi des périodes de formation en milieu professionnel et à l’IFAS (il rassemble l’ensemble des critères d’évaluation et permet notamment d’évaluer l’acquisition progressive des compétences).

  4. Le diplôme d’Etat d’aide-soignant correspond désormais au niveau 4, dans la Catégorie B (anciennement catégorie C, niveau baccalauréat).

  5. La réingénierie introduit un certain nombre d’actes de soins supplémentaires, parmi lesquels :

    • Pose de suppositoire
    • Application de crème et de pommade
    • Recueil de glycémie par captation capillaire ou par lecture instantanée transdermique
    • Pose et changement de masque pour l’aide à la respiration en situation stable chronique
    • Montage et entretien du matériel et réalisation d’aspiration endotrachéale sur orifice trachéal cicatrisé et non inflammatoire
    • Changement de lunette à oxygène courbe avec tubulure sans intervention sur le débitmètre
    • Recueil aseptique d’urines hors sonde urinaire
    • Participation à l'animation d'un groupe à visée thérapeutique

Les 4 nouveautés à retenir pour la formation d’auxiliaire de puériculture

  1. La formation se déroule désormais sur 44 semaines, également réparties entre enseignement théorique et pratique, pour une durée totale de 1540 heures.
  2. La formation pratique se compose de 4 stages, dont 3 d’une durée de cinq semaines et un de 7 semaines, réalisée en fin de cursus.
  3. L’obtention du diplôme repose sur la validation de 5 blocs de compétences : accompagnement et soins de l’enfant dans les activités de la vie quotidienne et sociale, évaluation de l’état clinique et mise en œuvre de soins adaptés, information et accompagnement des personnes et de leur entourage, entretien de l’environnement immédiat de la personne, travail en équipe pluriprofessionnelle.
  4. Le jury d’attribution du diplôme d’Etat d’auxiliaire de puériculture est nommé par le préfet de région, sur proposition du directeur régional de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités ou de son représentant. Il se réunit afin d’examiner le dossier de l’élève ayant validé partiellement ou totalement les compétences acquises en vue de l’obtention des blocs de compétences nécessaires à la certification.

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