Le terme "colique" englobe divers symptômes, mais désigne spécifiquement une douleur d'origine abdominale chez le cheval. Cette affection est la cause du plus grand nombre de décès chez le cheval. Cependant, seuls 10 % des cas nécessitent un recours à la chirurgie ou sont fatals. Le traitement dépend de l'origine de la colique. Dans certains cas, la nécrose colique peut survenir, une condition grave nécessitant une attention médicale immédiate. Cet article explore la définition, les causes, les symptômes et les traitements de la nécrose colique.
Définition de la nécrose colique
La nécrose colique est une condition grave caractérisée par la mort des tissus du côlon en raison d'un manque d'apport sanguin. Lorsque l'apport sanguin est compromis, les cellules du côlon ne reçoivent pas l'oxygène et les nutriments nécessaires à leur survie, ce qui entraîne leur mort et la nécrose des tissus.
Causes de la nécrose colique
Plusieurs facteurs peuvent entraîner une nécrose colique. Les causes les plus courantes comprennent :
- Dysfonctionnement digestif : C'est le cas le plus fréquent. L'impaction alimentaire est la seconde cause de coliques chez le cheval toutes catégories confondues. Il s'agit du fameux "bouchon de paille", le côlon est alors impacté par de l'ingesta le plus souvent au niveau d'une zone du côlon appelée "courbure pelvienne".
- Colite ischémique La colite ischémique (CI) est constituée par l’ensemble des lésions secondaires à une anoxie d’origine circulatoire, artérielle ou veineuse, aiguë ou chronique, de la paroi du côlon et/ou du rectum. Elle constitue l’accident vasculaire digestif le plus fréquent: 50 à 60% de toutes les pathologies vasculaires du tractus digestif et 3 à 10% des hémorragies digestives basses. Elle touche préférentiellement le sujet âgé et représente près de la moitié des colites organiques du sujet de plus de 50 ans. En 1966, Marston et al. Sténose quand la nécrose est plus importante et atteint la musculeuse, avec fibrose cicatricielle rétractile. Deux territoires vasculaires peuvent être distingués pour le cadre rectocolique: le territoire mésentérique supérieur pour le côlon droit et les deux tiers droits du transverse et le territoire mésentérique inférieur pour le tiers gauche du transverse, le côlon descendant, le sigmoïde et le haut rectum. Les deux tiers inférieurs du rectum sont vascularisés par des branches de l’artère iliaque interne: les artères hémorroïdales moyennes, branches des artères hypogastriques et les artères hémorroïdales inférieures, branches de l’artère honteuse interne, assurant la vascularisation de l’anus et de la marge anale. L’artère mésentérique supérieure (AMS) donne deux branches constantes pour le côlon: l’artère iléo-colique et l’artère colique supérieure droite. Les branches de l’artère iléo-colique sont le plus souvent anastomosées largement avec les arcades iléales. Sur le versant distal, les branches de l’artère iléo-colique sont unies à celles de la colique supérieure droite par l’arcade bordante du côlon ascendant située dans le mésocôlon. L’artère mésentérique inférieure (AMI) fournit deux branches constantes pour le côlon gauche et le recto-sigmoïde: l’artère colique gauche supérieure et le tronc des artères sigmoïdiennes. La branche ascendante de l’artère colique supérieure droite est reliée à l’artère colique supérieure gauche pour constituer l’arcade de Riolan, arcade parallèle au côlon transverse. L’arcade de Riolan a un point faible en regard de l’angle gauche, où l’arcade vasculaire peut être grêle, voire absente dans 5% des cas, il s’agit du point de Griffiths. Une autre arcade vasculaire, dite de Drummond, est décrite le long du côlon descendant, constituée par l’union de la colique supérieure gauche aux réseaux des sigmoïdiennes. Entre le sigmoïde et le haut rectum, les réseaux vasculaires sont anastomosés de façon inconstante et ce point faible est appelé point de Südek. Les trois systèmes artériels, AMS et AMI, artères iliaques internes par le biais des hypogastriques, destinés au cadre rectocolique sont reliés entre eux par ce réseau de suppléance constitué par l’arcade bordante. De cette arcade bordante, naissent les vaisseaux droits, longs et courts, peu reliés entre eux. Ils pénètrent la paroi colique et constituent deux plexus intra-muraux sous séreux et intra-muqueux, point de départ des artérioles formant le réseau capillaire. Des anastomoses avec des territoires artériels plus lointains renforcent ce réseau de suppléance (l’arcade de Rio Branco entre l’AMS et les vaisseaux duodénopancréatiques par exemple). En cas de défaillance vasculaire, des territoires coliques risquent d’être mal perfusés si ce réseau est peu ou non développé. La vascularisation du côlon gauche et du sigmoïde est sous l’étroite dépendance du réseau mésentérique inférieur dont les possibilités de suppléance en cas d’insuffisance circulatoire sont limitées. Cette faiblesse touche surtout le sigmoïde, le réseau artériel rectal bas parvenant à maintenir une perfusion du haut rectum, mais pas celle du sigmoïde en cas de défaillance de l’AMI [41]. En revanche, le côlon descendant peut être préservé si l’arcade de Riolan est de bonne qualité.
