L'évolution des droits individuels, notamment pour les femmes, a été une constante depuis les années 1960, touchant des domaines tels que la contraception, l'avortement, l'égalité salariale, la parité, le mariage pour les couples de même sexe et, plus récemment, la PMA pour les couples de femmes et les femmes seules. Cette progression, bien que saluée par beaucoup, suscite des débats passionnés et des inquiétudes quant à ses implications sur l'ordre social et les relations entre les sexes.
Le Néo-Féminisme : Une Déconstruction de l'Ordre Masculin ?
Certains observateurs perçoivent dans ces avancées non plus une simple quête d'égalité, mais une volonté de déconstruire l'ordre masculin traditionnel. Le néo-féminisme est présenté comme une vision hiérarchique de la société, où les femmes sont considérées comme des victimes systémiques des hommes, ces derniers étant favorisés par un droit qui perpétue la domination patriarcale.
Selon cette perspective, le néo-féminisme transpose la théorie marxiste de la lutte des classes aux relations homme-femme, transformant ainsi la société en un champ de bataille où hommes et femmes vivent côte à côte, dans une méfiance réciproque. La police des mœurs exercée par certaines militantes, traquant le moindre écart de conduite des hommes occidentaux, est dénoncée comme une forme de tyrannie minoritaire.
Les Paradoxes du Féminisme Contemporain
Un des paradoxes soulignés est le silence de ces mêmes militantes face à la lutte des femmes iraniennes et afghanes contre le voile, ou encore face à la résistance des femmes des quartiers à l'oppression islamiste. Les violences faites aux femmes par les islamistes et les musulmans traditionnalistes sont parfois occultées, voire justifiées au nom de la lutte contre la domination occidentale et l'islamophobie.
Cette attitude est perçue comme une trahison des principes fondamentaux du féminisme, qui devraient défendre la libération des femmes et des mœurs en général. Au lieu de cela, certaines militantes semblent soutenir le port de vêtements affirmant la « féminité » et la soumission des femmes, comme le voile ou le burkini.
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Wokisme, Intersectionnalité et Islam Politique
Les idéologies du wokisme, nouvelle religion séculière, se coulent dans le même moule. Des luttes convergentes, « intersectionnelles », construisent une nouvelle radicalité politique qui fait cause commune avec l'islam politique. Indigénisme, décolonialisme, racialisme, cancel culture et conscience woke de tout poil ont débordé les discours anti-oligarchiques et dégagistes de l'extrême gauche.
En substituant le concept de genre à celui de sexe, les néo-féministes contribuent insidieusement à la promotion d'une nouvelle forme d'infantilisation des femmes qui seraient a priori des proies pour les hommes, dans les rues et au travail comme dans l'espace domestique. Au prétexte de lutter contre les stéréotypes de la virilité, on renonce à éduquer les petites filles « comme des garçons » et on leur inculque dès le plus jeune âge la peur des hommes.
PMA : Un Droit à la Procréation pour Toutes les Femmes ?
La question de la PMA s'inscrit dans ce contexte de remise en question des normes traditionnelles et de revendications de nouveaux droits. La PMA, ou procréation médicalement assistée, est un ensemble de techniques médicales visant à aider les couples infertiles à concevoir un enfant. En France, la loi de bioéthique de 1994, révisée en 2011, encadre ces pratiques de manière restrictive, réservant la PMA aux couples hétérosexuels en âge reproductif et souffrant d'infertilité avérée.
L'ouverture de la PMA aux femmes seules et aux couples homosexuels de femmes est un sujet de débat passionné, qui divise la société et le monde politique. Les partisans de cette ouverture invoquent le principe d'égalité et le droit de toutes les femmes à fonder une famille. Ils soulignent que de nombreuses Françaises se rendent à l'étranger pour bénéficier de ces techniques, créant ainsi une inégalité de fait.
Les Arguments Contre l'Ouverture de la PMA
Les opposants à l'ouverture de la PMA mettent en avant des arguments éthiques, médicaux et sociaux. Ils s'inquiètent des conséquences psychologiques pour les enfants nés de PMA sans père, ainsi que des risques de dérives eugéniques. Ils soulignent également que l'ouverture de la PMA aux femmes seules et aux couples homosexuels de femmes entraînerait une augmentation de la demande de sperme, aggravant ainsi la pénurie existante.
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Certains dénoncent une marchandisation du corps et de la procréation, ainsi qu'une remise en question de la filiation traditionnelle. Ils estiment que la PMA devrait rester réservée aux couples hétérosexuels infertiles, afin de préserver l'intérêt supérieur de l'enfant.
Les Enjeux de la Filiation et de l'Accès aux Origines
L'ouverture de la PMA aux lesbiennes pose la question des règles de la filiation. Jusqu'à présent, pour les couples hétérosexuels, la médecine et le droit avaient choisi de dissimuler le recours au don, notamment en sélectionnant un donneur qui ressemble au père et a le même groupe sanguin que lui. Cette position soulève néanmoins deux problèmes. Le premier est conjoncturel : « Nous ne sommes plus dans les années 1970. Le recours au don était tabou et le mensonge encouragé, mais les choses changent. »
Le second problème est philosophique et politique : la position d'Irène Théry part de la biologie pour penser la filiation, en la liant au mode de conception et à l'accès aux origines. Elle conforte ce faisant une conception de la société reposant sur l'ordre traditionnel du genre et la sacro-sainte « différence des sexes ».
Le projet de loi prévoit aussi d'ouvrir aux enfants issus d'un don l'accès à leurs origines. Ce qui ne manque pas, là encore, de brouiller les intentions : « On a le sentiment que l'ouverture de la PMA aux lesbiennes sert de prétexte à la possibilité de connaître son donneur, comme s'il fallait bien marquer que les couples lesbiens ne se suffisent pas à eux-mêmes pour avoir un enfant.
La Baisse de la Fertilité Masculine : Un Tabou ?
Un autre enjeu important lié à la PMA est la baisse de la fertilité masculine, un phénomène inquiétant observé dans les pays occidentaux depuis plusieurs décennies. Une étude publiée dans la revue Human Reproduction Update a révélé que le nombre moyen de spermatozoïdes des hommes dans les pays occidentaux a diminué de moitié en près de quarante ans.
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Cette baisse de la fertilité masculine est attribuée à plusieurs facteurs, notamment l'exposition aux perturbateurs endocriniens, l'hygiène de vie et la toxicité de l'environnement. Elle pose des questions fondamentales sur l'avenir de la procréation et la nécessité de repenser les modèles familiaux traditionnels.
PMA et Evolution des Moeurs
Les progrès médicaux, qui ont permis de dépasser bien des stérilités, s’accompagnent d’une évolution des mœurs avec recrudescence de l’individualisme aux dépens de la cohésion familiale et fléchissement des diverses formes de patriarcat. L’autorisation accordée aux célibataires d’adopter un enfant a ébranlé à son tour le repère que constituait l’existence de deux parents.
