Le sommeil est un moment important, surtout pour les jeunes parents, et peut être source de préoccupations. Comprendre les habitudes respiratoires de votre bébé est essentiel pour assurer son bien-être. Cet article explore les causes de la respiration buccale chez les nourrissons, ses conséquences et les mesures à prendre pour y remédier.
Respiration Normale vs. Respiration Buccale chez le Nourrisson
Durant les premiers mois de vie, les nouveau-nés respirent exclusivement par le nez. Cette respiration nasale est physiologique et permet au bébé de téter et de respirer simultanément, évitant ainsi le mélange de l'air et du lait et réduisant le risque d'aspiration. Pour reconnaître la manière dont votre enfant respire, il suffit de l’observer pendant son sommeil : il est calme, ne ronfle pas, ses lèvres sont fermées.
Si, durant le sommeil, bébé dort la bouche ouverte et qu'il est interrompu par un léger ronflement, la respiration n'est pas physiologiquement correcte. Dans ces cas, il se peut que la langue soit basse et vers l'arrière de la bouche ; une position qui réduit le flux d’air, provoque une respiration bruyante et, à long terme, peut nuire au bien-être général de l’enfant et à son développement.
Cependant, les nourrissons apprennent progressivement à utiliser leur bouche pour respirer lorsqu'ils en ont besoin. Il est donc crucial de maintenir une bonne hygiène nasale pour votre bébé, surtout avant qu'il ne commence à respirer par la bouche.
Comment Savoir si Mon Bébé Respire par la Bouche ? 8 Signes à Surveiller
Savoir si votre bébé respire par la bouche peut être important pour identifier d'éventuels problèmes respiratoires ou de confort. Voici quelques signes à observer :
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- Bouche ouverte pendant le sommeil : C'est le signe le plus évident.
- Ronflements ou respiration bruyante : Les bébés qui respirent par la bouche ont tendance à ronfler ou à émettre des bruits respiratoires audibles.
- Sécheresse buccale : La respiration buccale peut entraîner une sécheresse de la bouche et des lèvres.
- Absence de bruits nasaux : Les bébés qui respirent par le nez émettent souvent des petits bruits doux ou des sifflements.
- Sommeil agité : La respiration buccale peut perturber le sommeil de bébé, entraînant des réveils fréquents.
- Irritabilité : Un sommeil de mauvaise qualité peut rendre votre bébé irritable.
- Apnées du sommeil : Des pauses respiratoires pendant le sommeil peuvent être un signe de respiration buccale problématique.
- Congestion nasale fréquente : Un nez bouché peut forcer votre bébé à respirer par la bouche.
Les Causes de la Respiration Buccale chez le Nourrisson
Plusieurs facteurs peuvent amener un bébé à respirer par la bouche :
- Congestion nasale : C'est l'une des causes les plus fréquentes. Un rhume, une infection des voies respiratoires supérieures ou des allergies peuvent obstruer le nez de bébé, le forçant à respirer par la bouche. Utilisez un aspirateur nasal ou une poire pour bébé pour dégager ses narines et faire sortir les glaires de votre bébé. Vous pouvez également appliquer quelques gouttes de sérum physiologique dans chaque narine pour fluidifier les sécrétions et faciliter le nettoyage.
- Infections des voies respiratoires : Si votre bébé semble avoir un rhume, des difficultés à respirer ou de la fièvre, cela peut indiquer une infection des voies respiratoires supérieures. Parmi les signes à surveiller, on retrouve un écoulement nasal jaune ou vert, une toux ou une gêne apparente lors de la respiration. Si vous soupçonnez une infection ou si la congestion nasale persiste malgré les soins à domicile, consultez votre pédiatre pour évaluer si un traitement médical est nécessaire.
- Reflux gastro-œsophagien : Le reflux peut parfois causer une irritation des voies respiratoires et forcer votre bébé à respirer par la bouche. Si votre bébé recrache fréquemment, semble irrité après les repas ou à des difficultés à respirer confortablement, discutez de ces symptômes avec votre pédiatre pour déterminer si le reflux pourrait être en cause.
- Allergies : Les allergies peuvent entraîner une congestion nasale persistante, obligeant le bébé à respirer par la bouche. Si vous suspectez une allergie (comme une réaction à la poussière, aux acariens ou à des animaux domestiques), essayez de limiter l'exposition à ces allergènes et consultez un médecin pour des conseils sur la gestion des allergies chez les bébés.
