Le sommeil d'un bébé est une préoccupation majeure pour de nombreux parents. Il est important de discuter du sommeil de votre bébé à chaque visite avec son médecin ou à la PMI afin que l’on puisse vous conseiller, mais aussi vous rassurer sur son évolution. Observer son nourrisson se tortiller pendant son sommeil peut être déconcertant. Ces mouvements, parfois accompagnés de gémissements ou de pleurs, suscitent des interrogations quant à leur origine et à la manière d'y remédier. Cet article vise à explorer les causes possibles de ces tortillements et à offrir des pistes pour améliorer le sommeil de votre bébé.
Prévalence des troubles du sommeil chez les nourrissons
Entre 6 mois et 3 ans, 25 à 50% des enfants présentent des troubles du sommeil. Les problèmes de sommeil entre la naissance et 3 ans ont une cause médicale dans 15 à 20% des cas seulement.
Causes médicales potentielles
Plusieurs raisons médicales peuvent expliquer pourquoi un nourrisson se tortille en dormant.
Signes d'alerte et symptômes associés
Ce sont les signes qui tendent à se répéter et qui persistent dans le temps, qui peuvent alerter : le bébé s’agite et crie, il parait souffrir. Il pleure de façon inhabituelle et prolongée, et se montre réticent à toute consolation.
Reflux gastro-œsophagien (RGO)
Le RGO ou Reflux Gastro-œsophagien, chez le nouveau-né, est une remontée involontaire du contenu de l’estomac dans l’œsophage. Il s’agit d’un phénomène très courant chez les bébés, dès les 2 premières semaines de vie. En effet, plus d’un tiers des enfants sont concernés par des problèmes de RGO. Ils surviennent avant les 3 mois et après la prise du repas. Souvent, ceux-ci ne signifient pas que votre enfant est en danger et votre enfant n’en tirera aucune conséquence sur son développement. Les RGO disparaissent lorsque l’enfant commence à se tenir droit. C’est-à-dire surtout lors de la découverte de la position assise, des premiers pas ou de la diversification alimentaire. Cependant, le RGO peut impacter le sommeil de bébé. Ce dernier, contrairement aux régurgitations simples, survient à n’importe quel moment de la journée. Il arrive même pendant le sommeil du nouveau-né, et paraît sans relation avec la prise du biberon et la survenue de rots. Une œsophagite est une brûlure de l’œsophage de l’enfant causée par l’acidité des remontées du contenu de l’estomac. Cela provoque alors des douleurs très vives pour l’enfant et parfois même des évanouissements. Des problématiques de sommeil et d’autres troubles de comportement chez l’enfant (beaucoup de pleurs dus à la douleur, peu de moments de détente et de bien-être, un besoin de réassurance important) peuvent surgir. Les parents de bébés avec un RGO interne vivent souvent un véritable enfer, fait de pleurs, d’absence de sommeil, d’incertitude, de fatigue et de doutes. Sans compter l’incompréhension générale de la part de l’entourage, et même parfois des médecins ! Si vous souhaitez aller plus loin sur ce sujet, découvrez notre programme vidéo gratuit dédié au sommeil et à l’alimentation des bébés RGO. Il aborde les problématiques courantes rencontrées par les enfants de 0 à 5 ans souffrant d’un RGO. Dans ce programme vidéo de 3h30, nous abordons ensemble les symptômes du RGO (reflux gastro-œsophagien) chez le bébé ainsi que ses causes afin de mieux le comprendre, le prévenir et soulager bébé. La prise en charge du RGO et l’administration d’antiacides par un médecin peut parfois prendre plusieurs mois de tâtonnements. Le portage à la verticale de l’enfant, en écharpe, et sur de très longues durées est souvent une solution mise en place pour allonger autant que possible les plages de sommeil du bébé souffrant d’un RGO. Beaucoup de parents se retrouvent ainsi à dormir assis la nuit avec bébé en écharpe. Cela pose aussi des problème plus profonds dans la famille. Les parents ont un sentiment de solitude et d’absence de soutien possible. Souvent, ils n’apprécient plus les temps avec bébé, car ils sont traumatisés de l’entendre pleurer encore et encore. Ils se sentent incompétents à le soulager face à ce néant médical. L’enfant qui souffre d’œsophagite va avoir tendance à hurler non-stop toute la journée. Il aura peu de moments de répit et de repos calme. Le sommeil du nouveau-né va être très perturbé. Il va s’arquer et se tendre en arrière, ne pas se mettre en position fœtale ou se détendre. Or, le lait maternel est digéré en seulement 20 minutes, donc il est bien plus adapté à un bébé souffrant d’un RGO que le lait artificiel qui est plus long et lourd à digérer. De plus, il est moins adapté à la croissance d’un tout-petit. Prenez toujours le temps de maintenir à la verticale votre bébé pendant sa digestion, donc pendant 20-30 minutes après la tétée ou le biberon. Je vous encourage à le prendre contre vous, dans vos bras et à le