En l’espace de quelques années à peine, Nico Moreno s’est imposé comme une figure incontournable de la techno industrielle française. Son parcours, marqué par une passion précoce pour la musique et une détermination sans faille, l’a propulsé sur les scènes les plus prestigieuses d’Europe et du monde.

Des débuts prometteurs en Normandie

Le premier contact de Nico Moreno avec la musique s'est fait directement derrière les platines. C'est dans sa Normandie natale, entre amis, qu'il découvre l'art du mixage sur un petit contrôleur dès l'âge de 15 ans. Cette passion naissante le conduit à explorer l'univers de la techno et à fonder le collectif Techfrut avec Axel Picodot.

L'éclosion d'un talent

Ses connaissances techniques, son sens de la communication avec le public et ses productions techno industrielle pointues le propulsent rapidement sur le devant de la scène. Adoubé par les plus grands noms de la techno, tels que Charlotte de Witte et Paula Temple, ses morceaux se retrouvent dans leurs sets, témoignant de la qualité et de l'impact de sa musique. Habitué des dancefloors parisiens les plus moites, le DJ normand déchaîne les foules, tel un raz-de-marée sonore dont on ne sort pas indemne. Il délaisse bientôt son travail à Caen pour enfiler la casquette de DJ qu’il ne quitte désormais plus, et semble bien prêt à se frayer un chemin au sein de la scène électronique.

On l'a accueilli avec plaisir en février 2020 lors du premier format de rave de jour de Mixmag, MidiMinuit, où il a présenté en exclu son futur banger pour 999999999 … Au premier drop, la foule est en délire : l’atmosphère moite, les poitrines nues, les bras hissés vers le haut en criant , les barrières prêtent à céder sous la pression d’une foule en ébullition. Un tableau digne d'une peinture épique, où le mouvement des corps s'emballe dans la frénésie sonore.

L'année 2023 : une année charnière

L'année 2023 s'annonce particulièrement riche en projets pour Nico Moreno. En plus de ses nombreuses dates de concerts et festivals, il consacre une partie de son temps à la conception de son tout premier album. Ce projet ambitieux sortira sur son propre label, Insolent Rave, qu'il compte également développer.

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Insolent Rave Records : un label indépendant pour les artistes coup de cœur

J’ai créé mon propre label cette année en sortant Insolent Rave Records J’ai ouvert mon label pour faire signer des artistes coup de cœur, pas forcément des artistes qui font la techno que moi je joue, mais des artistes que j’aime écouter. Et j'ai sorti mon EP Purple Widow. Je vais d’ailleurs sortir en vinyle en fin d'année, parce que j’ai énormément de demande pour le format vinyle. Je suis très loin de l’univers du vinyle, je sais pas du tout caler un skeud.

Un style musical unique : entre techno industrielle et énergie brute

Nouvel héritier de la techno indus made in France, Nico Moreno enfonce les portes de la scène électronique française avec fracas, aux sons des kicks endiablés. Son style musical se caractérise par une esthétique sombre et une énergie brute, qui se traduit par des sets explosifs et des productions percutantes.

L'ésthétique de ta musique est sombre, est-ce que ça colle avec ta personnalité ?J’aime bien cette ambiance dark. Je jouais au Griessmuehle à Berlin, j’adore cette atmosphère, les gens se lâchent. Je n’ai pas encore mis les pieds au Berghain mais j’imagine que c’est la même chose. Un peu comme les Possession d’ailleurs : il n’y a pas de genre, d'âge, les gens se mettent à poil, on s’en fout. Les gens sont chill, ils viennent pour le son, c’est ce que je recherche. J’aime faire ressentir cette atmosphère dans mes tracks. Mais il faut savoir que je ne sais JAMAIS comment appeler mes tracks. Je peux faire un son en un mois, par contre pour choisir un titre ça va me prendre trois mois.

Les sources d'inspiration d'un artiste authentique

Dans quel cadre produis-tu pour avoir de l'inspiration ?J'ai besoin d’être au calme, de ne pas être stressé, Caen c’est relax. Je ne pourrais jamais habiter à Paris, je déteste , je me sens oppressé. Je suis un campagnard : j’écoute des musique des 80’s dans ma caisse. Je produis au feeling, parfois je suis au boulot et je dois sortir et là… tu vas pas me croire, mais je chante dans mon téléphone, a capella. Après je retourne sur mon ordi et je reproduis ça avec mon synthé. Parfois je suis même en train de parler à quelqu’un et j’ai déjà des idées comme ça qui arrivent. C'est la course tous les jours, et regarde, là, je suis dans ma voiture pour l'interview, je reprends le boulot dans 15 min. C’est un peu un rythme difficile ces dernières années… Je suis impatient d'arrêter de travailler et de m’investir à 100% dans la musique. Il y a un an, je pouvais faire un track toutes les 2 semaines, maintenant c’est un titre tous les mois et demi.

