La langue maternelle est un concept complexe, à la fois intime et social, qui joue un rôle fondamental dans le développement cognitif, identitaire et culturel de l'individu. Cet article explore la définition de la langue maternelle, son importance, et comment elle est perçue dans différents contextes, notamment dans le monde professionnel et éducatif.
Définition et enjeux de la langue maternelle
La langue maternelle est souvent définie comme la première langue apprise par un individu, celle de son enfance, parlée au sein de sa famille. C'est la langue du cœur, celle qui structure les premiers souvenirs et qui est liée à l'identité profonde. Le Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues (CECRL) offre une base commune pour l'élaboration de programmes de langues vivantes en Europe, décrivant ce que les apprenants doivent maîtriser pour communiquer efficacement, tout en tenant compte du contexte culturel.
Le concept de langue maternelle est essentiel car il structure les autres concepts linguistiques. Non choisie, elle s’impose dès la naissance, souvent via la langue parlée par la mère.
Dès le plus jeune âge, les enfants sont immergés dans un contexte d'apprentissage linguistique. Même avant de prononcer leurs premiers mots, ils sont exposés à la langue de leur environnement. La langue maternelle est ainsi liée aux premiers souvenirs d'enfance, décrivant le monde et les expériences personnelles.
Dans certains cas, les enfants ont la possibilité d'apprendre deux langues maternelles simultanément, ce qui conduit à un bilinguisme précoce. Quelle que soit la personne parlant cette langue, elle peut être considérée comme une langue « maternelle ». On parlera d’acquisition simultanée de deux langues, appelée bilinguisme précoce.
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L'importance de la langue maternelle
La langue maternelle est un pilier de l'identité culturelle et personnelle. Elle est essentielle pour le développement cognitif de l'enfant, facilitant l'apprentissage d'autres langues et matières. La langue maternelle est un pilier à entretenir chez l’enfant pour faciliter les apprentissages dans une autre langue. C’est le principe de Donovan et Brandford qui consiste en la réactivation des expériences préalables pour construire sur des bases solides.
La langue maternelle est indispensable pour se forger un bilinguisme équilibré et joue un rôle important dans la construction psychique et identitaire de l’enfant. Perdre sa langue maternelle c’est perdre son identité profonde.
La langue maternelle fait partie de notre patrimoine culturel car c’est la langue familière dans laquelle on a évolué depuis tout petit. Nos premières découvertes, nos premiers mots ont été appris dans cette langue transmise par nos parents.
Des études ont montré que le bilinguisme précoce apporte de nombreux avantages aux enfants. Cependant, il existe encore des fausses croyances et des préjugés concernant les langues maternelles non européennes, considérées à tort comme une cause de troubles de langage et de retards dans les apprentissages. Ces préjugés peuvent conduire les enfants à renoncer à parler leur langue maternelle, ce qui a des conséquences graves sur leur bien-être et leur identité.
Langues étrangères et langues secondes
Une langue étrangère est définie comme une langue non première, dont l'acquisition nécessite des efforts volontaires. Certaines langues étrangères, en raison de leur rôle social ou juridique, sont désignées comme langues secondes. Le concept de langue seconde est crucial pour l’éducation des enfants migrants, où elle devient un outil essentiel d’intégration et de participation à la vie commune.
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Langue maternelle et éducation
L'enseignement des langues est un aspect crucial de l'éducation. Les langues peuvent être perçues comme des systèmes abstraits de signes, ce qui constitue le domaine d’étude des linguistes.
La langue maternelle est très fragile et peut se perdre très facilement jusqu’à l’âge de 12 ans, surtout lorsque l’école creuse un fossé énorme entre identité de l’enfant et l’école. L’enfant est aliéné et doit mettre de côté son identité pour s’intégrer. « Quand l’école rejette la langue de l’enfant, elle rejette l’enfant »Jim Cummins
Malheureusement, la langue maternelle est encore souvent perçue comme un moteur d’échec scolaire, plus particulièrement lorsqu’il s’agit de langues non européennes qui sont sujets à des préjugés et dévalorisations. On a notamment observé un phénomène d’acharnement dans les médias en été 2018 concernant l’enseignement de la langue arabe à l’école pour provoquer le choc des cultures.
L’idée de « résoudre le problème » des différences linguistiques et culturelles est une idée dominante dans les pays européens. Cette conception peut provoquer des conséquences graves entre les élèves comme les incidents raciales.
Une autre conséquence grave de la volonté de vouloir décourager les enfants à parler leur langue maternelle est la rupture dans les relations parents-enfants.
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La hiérarchisation et la stigmatisation des langues peuvent susciter un sentiment de honte aux parents qui peuvent éviter de parler leur langue maternelle avec leurs enfants. Les enfants ressentent bien évidemment cette gène et répondent souvent à leurs parents en Français.
L'école peut parfois présenter une contradiction : d'un côté, elle promeut l'apprentissage des langues vivantes, mais de l'autre, elle écarte les langues maternelles, surtout celles qui ne sont pas jugées prestigieuses.