- Occlusion vasculaire : Une occlusion soudaine d'un vaisseau sanguin qui alimente le côlon peut entraîner une ischémie et une nécrose. Cette occlusion peut être causée par un caillot sanguin (thrombose) ou par un embole (un caillot ou une autre substance qui se déplace dans la circulation sanguine et se loge dans un vaisseau).
- Torsion ou étranglement : Une torsion de l'intestin (volvulus) ou un étranglement de l'intestin par une hernie ou une adhérence peut couper l'apport sanguin au côlon et entraîner une nécrose. Lorsque qu’une portion d’intestin effectue une torsion complète, ou se trouve incarcérée dans un petit espace, l’apport sanguin est compromis et le segment se nécrose progressivement. Le cheval est généralement très douloureux. Il se roule violemment et il transpire. La chirurgie est dans ce cas un passage obligé pour sauver le cheval. Puis, en se nécrosant, la paroi digestive devient perméable aux bactéries intestinales qui pénètrent dans la circulation. L’état général du cheval se dégrade en quelques heures et le pronostic vital diminue, même avec une chirurgie. Les torsions se produisent plus fréquemment au niveau du petit intestin (tube de 5 cm de diamètre sur 25 mètres de long) en raison de sa longueur. Celui-ci peut également s’incarcérer dans le canal inguinal et provoquer une hernie inguinale, chez l’étalon (le plus souvent après un effort ou un parcours de saut d’obstacles). La torsion complète du gros colon est une affection fort heureusement rare qui fait partie des causes de colique les plus douloureuses et les plus graves. Une intervention chirurgicale immédiate est indispensable pour espérer sauver le cheval.
- Maladies inflammatoires de l'intestin (MICI) : Dans de rares cas, les MICI, telles que la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique, peuvent entraîner une nécrose colique, en particulier dans les formes sévères de la maladie. La maladie de Crohn peut toucher l’ensemble du tube digestif, de la bouche à l’anus, mais trois segments sont plus souvent atteints : l’iléon, le côlon et l’anus. Les lésions intéressent l’ensemble de la paroi intestinale, ce qui explique la survenue de complications pariétales de type sténoses et fistules. La rectocolite hémorragique atteint le rectum dans 100 % des cas et une partie plus ou moins importante du côlon d’amont dans 80 % des cas. L’atteinte est plus superficielle, muqueuse et sous-muqueuse, à l’exception des formes les plus sévères (dites colites aiguës graves).
- Autres causes : D'autres causes plus rares de nécrose colique comprennent les infections graves, les traumatismes abdominaux, les complications post-chirurgicales et certains médicaments. La colite ischémique est la pathologie vasculaire du tube digestif la plus fréquente [1]. Son incidence est en augmentation et elle est responsable d’une morbimortalité non négligeable, en particulier chez les sujets âgés. Sa présentation clinique a évolué ses dernières années. En effet, si le tableau typique associant douleurs abdominales, diarrhée et rectorragies reste fréquent, le diagnostic est désormais très souvent évoqué devant des symptômes moins typiques mais associés à une sémiologie tomodensitométrique évocatrice. Le cadre rectocolique a une vascularisation assurée par l’artère mésentérique supérieure (AMS) pour le côlon ascendant et les deux tiers droits du côlon transverse et par l’artère mésentérique inférieure (AMI) pour le tiers gauche du côlon transverse, le côlon descendant et le haut rectum. Les deux tiers inférieurs du rectum sont vascularisés par l’artère rectale moyenne, branche de l’artère iliaque interne et l’anus et la marge anale sont vascularisés par l’artère rectale inférieure, branche de l’artère honteuse interne. L’AMS donne deux branches : l’artère iléo-colique et l’artère colique supérieure droite et l’AMI fournit l’artère colique gauche supérieure et le tronc des artères sigmoïdiennes. Ces artères sont reliées par des arcades bordantes. Ces arcades font du côlon un organe peu sensible à l’ischémie. Toutefois, il existe deux points faibles à cette vascularisation. L’arcade de Riolan est parfois grêle, voire absente au niveau de l’angle gauche : il s’agit du point de Griffiths. L’arcade bordante est inconstante entre le sigmoïde et le haut rectum et ce point faible est appelé point de Südek.