- Anomalies anatomiques : Dans certains cas, des amygdales ou des adénoïdes hypertrophiés peuvent obstruer le passage de l'air dans le nez, entraînant une respiration buccale chronique.
- Frein de langue restrictif : Il est maintenant clairement démontré qu’un frein lingual court non-traité à la naissance est associé à plusieurs pathologies. On retiendra notamment des troubles du sommeil et des apnées obstructives chez les enfants et les adultes.
L'Importance de la Respiration Nasale chez le Nourrisson
Les bébés naissent avec une préférence pour la respiration nasale, car leur anatomie et leur développement sont adaptés pour cela. Le nez d’un bébé est conçu pour filtrer, humidifier et réchauffer l'air avant qu'il n'atteigne les poumons. Cette respiration nasale permet également au bébé de téter et de respirer simultanément, ce qui est essentiel pour une alimentation efficace.
De plus, les nourrissons ont un réflexe qui leur fait garder la bouche fermée pour éviter l'aspiration de substances étrangères (comme le lait) dans les voies respiratoires. Le nez joue un rôle crucial dans la filtration des particules de l'air, comme la poussière, les allergènes et les agents pathogènes. Respirer par le nez aide à prévenir les infections respiratoires en emprisonnant ces particules dans le mucus nasal. En revanche, la respiration buccale ne filtre pas l'air de la même manière, ce qui augmente le risque d'infections des voies respiratoires. Le passage de l'air par le nez permet de l'humidifier et de le réchauffer avant qu'il n'atteigne les poumons.
Conséquences de la Respiration Buccale Prolongée
La respiration buccale prolongée peut avoir plusieurs conséquences négatives sur la santé et le développement de l'enfant :
- Sommeil de mauvaise qualité : Les bébés qui respirent par la bouche peuvent avoir un sommeil de moins bonne qualité, avec des réveils fréquents et un sommeil agité. La respiration buccale est souvent moins efficace, ce qui peut entraîner une mauvaise oxygénation pendant le sommeil et un risque accru d'apnée du sommeil.
- Problèmes de développement : La respiration buccale prolongée peut entraîner des problèmes de développement au niveau de la bouche, des mâchoires et du visage.
- Apnée du sommeil : Un enfant sur deux respire par la bouche aujourd’hui. Cette situation apparemment normale est préoccupante. En effet, cela peut être un signe d’apnée du sommeil. Ce trouble touche de plus en plus d’enfants.
- Risques Cardiovasculaires : Tout comme les apnées du sommeil, elle joue un rôle dans le développement plus tard d’hypertension artérielle et de la fibrillation auriculaire.
- Diminution de l'oxyde nitrique (NO) : Lors de la respiration nasale, l’inhalation du NO provoque un déplacement global significatif du flux sanguin de la base du poumon vers l’apex. Le NO nasal est présent dès la naissance. Pendant la respiration nasale normale, le NO offre une meilleure oxygénation artérielle par rapport à la respiration buccale chez des personnes saines. Il est aussi démontré que le NO dérivé des voies respiratoires supérieures est capable d’améliorer la consommation d’oxygène.
Que Faire Si Votre Bébé Respire par la Bouche ?
Si votre nouveau-né respire par la bouche ou présente des symptômes nocturnes comme des ronflements fréquents ou un sommeil agité, nous vous recommandons d’en parler à votre pédiatre lors d’une de vos consultations. Voici quelques mesures à prendre pour aider votre bébé à respirer par le nez :
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- Dégager les voies nasales : Utilisez un sérum physiologique et un mouche-bébé pour nettoyer régulièrement le nez de votre bébé, surtout avant les repas et le coucher.
- Humidifier l'air : Utilisez un humidificateur dans la chambre de votre bébé pour maintenir un niveau d'humidité optimal et faciliter la respiration.
- Position de sommeil : Si votre bébé dort souvent avec la bouche ouverte, essayez de le placer sur le dos avec une légère inclinaison de la tête pour faciliter la respiration nasale. Assurez-vous également que son lit est sécurisé et qu'il n'y a aucun obstacle à sa respiration.