La langue maternelle dans le monde professionnel
Dans le monde professionnel, la maîtrise des langues étrangères est devenue un atout essentiel. La maîtrise de l'anglais est devenue incontournable dans nombre d'offres d'emploi actuelles. Valoriser ses compétences linguistiques nécessite de partager un référentiel commun avec le recruteur.
Indiquer son niveau de langue sur un CV est indispensable, surtout si le poste visé implique des échanges à l'international. Que vous utilisiez les formules classiques ("bilingue", "courant", "notions") ou la grille CECRL (A1 à C2), l’essentiel est de rester honnête et cohérent avec votre pratique réelle.
Il est important de bien distinguer sur votre CV la maîtrise évidente de votre langue maternelle, d’un éventuel bilinguisme et d’un niveau de langue courant.
Il existe plusieurs manières d'indiquer son niveau de langue sur un CV, mais il est recommandé d'utiliser des références claires et reconnues, telles que le CECRL, pour apporter précision et crédibilité à sa candidature.
Le Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues (CECRL) est une norme européenne de plus en plus utilisée dans les CV français. De nombreux employeurs et formations se réfèrent désormais à ce classement, c'est pourquoi il convient de l'utiliser, et ce, pour n'importe quelle langue étrangère. Le CECRL contient 3 grades :- Élémentaire A (début du collège)- Indépendant B (fin du collège jusqu'au baccalauréat)- Expérimenter C (études supérieures).Chaque grade européen (CERCL) se décompose en 2 sous-niveaux, indiquant le type de compétences associées.
Niveaux de compétence selon le CECRL
Le CECRL détermine 6 niveaux de maîtrise du français langue étrangère et 1 premier niveau initial:
- Niveau A1: La personne peut comprendre et utiliser des expressions familières et quotidiennes ainsi que des énoncés très simples qui visent à satisfaire des besoins concrets.
- Niveau A2: La personne peut comprendre des phrases isolées et des expressions fréquemment utilisées en relation avec des domaines immédiats de priorité (par exemple, informations personnelles et familiales simples, achats, environnement proche, travail).
- Niveau B1: La personne peut comprendre les points essentiels quand un langage clair et standard est utilisé et s'il s'agit de choses familières dans le travail, à l'école, dans les loisirs, etc.
- Niveau B2: La personne peut comprendre le contenu essentiel de sujets concrets ou abstraits dans un texte complexe, y compris une discussion technique dans sa spécialité.
- Niveau C1: La personne peut comprendre une grande gamme de textes longs et exigeants, ainsi que saisir des significations implicites.
- Niveau C2: La personne peut comprendre sans effort pratiquement tout ce qu'il/elle lit ou entend.
Comment indiquer son niveau de langue sur un CV
Il est essentiel d'être honnête et précis sur son niveau de langue. Les anciennes formulations du type "(anglais) scolaire" ou "lu, écrit, parlé" ne sont plus valables aujourd'hui, car trop imprécises sur le niveau du candidat.
Les candidats à l'embauche utilisent dorénavant les mentions suivantes pour indiquer leur niveau de langue étrangère sur leur CV : Langue maternelle, Bilingue, Courant, Intermédiaire, Débutant.
Si votre niveau est faible (débutant) : plutôt que d'indiquer que vous possédez des notions, ne faites pas apparaître cette rubrique. Cela évitera d'attirer l'attention sur un possible point faible, et laissera davantage de place à vos points forts.
Il est courant que les recruteurs testent le niveau à l'oral lors de l'entretien d'embauche.
Tests et certifications
Pour attester de son niveau de langue, il existe des tests officiels standardisés, tels que le TOEIC, le TOEFL et les diplômes de Cambridge. Ces tests évaluent les quatre compétences linguistiques : compréhension orale et écrite, expression orale et écrite.
Il est important de noter que la mention de certaines langues peut amener des questions de la part des recruteurs. Indiquer des compétences linguistiques perçues comme faibles comporte des inconvénients.
Préservation de la langue maternelle
La langue maternelle est très fragile et peut se perdre facilement, surtout chez les enfants. Il est donc essentiel de la préserver et de la valoriser.
Il existe plusieurs façons de perdre cette langue : Les parents ne parlent plus ou peu la langue maternelle par crainte que leurs enfants fassent la confusion avec la langue majoritaire et qu’ils ne s’intègrent pas à l’école (échec scolaire)Les craintes des enfants et des parents face à la perception que les gens ont d’une langue qui est stigmatiséeLa langue de l’école devient plus naturelle, l’enfant remarque qu’il est beaucoup moins à l’aise dans sa langue maternelle et n’ose plus la parler car il a honte de faire des erreurs en la parlant.
Plusieurs pistes peuvent être explorées pour préserver la langue maternelle de l'enfant :
- Apprendre à l’enfant la valeur de la langue maternelle. Expliquer que c’est un don précieux à préserver pour son épanouissement.
- Ne pas avoir honte de parler la langue maternelle en présence de personnes ne la comprenant pas : traduisez au besoin , expliquez…
- Lire beaucoup d’histoires dans la langue maternelle.
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