Symptômes de la nécrose colique
Les symptômes de la nécrose colique peuvent varier en fonction de la cause sous-jacente et de l'étendue de la nécrose. Les symptômes courants comprennent :
- Douleur abdominale intense et soudaine
- Sensibilité abdominale
- Fièvre
- Nausées et vomissements
- Diarrhée sanglante ou présence de sang dans les selles
- Distension abdominale
- Choc (dans les cas graves)
Il est important de noter que les symptômes peuvent être similaires à ceux d'autres affections abdominales, ce qui rend le diagnostic parfois difficile.
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Diagnostic de la nécrose colique
Le diagnostic de la nécrose colique repose sur une combinaison d'antécédents médicaux, d'examen physique et d'examens complémentaires. Les examens complémentaires peuvent comprendre :
- Analyses sanguines : Les analyses sanguines peuvent révéler une infection, une inflammation ou une perte de sang. Les patients présentent généralement (60 à 80 % des cas) une hyperleucocytose modérée associée à une augmentation aspécifique de la lactate déshydrogénase et de la créatinine phospho-kinase. Le taux plasmatique de lactates est un marqueur parfois utilisé. Cependant, l’élévation du taux de lactates n’est pas spécifique du côlon et le métabolisme hépatique des lactates provenant du tube digestif permet souvent de maintenir initialement un taux de lactates normal en cas d’ischémie colique modérée. L’élévation du taux de lactates n’est donc ni un marqueur sensible ni un marqueur spécifique de l’ischémie colique.
- Examens d'imagerie :
- Radiographie abdominale : Une radiographie abdominale peut aider à identifier une obstruction intestinale ou une perforation.
- Tomodensitométrie (TDM) abdominale : La TDM abdominale est un examen plus précis qui peut aider à visualiser le côlon et à identifier une nécrose, une inflammation ou d'autres anomalies. Le scanner injecté est une modalité diagnostique très utilisée en pratique clinique quotidienne. Il est devenu fréquent que l’endoscopie ne soit utilisée que pour confirmer une image scanographique suspecte d’ischémie colique. Le scanner injecté présente une sémiologie qui repose sur la mise en évidence d’images coliques en cible ou en cocarde avec un double halo [16-18] (Fig. 2). Cet aspect d’épaississement pariétal souvent inférieur à 1 cm est expliqué par l’hyperdensité de la muqueuse et de la musculeuse qui contraste avec l’œdème sous-muqueux [16]. On note fréquemment un signal inflammatoire dans la graisse péricolique. La cinétique de prise de contraste de la paroi colique renseigne…
- Coloscopie : La coloscopie est un examen qui consiste à insérer un tube flexible muni d'une caméra dans le côlon pour visualiser directement la muqueuse. Elle est devenue l’examen de référence pour le diagnostic positif de colite ischémique et pour le diagnostic différentiel, car elle permet d’une part la visualisation de lésions muqueuses modérées, et d’autre part la réalisation de biopsies. Elle doit être réalisée avec prudence en limitant l’insufflation car une pression intraluminale supérieure à 30 mmHg pourrait théoriquement diminuer le flux sanguin colique et participer à l’aggravation des lésions. Classiquement, il est admis qu’il n’existe pas de signe endoscopique pathognomonique de colite ischémique. Le diagnostic repose le plus souvent sur l’association d’un contexte clinique évocateur, de lésions muqueuses et d’une histologie compatible [14]. La coloscopie doit être réalisée précocement en raison du caractère rapidement réversible de certaines lésions. Les lésions endoscopiques segmentaires à limites nettes et rapidement évolutives sont évocatrices d’une origine ischémique. La fréquence des localisations décroît du rectum vers le cæcum : 75 % intéressent le côlon gauche et le rectosigmoïde, 15 % environ le côlon transverse et 10 % le côlon droit. Trois stades endoscopiques initiaux ont été décrits (Fig. 1) : a) stade 1 : œdème et érythème de la muqueuse ; b) stade 2 : ulcérations non nécrotiques, reposant sur une muqueuse œdématiée ; c) stade 3 : nécrose extensive avec aspect gris-noir du côlon. La constatation de lésions de stade 3 doit faire stopper l’examen. Si la nécrose est de petite taille et qu’il n’existe pas