L'évolution d'un artiste en constante progression

Tes débuts comme DJ ?J’ai commencé à 16 ans. J’étais résident dans des clubs généralistes, on passait de la trap, du hip hop. J’aurais pu avoir une bonne place à l’époque dans ce domaine, on m'avait proposé d’être résident pour un gros club à Deauville et posé un ultimatum : “Soit tu fais ta techno avec tes potes, soit tu viens chez nous”. Quand tu bosses dans un club généraliste et que t’es jeune, c’est un peu comme dans tous les domaines, tu te fais exploiter. Mais ça m’a vraiment mis la main sur les platines, ça m’a forgé une oreille musicale.Puis j’ai commencé par faire une asso techno avec une bande de 7 amis dont Axel Picodot, Robin le DA de Fée Croquer. La techno n’est pas du tout exploitée à Deauville, c’est très bobo, très électro, très trap, et nous on a débarqué et on s’est imposé avec nos soirées techno dans des jardins de villages. On a fait complet à chaque soirée.Après, j’ai commencé à produire, Axel aussi et nos tracks ont commencé à fonctionner chacun de notre côté, donc on a lâché l’asso pour faire nos carrières. On a fait pas mal de b2b ensemble ensuite.

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Nico Moreno : un artiste humble et reconnaissant

En 4 ans tu as été propulsé sur la scène, en quoi ta vie a changé? Ma vie a complètement changé, je suis obligé arrêter de travailler alors que je voulais garder les pieds sur terre. Depuis que je suis dans ma nouvelle agence Vesuve Booking, j’ai reçu énormément de demandes. Grâce aux artistes tels qu’ Amelie Lens, Charlotte De Witte qui jouent mes tracks, partagent sur leurs réseaux, ça me fait une pub de dingue. Ça marche au bouche à oreille. Des projets en ligne de mire ? Pourquoi pas partir dans quelques années à l’étranger avec ma copine, en Belgique par exemple : j’ai eu un coup de cœur pour Anvers où je suis résident au club Vaag. Je veux aussi signer plein d'artistes sur mon label, et j'aimerais avoir ma propre marque de fringues.Si dans cinq ans je suis encore là, c’est que c’est ma destinée, mais sinon j'aurais profité et goûté à la vie de DJ, donné du plaisir à tout le monde. Je ne veux pas prendre la grosse tête alors que peut être des jeunes vont me dépasser plus tard. Après avoir goûté la célébrité, tu tombes de haut quand tu fais de la musique et que tu dois retourner travailler.

Nico Moreno : un artiste sollicité aux quatre coins du monde

En effet, ces dernières années, Nico Moreno a joué dans les plus grands clubs et sur les plus grandes scènes du monde, et a écumé les festivals techno les plus importants de la planète. "J'ai eu la chance de faire Tomorrowland, Awakenings, le Kappa Futur Festival, Les Ardentes… Et beaucoup de scène techno en Colombie, en Espagne, aux Etats-Unis". Canada, Italie, Taiwan, Hongrie, Pays-Bas, Roumanie, Colombie, Mexique… La liste n'est pas exhaustive, ce n'est qu'un condensé des pays dans lesquels le DJ caennais a mixé cet été. Cet été, Nico Moreno a joué jusqu'à cinq soirs par semaine. En cette fin septembre, son manager lui a accordé une petite pause, l'occasion pour se ressourcer dans son appartement caennais avant de repartir pour une tournée de 13 dates en octobre aux quatre coins de la planète.

L'ascension fulgurante d'un artiste authentique

Peu connu dans sa Normandie natale, Nico Moreno est pourtant un DJ célèbre dans le monde entier. À dire vrai, peu de non initiés au monde de la techno connaissent Nico Moreno. Pour preuve, son concert organisé pour l'ouverture de la saison du Cargö de Caen a été sold out en un temps record. "Nous avons annoncé le concert la veille de la mise en vente des billets, tout est parti en moins de neuf minutes, raconte Jérémie Desmet, le directeur de la salle de concert.

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