maintenir bien droit. De la même manière, je vous encourage à espacer les tétées de 20 min avant le coucher du soir ou d’une sieste de votre enfant. Il pourra alors beaucoup plus tranquillement s’endormir et rester endormi, car il aura déjà effectué sa digestion et sera moins gêné par la position allongée. Les bébés souffrant de RGO ont souvent une problématique croisée avec une intolérance aux produits laitiers et au soja. Il est alors réellement très efficace d’arrêter de manière très stricte et sans aucun écart, pour la maman allaitante, la consommation de tout produit laitier (y compris chèvre, brebis, etc), et de soja. Il faut également faire très attention à la composition des produits transformés (y compris les pâtes feuilletées) ! Ne perdez pas patience, l’arrêt des produits laitier ne donne un véritable résultat qu’au bout de 4 semaines d’abstinence complète et stricte ! Pour conclure sur le sujet de l’allaitement et du bébé RGO : je vous encourage vivement à conserver l’allaitement avec un bébé RGO et à réaliser cet allaitement à la demande et aussi souvent que nécessaire pour votre bébé. Ainsi, un bébé RGO présente généralement des troubles du sommeil importants qui l’empêchent d’enchaîner sereinement ses cycles de sommeil, qui le font se réveiller très souvent, et cela devient un véritable cercle vicieux : RGO = douleurs = sommeil compliqué = RGO accentué. Lorsque le sommeil du nouveau-né souffrant de RGO est rétabli, nous observons instantanément une grande amélioration de l’état de santé du bébé. Lorsque votre enfant sera assuré de ne plus être dans une douleur intense liée à une brûlure, sachez que les bébé RGO peuvent aussi dormir !!! Et aussi bien que tous les autres bébés. En tant que maman d’une petite fille RGO, et spécialiste du sommeil des bébés et des enfants, j’ai développé un accompagnement spécialisé d’un mois pour les bébé RGO, afin d’accompagner les parents de bébé RGO vers la sérénité, le repos et de leur fournir de véritables solutions. Cet accompagnement me tient tout particulièrement à cœur car je connais au plus profond de moi la difficulté de ce type de situation et je sais aujourd’hui que de véritables solutions existent.
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Allergie aux protéines de lait de vache (APLV)
L’allergie aux protéines de lait de vache peut être difficile à diagnostiquer du fait de symptômes peu spécifiques : la nuit, l’enfant est agité et douloureux, et la journée il se montre irritable et inconfortable. Cette intolérance est souvent héréditaire et associée à un eczéma.
Autres causes médicales
De manière ponctuelle, il y a plusieurs pourvoyeurs habituels de réveils nocturnes chez le petit enfant : les coliques, les poussées dentaires, et les otites. L’otite est une inflammation de l’oreille qui nécessite d'être prise en charge par le médecin. La position allongée augmentant la pression dans l’oreille moyenne, les douleurs de l’otite sont exacerbées la nuit. Il n’est donc pas rare d’avoir un bébé qui pleure une grande partie de la nuit et qui s’apaise au matin. Enfin, il peut s’agir de simples petites erreurs alimentaires : si les apports en liquide sont trop faibles, l’enfant peut être constipé et avoir mal au ventre. A l’inverse, une quantité excessive de liquide peut favoriser un reflux ; cela peut aussi augmenter les réveils nocturnes par l’envie de faire pipi.
Facteurs non médicaux
Outre les causes médicales, plusieurs facteurs non médicaux peuvent également contribuer aux tortillements nocturnes.
Rythme de sommeil et horloge biologique
Juste après la naissance, « l’horloge biologique », qui règle les horaires d’éveil et de sommeil de bébé, n’est pas encore ajustée. Au fil des semaines, l’horloge biologique se règle progressivement. Le rythme entre les moments de sommeil et ceux d’éveil devient plus régulier. Pour accompagner cette évolution, mieux vaut ne pas forcer. Il est inutile d’essayer d’imposer des horaires. Au contraire, on évite de réveiller notre bébé quand il dort et on va le coucher sans trop attendre quand il montre des signes de sommeil.
Sommeil agité
Il est normal que bébé bouge en dormant, et il n’est généralement pas nécessaire d’intervenir. Par moments, il peut bouger beaucoup, faire des mimiques, pleurnicher, grogner. C’est ce qu’on appelle le « sommeil agité » et c’est une phase tout à fait normale du sommeil. Mais si on sent bébé trop agité, qu’il gémit ou qu’il est inconfortable, on peut intervenir pour le rassurer, l’apaiser par notre présence et l’aider à se rendormir. On peut lui proposer à boire s’il montre des signes de faim. Mais il ne se réveille pas forcément parce qu’il a faim. Il peut aussi avoir besoin d’être câliné et rassuré. Pour l’aider à se rendormir, mieux vaut rester dans une ambiance calme, sans bruits et sans lumière forte.