- Consulter un médecin : Si le problème persiste malgré ces mesures, consultez votre pédiatre pour écarter d'autres causes possibles et obtenir un traitement approprié.
Le Rôle de l'Oxyde Nitrique (NO)
Le monoxyde d’azote (NO) est un vasodilatateur gazeux qui joue un rôle important dans la respiration nasale. Libéré dans les voies respiratoires supérieures pendant l’inspiration par le nez, il suit le flux d’air vers les voies respiratoires inférieures et les poumons. Lors de la respiration nasale, l’inhalation du NO provoque un déplacement global significatif du flux sanguin de la base du poumon vers l’apex, offrant une meilleure oxygénation artérielle par rapport à la respiration buccale.
Le NO nasal est présent dès la naissance et pourrait agir sur la croissance de divers agents pathogènes comme les bactéries, les champignons et virus des voies respiratoires supérieures. Des études ont aussi confirmé que le NO pouvait réduire les infections des voies respiratoires en inactivant les virus et en inhibant leur réplication dans les cellules épithéliales.
Prévention de l'Étouffement chez le Nourrisson
Un nourrisson, un bébé ou un jeune enfant peut facilement s’étouffer. Or, pour éviter l’asphyxie et ses conséquences graves (potentiellement mortelles), il faut savoir réagir vite. Il faut donc apprendre à reconnaître les signes de l’étouffement chez le bébé. Chez le nourrisson et le bébé, l’étouffement peut être dû à différentes causes : il peut avaler de travers lorsqu’il boit son biberon, ou être gêné par des régurgitations ou des glaires lorsqu’il est enrhumé.
Dans la plupart des cas, l’étouffement survient lorsque les voies aériennes du jeune enfant sont obstruées par un corps étranger. Au bout de quelques mois, le bébé commence à attraper des objets, et les porte instinctivement à sa bouche. Une pièce de monnaie ou une petite pile ronde, une bille ou un cube de jeu de construction, un ballon de baudruche dégonflé… Tous les objets qui sont à sa portée l’intéressent ! Et il a besoin de les mettre à sa bouche pour mieux les appréhender. Or, ces petits objets peuvent facilement passer dans ses voies respiratoires et provoquer l’étouffement du bébé. Le jeune enfant peut aussi s’étouffer avec de la nourriture : un petit bonbon rond et dur, de la semoule, des grains de raisin, une cacahuète ou une pistache… Lorsque ces petits aliments sont « avalés de travers », ils bloquent la respiration. L’enfant s’étouffe et ne peut plus respirer.
Les signes de l’étouffement sont faciles à reconnaître chez l’adulte et l’enfant (la personne tousse violemment, elle se tient la gorge en essayant de respirer, et elle s’agite). Mais chez le nourrisson et l’enfant de moins de deux ans, les symptômes de l’étouffement sont souvent moins visibles. L’étouffement peut être partiel : le passage de l’air est gêné, mais il peut continuer à circuler dans les voies aériennes pour rejoindre les poumons. L’enfant a du mal à respirer (respiration sifflante ou bruyante) et il tousse. En cas d’étouffement total (obstruction grave, ou asphyxie), l’enfant ne tousse plus et ne respire plus. Il a la bouche ouverte et une attitude de détresse, et ne peut plus émettre aucun cri ou son. Il devient pâle. Ses lèvres, et les extrémités de ses mains et de ses pieds deviennent bleues (cyanose). Il peut s’agiter ou, au contraire, ne plus bouger.
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En cas d’étouffement total, les voies respiratoires sont complément obstruées : les poumons du bébé ne reçoivent plus d’oxygène. Plus le temps passe, plus les conséquences peuvent être graves (avec des dommages au cerveau d’abord, puis le décès de l’enfant). Il faut donc immédiatement appeler les secours, et effectuer les gestes de premiers secours. Mais attention ! Ces procédures ne doivent être effectuées que si l’enfant ne peut plus du tout respirer, à cause d’une obstruction totale de ses voies respiratoires.