d’indication chirurgicale, l’endoscopie doit être répétée 2 à 3 jours après pour juger de l’évolutivité des lésions. Les lésions évoluent en 3 stades évolutifs : a) la phase aiguë dure environ 24 heures avec une muqueuse alternant entre des plages blanchâtres avec perte du lacis vasculaire et des plages érythémateuses et œdématiées, b) la phase subaiguë dure environ 48 heures pendant lesquelles les plages érythémateuses fusionnent tandis qu’apparaissent de petites érosions et des plaques purpuriques, et c) la phase chronique au cours de laquelle les ulcérations deviennent extensives et confluentes, parfois nécrotiques. À ces lésions classiques, il faut ajouter l’aspect en bande inflammatoire linéaire (ou Colonic Single Stripe Sign) [14]. Figure 1 : Trois stades endoscopiques de colite ischémique. A. Stade 1 : œdème et érythème de la muqueuse ;B. Stade 2 : ulcérations non nécrotiques, reposant sur une muqueuse œdématiée ;C. Lorsque la colite ischémique évolue vers la chronicité, la muqueuse s’amincit, s’atrophie et disparaît par endroits au profit d’un tissu fibreux. Cette évolution fibrosante peut parfois se compliquer d’une sténose.
Traitement de la nécrose colique
Le traitement de la nécrose colique dépend de la cause sous-jacente et de l'étendue de la nécrose. Les options de traitement peuvent comprendre :
- Traitement médical : Dans certains cas, si la nécrose est limitée et qu'il n'y a pas de complications graves, un traitement médical peut être suffisant. Ce traitement peut comprendre des antibiotiques pour traiter l'infection, des liquides intraveineux pour maintenir l'hydratation et des médicaments pour soulager la douleur.
- Intervention chirurgicale : Dans les cas plus graves, une intervention chirurgicale peut être nécessaire pour retirer la partie nécrosée du côlon. La chirurgie peut également être nécessaire pour réparer une perforation, une obstruction ou une autre complication. Lorsque qu’une portion d’intestin effectue une torsion complète, ou se trouve incarcérée dans un petit espace, l’apport sanguin est compromis et le segment se nécrose progressivement. Le cheval est généralement très douloureux. Il se roule violemment et il transpire. La chirurgie est dans ce cas un passage obligé pour sauver le cheval. Puis, en se nécrosant, la paroi digestive devient perméable aux bactéries intestinales qui pénètrent dans la circulation. L’état général du cheval se dégrade en quelques heures et le pronostic vital diminue, même avec une chirurgie. Les torsions se produisent plus fréquemment au niveau du petit intestin (tube de 5 cm de diamètre sur 25 mètres de long) en raison de sa longueur. Celui-ci peut également s’incarcérer dans le canal inguinal et provoquer une hernie inguinale, chez l’étalon (le plus souvent après un effort ou un parcours de saut d’obstacles). La torsion complète du gros colon est une affection fort heureusement rare qui fait partie des causes de colique les plus douloureuses et les plus graves. Une intervention chirurgicale immédiate est indispensable pour espérer sauver le cheval.
- Soins de soutien : Les soins de soutien sont essentiels pour aider le patient à se rétablir après une nécrose colique. Ces soins peuvent comprendre une nutrition adéquate, une gestion de la douleur et une surveillance étroite des complications.
Prévention de la nécrose colique
La prévention de la nécrose colique dépend de la cause sous-jacente. Certaines mesures générales qui peuvent aider à réduire le risque de nécrose colique comprennent :
- Maintenir une bonne hygiène de vie : Une alimentation saine, une activité physique régulière et l'absence de tabagisme peuvent aider à maintenir une bonne santé vasculaire et à réduire le risque de colite ischémique.
- Gérer les facteurs de risque : Les personnes atteintes de maladies vasculaires, de diabète ou d'autres facteurs de risque de nécrose colique doivent travailler en étroite collaboration avec leur médecin pour gérer ces conditions et réduire leur risque de complications.
- Consulter rapidement un médecin : Si vous présentez des symptômes de nécrose colique, il est important de consulter rapidement un médecin pour obtenir un diagnostic et un traitement appropriés.
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