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Facteurs environnementaux
En diminuant l’intensité de la lumière le soir et ouvrant grand les volets le matin, on marque la différence entre l’environnement de la journée et celui de la nuit. Cela fait des points de repères pour les rythmes de bébé qui se construisent. Quand bébé grandit, les routines l'aident à s’endormir. En répétant tous les soirs les mêmes gestes au moment du coucher, bébé comprend que c’est le moment de dormir et il se prépare au sommeil.
Troubles du sommeil chez les jeunes enfants
Deux cas de figure sont fréquents chez les enfants entre 1 et 3 ans : les enfants qui n’ont pas envie de s’endormir et ceux qui réveillent leurs parents plusieurs fois par nuit. Les terreurs nocturnes et les cauchemars sont aussi fréquents. Chez les enfants de 3-4 ans, 22 à 29% ont des problèmes de sommeil, 15% ont des difficultés d’endormissement et 23% se réveillent régulièrement. Ces comportements reflètent parfois un trouble de la séparation, parfois une opposition pure, souvent une insuffisance de limites. Ils aboutissent presque toujours à un retard du coucher. La thérapie comportementale est l’une des techniques possibles pour faciliter cet apprentissage. Elle n’est pas conseillée avant 6 mois car, les premiers mois de vie, le contact physique est indispensable au bébé pour acquérir ce sentiment de sécurité qui lui permettra plus tard d’être autonome dans son sommeil. Elle ne fonctionnera que si les parents sont convaincus de son bien-fondé. Si les parents sont sereins, le bébé le sera aussi ! Se sentant en sécurité, il pourra apprendre à trouver seul son sommeil.
Solutions et recommandations
Face à un nourrisson qui se tortille en dormant, plusieurs approches peuvent être envisagées.
Consultation médicale
Il est important de discuter du sommeil de votre bébé à chaque visite avec son médecin ou à la PMI afin que l’on puisse vous conseiller, mais aussi vous rassurer sur son évolution. Si vous avez le moindre doute concernant la respiration de votre enfant dans le sommeil, le plus simple est d’en parler au médecin qui suit votre enfant.
Amélioration de l'environnement de sommeil
Pendant ses six premiers mois au moins, il est préférable d’installer le lit de bébé dans la même chambre que nous. C'est mieux pour sa sécurité. En plus, pendant la nuit, c'est aussi plus simple pour nous, pour réagir la nuit quand il s'agite, commence à pleurer, ou montre des signaux de faim. Passé l’âge de six mois, bébé peut dormir dans une autre pièce que nous, si notre logement s’y prête. Dès la naissance, on installe bébé dans son propre lit. Un lit à barreau peut accompagner bébé longtemps. Même si au début il parait bien petit dans ce grand lit, cela évite d’acheter du matériel trop souvent ! Dans tous les cas, le lit doit comporter le marquage CE ou NF avec la mention « conforme aux exigences de sécurité ». Et s’il est neuf, on le déballe le plus tôt possible avant l’arrivée de bébé afin de le laisser bien s'aérer. Avant six mois, tous les objets mous qui risquent de couvrir la tête ou le visage de bébé peuvent être dangereux. Alors, on choisit un matelas ferme, adapté aux dimensions du lit et on fixe bien le drap housse dessus. Pour la turbulette (ou « gigoteuse ») l’important c’est qu’elle soit à la bonne taille. On couche bébé toujours sur le dos, à plat, sans oreiller, coussin, couverture, tour de lit, ni doudou à proximité.