Vous devez contacter les secours dès les premiers signes d’étouffement et d’asphyxie chez le bébé ou le jeune enfant. Demandez à une autre personne de le faire, pendant que vous commencez les gestes de secours (si vous êtes seul, criez pour demander de l’aide). Pour joindre les services médicaux d’urgence, vous pouvez composer le 15 (Samu) ou le 112 (numéro d’urgence européen), depuis un téléphone fixe ou mobile. Vous pouvez également appeler les pompiers, au 18. Pour faciliter l’intervention des services de secours, pensez à parler calmement et distinctement. Les informations que vous leur fournissez doivent être claires. Indiquez-leur d’abord votre nom et votre numéro de téléphone, le nom de l’enfant et l’adresse où il se trouve (avec le code d’accès, le bâtiment, l’étage et la porte de l’appartement s’il s’agit d’une résidence ou d’un immeuble).
En attendant les secours, vous devez réaliser la manœuvre de Mofenson sur le bébé qui s’étouffe. L’enfant est ensuite pris en charge par les secours, et hospitalisé. En cas d’étouffement, on ne peut pas utiliser les mêmes techniques chez les adultes et les jeunes enfants. En effet, les nourrissons et les bébés ne peuvent pas se tenir debout sur leurs jambes (une position nécessaire pour réaliser la technique des claques et la manœuvre de Heimlich). Leur organisme est aussi plus fragile : pour ne pas les blesser, les gestes de premiers secours doivent donc être adaptés.
Pour la technique des 5 claques, vous devez d’abord vous asseoir. Placez l’une de vos mains sur le ventre et le thorax de l’enfant, et soutenez sa mâchoire avec vos doigts (l’enfant est couché à califourchon sur votre avant-bras). Installez l’enfant sur l’une de vos cuisses, à plat ventre et la tête dirigée vers le bas, au-delà du genou. Pour favoriser la désobstruction des voies aériennes, il faut jouer avec la gravité ! Avec le talon de votre autre main, tapez vigoureusement entre ses deux omoplates. Si l’objet ou le morceau de nourriture n’est pas délogé (souvent par un réflexe de toux), répétez ce geste 5 fois d’affilée.
Si les claques dans le dos ne permettent pas de déloger le corps étranger qui bloque la respiration du bébé, vous devez passer à la technique des compressions thoraciques. Commencez par retourner le bébé sur le dos : placez-le sur votre avant-bras, qui reste appuyé sur votre cuisse. Soutenue dans l’une de vos mains, sa tête doit être inclinée vers le bas (elle doit être plus basse que son corps, pour faire jouer la gravité). Vous devez ensuite réaliser des compressions énergiques au niveau de son sternum, avec deux doigts. Là encore, répétez ce geste 5 fois, en vérifiant son efficacité à chaque fois. Si le corps étranger est délogé, vous pouvez cesser les compressions thoraciques.
Certaines mesures simples permettent d’éviter les situations d’étouffement chez le bébé et le jeune enfant.
Bronchiolite du Nourrisson
La bronchiolite du nourrisson est une infection virale très contagieuse qui atteint les bronchioles (petites bronches). Cette maladie qui dure en moyenne une dizaine de jours concerne les enfants de moins de 2 ans. Si elle est le plus souvent bénigne, elle peut présenter une forme plus grave pour les bébés de moins de 2 mois et les nourrissons prématurés, nécessitant une hospitalisation.
Les symptômes sont à surveiller les deux premiers jours. La bronchiolite commence comme un simple rhume ou une rhinopharyngite avec un peu de fièvre. Après la toux, apparaît une gêne respiratoire que l’on qualifie de rapide et sifflante. Le nourrisson est gêné pour s’alimenter mais aussi pour dormir. Son état général est altéré : il peut être fatigué, moins souriant, moins tonique.
Dès que votre enfant présente les premiers symptômes de la bronchiolite, vous devez contacter votre médecin traitant ou votre pédiatre. Le médecin établit un diagnostic après un examen clinique du nourrisson. Il détermine s’il s’agit d’une forme légère, modérée ou grave de la maladie. L’autre information importante à connaître est qu’il ne faut pas donner de médicaments pour aider à respirer ou à calmer la toux. Il n’existe pas de traitement spécifique pour la bronchiolite mais il est important d’aider votre enfant à mieux respirer en nettoyant régulièrement son nez au sérum physiologique. Pour éviter d’être à nouveau contaminé par le virus, il est préférable de limiter les sorties dans des lieux de transmission comme la crèche ou dans les endroits clos.
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