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Thérapie comportementale
- Phase de préparation : dans la journée, instaurer une promenade deux fois par jour, pour exposer le bébé à la lumière du jour. Y associer des horaires de siestes et de repas réguliers, en évitant toute fin de sieste après 16 h. - Phase de thérapie : bien expliquer à l’enfant ce que l’on va faire, et pourquoi : « Tu vas apprendre à dormir tout seul en sécurité dans ton lit. Papa et maman seront toujours là si tu as besoin d’eux, mais nous pensons que le meilleur endroit pour ton sommeil est ton lit, dans ta chambre… ». Coucher l’enfant à son heure de coucher habituelle et se montrer ensuite le moins interventionniste possible. En pratique : retourner voir l’enfant en espaçant progressivement l’intervalle de temps entre deux visites. C’est aux parents de choisir, en fonction de leurs convictions, le temps adapté pour que l’enfant apprenne à mobiliser ses propres ressources. Vous pouvez par exemple faire 2 minutes, puis 4 minutes, puis 6 minutes…. il faut, dans un premier temps, reculer un peu l’heure du coucher, en couchant l’enfant à l’heure où il est le plus fréquemment endormi. Ensuite, la thérapie suit les mêmes étapes que celles utilisées pour les enfants ayant des troubles de l’endormissement. Les parents attendent que leur enfant s’endorme sans difficulté. Pour quelques familles, le fait de dormir avec leur enfant est une solution. Cette pratique est présente chez 16% des enfants, mais devient plus rare après l’âge de 6 ans. Appelée co-sleeping par les anglo-saxons, cette pratique est fréquente dans certaines cultures. Pour les parents qui souhaitent favoriser l’autonomie au sommeil. une thérapie comportementale telle que décrite ci-dessus est une bonne alternative. Contrairement à l’endormissement, il est plutôt recommandé de ne faire qu’une seule visite à l’enfant, et ensuite de ne plus y retourner.
Alimentation et digestion
Enfin, il peut s’agir de simples petites erreurs alimentaires : si les apports en liquide sont trop faibles, l’enfant peut être constipé et avoir mal au ventre. A l’inverse, une quantité excessive de liquide peut favoriser un reflux ; cela peut aussi augmenter les réveils nocturnes par l’envie de faire pipi. Prenez toujours le temps de maintenir à la verticale votre bébé pendant sa digestion, donc pendant 20-30 minutes après la tétée ou le biberon. Je vous encourage à le prendre contre vous, dans vos bras et à le maintenir bien droit. De la même manière, je vous encourage à espacer les tétées de 20 min avant le coucher du soir ou d’une sieste de votre enfant. Il pourra alors beaucoup plus tranquillement s’endormir et rester endormi, car il aura déjà effectué sa digestion et sera moins gêné par la position allongée.
Ronflements et apnées du sommeil
Entre 6 mois et 6 ans, 10% des enfants ronflent. L’apnée du sommeil touche entre 2 et 4% de enfants ; celle-ci est plus fréquente chez les 3- 6 ans. Chez le nouveau-né, une respiration irrégulière et un peu bruyante entrecoupée de courtes pauses respiratoires est normale. En revanche, si votre bébé peine pour respirer ou a un rythme rapide qui vous semble anormal, il faut consulter votre médecin. Lors de la respiration, l’air, avant d’arriver aux poumons, passe par le nez, le pharynx, le larynx et la trachée ; un obstacle au niveau de l’une ou l’autre de ces voies aériennes supérieures va entraîner une vibration de la colonne d’air et produire un bruit. C’est le ronflement. Chez les bébés nés prématurément ou dans certaines maladies exceptionnelles qui touchent les centres respiratoires du cerveau, l’on peut observer des apnées dites « centrales ». Le bébé s’arrête de respirer car les zones de son cerveau commandant la respiration ne sont pas complètement terminées ou ne fonctionnent pas correctement, et le conduisent à oublier de respirer parfois. Chez quelques bébés, « grands prématurés », ces apnées peuvent être longues et entraîner une diminution de l’oxygène sanguin (le bébé devient bleu). Les enfants souffrant d’un syndrome d’apnées obstructives n’oublient pas de respirer. Ils font, au contraire, d’intenses efforts pour faire passer l’air dans des voies aériennes supérieures partiellement obstruées. Celui-ci circule avec difficulté et parfois pas du tout. Chez la plupart des enfants, le ronflement est sans conséquence. Un enfant atteint d’un ronflement dit « simple », ronfle mais son sommeil est calme. Il est dans la journée bien éveillé, calme, et ne présente aucun trouble du comportement. En cas de syndrome d’apnées, le sommeil de l’enfant est agité. Son ronflement est irrégulier interrompu par des arrêts de la respiration. Il transpire beaucoup pendant son sommeil. Dans la journée, cet enfant est somnolent ou, à l’inverse, hyperactif. Il est irritable. Il a des difficultés à se concentrer. Les enfants porteurs d’un syndrome d’apnées du sommeil respirent fréquemment la bouche ouverte. Ils ont souvent une voix nasillarde ou enrouée du fait de l’obstruction provoquée par l’hypertrophie des végétations ou des amygdales.
Syndrome de la mort subite du nourrisson (SMSN)
Le syndrome de la mort subite du nourrisson touche de 0,03 à 0,09% de bébés de la naissance à 1 an. Il se produit généralement durant le sommeil du bébé : un tout-petit apparemment en bonne santé s’endort et cesse de respirer, sans cause médicale apparente. Même si l’on ne connait pas les causes de ce syndrome, certains facteurs de risque sont bien connus.
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